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construits, ces monuments, que les révolutions grandioses et terribles de ces temps agités les eussent à jamais détruits, en raison même de leur fragilité, résultat inévitable de leur nouveauté.
Si maintenant nous nous placons au point de vue chimique, nous admettrons que le protoplasma de l’amibe, c’est-à-dire son édifice proprement dit, doit se rapprocher davantage de la substance du coccus, que ne le font les substances organiques sécrétées qui, dans la construction du métazoaire, viennent se surajouter aux masses amibiennes proprement dites ; mais nous ne nous en laisserons pas imposer par son état de mollesse, au point de croire que le protoplasma de l’amibe soit la même supsrance essentiellement vivanTE que celle qui constitue en partie le coccus, et que nous appellons l’euplasma, le plasma par excellence, bien qu'ilne puisse pas être un plasma au vrai sens du mot.
C’est dans le coccus et dans la spore de bactérie et de protamibe, que l’euplasma se présente à nous dans son plus grand état de pureté; mais n'oublions pas, qu’un être, si simple qu’il soit, ne subsiste qu’à la condition d’être protégé et alimenté, en sorte qu’un coccus et qu’une spore, en outre, de l’emplasma qui forme une partie de leur masse, comprennent aussi, nécessairement, une enveloppe des cloisons et des provisions alimentaires qui ne sont pas vivantes. |
L’euplasma, voici la véritable substance de la de la vie, le protoplasma n'est qu'un produit de son activité, un ensemble complexe de dérivés fort délicats, sans doute, mais non vivants. Les cloisons intercellulaires : les basales ; les aponévroses ; les tendons les cartillages ; la chitine, chez les métazoaires, sont à leur tour des produits de second ordre, c’est-à-dire
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des produits immédiatement cocciens, médiatement amibiens, moins délicats, moins organisés et ceux-ci conduisent tout naturellement à la cire et au propolis, au carton et au mortier muco-argileux des organismescités. Ces derniers sont des produits métazoariens. C’est comme on le voit, un enchaînement ininterrompu qui se poursuit du coccus à la cité,en passant par la zooglée la protamibe, l’amibe et le métazoaire.
Un exemple bien connu éclairera cette proposition : la cire de l'abeille doit être fabriquée par un coccus spécial (travail coccien). Des cocci d’une certaine amibe, devenus tous cérogènes par spécialisation, font de cette amibe unlaboratoire cérogène (travail amibien); le tissu glandulaire formé par la juxtaposition d’un certain nombre de ces amibes cérogènes, et leur combinaison avec des amibes adonnées à d'autres spécialisations, mais nécessaires au bon fonctionnement de la glande, accumulent en un point une infinité de grains de cire, les disposent en lamelles et l'abeille, à l’aide du premier article de ses tarses, saisit la lamelle, la moule à l’aide de ses mandibules pour en faire une alvéole (travail métazoarien). L'ensemble des abeilles rassemblées et combinées dans une ruche fait un gâteau d’alvéoles destiné a une fonction spéciale de la cité (travail citain).
La vie du coccus, producteur unique et exclusif des forces vives (coccus comburateur et moteur) ou des substances (coccus réducteur) n'est donc pas la même que celle du métazoaire, transformateur ingé— nieux des forces vives qui ont été développées en lui par les cocci qui, après l'avoir construit, lui commu niquent et entretiennent en lui la vie, à l'instar d’une infinité de petits foyers vitaux dont toutes les actions
s'accumulent et se combinent. La vie de l’amibe est intermédiaire à ces denx types biologiques. Enfin chez la cité, la fransformation des forces vives et la mise en œuvre des produits est poussée plus loin encore que chez les métazoaires et nous avons rapporté des exemples de la rapidité et de l’intensité avec lesquelles ces forces sont parvenues à s'exercer à des distances incroyables.
Dans ces machines de plus en plus compliquées et ingénieuses, la vie véritable, spontanée n'existe que dans les foyers préposés au dégagement des forces vives et dans les foyers réducteurs, dans les cocci amibiens et nucléaires. La vie de l'amibe, la vie du métazoaire celle de la cité ne sont que des manifestations transmises, avec transmission de plus en plus éloignée et de plus en plus étendue, à des substances non vivantes. Toujours est-il qu'au fond de ces manifestations biologiques variées il existe une vie véritable, partout la même bien que variable d'aspect suivant la combison sociale et organique dans laquelle on la considère.
Voilà comment il faut entendre ce principe incortestable de l’unité de la vie dans la totalité du monde animé ; ce principe ne peut être compris qu’en remontant par la pensée bien loin au-delà de ce que font voir à nos yeux les instruments d'optique les plus per fectionnés.
Nous ne tenterons pas aujourd'hui de donner une définition exacte de la vie. Tout ce que nous dirons, c’est qu'étant donnée une SUBSTANCE VIVANTE dont nous ignorons la genèse, mais qui résulte certainement d’une combinaison intime des éléments constituants d’une antique atmosvhère, dont celle qui nous enveloppe au-
jourd'hui n’est plus qu'un reste appauvri et froid, cette SUBSTANCE VIVANTE, mue par des forces physico-chimiques inhérentes à elle-même (forces de réserve), sans cesse entretenues et renforcées par des radiations solaires émanées de leur foyer d'origine, soit actuellement, soit anciennement, et remise ensuite en liberté, agit à son tour, soit immédiatement, soit médiatement, sur les éléments de l'atmosphère pour les convertir en substances diverses qui sont essentiellement : 1° une suBs- TANCE vivante identique à elle-même ; ?° des substances organiques complexes, fort variées, mais non vivantes, sortes de déchets qu'elle emploie à la construction et à la mise en activité de son édifice. Cet édifice, à son tour, est destiné à assurer sa protection, son alimentation, sa multiplication (conséquence directe de son alimentation), enfin sa persistance ou perpétuation, objectif vers lequel tendent tous ses efforts.
Partout et toujours la Vie reste conforme à cette proposition. Toute la diversité qui éclate entre les divers êtres vivants résulte du mode de groupement des particules vivantes ou protobies, dans les cocci, et des réactions que les cocci renfermés dans un même organisme effectuent les uns sur les autres ; du plus ou moins de déchets protoplasmiques et autres fabriqués et utilisés, enfin de l'agencement plus ou moins heureux de ces derniers. Eux mêmes, ce groupement des cocci, la variété qui s'observe dans la fabrication et la disposition des déchets, sont les effets du travail de réaction (vis infèma) sans cesse opéré par la SUBSTANCE VIVANTE contreles nombreuses causes de destruction (vis externa) qui là menacent. Ce n’est done pas à la SUBSTANCE VIVANTE qu'il faut attribuer l'épithète de perpetuum variabile, mais bien aux substances non vivantes qu’elle met en
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œuvre, au protoplasma et ce changement perpétuel résulte bien, comme le veut Weissmann, de la lutte soutenue par la SUBSTANCE VivANTE contre les influences extérieures.
