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continue et indivise qui, en vertu d’un pouvoir expansif et morphogénique mystérieux, aurait le pouvoir de se transformer en une plante extrêmement complexe! Les diverses productions que l’on remarque dans la masse du protoplasma seraient, dit le même auteur, issues de son activité propre, etc., etc.
Tout récemment encore, en 1895, Delage, se faisant le juge du différend élevé entre les savants au sujet de la répartition de la SUBSTANCE ViVATNE dans la cellule, se montrait éclectique et choisissait le beau rôle de médiateur. En cela il avait raison. « Après avoir étudié le « protoplasma, dit-il, et retrouvé en lui les aspects dé- « erits, après avoir médité sur ce qui a été dit à son « sujet, je reste convaincu que toutes les structures « qu'on lui décrit sont vraies, mais qu'aucune n'est « essentielle et ne contient en elle l'explication de ses « propriétés. C’est dans la substance d'apparence ho- « mogène qui baigne les fibrilles et les granules, qui « forme le réseau et comble les espaces interalvéo- « laires, que résident, aussi bien que dans les parties « figurées, les propriétés essentielles de la substance « vivante. » (DeLAGe. 1bid. p. 31). N’était-ce pas parfait?
Mais son éclectisme allait trop loin, car dans son esprit, c’est toute la masse protoplasmique qui est vivante, car il ajoutait :
« Les fibrilles, granules, aréoles ou alvéoles, ne sont « sans doute que des différenciations locales, que des « condensations de substance, des particularités de « disposition, utiles évidemment, mais qui ne con- «tiennent pas en elles seules la raison mécanique ou « physiologique des phénomènes vitaux. » (DELAGE. lbid., 1895, p. 31.)
Nous avons approuvé l’éclectisme de Delage; c’est
mie
avec raison qu’il reconnaît les propriétés essentielles de la SUBSTANCE VIVANTE, aussi bien dans la substance dite homo-gène, que dans les éléments figurés. Elles y existent bien réellement. C’est avec raison qu'il ajoute que les parties figurées ne contiennent pas en elles seules la raison mécanique ou physiologique des phénomènes vitaux. Mais il n’en faut pas conclure que toute la masse du protoplasma soit vivante et nous cessons complètement de partager son avis lorsqu'il considère jes organites comme des différencialions locales, des condensalions de subslance, des particularités de disposition offertes par le protoplasma.
Pourquoi donc persister à proclamer l'unité vivante du protoplasma? Pourquoi, quand la compréhension des phénomènes biologiques exige que le protoplasma soit décomposé en éléments multiples doués de propriétés différentes, les unes vivantes, les autres inertes, et quand les progrès de l’histologie nous fournissent les moyens d'établir cette distinction, en nous révélant l'existence de ces éléments, leur variété de forme et d'aspect, leur disposition et leur fonctionnement, s'acharner à soutenir l'unité vivante ou indivisibilité du protoplasma ? Ce dogme ne repose d’ailleurs que sur un faux raisonnement.
Car tout ce luxe de preuves accumulées avec tant de soin par les auteurs, Van Tieyhem par exemple /oc. cit, p. 13 à 15), pour démontrer que le protoplasma est le véritable et l’untque substratum de la vie, ne parviennent qu’à faire naître cette conviction : C'est dans la masse proloplasmique que réside le substratum de la vie, mais elles ne prouvent pas qu'à la masse protoplasmique toul entière soit attachée cetle haute prérogative.
Delage proteste contre les atteintes portées à cette
unité. « Aujourd’hui, dit-il, beaucoup d’histologistes, « surtout en Allemagne et en Angleterre, ne donnent < plus le nom de protoplasma qu'au cytoplasma et, fai- « sant ces deux termes synonymes, n’emploient plus < que le premier. » (p. 23 note.) IL proteste contre l'abandon du mot nuc/éoplasma (ensemble des substances nucléaires) fait par nombre d’histologistes, surtout allemands, ang'ais, qui le regardent comme n'ayant aucune unité et décrivant séparément le suc nucléaire la chromatine, le nucléole, ete. « Cependant, dit Delage, « il n’en constitue pas moins un protoplasma nucléaire, « tout comme les fibrilles de Flemming, les microsomes, « le svongioplasma et le hyaloplasma de Leydig for- « ment le protoplasma du corps cellulaire. » Id. p. 23), . - Ja vérité est que le cytoplasma n'est pas une substance particulière, qui doive être envisagée dans son ensemble, pas plus que le nucléoplasma. Cette manière d'envisager un Corps, dans son ensemble,. était toute naturelle, à l'époque de sa découverte, mais ne devait être que provisoire. Si nous voulions nous donner la peine de retourner de quelques siècles en arrière. nous trouverions certainement dans les descriptions anatomiques de J’homme ou d’autres métazaires, l'équivalent d’un hepatoplasma d'un cardioplasma, d’un pneumoplasma, etc., et ce ne serait pas une preuve de la réalité de leur existence. Mais l'analyse microscopique de la cellule est actuellement assez avancée pour que nous nous croyions autorisé à la mettre à profit et nous louons fort ces histologistes anglais et allemands, dont parle Delage, d’avoir courageusement rompu une chaîne qui paralysuit les efforts des interprétateurs des phénomènes biologiques présentés par la cellule. Que n’en ont-ils fait autant à l'égard du cytoplasma !
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La croyance en l’indivisibilité du protoplasma, dans son unité vivante, entraîne nécessairement la croyance en ses différenciations locales, dès que l’on veut expliquer la formation des divers organites qu’il renferme.
Mais comment n'’a-t-on pas entrevu les obstacles insurmontables que suscitait un pareil système ?
