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née, d'abord confondues chez les cœlentérés inférieurs et disséminées dans tous les points de l’'ectoderme, se sépareront peu à peu pour se localiser, chez les métazoaires plus élevés, chacun dans un organe spécial. D'où ces divers sens que nous observons chez les animaux supérieurs, et que l’on a classiquement réduits,à cinq, alors qu’en réalité leur nombre est beaucoup plus considérable, mais encore indéterminé,
C’est aussi de l’irritabilité que tire son origine la volonté et, quand nous disons que là SUBSTANCE VIVANTE veut être, qu’elle veut être toujours et partout, cela signifie qu’elle possède en elle (vis infima) les moyens de réagir victorieusement contre les influences nombreuses et variées (vis externa) qui tendent à modifier sa constitution où à la détruire.
Oui, tout être vivant possède, par cela même qu'il est vivant, une âme qui l’actionne et le dirige, et l’on a admirablement exprimé les relations intimes que l'âme affecte avec l'organisme, en disant qu’elle réside rotu in loto et tata in qualibet parte corporis. Oui, cette âme existe : le microscope nous a mis à même aujourd’hui de l’affirmer ; à son tour, le raisonnement nous permet de préciser plus nettement sa situation et sa nature.
C’est donc une double hérésie scientifique que nous créons, d'une part, en niant la vitalité du protoplasma et, d'autre part en redressant haute et ferme, une conception qui, déconsidérée par la tendance des spiritualistes à tout abstraire, semblait devoir à jamais tomber dans le mépris et l'oubli. Non, l'animisme n'est pas mort : il s'était seulement égaré. Le protoplasma est inerte; seuls les cocci vivent dans les êtres qu'ils animent. Ils sont répandus, éafi én toto et grâce a la parfaite solidarité quiles relie tous entre oux, /otéin qualibet parte
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corporis. Par leur ensemble, ils constituent l'âme des êtres vivants, l’anima, le spiritus, le nous, le men tout ce principe complexe, en un mot, qui est l'unique raison de leur vitalité, de leur mouvement et de leur intelligence.
Ceci demande cependant encore plus de précision. Le coceus vit presque toutentier, parce quil est presque tout entier formé de SUBSTANCE VIVANTE ; mais le coccus n'est pas et ne peut être la SUBSTANCE vivanTE. Tout nous fait présumer qu’il résulte, comme nous l'avons dit précédemment, de l'association, un certain nombre de fois répétée, d'éléments vivantsinfiniment plus simples que lui, mais qui, actuellement, échappent à nos sens. À ces éléments vivants primordiaux, que nous ne connaissons pas, mais dont personne ne pourra nier l’existence, donnons le seul nom qu'ils méritent : ce sont les protobies.
Nous ne donnons ici que pour mémoire notre opinion au sujet de l’origine et de la genèse de la SUBSTANGE VIVANTE, nous proposant d'y revenir plus tard avec beaucoup plus de détails et d'examiner chacun des éléments primordiaux proposés par les divers théoriciens : micelles de Naegeli, pangènes de De Vries, 2dtoblastes de O. Hert- Wig, biophores et plasmas ancestraux de Weismnnn, yemmnules de Darwin, et autres que nous avons nommés précédemment.
Résultat déja fort complexe de l'association de protobies nombreuses, formée de nombre d'êtres plus simples que lui, mais cependant muni ehacun de son minuscule édifice et de son indispensable provision alimentaire, le coccus, disons-nous, vit presque tout entier ; l’'amibe renferme déjà, en outre de ses cocci, un réseau protoplasmique, des sucs nutritifs, une enve-
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loppe etune loge nucléaire, qui sont en partie des sub: stances organiques (albumines, graisses, ete.), très complexes sans doute, mais non vivantes, associées à des substances inorganiques déja nombreuses : eau, sels, etc. Cet ensemble à été réuni et se tronve maintenu par la SUBSTANCE VIVANTE des cocci amibiens, à titre d’édifice protecteur et.de provisions d'aliments et de matériaux. Il à été disposé, par ces mêmes cocci, de la façon la plus avantageuse et la plus favorable pour assurer leur soutien, leur union, leur protection, leur alimentation et, par suite, leur multiplication et leur perpétuation.
Le métazoaire, qui est un organisme formé, à son tour, par l’association de nombreuses amibes, pour la plupart enfermées dans des loges protectrices, plongées dans des basales demi-solides ou libres dans des liquides qui imprègnent toute la masse de l'édifice ; le métazoaire, disons-nous, renferme proportionnellement, on le conçoit facilement, beaucoup plus encore de ces substances non vivantes, plus grossières, si nous pouvons nous exprimer ainsi, C'est-à-dire moins rapprochées par leur composition chimique présumable, de la suBs- TANCE VIVANTE, que ne doit l'être le réseau protoplasmique de l’amibe. L'eau, les sels inorganiques y figurent dans de larges proportions. Enfin,dans la ruche et la termitière, la proportion des éléments non vivants est beaucoup plus grande encore.