Quand, frappé de l'immense variété présentée par les Rhizopodes, qui sont des amibes, on s’est demandé comment des masses de protoplasma, semblables entre elles en apparence, pouvaient sécréter des tests aussi dissemblables, on n’a souvent trouvé rien de mieux que d'admettre que chaque espèce de Rhizopode est formée d’un protoplasma différent, par conséquent d’une sups- TANCE VIVANTE différente, puisque le protoplasna passe pour être la SUBSTANCE vivanTE. C’est une explication bien risquée, il faut l’avouer, et cependant bien peu satisfaisante. Comment! parce que le test sécrété diffère quelque peu, la nature de 1à SUBSTANCE VIVANTE du protoplasma différerait également ! La nature du protoplasma de Michel Ange était sans doute aussi fort différente de celle d’un Canaque, si l’on en juge par l'aspect si opposé des édifices construits par chacun d'eux! La vie est donc un phénomène si changeant qu'il varie ainsi dans sa nature et choisisse un substratum nouveau toutes les fois qu'il veut créer une espèce nouvelle ? Voici une étrange conception du phénomène le plus fixe qui soit dans la nature !
Non ! la vérité, c’est que la vie, dans ce qu’elle a d’essentiel, est la même partout, comme les radiations solaires emmagasinées dans deux morceaux de houille, sont les mêmes et cependant produiront des effets fort différents, lorsqu'on les brülera dans des machines différemment agencées. La vie est la même partout : celle du Parisien est la même que celle du Boshiman, et cependant leurs appareils protecteurs, vêtements et
édifice, sont bien différents. Seules leurs aptitudes et leur éducation diffèrent, comme diffèrent les aptitudes et l'éducation de deux groupes de cocci qui constituent deux rhizopodes d'espèces distinctes.
Nous serions fort en peine, il est vrai, s’il nous fallait établir l’équivalentphysico-chimiquedes aptitudes etde l'éducation ; mais, malgré l’inconnue que renferme notre explication, ne vaut-elle pas mieux, mille fois, que l'hypothèse gratuite d’un substratum de la vie sans cesse variable dans la nature? Si la composition chimique du protoplasma varie suivant l’espèce de Rhizopode considérée, cela veut dire que les constructeurs de l'édifice protoplasmique ont jugé à propos ou bien ont été forcés d'employer à cette construction des matériaux différents, comme le termite qui habite les arbres emploie à la construction de son édifice des ma tériaux différents de ceux qu'emploie au même usage le termite qui habite la plaine.
Nous dirons plus, c’est que la différence de nature chimique et physique, constatée entre les diverses variétés de protoplasma est à nos yeux la plus grave condamnation que l’on puisse prononcer contre sa vitalité, aussi ne comprenons-nous pas l'association, généralement admise, de ces deux principes : le protoplama essentiellement variable, substratum de la vie, et l'unité de la vie dans tous les êtres.
Comment concilier, en effet, ces deux propositions incompatibles : d’une part, le protoplasma substance fondamentale de tout être doué de cette propriété, une entre toutes, que Ion nomme la Vie et, d'autre part, cette infinie variété qu'il présente à ceux qui cherchent à pénétrer sa nature mystérieuse ? Sa «consistance... « dit Van Tieghem (/oc. cit., p. 472), varie d'une cellule
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« à l’autre au même âge et dans la même région. Il est « ordinairement mou, plastique, tenace, très extensible « et non élastique. Parfois il est plus gélatineux ; sou - « vent même il prend tout l'aspect d'un liquide et ses « fragments s'arrondissent en gouttelettes sphériques. « D'autres fois, au contraire, il est raide et cassant, « Comme dans la plupart des cellules qui sont à l’état « de vie latente.
« Elle varie aussi avec l’âge dans la même cellule et « dans la même région. Plus ferme et plus compact « dans la jeunesse, le protoplasma devient peu à peu « plus mou et plus fluide dans le cours du développe- « ment pour reprendre plus tard sa solidité si la cel- « lule traverse une période de repos.
« Elle varie enfin dans une même cellule, prise à « l’état adulte, avec la région considérée. 11 se forme « en effet, à la périphérie du protoplasma , une couche «hyaline plus solide et plus réfringente que le reste, « le plus souvent très mince, échappant même quel- « quefois aux plus forts grossissements ; elle entoure la « masse intérieure en demeurant avec elle en parfaite « continuité, et par conséquent sans présenter de con- « tour interne >»
Cette citation n'est-elle pas bien propre à nous édifier sur l’infinie variabilité du protoplasma ? Delage n'achève-t-il pas de nous édifier sur ce point dans le résumé que nous avons reproduit plus haut, des aspects offerts par le cytoplasma ?
Mais pourquoi tant insister sur ces futiles apparences ? Si la vie est la même partout, il faut que le substratum de la vie soit partout le même. Si, au contraire, le protoplasma, substratum de la vie, est de nature variable, les changements survenus en lui doivent entraîner dé
LORS E profondes modifications corrélatives dans la nature intime des phénomènes vitaux. C’est, nous semble-t-il, un dilemme dont on ne peut sortir qu’en sacrifiant l'un de ces deux principes. Eh bien ! sacrifions l'un : il est faux, et conservons l’autre :/4 Vie et la même partout.
Si la vie est la même partout, c’est qu’elle est partout exercée par une substance toujours identique à ellemême. S'il y a, comme on l'admet, plus encore de variétés protoplasmiques que d'êtres vivants, c'est que le protoplasma n'est pas la SUBSTANCE VIVANTE.