Ainsi, le protoplasma veut-il, en certains de ses points, fabriquer de l’amidon; vite il se différencie en ce point en un leucite qui fabriquera de l’amidon ; de même pour la chlorophylile, la xanthophylle, etc., ete. Puisque, pour Delage (p. 46 note), comme pour Van Tieghem (passim), les leucites sont des di/férenciations locales du protoplasma végétal. Veut-il se protéger, il condense sa couche périphérique, et, de la sorte, la différencie en une membrane plus ou moins résistante. La seconde membrane présente-t-elle des ornements, des épaisissements, des sculptures, des perforations, tels que ceux qui décorent la face libre de la membrane des cellules végétales, aucune difficulté : tous ces détaits si précis ont été effectués chacun dans le point qu'il occupe, par la membrane protoplasmique sousjacente, laquelle, comme nous venons de le voir, résulte d'une différenciation locale du protoplasma de la cellule. Veut il se créer un régulateur des bipartitions périodiques que sa nature lui impose, il se différencie, ici en un noyau, là en cytoplasma, et le noyau va devenir maître du cytoplasma ou le cytoplasma maître du noyau. Veut-il venir en aide à cette difficile fonction et éloigner l’un de l’autre les deux fragments du noyau en voie de division, il d?//érencie une partie de sa masse, ici en un centrosome, là en une sphère attractive, là en filaments tracteurs ; ailleurs il se d/férencie en un fuseau chargé d'opérer la contre-extension entre les deux por-
en
tions du centrosome qui vient de se fragmenter. Dans lenoyau il se d'fjférencie iei en une membrane d’enveloppe, là en un suc cellulaire, là encore eu nucléole, en filament de linine, en microsomes nucléinoéeux. Dans le cytoplasma, ilse difjérencie en membrane d’enveloppe, en fibrilles, en microsomes, en Jiquides et en membranes vacuolaires! C'est ainsi, sans douïe, que la masse indivise d’un méfazoaire s’est différenciée ici en un cœur, Jà en un cerveau, efc., etc.
Quand une fois on s’est engagé dans cette voie dangereuse, quand on à conçu une foi sans bornes pour les merveilleuses propriétés d’un profoplasma fout-puissant, rien n'arrête plus. La nature, ou la sélection naturelle, à votre gré, est si ingénieuse ! Elle fait fant de merveilles ! Elle nous a ménagé fant de surprises ! Ne peut-elle pas tout ce qu’elle veut, puisque sa puissance édificatrice ne le cède pas à son génie d'invention ? Et partant de là, car un tel système ne peut avoir d'autre base, on admet que le protoplasma peut se fragmenter à sa guise, en particules douées de formes, de composition chimique et de fonctions extrêmement variées, qui, héritant chacune de quelques-unes des multiples propriétés inhérentes à leur auteur, vont se mettre à nager, à évoluer de mille manières, effectuer de savantes élections osmotiques, se nourrir, 8e diviser, au sein d'un protoplasma complaisant qui, pour leur laisser plus ample liberté d'action, s’est même liquéfié en certains de ses points. Nouvelle surprise ! Ce liquide cellulaire lui-même n'est pas un; ici, il possède telle composition chimique, là, telle autre, et ne croyez pas que la variété présentée par ces liquides résulie des qualités spéciales de la paroi, comme cela à lieu dans les cavités glandulaires des métazoaires. Non! ce serait trop simple. La
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variété de composition chimique de ces liquides est primitive et c’ést elle qui, agissant sur la couche de protoplasma qui la limite de toutes parts, imprime à cette couche protoplasmique une différenciation particulière qui en fait une paroi douée de qualités propres, en rapport avec la nature du liquide qu’elle renferme. Ou si, par hasard, la qualité osmotique propre de la paroi imprime au liquide qui l’a traversée des qualités particulières, cette manière d’être de la membrane lui avait été conférée, comme nous le verrons plus loin, par une série de tâtonnements aveugles effectués par la SÉLEC- TION NATURELLE.
Dans les cellules épithéliales, tantôt la couche externe du protoplasma se condense simplement pour former un revêtement protecteur essentiellement inerte ; tantôt cette même couche externe du protoplasma s’épanouit en franges essentiellement vivantes, comme l’atteste leur motilité spontanée (cils vibratiles). Dans la Tannée en voie de sporulation, c’est le même protoplasma qui, ici, se raccornit pour former le pédoncule, là, se fragmente en une infinité de spores, biophores par excellence. Dans l’arbre, c’est ce même protoplasma qui, ici, forme le ligueux, là l'embryon ou le grain de pollen.
Que diraient les partisans de ces différenciations féériques de celui qui, envisageant la ruche comme un tout également vivant, expliquerait la présence des êtres qu’elle renferme, des gâteaux de cire, des larves et des provisions alimentaires conservées dans les alvéoles, enfin l’accomplissement de ses diverses fonctions par des différenciations locales de cette même masse ? Ils en riraient, et cependant ils se trouvent exactement dans le même cas.
Il se forme, dit Van Tieghem, à la périphérie du pro-
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toplasma, une couche hyaline plus solide et plus réfringente que le reste, entourant la masse intérieure avec laquelle elle est en parfaite continuité. « Cette couche, « dit Delage, constitue une sorte de membrane proto- « plasmique (on la nomme souvent ainsi) qui ne fait « jamais défaut et supplée en partie la vraie membrane « lorsque celle-ci est absente ; elle joue comme elle un « rôle protecteur et doit, je pense, avoir elle aussi une « fonction osmotique particulière. Lorsqu'il y a une « vraie membrane, elle ne disparaît pas pour cela : elle « s'amincit au point de devenir parfois presque « invisible, mais elle persiste cependant et, chez les « plantes, elle garde souvent une épaisseur relative- « ment grande. » (La Stuct. du protopl. 1895, p. 29.)
Qu'est-ce donc qu’une substance vivante s’exposant à découvert à toutes les intempéries ? Car, en se différenciant à sa périphérie pour former une membrane d’enveloppe, elle n’en doit pas moins rester vivante. Delage (p. 751) admet qu’à défaut d’une enveloppe protectrice bien individualisée et isolable par les réactifs, la cellule a toujours au moins une couche périphérique di/férenciée du cytoplasma.