Ainsi, à mesure que nous passons d’un organisme d’un certain degré à un organisme de degré supérieur, nous voyons diminuer la quantité relative de SUBSTANCE VIVANTE que renferme chacun d'eux respectivement : nous voyons ce dernier organisme vivre moins et différemmentf.
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Il vit moins, en effet, puisqu il renferme proportionnellement moins de SUBSTANCE VIVANTE ; mais les diverses propriétés de cette SUBSTANCE vivanrEe, toutes déjà incluses dans le coccus, sont de mieux en mieux utilisées. Car pourquoi la SUBSTANCE VIVANTE se donnerait-elle cette peine, si elle n'en devait pas tirer un sérieux profit ?
Le coccus possède un pouvoir chimique puissant, dont &l conservera loujours et partout le monopole exclusif, quelque soit le degré de l'organisme qu'il habite. Le coccus est à même de varier, dans de grandes limites, la forme des actions effectuées par son pouvoir chimique et il résulte de là que l'association des cocei conférera à l’organisme qu’elle formera la multiplicité et la variété de ces aptitudes. N'est ce pas beaucoup ? Un soldat isolé peut beaucoup, mais qu'est son pouvoir auprès de celui d’une armée formée de nombreux corps spéciaux, bien outillés et bien disciplinés ? Essayez donc d'expliquer actuellement, par l'intervention des agents physicochimiques, la spécialisation des cocci !
Le pouvoir chimique du coccus, pour avoir la possibilité de s'exercer, exige que le coccus soit à portée d’un liquide (corpora non agunt nist solula) d'où l’obligation, imposée à l'amibe, de posséder un lac séreux qu elle n'abandonnera jamais, alors même qu’elle serait assurée de posséder un liquide ambiant capable apparemment de lui rendre le même service, comme, par exemple, le liquide interstitiel des métazoaires. Le liquide interstitiel, le lac sérieux viennent-ils à se dessécher, l'on observe alors cet état de l'organisme, qui a reçu le nom de vie latente.
Le coccus, répétons-le, conservera toujours, dans tous les organismes qu’il habitera, le monopole exclusif des opérations chimiques,
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Mais ces opérations chimiques, de plus en plus variées à mesure que les cocci se seront adonnés à des spécialités plus nombreuses et plus distinctes, donnent lieu, comme les combustions opérées dans le foyer d'une machine, À des dégagements de forces vives qui, suivant les cas, se manifesteront sous forme de chaleur, d'électricité, de lumière, de mouvements ou de pensées, suivant l'aspect que leur imprimeront les divers organes destinés à les recueillir et à leur donner une forme.
Déjà, dans le coccus lui-même et grâce à sa structure complexe, apparaissent le mouvement, la lumière, la chaleur et l'électricité. Aussi ajouterons-nous comme corollaire à la proposition précédente, que partout et toujours le coccus conservera, dans tous les organismes qu'il habitera, le monopole exclusif des manifestations dynamiques : cela, en qualité de représentant, le plus direct que nous connaissions actuellement, de la SUBSTANCE VIVANTE.
Toutes les autres substances qui entreront dans la construction d’un organisme feront comme l’eau, le cuivre et l'acier de la machine à vapeur, le cuir de la transmission, c’est-à-dire recueilleront les forces dégagées, les combineront et les transmettront en leur imprimant le sens qui sera le plus conforme à la destination de ces forces. Car toutes ces forces sont dégagées dans un but réel, net et précis, que nous avons déterminé quand nous avons développé la loi des associations progressives.
Les dispositions données à la machine varient à l'infini quantaux détails, mais au fond de cette inexprimable diversité, le foyer reste toujours identique à lui-même. Cette proposition ne serait pasexactesi le foyer que nous entendons désigner ici était le coccus, puisque, comme
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nous l'avons dit, la diversité des spécialisationsqu’il est susceptible d'acquérir en fait, à nos yeux, un être tellement variable que ses divers aspects pourraient quelquefois nous faire méconnaitre son unité originelle. La nécessité seule de noustenir renfermé dans le cercle des phénomènes actuellement perceptibles et constatables, dans la phase positive de la solution du problème biologique, nous fait accorder au coccus ce qui appartient en propre à la protobie, trop problématique, en d’autres termes, nous fait concevoir le coccus comme le foyer qui anime la bactérie, la protamibe, l’amibe, le métazoaire et la cité. Le coccus, lui aussi, est sujet à variations; ce qui ne varie jamais, C’est la SUBSTANCE VIvANTE qu'il renferme. Celle-ci ne saurait transiger : elle est, demeure immuable ou disparaît.