Le but essentiel de la Vie, son seul but — elle n'en a qu'un, — c'est de fabriquer de la SUBTANGE vVivANTE et de procurer à celle-ci, en la protégeant, en l'entourant des soins les plus assidus, de procurer à celle-ci, disons-nous, les moyens d'en fabriquer à son tour, Toute la biologie est contenue dans cette courte proposition, Eh bien ! cette SUBSTANCE VIVANTE est toujours et partout la même. Toutes les différences que nous voyons apparaître dans le genre de vie, la structure anatomique, les productions des divers organismes, résultent uniquement du mode de groupement des particules vivantes dans les cocci, du mode de groupement des cocei dans les amibes, du mode de groupement des amibes dans les métazo: aires ; du sens dans lequel chacun deces éléments s’est spécialisé ; enfin du degré auquel a atteint cette spécialisation. À son tour, la différence offerte par la complexité de ces organismes exprime le résultat plus ou moins heureux auquel ils sont parvenus dans la poursuite de leur aspiration constante à accroître leurs moyens de déf.nse et d'attaque, afin de se protéger plus efficacement, eux et surtout leurs germes, contre les conditions destructives auxquelles ils se trouvent sans cesse EXPOSÉS.
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Déjà les cocci libres ou zoogléens se sont spécialisés pour vivre dans tel ou tel milieu, et cette spécialisation est si étroite, que la moindre variation dans la composition de leur milieu nutritif leur est fort préjudiciable. Or, cette spécialisation des cocci prouve péremptoirement qu'ils ne représentent par la SUBS1ANCE VIVANTE dans toute sa pureté : ils résultent eux-mêmes d’un groupement variable d’éléments vivants plus simples, et c'est dans le mode suivant lequel s’est opéré ce groupement, qu’il faut étudier le mécanisme de cette spécialisation. Les corps inorganiques ne nous présententils pas des isomères doués de propriétés bien différentes ? Eh bien ! toutes les propriétés, si diverses qu’elles soient, présentées par les cocci sont aussi le résultat de groupements isomériques d’une SUBSTANCE vIvANTE toujours et partout la même. Les cocci, sont tous, les uns par rapport aux autres, des 2somères biologiques.
Le fait indéniable de l'infinie différenciation et de la stricte spécialisation des cocci libres, obtenue par adaptation à des genres de vie particuliers, permet d'en inférer qu'à plus forte raison, à l’occasion des échanges d'aptitudes exigés par la combinaison, les cocci associés ont dû acquérir des spécialisations non moins variées.
Nous ne pouvons nous étendre ici sur le mécanisme de ces adaptations variées, exigées par la vie sociale et facteurs de la combinaison. Qu'il nous suffise de dire que ia fonction domine toute la scène, parce qu’elle est l'expression de laréaction effectuée par la vis intima sur la vis exlerna. La SUBSTANCE VIVANTE, aVOnS-nOus dit, veut étre, elle veut être ioujours et partout. La cruelle alternative {0 be or not to be oblige tous les associés à déployer leur activité dans tous les sens exigés par la nécessité de réagir,
DORE re A
Les hôtes de l'amibe. — On observe dans l’intérieur de toutes les cellules jeunes, de minuscules granulations, sans cesse en mouvement, courant de-ci de-là, en divers sens, comme le font les termites affairés dans l'enceinte de leur cité. Ces granulations sont, en effet, spontanément douées de motilité. Ce sont les granules moléculaires de Claus ; les granulations protoplismiques de la plupart des auteurs ; c’est aussi la fine poussière, la /avilla pollinique de Martyn et de Mirbel, les mcrosomes de Külliker et autres, les bioblastes d’'Altmann.
Nous ne voulons pas, bien entendn, parler de toutes les granulations que l’on voit circuler dans une cellule: à côté de débris d’aliments et de produits de désassimilation, cristaux, etc., existent des granulations vivantes : ce sont celles ci seules que nous visons et que nous assimilons à des cocci.
Les zoologistes ont jusqu'alors prêté à ces cocci presque aussi peu d'attention que s'ils n’existaient pas : ils les citent pour mémoire, comme des granulations résultant d’une condensation partielle du protoplasma de la cellule. Perrier cite leurs mouvements indépendants et leur reproduction par bipartition, et c’est tout.
Cependant, la spirobactérie nucléaire les intéresse beaucoup en ce moment, mais sans qu'il soit venu à l'idée de personne, croyons-nous, de lui donner ce nom et de l’assimiler aux bactéries et spirobactéries zoogléennes, comme nous l’avons fait.
Les botanistes ont mieux étudié les granulations vivantes, auxquelles ils ont donné le nom peu compromettant de leucites, auquel nous préférons de beaucoup le mot cocci qui, s’il sous-entend une hypothèse, a du moins le mérite d'exprimer un sérieux effort fait en vue de nous rendre compte de la véritable nature de ces
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êtres et de leurs relations probables avec les autres êtres. Car nous n’en sommes plus à croire que la nature a mis Con‘tamment en œuvre toutes les ressources de son esprit tracassier et ingénieux pour nous faire tomber de mystification enmystification. Lanarure n'existe pas à l’état d’entité pensante et agissante, pas plus que l’Espéck ni la SÉLEGTION , si chères à Darwin et à Weissmann. La SUBSTANCE VIVANTE seule a construit les êtres vivants : seule elle à tracé leur place ; seule elle a réglé leur fonctionnement ; seule elle préside à leur entrelien et u leur succession dans le lemps, à leur dissémination dans l’espace, et; partout et toujours, elle s'est montrée absolument logique. !
Les botanites, disions-nous, ont bien étudié les leucites et cependantils sont encore bien loin de leur avoir restitué toute l'importance biologique à laqueile ils ont droit. La découverte de leurs fonctions chimiques, par exemple de la fabrication de la chlorophylle par l’un d'eux, de l’amidon par un autre, etc., n’a pas suffi pour les engager à reconnaître en eux et leurs coassociés les véritables architectes, constructeurs, moteurs et metteurs en œuvre de la cellule, et par conséquent de la plante tout entière.
Le protoplasma, avec son acception si inexacte de SUBSTANCE VIVANTE, fixait si fortement sur lui seul toute l'attention des savants ; ses mouvements, en apparence spontanés, en attestant sa vitalité, invitaient si impérieusement à refuser la vitalité à tout autre élément qui ne fût lui-même ou partie de lui-même, que l'on se crut dans l'obligation de considérer les granulations vivantes intra-cellulaires (cytoplasmiques et nucléoplasmiques) comme des particules de protoplas-
ma différencié, condensé et ces êtres devinrent pour tout le monde des granulations proloplasmiques.