Cela ne semble-t-il pas encore plus contraire à la raison quand on songe que cette différenciation consiste dans une condensation de la couche la plus externe de leur protoplasma ? Quoi ! la substance vivante menacée par de funestes influences telles que des radiations caloriques, lumineuses, chimiques, trop intenses ou trop faibles, qui menacent d'accroître outre mesure son activité ou de lui dérober sa propre énergie, se soustrairait à ces influences en s’y exposant plus directement encore, autrement dit en condensant sa couche périphérique ! En quoi le procédé diffère-t-il donc de celui
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qu'employait Gribouille pour $e garantir de la pluie ?
Car cette couche périphérique condensée serait plus vivante que toute autre portion non condensée; cette conclusion s'impose , puisque les granulations dites protoplasmiques, lesquelles résultent aussi, dit-on, d’une condensation du protoplasma, substance vivante, sont animées d’une vie propre qui atteste leur supériorité vitale sur la masse non condensée qui les entoure, opinion soutenue par Altmann qui, certes, a bien raison. Cette fausse interprétation d’un fait réel équivaut done à dire que la SUBSTANCE VIVANTE est d'autant plus vivante qu’elle contracte plus de rapports avec l’extérieur.
Que devient, avec cette manière de voir, la fonction de protection qui, malgré qu'elle soit peut-être la plus négligée des biologistes, est cependant la plus grande, la plus impérieuse, la première de toutes les fonctions biologiques ? Car, pour vivre, il faut être, avant tout, et jamais, nous osons l’affirmer, jamais, dans les conditions que lui offre l’état actuel de notre globe, la suss- TANCE VIVANTE ne peut et ne pourra se montrer à découvert sans périr aussitôt.
Ou bien il faut admettre, enfin, qu’en se condensant le substratum de la vie devient, ici, une substance plus vivante, là une subsiance protectrice essentiellement apte à résister aux dangers résultant des influences extérieures. À ce compie, on peut admettre tout ce que l’on veut, même les inconséquences les plus répugnantes, et l’on sort ainsi du domaine scientifique où les lois rationnelles de la plus stricte logique sont partout et sans cesse en vigueur.
Si le corps protoplasmique, ajoute Van Tieghem, vient à se diviser ou à être divisé, chaque portion se
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recouvre aussitôt d’une pareille couche transparente, et Delage : « Si une vacuole vient éclater à la surface, si « une déchirure jou une section vient mettre à nu la « masse intérieure granuleuse ou vacuolaire, aussitôt la « couche hyaline s'étend et rétablit sa continuité. » (Ibid, p. 29.)
La voilà! cette fonction de protection, surprise au milieu de ses graves opérations ! Ne nous semble:t il pas voir le grain de pollen, la graine, l'ovule ou l'œuf se recouvrant soigneusement d’une enveloppe protectrice au moment où les nécessités de leur destinée vont les exposer à tous les dangers des influences atmosphériques et antibiotiques? Toute plaie, chez un métazoaire, ne se recouvre-t-elle pas aussitôt d'une couche protectrice de lymphe plastique? L’essaim de termites ou d'abeilles, au moment où il va entreprendre la construction d’une nouvelle cité, a-t-il d'autre souci que de se protéger ?
Mais ce n’est pas le protoplasma qui veille et se tient toujours prêt à intervenir en cas d'accident, ce sont de minuscules cocci incrustés dans la trame inerte de l’envelcppe qui les protège, eux et l’amibe tout entière, et cette trame protoplasmique inerte, ce sont eux qui l'ont sécrétée
Quand les expériences nous montrent (DELAGE, p. 83) qu'un fragment de cytoplasma, détaché de son noyau, devient inerte, absolument passif ou ne vit plus que d’une vie végétative peu intense, suivant les cas, elles prouvent péremptoirement que le cytoplasma n’est pas vivant dans son entier. Ces degrés variables de vitalité résultent de l'importance des organes demeurés dans ce fragment, de la connexion intime, des fonetions rem
plies par chacun d'eux. L'ensemble ainsi formé est demeuré plus ou moins capable de se suffire.
Coupez donc en fragments une protamibe, que vous considérez comme une masse protoplasmique amorphe, vous verrez si ces fragments souffriront le moins du monde de cette mutilation. Si l’amibe est aussi une masse de protoplasma, pourquoi le fragment détaché ne fait-il pas de même ? Parce qu’il est différencié, direzvous ? Mais alors, expliquez ce mot.
Or voici que Delage nous fournit l'explication demandée. « La cellule, dit-il (p. 736), est un ensemble « d'appareils dyaliseurs renfermés les uns dans les « autres, dont chacun opère le triage des substances « nécessaires dans sa circonscription et prépare celui « qu'auront à continuer les dyaliseurs situés plus pro- « fondément. »
Puis il se sent acculé dans une impasse dont il ne peut sortir qu’en invoquant l’aide d’un Deus ex machina fort complaisant, comme nous l’allons voir, mais dont tout le prestige, malheureusement, à été détruit par l'abus qu’on en à fait.