Aussi ne partageons-nous pas l'avis de Nœgeli qui définit la supsrance VivANTE, qu'il appelle i4/oplasma, un perpetuum variabile, un perpétuel changement, lequel perpétuel changement résulterait, dit cet auteur, de sa nature même ou, comme le pense Weissmann, lui serait im posé par les circonstances extérieures.
Nous croyons,nous,que l’enplasma,-— © est le nom que nous donnons à 14 SUBSTANCE VivanTE telle que nous la concevons, — ne change jamais, puisqu'on la retouve toujours la même au fond de tout organisme, à quelque degré d'association qu’il appartienne.
Le résultat immédiat de la construction d’un organisme, c’est la concentration en lui d’un grand nombre de ces foyers dont il va apprendre à utiliser de mieux en mieux la production de forces vives. Suivant l'agencement que va acquérir cet organisme, etsuivant le sens, la variété et le degré d'intensité offerts par la spécialisation des cocci qu'il renferme, il manifestera
D eue, de telle ou telle sorte, l'accumulation et la combinaison qui se seront opérées en lui, de ces forces.
Envisageons un instant les actions mécaniquesseules. D'abord, chez l’amibe, elles étaient péu intenses et, malgré sa grande mollesse, le protoplasma glaireux de l'amibe proprement dite suffisait à l’utilisation de ces forces mécaniques, mais déjà chez lés amibes supérieures (protozoaires supérieurs), nous voyons la différenciation des cocci moteurs s'exagérer au point de nécessiter l'apparition de sécrétions plus fermes, chitineuses ou cellulosiques. Ces actions mécaniques gagnent encore en puissance chez les métazoaires supérieurs et, à mesure que leur déploiement s'accroît, ces organismes sont obligés de façonner des substances plus solides, partant, plus grossières, plus aptes, en un mot, à vaincre les résistances que ces organismes devront opposer à la force qui lesentraîne vers le centre de la terre et à celles qu'ils rencontreront de la part des objets plus volumineux et plus durs sur lesquels ils se croient'désormais en droit d'agir. De là les hasales, les cartilages, les chitines, les os enfin, dont ilsemprunteront presque toute la substance au monde inorganique. Les carbo-: nates et les phosphates, voire même les silicates ne viennent-ils pas à temps donné accroître la résistance, devenue insuffisante, des celluloses et dés chitines ? Quelle économie n'’a-t-elle pas réalisé, chez Les graminées, cette savante adjonction de silice à la cuticule de la hampe ?
La Vie est un phénomène aérien avons-nous dit, elle n'a noué de relations avec la Terre et celle-ci n'est devenue son support obligé que quand la diminution de densité de l’atmosphère et l'augmentation croissante du poids des organismes, a rendu nécessaire cetté cir:
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constance. Elle s’est résignée parce qu’elle ne pouvait faire autrement et s’est consolée en empruntant à son support quelques matériaux qui pouvaient l'aider dans l'exécution de ses diverses fonctions. Mais qne d'’efforts pour éviter le contact avec cette digne émule de Typhon,avec cette Terreinerte rude etblessante! Que de matériaux mis en œuvre, que de forces dépensées pour construire et animer ces appareils de soutien, cette hampe des végétaux, ces pattes et ces ailes des animaux.
Les êtres animés ont conservé en grande partie l'incessante mobilité qui fait le caractère spécial des agents atmosphériques. Comme eux, ils ont continué à être gouvernés par les influences calorifiques, lumineuses et chimiques émanées de notre soleil. Au contraire, l'écorce terrestre demeurerait plongée dans une mortelle inertie, n'étaient les mouvements lents qui lui sont imprimés par l’activité interne du globe et les modifications, toutes de surface, qu’elle subit de la part des agents atmosphériques. Quant à l’activité interne, elle n’exerce sur la vie aucune influence.
Ainsi donc, dans l’atmosphère, tout est mouvement, activité; tout respire la vie. Dans l'écorce terrestre tout est inerte et mort. La formation de la première croûte ne fut-elle pas le premier irdice de la caducité de notre nébuleuse ?
La Terre avait complètement traversé sa phase stellaire, elle avait parcouru déjà une longue étape de sa phase planétaire, quand les êtres vivants, jugeant insuffisantes leurs productions chitineuses et cellulosiques, se décidèrent à faire à leur support ces emprunts dont nous venons de parler. Ils ne durent les faire d’abord que discrétement et sans méthode, sous