Delage reconnaît (p. 749 note) que les microsomes sont certainement des agrégats supérieurs aux molécules chimiques, mais comme leur rôle est problématique, il ne fait guère que les citer. Et cependant (p. 29), il avait donné une bonne preuve de l'importance biologique particulière qui est attachée aux parties figurées du cytoplasma, lorsqu'il observait que « jamais «les parties figurées, microsome ou granule, maille de « réticulum ou alvéole n'arrivent à l’extrème limite » de la surface du cytoplasma. Mais il n’en tire pas la conclusion. Qu'en doit-on inférer cependant, sinon que ce sont ces parties figurées de l'amibe qui sont les éléments essentiels, dignes d’une constante protection, les éléments vivants? Lequel, en effet, est vivant, de l'habitant d’une demeure ou de la demeure elle-même, de la frigane ou de son tube, du mollusque ou de sa coquille !
C’est sans doute aussi parce que leur rôle est problématique, que les microsomues ont été privés gratuitement de leur dignité de subtratum de la vie, par Strasburger, Knoll, Griesbach, Heitzmann, Watasé, Butschli et Zimmermann. Cette dignité, d’ailleurs, leur a été restituée par Magoi, Atlmann, Mitrophanof et Agathi, mieux avisés que les précédents. Watasé n'avait-il pas été jusqu’à nier la réalité de leur existence !
« Les bioblastes, dit Altmann, sont de natures « diverses, chaque sorte à des propriétés qui sont pro- « pres. » (DELAGE, La Struct de protopl., 1895, b. 400.)
C'est à un bioblaste spécial qu'Altmann attribue la formation de la graisse. Nous verrons donc dans ce bioblaste un coccus adipophore ou adipogéne. C'est égale-
ment à des granules spéciaux qu’il attribue les diverses opérations qui transforment leur laboratoire en cellules sécrétrices. Pour nous ce seront des cocci sécréteurs, analogues à ceux dont nous parlerons plus loin et qui à notre sens, constituent le tonoplaste de De Vries. Mais, quel que soit le coup porté par Altmann à la dignité de la portion non figurée du cytoplasma, celleci n’en conserve pas moins des droits sérieux À notre attention. Tousles êtres vivants qui habitent l’amibe et lui communiquentla vie, ne sont pas représentés par les bicblastes d'Altmann ; il en existe une infinité d'autres qui, englobés dans la masse amorphe du cytoplasma, se sont jusqu'alors dérobés à la vue des observateurs les plus attentifs. Quelques-uns, toutefois, ont été remarqués par Altmann qui, étudiant l’évolution des bioblastes, à remarqué ce qui suit : une infinité de granules très petits, que nous sommes tenté de dire larvaires, répandus dans le réseau protoplasmique homoscène, soit isolés (monoblastes), soit rassemblés et orientés en fibrilles (rématoblastes) deviennent, en. grossissant, les bioblastes spécialisés. les bioblastes adultes. Ceux qui sont appelés à former des disdiaklastesexistent dans les fibres musculaires entre ceux de ces derniers qui ontdéjà acquis leur forme définitive. Ceux qui sont destinés à former des bioblastes nerveux existent dans les nerfs en voie de développement, entre les bioblastes nerveux déjà constitués. D’autres, en grossissant et en modifiant leur composition chimique, forment les granules graisseux, d’autres, par un procédé analogue, forment les granules excréteurs. Nous laissons à Altmann toute la responsabilité de son interprétation ; le fait essentiel, c’est qu'il à observé, au sein de la masse
amorphe, des cocci,les uns isolés, les autres aboutés en fibrilles.
Mais on peut, dès à présent, tenter une classification de ces cocci, sans courir le danger de commettre de graves erreurs, ni encourir l'accusation de faire du roman.
Il existe deux grandes classes de cocci: des réducteurs et des comburalteurs. Les premiers sont les producteurs, les seconds les consommateurs. Comme dans les sociétés humaines, producteurs et consommateurs combinent leurs efforts de manière à assurer le bien-être de l’ensemble:
Enoutre, comme celaa lieu danslessociétés humaines il existe dans l’amibe une troisième catégorie de cocci, celle des n{ermédiaires, chargés de mettre en temps et lieu la production à la portée des consommateurs. souvent éloignés du lieu de production. Dans l’amibe, cette catégorie est représentée par deux groupés distincts de cocci, lesuns industriels; cocci zymogènes proprement dits, ou fabricants de ferments dissolvants ; les autres marchands, Les /'ansporlateurs ou vecteurs.
Existe-t-il enfin des excréteurs des déchets de com: buration et de petits industriels qui se sont donné la tâche d'élaborer ces déchets pour les rendre de nouveau utilisables ? Pourquoi pas.
De l’activité constante et ainsi combinée de tous ces cocci résulte le /ourbillon vital de l'amibe, très analogue au tourbillon social que l’amateur d'abeilles est à même d'observer tous les jours dans chacune de ses ruches. Toute la différence qui existe entre ces deux tourbillons, c’est que le premier est beaucoup plus chimique, le second beaucoup plus mécanique, ce dont nous avons exposé plus haut les raisons. |
Nous ne voulons donner ici qu'un léger aperçu de ces divers cocei, afin de fixer les idées et d'indiquer une direction.
Cocct réducteurs ou producteurs. — Nous citerons au nombre des cocci réducteurs, ces petits grains plus denses que la masse qui les enveloppe, mobiles, doués de la propriété de se bipartir, que les botanistes ont appelé leucites. Il y en a de trois sortes.
Les leucoleucites où amyloleuciles incolores, donnent naissance à des grains d’amidon, les chloroleuciles, fabricants de chlorophylle à laquelle ilsservent de support; les chromoleucites, formant les cristaux colorés qui donnent les couleurs jaunes et rouges aux pétales des fleurs. « Les chromoleucites, dit Delage (p. 46 note), « ont une existence et une reproduction indépendantes. « Chez les plantes supérieures jeunes, ils sont d’abord « incolores, puis se chargent de matière colorante , ils « se multiplient par seission et, dans la division cellu- « laire, ils se partagent entre les deux cellules-filles. « Les taches pigmentaires des zoospores nesont que des « chromoleucites d’une nature spéciale et se repro- « duisent de la même facon que les autres. »
Nous pensons que, chez les animaux, il existe des cocci producteurs correspondant à ces trois groupes de
leucites : des amyloleucites, des érylhroleucites, cor-
respondant aux chloroleucites des végétaux et chargés de fabriquer l'hémoglobine ; enfin des chromoleucites, fabricateurs des divers pigments.
__ Ajoutons à ces cocci réducteurs, les cocci cérogènes, fabricants de cire, si abondamment répandus chez les hyménoptères et les hémiptères ; les cocci sérogènes, fabricants de soie, répandus chez de nombreux insectes ; les cocci cellulogènes, formateurs de la cellulose, les
chitinogènes, formateursde chitine. Puis les adipogènes, formateurs de graisse, les sébogènes, fabricants de matière sébacée, ces deux variétés observées par Altmann, etc., etc.