Cette disposition d’une membrane qui laisse passer de préférence les substances utiles aux parties contenues dans sa cavité, n’est pas providentielle, comme on pourrait le croire, elle est due, dit Delage, à la sé/ection naturelle. — Or nous ne voyons pas bien quelle différence peut exister entre ces deux causes créatrices et dirigeantes que, sans profit pour la science, on a substituces l’une à l’autre. — Mais suivez ce raisonnement : La membrane n'a pas été fabriquée en vue d’une « fonction », —-- alors elle est l'effet du hasard — « elle « est ce qu'elle est, et fait ce qu'elle peut en raison de « sa Constitution physico-chimique. Les membranes
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sont dues sans doute à la condensation d’une couche superficielle sur une masse en suspension dans un liquide qui ne la dissout pas, mais qui exerce sur elle « une action physico chimique particulière ». — Ne se croirait-on pas aux beaux temps de-l’alchimie? — « Ainsi constituée, elle détermine nécessairement cer- « tains phénomènes osmotiques. Si le triage osmotique « est tel que les substances convenables passent et que « les nuisibles soient arrêtées, la cellule ou, si l’on veut, « le cytode continue à vivre, sinon il est condamné. » — Malheureux cytode, exposé à subir de si funestes variations ! Que n'est-il toujours resté cytode ! — Puis. nous entrons en pleine hypothèse gratuite, péchant ouvertement, à la fois, contre les deux règles si précises, posées par Delage lui-même, page 748. « L'histoire « phylogénétique des premiers êtres ou des éléments de « nos tissus contient peut-être beaucoup d'essais avortés « dûs à cette cause. Ceux-là seuls, parmi les éléments. « primitifs, ont été conservés et peuvent être observés « aujourd’hui qui, de par leur constitution initiale et « les conditions ambiantes, se sont d'emblée constitués « sous une forme compatible avec la vie et la repro- « duction ». — Qui donc à jamais vu un seul de ces êtres innombrables, victimes de la maladresse de leur mystérieux transformateur ? — « Il en à été de même « lorsque, dans le cytode, s'est constitué le noyau et « quand, dans le cytoplasma ou le noyau, se sont diffé- « renciés les organes de la cellule. »
Voilà à quelle impuissance se trouvent réduits les fervents du dogme de l’unité vivante ou indivisibilité du protoplasma : des mots creux comme ces invocations incessantes aux forces physico-chimiques ; des bypothèses gratuites ; un magicien tout-puissant que, selon
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lés époques et selon les goûts, on appelle Providence, Hasard, Nature, Sélection naturelle, Intérêt de l’Espèce, etc., tels sont les soutiens indispensables de ce dogme. s
Peut-on, raisonnablement, faire reposer la biologie sur une base aussi fragile ?
2° Hypothèse de la coexistence, dans le protoplasma, d'une portion vivante et d’une portion inerte. — Un certain nombre de biologistes, cependant, ont cru devoir renoncer au dogme de l’indivisibilité du protoplasma et se sont posé ce problème auquel, faute d’une méthode capable de les guider sûrement, ils ont donné, comme on va le voir, des solutions fort différentes.
Dans cet ensemble complexe d'éléments auxquels on ne doit sans doute pas attribuer le même degré de vitalité, quéls sont ceux qui sont vivants. En d'autres termes, quels sont ceux qui représentent la SUBSTANCE VIVANTE ?
Pour Strasburger, Knoll et Griesbach, ce qui est vivant dans le protoplasma, c’est cette substance fondamentale homogène dans la masse de laquelle sont disséminées les granulations, les microsomes de Külliker, non vivants et d'intérêt secondaire. Cette substance fondamentale, de consistance visqueuse, est le Ayalo= plasma (Kôlliker) formé lui-même de deux substances, l’une nutritive, le {rophoplasma, l'autre formative, le kinoplasma, seule vivante. La SCBSTANCE ViVaANTE serait donc le kinoplasma. Ses propriétés vitales, entre autres sa motilité, sont inhérentes à sa constitution.
Strasburg'er pense que la portion non nucléaire du Spermatozoïde représente tout ou partie du kinoplasma ou portion active du cytoplasme, c'est-h-dire la portion qui forme le centrosome, la sphère attraciive, le réseau
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filaire et les filaments de l’aster et du fuseau. Il pcuse aussi que la queue du spermatozoïde et le ou les fl agel lums des cellules végétales seraient formés de kinoplasma. (DeLace, p. 125 note).
Strasburger ne semble-t-il pas se tromper, quand, décrivant la substance du filament achromatique du noyau, à laquelle il donne le nom de nucléo-hyaloplasma et qu'il assimile au cylo-hyaloplasma du corps cellulaire, il lui attribue le rôle important dans la vie active du noyau et déclare inactifs et charvés seulement d’une fonction nutritive, les nucléo-microsomes formés de chromatine ? (DeLace. Zbid. 1895, p, 37, note 2). Brass pense, comme Strasburger, que le plasma achromatique est «la substance essentielle seule « active et vivante. La chromatine, inerte et sans vie, « serait une simple réserve nutritive. Il a vu, en effet, « la chromatine se résorber peu à peu dans les cellules « en état d’inanition et se reformer dès que l'alimenta- « tion reprend son cours normal ». DeLaG£. (1bid., p. 87, note ?). Doit-on se laisser égarer par cet argument qui prouve précisément le contraire de ce qu’il veut établir ? Survienne autour de nous uné disette, qui donc se résorbera, de nous, vivant ou de notre vêtement, inerte ?
Pour Weitzmann, la substance vivante, de consistance relativement ferme, forme un réseau délicat,contenant dans son épaisseur les microsomes peu importants, et dans ses mailles une substance visqueuse non vivante.
Leydig admet la même distinction, mais croit inerte lasubstance réticulée, qu il nomme spongioplasma, et vivante la substance visqueuse englobée, qu’il nomme hyaloplasma.
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Pour Kuppfer, la SUBSTANCE vivaNTE consiste dans de minces fibrilles (substance filaire Flemming) indépendants du réseau, lequel est formé par une substance inerte qui contient dans ses mailles une substance hyaline, inerte, qu'il nomme paraplasma et quicorrespond à la masse interfilaire de Fiemming. Flemming nomme mitome l'ensemble des fibrilles. Fe
Kuntsler et Butschli ont souvent vu le cytoplasma formé d'innombrables alvéoles ou vacuoles creusées dans la masse du protoplasma homogène et, dans le protoplasma interalvéolaire, des fibrilles et des microsomes qu'ils considèrent comme des éléments inertes. Pour Butschli, l’alvéole, gouttelette d’un liquide qu'il nomme chylema, est là SUBSTANCE VIVANTE.
Les auteurs qui, comme Weissmann et De Vries, croient à la suprématie du noyau actif sur le cytoplasma passif, localisent dans le noyau l'idioplasma, portion active du plasma cellulaire.
Pour Weissmann (1892), la substance du noyau est l’édioplasma ; celle de l’amibe (corps cellulaire) est le morphoplasma. Le morphoplasma n’a qu'un rôle subordonné dans l’évolution de la cellule : il se nourrit, s’accroît, se divise, mais ne peut en aucun cas se modifier par ses propres forces. C'est l'idioplasma contenu dans le noyau qui dirige tout dans les cellules. c’est lui qui détermine tous les changements qui se produisent dans la forme, la structure et les propriétés de la cellule, depuis sa naissance jusqu’à sa mort.
Il est possible, comme on peut s'en convaincre par le peu que nous avons dit de la chimie cellulaire, que la suprématie incontestable exercée par le noyau sur l’amibe soit due à une différence dans leur: composition chimique, et à l'accumulation, dans le noyau, d'une
SO portion plus considérable de substance vivante, qui n’existerait qu’en proportions beaucoup moindres dans le cytoplasma. Mais nous n’en sommes pas encore venu au temps où l’on pourra expliquer tous les phénomènes vitaux par la physique et la chimie ; efforçons-nous de sortir de la phase vitaliste que nous n'avons pas encore su franchir. Oui, nous sommes encore obligés d’invoquer des opérations vitales et ce sont ces opérations vitales qui, actuellement, doivent seules résoudre ce problème. Ces opérations vitales sont, comme nous l'avons montré plus haut, une spécialisation fonctionnelle et anatomique des cocci constructeurs et habitants de l’amibe. Vouloir aller trop vite, c’est se condamner au statu quo. Pour Hallez, le noyau n’est qu'un centre d'attraction utile pour maintenir l'indépendance cellulaire en s’opposant à la tendance des cytoplasmas voisins à s’unir en syncitiums. [l est aussi un organe squelettique servant à donner insertion aux fibres du cytoplasma. L'activité même de toute cellule appartient à son cytoplasma. C’est lui qui est mobile, irritable, qui règle les phénomènes de nutrition, d’accroissement et même de division, comme on l’a reconnu par la découverte des sphères attractives. Si on a accordé tant d'importance au noyau, c’est parce que ses modifications sont beaucoup plus visibles que celles du cytoplasma ; mais plus on avance dans la connaissance des phénomènes, plus l’on se convainct qu'il est passif et que l'initiative vient des fibrilles contractiles du cytoplasma. (DELAGE, p. 588.)
Vient à son tour Altmann qui renverse la proposisition adoptée par ses prédécesseurs ; pour lui le cytoplasma, au lieu d’être formé de protoplasma homogène,
vivant, charriant des globules inertes produits par lui, M. 5
est constitué par des globules vivants englobés dans une substance inerte produite par eux.
La suite montrera que dans toutes ces opinions contradictoires il y a une part de vérité et une part d’erreur.
3 Hypothèses panméristiques cherchant à expliquer la formation de Pamibe et son fonctionnement par l’àssociation de particules vivantes et par les influences réciproques exercées par ces particules, les unes sur les autres. — Nombre de savants ont, depuis longtemps, constaté Fimpossibilité d'expliquer les phénomènes vitaux à laide d’une substance homogène, comme le serait le protoplasma, et, en l'absence de preuves positives, le supposèrent formé de nombreuses particules douées de vie. Mais privés de guide, livrés par conséquent à toute la fougue de leur imagination. ils différèrent d'opinion sur l’origine de ces particules vivantes, sur leur nature, leur structure, leur permanence ou leur peu de durée, leurs fonctions, leur identité entre elles ou leur plus ou moins grande diversité native.
De là les microzymas de Béchamp, les unités physiologiques de Spencer, les gemmaires de Haacke, les atomes annulaires de Dolbear, les plastidules de Maggi, de Erlsberg et de Haeckel, les granulations électriques de Hermann Fol, les b'oblastes d'Altmann, les plasomes de Wiesner, les plasmas ancestraux de Weissmann, les gemmules de Ch. Darwin, etc., ete.
Toutes ces théories, çonçues par des hommes de grand talent et doués d’une vaste instruction, ont eu pour résultat principal de faire voir sous un jour nouveau un nombre immense de faits. Tant de grandes pensées ne peuvent avoir été élaborées en pure perte et, si elles ne sont pas parvenues directement x nous
CET"; EE éclaircir sur la nature des phénomènes biologiques, du moins elles contribueront puissamment à nous con- ‘ duire au but de tous nos efforts.
Ces conceptions touchant tout particulièrement à la constitution de la SUBSTANCE vVIvANTE et, par conséquent, au problème de son origine et de sa genèse, ne seront pas discutées ici.
Wiesner est celui de tous qui se soit approché le plus de ce que nous croyons être la vérité ; malheureusement il s’est laissé égarer par la conception panméristique du protoplasma, puisque, pour ce savant, les plasomes, soit à l’état isolé, soit sous des groupements invisibles, formeraient le protoplasma hyalin luimême.
4° L'amibe est un organisme formé d'une association d'êtres vivants renfermée dans un édifice inerte, construit el animé par cette association afin de lui permettre d'atteindre son but. — Pour apprécier sainement la répartition de la SUBSTANCE vivante dans l’amibe, il fallait une bouée solide à laquelle on püûts’accrocher pour résister à ces divers entraînements. Mais, cette bouée, a-t-on sérieusement cherché à l’asseoir ? Le principe que nous avons établi précédemment sous forme de loi supportera-t-il, sans en être ébranlé, l'énorme poids de l’édifice biologique que nous voudrions faire reposer tout entier sur lui ? Oui ! nous en sommes convaineu ; mais, pour arriver à un résultat satisfaisant, il faut procéder avec méthode.