Chacun des produits de réduction doit avoir son artisan spécial. Ces produits sont de deux sortes : les uns sont des aliments, les autres des matériaux.
Cocci sécrélteurs. — L'organisme amibien est une maquette sur laquelle ont été copiés les organismes métazoariens et les organismes-cités; les organes de l’'amibe sont formés de tissus cocciens, tandis que ceux du métazoaire et de la cité sont formés de tissus amibiens et de tissus métazoariens. Nous devons donc pressentir l'existence, dans l’amibe, d’un tissu sécréteur formé par l'association de cocci sécréteurs, d'un tissu dermique formé par l'association de cocci protecteurs etsécréteurs, d'un tissu contractile formé de la juxtaposition de cocei spécialisés dans le sens contractile, englobés dans les mailles d’un réseau inerte auquel nous réservons le nom de protoplasma. Or nous pouvons développer nos prévisions, sans crainte d’être démenti.
De Vries (v. DELAGE, lôid., p. 44 et 46 note) à démontré la constance des vacuoles. IL à établi ce fait, que leur paroi est formée par une substance qu’il nomme /0n0plaste, distincte du cytoplosma ambiant et ayant pour fonction spéciale de sécréter le suc des vacuoles et de le maintenir dans la fixité de composition nécéssaire à l’accomplissement de ses fonctions. Il est parvenu à isoler, dans la cellule intacte, la vacuole avec son enveloppe et il a prouvé que cette vacuole peut rester vivante tandis que tout le reste meurt.
La sécrétion varie denature suivant que l’on considère telle ou telle vacuole. Dans les graines desséchées, le
liquide qu'elles ont sécrété à laissé se précipiter les matières albumineuses qu'il contenait en suspension : les unes sous forme de cristalloïdes et les autres en masse amorphe qui englobe les premières et ces agrégats constituent les grains d’aleurone qui se dissoudront à nouveau dès qu'une humidité suffisante sera venue régénérer la graine ou que les cocci industriels intermédiaires, que nous avons cités plus haut, viendront les solubiliser à l’aide de leur ferment.
Dans certaines circonstances, on voit une vacuole se diviser, se résoudre en vacuoles plus petites pour se reformer ensuite des mêmes éléments et, dans tous ces changements, la paroi conserve intégralement son individualité. Par exemple, la grosse vacuole contenue dans les poils sensitifs des plantes carnivores, se résout, sous l’influence d’une excitation, en une multitude de petites qui se dispersent, puis, peu à peu, se rassemblent pour reformer la vacuole primitive.
Went à démontré que les vacuoles naissent les unes des autres par division, comme fait le noyau de la cellule, N’en est-il pas de même des diverses cavités durant le développementontogénétique du métazoaire ?
Quand une amibe englobe une particule alimentaire, cette particule alimentaire est toujours introduite dans unevacuole.Leliquide de cette vacuolcestun sucdigestif sécrété par la paroi de la vacuole, le fonoplaste de De Vries. Dans ces vacuoles alimentaires sont secrétés des acides et des ferments.
Eh bien! nous pensons que tous ces faits ne peuvent s'expliquer par l'hypotèse d’une couche vivante homogène et que le /onoplaste est un tissu coccien, constitué par un assemblage de cocci ouvriers, sécréteurs, ou mieux, de cocci sécréteurs et de cocci moteurs dont
nous pouvons pressentir la disposition en nous reportant aux organes analogues des métazoaires. Cette disposition, en effet, nous permet de comprendre tout ce que l’on sait des vacuoles. La variété des liquides sécrétés résulte de la variété des spécialisations adoptées par les cocci sécréteurs qui constituent le tonoplaste, comme la variété des liquides sécrétés par les diverses glandes des métazoaires, résulte de la variété des spécialisations adoptées par les amibes sécrétrices qui constituent ces glandes. N'est-ce pas beaucoup plus simple et plus logique, que de supposer, comme le fait Delage, que De Vries s'est trompé en accordant à chaque vacuole une membrane isolable et que cette menmibrane n'est que « quelque peu différenciée au contact du liquide qu’elle renferme et peut-être par suite de ce contact »? (Derace. Jbid., p. 752.) Doit-on nier un fait parce qu'on ne sait pas l'expliquer? Cette disposition permet enfin de comprendre la bipartition des vacuoles, affirmée par De Vries et par Went, et la pénétration dans leur intérieur de particules alimentaires, par disjonction des cocci constituant le tonoplaste et soudure ultérieure de ces cocci? Dans les métazoaires, les cellules ne sont pas si intimement ni si solidement unies, que leurs intervalles ne puissent être facilement traversés par des leucocytes.
La facile disjonction de la paroi extérieure pour laisser passer une particule alimentaire, celle du tonoplaste pour favoriser la même circonstance ou à l'occasion du changement de forme ou du dédoublement de la vacuole, n’est pas une objection à notre croyance, loin de là. Elle peut s'expliquer mieux encore dans l'hypothèse d’un tissu coccien dont les éléments se
désuniraient momentanément par l'effet d’un contact, que dans l'hypothèse d’une couche amorphe.
Nous objectera-t-on que, si ces cocci existaient réellement, leur présence serait révélée par les réactifs et qu’ils n'auraient pas échappé aux recherches d’Altmann par exemple? Cette objection scrait sans valeur. Le procédé de recherches histologiques par coloration est fort commode sans doute et rend d'immenses services, mais il est purement empirique; qui sait si, dans un bioblaste, c’est la partie vivante qui est colorée ou toute autre partie non vivante, telle que membrane, cloison ou provisions alimentaires ? Personne. Nous ne pouvons attacher à la coloration ou à la non-coloration par les réactifs aucune importance théorique, n'ayant aucune notion ni du mécanisme suivant lequelelle s'opère ni de la valeur biologique des substances qu’elleatteint. C’est sans doute au nombre de ces membranes sécrétrices qu'il faut ranger l’archoplasma de Boveri, c’est-à-dire la membrane limitante de la sphère attractive, celle du noyau, celle du nucléole ainsi que celle du filament de linine chargées, chacune pour son compte, d’entretenir l’intégrité de composition chimique du liquide qu'elle renferme. Delage a donc bien raison de dire (p. 736) de la cellule, qu’elle est « un ensemble d’appa- « reils dyaliseurs renfermés les uns dans les autres, « dont chacun opère le triage des substances nécessaires « dans sa circonscription et prépare celui qu'auront à
« continuer les dyaliseurs situés plus profondément ».