La multiplicité des opérations chimiques et dynamiques qui s’opèrent simultanément dans l'intérieur d’une amibe, prouve péremptoirement la multiplicité et la variété d’emploi des opérateurs. L'opportunité et la précision avec lesquelles s'effectuent ces multiples opérations, attestent la
parfaite adaptation de ces divers opérateurs à leur fonction respective et l'étroite solidarité qui régne entre EUT:E
Or, quels sont les architectes, les constructeurs, les moteurs, les metteurs en œuvre, les continuateurs ou propagateurs de la zooglée, de la protamibe, de l’amibe et, partant, de tous les organismes composé d’amibes associées, métazoaires et cités ? Ce sont les cocci. Ces cocci ne sont pas plus du protoplasma condensé, que les amibes qui nous constituent ne sont de la basale condensée ; que l'abeille n’est de la cire condensée ; le frelon, du carton condensé et l'habitant d'une maison construite de pierre et de bois, de la pierre et du bois condensés.
Tant de parties diverses et quelque peu indépendantes les unes des autres, observées dans le protoplasma, auraient dû faire songer que, comme pour comprendre la structure et le fonctionnement de la ruche et du métazoaire, il faut procéder du simple au composé, de même il faut procéder pour comprendre l’amibe. Il est donc de toute nécessité qu’à la doctrine monoméristique ancienne, ou qu'à 1 hypothèse des deux plasmas associés, on substitue une doctrine polyméristique infiniment plus conforme aux données actuelles de l'observation, tout incomplètes que soient ces données pour permettre une solution définitive du problème. Nous avons donné plus hautlaclef qui nous a permis de pénétrer dans cette doctrine polyméristique bien différente des théories panméristiques depuis longtemps déjà proposées et qui font presque aussi éloignées de la vérité que la conception monoméristique qu'elles prétendaient détrôner. Hélas ! cette doctrine polyméristique paraîtra bien décevante car, ne touchant pas à l’origine des choses,
qu'elle laisse dans l'ombre, elle ne fait que reculer la difficulté sans la trancher. Or c’est précisément là ce qui fait sa qualité principale Ne vaut-il pas mieux, cent fois, avouer que nous sommes encore très éloigné de la connaissance de la SUBSTANGÉ VIVANTE, que de faire croire, comme on l’a déjà fait tant de fois, que nous l'avons enfin saisie et sommes à même de la décrire dans ses moindres détails et d’en expliquer rigoureusement toutes les propriétés ? Ne sont-ce pas en réalité les théories panméristiques qui, chacune à son tour, dans l’ordre de leur apparition successive, nous ont fait éprouver cette cruelle déception ? Ce n’est pas que nous condamnions systématiquement ces tentatives, bien au contraire. Mais il nous est impossible de franchir d’une seule étape l’immense trajet qui nous sépare encore de Là SUBSTANCE VivANTE) la solution du problème biologique n'est pas une ; elle ne peut être obtenue qu'en plusieurs fois, en plusieurs phases dont la plus proche peut être nommée la phase positive et les suivantes, les phases mystérieuses. Nous ne nous attachons en ce moment qu'à la phase positive de la solution, nous proposant d'aborder ses phases mystérieuses dans notre chapitre des Origine el genèse de la SUBSTANCE vivanr£. C’est alors que nous discuterons les diverses conceptions panméristiques.
En somme, que devient, au milieu des opinions si diverses émises à son sujet, le sens du mot protoplasma ? N'a-t.il pas besoin d’être nettement précisé ? Car il ne peut, sans exposer à d'interminables confusions, être indistinctement employé pour désigner des objets différents.
Quand Hugo von Mohl, en 1846, à créé le mot protoplasma pour désigner en entier la masse visqueuse con-
e= 10 -— tenue dans la cellule végétale, il ignorait que l'analyse minutieuse de cette masse ferait distinguer en elle des éléments aussi divers que le sont ceux Eur y a réconnus depuis.
L'identité de structure apparente et de propriétés qu'offrait le protoplasma de Mohl avec le sarcode de Dujardin motiva leur assimilation et le mot protoplasma, préféré sans doute en raison des idéesthéoriques qu’impliquait sa construction étymologique, fut désormais appliqué à désigner ce que l’on croyait être {la SUBSTANCE . VIVANTE, sans distinction de règne, animal ou végétal.
Persister à employer le mot protoplasma pour désioner l’amibe tout entière ou,tout entier,le contenu de la cellule, c’est accorder à tout cet ensemble la dignité de SUBSTANCE VIVANTE. Le réserver exclusivement aux parties vivantes de l’ensemble,c’est lui donner unsens nouveau complètement différent du sens primitif. Nous croyons ne pouvoir mieux faire, pour trancher la difficulté, que de conserverle mot protoplasmaàhce qui forme la masse de l’amibe,son édifice, son mur extérieur et ses cloisons, et d’en distraire les parties vivantes, découvertes,soit par le microscope, soit par la pensée, depuis la création du mot, ou, pour préciser davantage, d’en distraire la rare substance, encore tout entière du domaine de la pensée, qui anime ces parties actives et mérite seule le nom de SUBSTANCE VIVANTE. À cette substance ainsinettement définie, nous donnons le nom d'Evplasma.
Ceci dit, nul n’aura le droit de reprocher à notre. dissertation de ressembler en quoi que ce soit à une querelle de mots.
Cette séparation bien nette du protoplasma et de l’euplasma est encore justifiée par cette remarque de Delage (p.21) que, bien que résultant de la différencia-
TE tion du cytoplasma, les parties figurées ne font pas partie de cette substance à laquelle elles sont « eñ quelque sorte surajoutées ».
Les termes cyfoplasma et nucléoplasma, dénués de toute signification théorique, ne nous serviront qu’h désigner d’un mot le premier, le contenu de l’amibe, le noyau excepté; le second, le contenu du noyau. Au premier appartiennent les éléménts que nous avons dits amibiens ; au second, ceux que nous avons dési: gnés comme nucléaires.
Cherchons donc à notre tour à préciser quels sont dans la masse complexe de l’amibe, les éléments vivants et quels sont les éléments inertes. e
Il est difficile de se frayer une voie au milieu du dédale des faits d'observation, si souvent contradictoires, publiés par tant de savants également autorisés et dignes de foi; néanmoins notre méthode analytique nous con: duira, comme un guide fidèle et sûr.
En exposant ce que nous avons appelé la /o7 des asso- Ciations progressives et des combinaisons biologiques, nous avons décrit la facon dont nous comprenons l’amibe, résultat, disions-nous, de perfectionnements progressifs réalisés par la zooglée coccienne, puis par la protamibe. Ces essais auraient amené la différenciation des associés, des cocci, d’abord tous semblables entre eux, en deux groupes essentiels : cocci ouvriers dontles uns, moteurs, sont fixés dans tous les points en apparence contractiles du réseau protoplasmique amibien comme, chez les métazoaires, les amibes contractiles sont fixées dans tous les points de l’appareil musculaire; dont les autres appartiennent à des corps de métier fort variés; et cocci transmissibles où essaimeurs, enfermés dans le gynécée de l’amibe, autrement dit, le noyau. Tous les
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cocci ouvriers ressortissaient d’une même caste (sacrifiée); le groupe des cocci transmissibles composait à lui seul une autre caste (privilégiée).
Dans les mailles de l’amibe, disions-nous aussi, est contenu un liquide riche en éléments nutritifs, dans lequel les cocci accumulent et puisent alternativement provisions et matériaux. Dans la chambre nucléaire existe un autre liquide, plus riche encore, une sorte de nectar comparable par ses qualités à la liqueur prolifique que les abeilles ouvrières réservent à leur reine et sans doute aussi, c'est une conclusion qui découle de l’analogie, au suc nourricier, éminemment raffiné, dispensé par la circulation à l’ovaire et au testicule des métazoaires.
Les cocci nucléaires, placés dans ces conditions essentiellement avantageuses, ou, si nous préférons, la spirobactérie nucléaire, qui représente leur morphologie nuptiale, n’a d'autre préoccupation que de se nourrir et pondre, comme le fait l'ovaire, comme le fait la reine abeille dans son gynécée ; — la ponte, selon qu'elle est monospermique ou polyspermique, est une bipartition ou une succession de bipartitions déguisées, comme nous le verrons plus tard.
Or cette conception de l’amibe est d'accord avec celles ques’en sontfaites Weitzmam, Brass, Leydig,Frommann, Klein, Schmitz : notre 7'éseau protoplasmique, inerte, correspond anatomiquement assez bien ‘à la substance filaire de Heitzmann, au spongioplasma de Leydig, à la substance interalvéolaire de Kuntsler et de Bütschli, disposés en un réseau délicat à très petites mailles, aux lamelles ramifiées et anastomosées d’Eismond, et notre lac séreux à cette matière visqueuse et sans forme propre, répandue, dit Heitzmann, dans les mailles du
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réseau, autrement dit au Ayaloplasma de Leydig et au chylema de Bütschli. Mais sinous différons de Heitzmann quant à l'interprétation de la valeur relative de ces deux éléments, dont il considère le premier comme vivant et comme inerte le second, du moins avons-nous la consolation de nous trouver d'accord avec Brass et Leydig. Quant à la vitalité du second, proclamée par Leydig, Brass et Bütschli, elle n’est pas soutenable. Un liquide, chacun le sait, n’a pas de forme définie et prend inévitablement celle qui lui est imposée par le récipient qui le contient. Comment, dès lors, concevoir qu'un liquide, qui n’a pas et ne peut avoir de morphologie, puisse présider à la morphogénie, parfois fort compliquée, d’une cellule? C’est impossible.
Nos cocci, éléments actifs de l’amibe. dont ils sont les architectes, les constructeurs, les moteurs, les metteurs en œuvre, les propagateurs, correspondent à la fois aux plastidules, aux microsomes, aux leucites, aux fibrilles, aux centrosomes, aux filaments du réseau, des asters et du fuseau et, pour une partie, au tonoplaste de de Vries, à la membrane vitaline, à celle du noyau, à celle du centrosome, à celle du nucléole, au filament de linine et à la plaque cellulaire, comme nous allons essayer de le démontrer.
Mais, pour déterminer rigoureusement ce qui est vivant dans l’amibe, il faut d’abord se faire une juste idée de ce qu'est la vie, non pas dans son essence, problème complètement insoluble à l’époque actuelle, mais dans son mécanisme.
: Une ruche vit; un homme vit ; une amibe vit; fout le monde est d'accord sur ce point, mais il s’agit de s'entendre sur l’acception réelle de ces diverses expressions. Ce que l’on appelle la vie, chez l’un, en synthé-
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tisant dans un mot l’ensemble des phénomènes, apparemment spontanés, présentés par cet être, n’est pas exactement ce que l’on appelle aussi la vie chez l’autre et c’est pour cela que jamais on n’est arrivé à donner de la vie une définition satisfaisante.
Quand, par suite des progrès réalisés par les sciences naturelles, on a étendu le mot vie, des animaux supérieurs auxquels il s’appliquait tout d'abord, aux amibes et aux cocci, on n'a pas tenu compte des différences que présentaient ces trois degrés de vie, en sorte que l'unité du mot a fait méconnaître la variété des phénomènes que le mot était appelé à désigner On sentait cependant, et avec raison, que dans l'intimité de ces êtres si divers gisait un fond Commun dont on ne pouvait découvrir la nature et c'est dans le protoplasma que, persuadé que l’on touchait enfin l’insaisissable protée, on a cru devoir localiser ce fond commun, swbstratum de la vie.
Or, on dit aussi d’une machine qu'elle vit, lorsqu'elle est en activité, et combien de fois n’a-t-on pas comparé les êtres vivants à des machines! Dans toute machine, il faut distinguer le foyer et la machine proprement dite, et le foyer est seul vivant. C’est le lieu où s'effectue le dégagement des forces vives qui vontêtre transmises, | par un procédé ou par un autre, à la machine et transformées par elle dans un sens ou dans un autre sens, suivant de mode d’agencement de celle-ci.