Ce que nous ne pouvions admettre c’est que ces membranes, si bien combinées comme situation respective et comme fonctions, se soient formées à l’aveugle, partâtonnements,en vertu de cettetendance mystérieuse qu'aurait le protoplasma à différencer les divers points
de sa masse. Non! l'élection des substances alimentaires n’est pas le fait de telle ou telle partie du protoplasma, elle est effectuée par les êtres qui habitent l'épaisseur de ces diverses membranes. Ces êtres ne se sont pas trouvés placés par les hasards d’une variation aveugle ; ils sv sont enfermés avec une intention bien précise. Alors, en vertu d’une adaptation stricte à une fonction nettement définie, parfaitement au courant de ce qu'ils ont à faire et de ce qu'ils font, chacun choisit ce qui lui convient et en façonne exactement ce qui doit convenir aux êtres pour lesquels il travaille, ainsi que font les amibes dans le méfazoaire- et les métazoaires dans la cité.
Nous classerons les cocci dermiques, au moins provisoirement, parmi les cocci réducteurs, en raison du soin qu'ils prennent si fréquemment de sécréter une couche cuticulaire cellulosique ou chitineuse, Mais dans le derme existent aussi, comme nous l’allons voir, des cocci comburateurs.
Cocci protecteurs dermiques. — Nous avons soupçonné l'existence de tissus cocciens glandulaires; ceci nous amène à souçonner l'existence de tissus cocciens épithéliaux périphériques, car c’est de ces derniers que doivent dériver les premiers, comme on l’observe, au cours du développement ontogénique, pour les tissus amibiens des métazoaires.
Lorsque s'opère laréparation d'une cellule blessée, dit De Vries (DeLacr, 1bid., p. 45 note) « il faut que « quelque fragment de la membrane ancienne soit resté « adhérent, Du moins n'a-t on jamais pu démontrer « l'absence de tels fragments dans les cas où l’on a vu « cette membrane se reformer.
« Dans la division cellulaire, Went a montré qu’il se
forme d’abord dans le plan de la future cloison un anneau qui s'accroît jusqu'à atteindre la cloison, Or on n’a pu déceler par les réactifs la présence d'une membrane cellulosique dans l’anneau que lorsque celui-ci à atteint la paroi au moins en un point. Il reste donc possible que cette cloison cellulosique émane de la paroi.
« Dans les cas de formation cellulaire endogène, il semblait impossible que les parois nouvelles provinssent de l’ancienne. Mais on sait aujourd’hui que, dans le sac embryonnaire, les œufs, les antipodes et les synergides sont immédiatement adossés à la paroi et non libres dans l'intérieur, et les recherches de Prohaska ont montré que ces trois sortes de cellules sont extérieures et non intérieures au sac embryonnaire et sont les sœurs et non les filles de celui-ci. Rien donc ne s'oppose à ce que leur membrane soit née d’une membrane préexistante,
« Dans tous les autres cas de formation endogène (zoospores des Algues, oospores des Salaprolégnées, endospores des Phanérogames) les cellules-filles naissent au contact des parois de la mère. C’est seulement dans les Ascospores et dans l’œuf de l’oogone des Péronosporées qu’il semble en être autrement, mais les observations dans ce cas sont toutes anciennes et mériteraient d'être reprises avec les nouvelles méthodes. » DeLace, /bid., p. #5 note.)
Cette continuité indispensable ne prouve-t-elle pas
péremptoirement la profonde spécialisation de la membrane-mère ? Et comment cette membrane remplit-elle ses fonctions si bien définies, sinon par l'entrée en action des cocei jusqu'alors invisibles, qui la constituent?
On admet sans conteste, dit Delage, que dans les cas
«de régénération chez les animaux polycellulaires, « les parties nouvelles proviennent toujours des mêmes « feuillets qui ont formé, pendant la première ontogé- « nèse, celles qu’elles remplacent ». (/bid. p. 97.) Pourquoi n’en serait-il pas de même, et par le même mécanisme, chez les amibes? car le travail qui s’opère après la séparation des deux segments de l'amibe, et qui intéresselamembraned’enveloppe,lesvacuoles, ete. ete. n'est-elle pas une véritable régénération ?
Et cette membrane vitelline, qui se forme autour de l'œuf, aussitôt après la pénétration du spermatozoïde qui vient de le féconder, à partir du point de pénétration de ce spermatozoïde, n'est-elle pas un épithélium coccien analogue à cet épithélium amibien (caduque ovulaire) qui, prenant naissance sur l'utérus des mammifères, se forme autour de l'œuf fécondé à partir du point ou l’œuf s’est fixé sur cette organe, et s'accroît jusqu’à envelopperl’æœuftoutentier pourluiconstituer une enveloppe protectrice ?
Si d’ailleurs la membrane cellulaire était une simple différenciation et condensation de la couche périphérique du protoplasma, que signifieraient ces couches successives, ces fibres, ces minimes particules orientées régulièrement suivant une structure parfois fort complexe qu'ont observées, dans les cellules végétales, Naegeli, Wiesner, Butschli et Ballowitz? (DELAGE, p. 21.) Que sont ces couches successives du derme des amibes végétales, sinon l’analooue des couches successives du derme des métazoaires, destinées À loger des cocci épithéliaux plus ou moins rapprochés du terme de leur évolution ? Que sont ces fibres comprises dans l'épaisseur de la membrane, sinon des éléments contractibles ? Et pourquoi ne verrions-nous pas dans ces
détails des cocci, comme Naegeli y à vu des micelles et Wiesner des plasomes?
Quant à cet aspect anhyste de la membrane cellulaire des animaux, qui contraste tant avec l'aspect compliqué que nous venons de décrire à la membrane cellulaire des végétaux, ne tient-elle pas à la même cause qui rend toutes les cellules des métazoaires moins distinctes les unes des autres que ne le sont celles des métaphytes ?
Wiesner conteste que la membrane cellulaire des plantes soit uniquement formée de cellulose, il lui attribue une portion vivante représentée par un groupe de plasomes. Il appuie son opinion sur cette observation de Cramer (1887-1890) que, chez les Siphonées verticillées, la membrane s'accroît après avoir perdu toute relation avec le protoplasma, et atteint dans ces conditions un volume plus de 300 fois supérieur à son volume initial. Ce n’est pas là, dit Wiesner, un simple phénomène d’imbibition, car l'indice de réfraction de la membrane reste le même. Nous sommes tout disposé à remplacer en cette occasion les plasomes de Wiesner par des cocci épithéliaux,mais il reste une grande diffculté. Ces cocci, différenciés pour vivre en société avec lesautres cocci de l’amibe, n'ayant conservé que leurs aptitudes de cocci épithéliaux, ne pourraient continuer à vivreet à fonctionner alors qu'ils auraient perdu toute relation avec le protoplasma, car, qui leur procurerait leur nourriture et la masse énorme de matériaux nécessaire pour faire face à un si prodigieux agrandissement de la cellule? Mais cette difficulté s’évanouira devant les observations ultérieures.
‘Quand, dans la cicatrisation d’une blessure ou la soudure de-la greffe, les cellules jeunes qui foisonnent
des deux côtés arrivent à se rencontrer, elles se soudent par leurs membranes et l’on ne peut faire aucune différence entre ces soudures secondaires et l'union primaire des cellules nées par division d'une même cellulemère. Si les membranes étaient mortes, remarque Wiesner,elles ne pourraient se souder ainsi. Il y a donc dans la membrane, ajoute-t-il, un protoplasma spécial qui la pénètre, et il le nomme ermaloplasma. En effet, on a reconnu dans la constitution de la membrane, la présence de dermatosomes, petits grains juxtaposés à la fileles uns des autres, de manière à former des fibrilles. Ces dermatosomes, dit-il, sont constitués par du dermatoplasma associé à des substances organiques diverses. Les dermatosomes sont particulièrement faciles à observer dans la cloison au moment où elle se forme dans la division cellulaire. Cette cloison est d’abord représentée, comme l’a montré Strasburger, par un semis de granulations protoplasmiques disposées dans le plan de la future cloison (plaque cellulaire). Ce sont, dit Wiesner, des dermatosomes qui vont disparaître à l'œil en se divisant et diminuant de volume, puis reparaissent grossis et serrés les uns contre les autres dans la membrane achevée. L’assimilation que nous faisons de ces granules avec nos cocci est justifiée par cette question que se pose Wiesner, savoir : si les dermatosomes sont des plasomes grossis ou des groupes définis de plasomes. Or les plasomes de Wiesner correspondent à nos protobies, et nous savons que nos cocci sont des groupes définis de protobies.
Nous trouvons une nouvelle preuve de l’existence de cocci dermiques (dermatosomes de Wiesner) dans ce fait signalé par Butschli (cité par Deluge, p. 63 note). Chez Glæocapsa et Glæocystis la cellule se divise en deux
— Al —
autres sous sa membrane, qui reste indivise, et les deux cellules-filles se sécrétent chacune une membrane à l'intérieur de leur membrane commune. On a objecté ce fait aux partisans de l'accroissement par apposition. En effet, cette membrane commune n’est point tapissée directement par le cytoplasma et, aux points où elle passe d’une cellule à l’autre, elle n’est en rapport, ni directement ni indirectement, avec le cytoplasme. Néanmoins elle augmente d'épaisseur même en ces points Ceci prouve bien, dit Delage, que l’accroissement se fait par 2n/{ussusceplion, mais, devons-nous ajouter, n’infirme pasque cette intussusception ne soit effectuée par des dermatosomes ou cocci dermiques, seuls capables de l’effectuer.
… Cocci comburateurs. — La croyance en la vitalité du protoplasma repose en grande partie sur sa motilité. Or, l’expansion produite par une amibe qui veut atteindre une particule alimentaire ou se déplacer en masse, diffère-t-elle sensiblement de l'expansion de la cité effectuée par une colonne de fourmis ou de termites, sortant en masses serrées de leur édifice commun pour ensuite y rentrer ? Le grêle et long pseudopode émis par d’autres amibes diffère-t-il sensiblement de l'abeille partant à tire d’aile pour butiner? Dans ceux de ces exemples qui ont trait à la cité, il manque, il est vrai, une substance enveloppante, molle, extensible à laquelle les exigences de l’analogie veulent que l'on supplée par une opération de l'esprit. Mais, de ce que cette substance est molle et extensible, cela veut-il dire qu’elle soit vivante? Dans les exemples que nous venons de rapprocher les uns des autres, l'élément actif, spontanément doué de motilité, est représenté, d'une part par les insectes, d'autre part par des
cocei qui entraînent dans leur mouvement excentrique la masse glaireuse, inerte, qui les englobe. Celle-ci est indispensable aux cocei, dont l’activité ne peut s’exercer qu'au sein d'un liquide qui exige un contenant, tandis qu'elle est devenue inutile pour les habitants aériens de la cité. D'ailleurs cette mince enveloppe, bien suffisante pour contenir les minuscules cocei, n’eût pas Suffi pour soutenir et protéger les insectes de la ruche et de la termitière. Il a fallu à l'organisme, métazoaire et, À plus forte raison, à l'organisme, cité, donner à leur enveloppe une plus grande rigidité et par conséquent user, pour atteindre au même but, de procédés différents de ceux employés par l’amibe. Les galeries couvertes des termites, certainement analogues à l'enveloppe des pseudopodes rigides de certains protozoaires, ne viennent-elles pas déposer en faveur des analogies que nous venons d'invoquer ?
Cocci moteurs. — Cette motilité du protoplasma, que l'on croit expliquer en disant qu'elle résulte d'échanges de la matière; cette motilité du protoplasma, si bien faite pour frapper notre imagination, que sur elle repose la croyance unanime dans lasuprême vitalité de cette substance, base actuelle des sciences naturelles et médicales, suffirait-elle à démontrer que le protoplasma est vivant? Quand il serait vrai que, comme le dit Schaefer, les pseudopodes des leucocytes seraient formés par des expansions de la substance hyaline dans laquelle le réseau ne pénètre pas; quand bien même, comme l’admet le même auteur, les cils vibratiles seraient creux, cela démontre-t-il que la substance hyaline soit, dans sa totalité, de la SUBSTANCE VIVANTE, et porte en tous ses points l’origine des contractions que manifestent ces pseudopodes et ces cils? Lors de l’émis-
sion des pseudopodes, c’est la couche hyaline périphérique qui semble être le siège du mouvement, soit; elle se distend et la substance centrale du corps cellulaire s'écoule vers le pseudopode. L'inverse se produit dans la rétraction. Mais encore une fois, cela ne prouve pas que le mouvement tire son origine de toute la masse hyaline. De ce qu'une baleine se meut spontanément, cela veut-il dire que toute sa substance soit vivante? Non, n'est-ce pas? on l’a cru cependant durant de longs siècles, puis cette croyance s'est dissipée devant les progrès de l'anatomie et de l’histologie. Vous analysez les divers éléments qui constituent une baleine et vous reconnaissez parmi eux des éléments inertes et d’autres doués spontanément de motilité. Vous admettez que ces derniers éléments communiquent lemouvement aux premiers. Pourquoi ne pas faire de même à l'égard de la masse amibienne et ne pas admettre aussi qu’en elle existent des éléments inertes et d’autres spontanément motiles, qui communiquent le mouvement aux premiers? Et quand nous voyons les cocci se mouvoir spontanément dans la masse d’une amibe et dans le liquide du noyau, occupés à d’autres travaux, pourquoi ne pas nous croire autorisé à affirmer que des frères de ces cocci sont les véritables détenteurs de cette motilité spontanée que nous accordons gratuitement au protoplasma? Qui donc oserait prétendre qu’il est parvenu au terme extrême de l'analyse microscopique et qu'il n'existe plus rien d'organisé au delà de ce qu’il voit et décrit ? D un autre côté, existe-t-il une loi formelle qui nous défende d'escompter l'avenir ?