Voilà où est la vie; elle n’est que là. C’est du foyer que tirent leur origine les mouvements ou autres manifestations dynamiques dont la machine va devenir ke siège. De même que le foyer est l’âme de la machine, de même les multiples foyers qui animent un être vivant constituent par leur ensemble l’âme de cet être. Tout
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être vivant possède une âme et il faudrait tenir pour des sots les grands esprits de l'antiquité, pour se permettre de réduire à néant le fruit inestimable de leurs longues et profondes méditations.
L'âme, telle que nous la concevons, n’a rien à faire, bien entendu, avec les rêveries métaphysiques. L'âme est un assemblage, jusqu'alors indéterminé, de forces et de matière — nous ne pouvons concevoir l’une sans l’autre — qui, comme l'ont très judicieusement pressenti les anciens, tire son origine d’une source cosmique jadis très abondante, aujourd'hui très probablement tarie (1). Cette source, que l’on concevait Comme une intelligence ordinatrice, sans toutefois en faire une entité divine, puisqu'il s'agissait d'une force vivifiante répandue dans tout le corps du monde, était le nous, le mens de Virgile, le men des philosophes Hindous, d’où la Minerve (mev-epyov, travail de la pensée) des Arcadiens et par suite des Latins. Elle résidait, pensait-on, dans la substance ignée du feu éther (tête de Jupiter — Jupiter n'étant autre chose que le ciel, le Dyaus védique), dont seraientcomposés lesastres et dont nos âmes intelligentes seraient émanées. C’est de ce feu principe qu’elles dérivaient; c’est là qu’elles retourpaient. L'hypothèse de Laplace a donné à cette concep-: tion une expression plus en rapport avec l’esprit scientifique moderne, montrant que cette force vivifiante a été cédée à la Terre, en même temps que sa substance, par notre Soleil, qui, d’ailleurs, ne cesse encore de l’entretenir. Après en avoir été le père, il en est le protecteur et le nourricier.
Tout être vivant à son âme : qu’il soit animal ou
(1) Nous négligeons l'hypothèse de la pluralité des mondes habités, pour ne nous occuper que de la vie terrestre.
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végétal, et l'opposition formelle créée par l'ignorance entre ces deux groupes et exprimée par le mot animal, accordé à l’un d’eux, n’a pas sa raison d’être, puisque c'est le même aveuos qui les vivifie tous deux. L'âme est l'élément qui communique à un organisme, pour un temps donné, la vie qu'il manifeste de mille manières. L'âme est le siège intime de toutes les actions et réac tions dont l’organisme nous rend témoins. C’est elle qui le fait naître, lui imprime sa forme, entretient son activité fonctionnelle et le dirige, le plus souvent à son insu, vers le but pour lequel elle l’a créé. Enfin c'est elle qui se perpétue dans sa descendance.
Eux-mêmes, les termes éeuc, anima, spiritus, sont fort bien choisis ; ils ne visent pas seulement en effet, comme ils le semblent tout d'abord, la fonction respiratoire qui, toute importante qu’elle soit, est loin de constituer à elle seule la vie ; ils impliquent, non pas comme on à eu le tort de le croire, l'essence immatérielle de l'âme, mais la nature aérienne, atmosphérique, de la SUBSTANCE vivanrset, en effet, l’âme des organismes vivants se confond intimement avec la SUBSTANGE VIVANTE : âme ef SUBSTANCE VIVANTE Sont synonymes ; disons plus : elles ne font qu’un.
Par l'expression SUBSTANCE VIVANTE, en effet, nous n’entendons pas désigner une substance d'essence spéciale, différente de celle à laquelle appartiennent les corps inanimés, mais bien un composé particulier, formé de (, H, O, Az, et peut-être Ph, en‘proportions jusqu'alors indéterminées, Les forces qu'elle met en jeu ne constituent pas non plus une /orce vitale distincte des processus naturels de la matière. Tant qu’à faire des hypothèses, faisons-les le plus simples possible et bannissons du domaine de nos recherches la notion stérile et para-
RAR lysante du surnaturel. Quand nous connaîtrons toutes les lois qui régissent la matière, il sera temps encore de combler les lacunes, s'il en existe, en invoquant les influences surnaturelles.
Donc, par l’expression SUBSTANCE VIVANTE, nous entendons désigner une substance formée, très anciennement par condensation et combinaison des éléments constitutifs de l'atmosphère, C, H, O, Az. Cette substance, une fois formée, s’est constamment perpétuée par formation incessante de substance identique à elle-même aux dépens de l’atmosphère, sa mère, au sein de laquelle elle est restée constamment plongée et dont elle n’est qu'un département. Elle parcourait ainsi un cycle évolutif dont la science parviendra peu à peu à retracer toutes les péripéties. La possibilité de la génération spontanée, à une époque au moins de l’histoire de notre globe et dans des circonstances particulières, est un postulat nécessaire pour expliquer scientifiquement la première apparition des organismes. Tel est notre avis et, nous le croyons aussi, celui que partage tout esprit droit et libre de préjugés.
Ainsi, àme et SUBSTANCE VIVANTE sont la même chose Dansles innombrables foyers qui animent un organisme d'ordre plus élevé que la protobie, aussi bien que dans l'unique foyer qui anime celle-ci, se trouvent réunis et confondus, dans cette propriété si complexe que nous nommons l’érrilabilité, à la fois le principe d’accroissement et de division, le principe de mouvement et le principe d'intelligence et ceux-ci, par suite des progrès réalisés dans la constitution progressive des organismes tendront à se séparer l’un de l’autre pour se localiser, au grand bénéfice de ces derniers, dans des organes spéciaux, comme diverses formes de l’irritabilité cuta-