Il en est de ces cocci libres dans l'amibe, comme des amibes libres dans le métaozaire; cet état de liberté permet de les reconnaître et distinguer facilement, tan-
dis qu'il est beaucoup moinsaisé de distinguerlesamibes fixées et agglutinées qui constituent les insectes. C’est pour cela que les globules sanguins et Iymphatiques avaient été depuis longtemps déjà observés, lorsqu'on a commencé seulement à voir les amibes musculaires. Pourquoi n’en serait-il pas de même à l'égard des cocei moteurs de la protamibe et de l’amibe, que des procédés perfectionnés d'observation microscopique permettront de voir et de décrire? Que l’on ne vienne pas nous objecter que ce n’est là qu’une vue de l'esprit; non. tant s'en faut.
D'abord à quoi servirait ce mouvement de circulation incessant qui s'effectue au sein de l’amibe, s’il n'avait pour but, comme la circulation du sang dans le métazoaire, d'apporter à chacun des cocci immobiles, fixés par les exigences de leurs fonctions, les aliments et les matériaux dont il a besoin, et de le débarrasser des déchets méphytiques ou encombrants résultant de son travail? Telle est la raison de ce courant incessant que vous observez dans la partie centrale du pseudopode immobile et des synamibes végétales dans lesquelles les cocci dermiques, innombrables, rivés à leur place, jouent un si grand rôle.
Mais ce n'est pas tout; un grand nombre de ces eocci ont été observés déjà : Engelmann, en 1879, attribuait les mouvements du protoplasma à des particules allongées ou Zrotagmes qui, sous l'influence d'une excitation, se racCourciraient en devenant sphériques. Ces particules, placées bout à bout, formeraient les fibrilles du protoplasma. Altmann a décrit, dans la substance homogène, des granules orientés, disposés en fibrilles; illes a nommé rématoblastes. Nous avons dit plus haut que Naegeli et Butschli en avaient découvert dans
LA Lure. Là he,
l'épaisseur de la membrane cellulaire des végétaux. Ballowitz démontre que partout où le protoplasma est contractile, on rencontre des fibrilles d’une extrême finesse, soit longues, régulières, orientées, soit courtes et orientées, soit courtes et formant un réseau. (Deracg. 1bid., p. 25). Ce sont là des faits qui viennent corroborer notre croyance, conséquence fatale d'un raisonnement basé sur l’analogie et duquel raisonnement découle que : si le protoplasma, en certaines occasions, manifeste des mouvements, c’est toujours parce que ces mouvements lui sont communiqués par des cocci qui, en raison de l’activité motrice considérable qu’ils déploient, doivent être regardés comme spécialisés dans le sens moteur. Ces cocci ont exagéré leurs qualités motrices, sans doute au détriment de leurs autres qualités qui, de ce fait, se Sont perdues ou tout au moins amoindries, pareillement à ce qui s’est produit pour les amibes motrices des muscles métazoariens. On sait que les membres d’une association acquièrent tôt ou tard la propriété d’échanser entre eux et de combiner leurs aptitudes respectivés, et qu'une même aptitude se concentrant dans un être spécialisé, y acquiert une intensité marima: mille exemples en sont fournis par les amibes combinées dans le métazoaire et par les métazoaires combinés dans la cité.
Cet abandon de toutes leurs aptitudes natives, à l'exception d’une seule, que chacun développe au plus haut degré, résultat inévitable de leur combinaison biologique, explique leur complète inaptitude à vivre en dehors du groupe dont ils font partie. « Les recher- « ches de Meissner, de Hauser et autres ont démontré « que l’on ne peut cultiver les bioblastes. Les globules
« protoplasmiques issus de la céllule détruite sont inca- « pables de vie et d'évolution, même si on les place à « l'abri des bactéries et dans les meilleures conditions possibles. » (Aurmann, cité par Decacs. La Slruct. du protopl., 1895, p. 502.) N’en est-il pas de même, d’ailleurs, des amibes associées pour former les métazoaires et, jusqu'à un certain point, des métazoaires associés pour former les cités? Aussi doit-on considérer comme inacceptable cette proposition de Béchamp qui tendrait à établir que, rendus à la liberté, les microzymas, qui correspondent à nos cocei et aux bioblastes d’Altmann, constituent les bactéries.
Les filaments des acters et du fuseau, contractiles ainsi qu'ils le montrent à l’occasion de la division du centrosome et du noyau, sont écalement, pensons-nous, formés de cocci aboutés. Pour Wiesner ce sont des plasomes. En restituant la dignité de substratum de la vie aux filaments de l’aster et aux fibrilles du fuseau, nous tombons d'accord avec Strasburger, Knoll, Griesbach et Hallez. Nous dirons plus loin ce que nous pensons de leur origine et de leur fonction.
Cecinous amène à dire un mot de la sphère altractive. Cette expression est malheureuse. L'action: attractive; en effet, émane du centrosome et c'est lui qui, entraînant sa demeure, sa sphère, communique à celle-ci sa qualité attractive. L'expression vésicule directrice, usitée par Guignard, est plus explicite mais encourt le même reproche. La fonction directrice appartient en propre au centrosome comme, dans le noyau, la fonc: tion régulatrice de la bipartition appartient en propre aux microsomes nucléiniens et non x la membrane nucléaire ni même au filament de linine, les autres organes du noyau n'étant que des auxiliaires de cette