TT
nombre, actuellement encore indéterminable, d’associations successives dans lesquelles la variété des associés et la complication de leurs travaux iraient en décroissant.
En 1892, Weissmann concevait aussi une série d’associations successives. Au poiut de vue ontogénétique, les éléments primordiaux étaient des biophores, édifices de molécules chimiques ; ceux-ci en s’associant formaient des délerminants; à leur tour les des étaient autant d’édifices extrêmement complexes, formés de déterminants, et les idantes étaient constitués par une lougue file d’ides disposés en chapelet.
Comme nos associations inférieures, toutes celles de Weissmanu senourrissent s’accroissent etse multiplient par division.
Ses ides correspondent à nos cocci et ses idantes aux chromosomes dont l’ensemble forme notre spirebactérie nucléaire.
Au point de vue phylogénétique il concevait, au début, des êtres primitifs composés d’un seul biophore que Delage propose d'appeler monobiophoride. Peut être n’en existe-t-il plus aujourd'hui. Puis s'était effectué un premier groupement de plusieurs biophores semblables pour former un même individu, l’homobiophoride, que nous ne connaissons pas non plus. Un troisième eroupement s'était produit, groupement de plusieurs homobiophorides différents pour former /’hétérobiophoride, déjà doué, comme les êtres unicellulaires actuels, d’un dos et d'un ventre ; d’une région antérieure et d’une région postérieure; protégé par une zone corticale plus dense, renfermant une masse centrale plus molle et doué d’appendices variés. (DELAGE, ibid., p. 671 note.)
Dans la critique qu'il fait de cette théorie, Delage loue la manière dont ces unités se combinent en groupes hiérarchisés, la déclare entièrement neuve et aussi ingénieuse que fertile en résultats (p.707). Malheureusement cette base du système de Weissmann est d'une extrême fragilité et Delage (p. 713) renverse, d’un raisonnement, en les démontrant inutiles, incompréhensibles ou impossibles à la fois, biophores, déterminants, ides et idantes.
Nous ne discuterons pas iei la doctrine de Weissmann; qu'il nous suffise de, dire que son auteur n'admet ni la variation adaptative ni la transmission des adaptations, c'est à-dire que nos opinions respectives sont absolument opposées, comme le lecteur pourra s'en convaincre lui-même.
Ainsi, tandis que pour Maggi les plaslidules, pour Altmann les bioblastes seraient les éléments vivants primordiaux, pour nous les cocci qui leur correspon dent sont déjà des composés fort complexes, de véritables organismes, résultant de l'association, puis de la combinaison d'êtres plus simples qui, eux-mêmes, pourraient bien être des combinaisons biologiques. En sorte que nous remontons ainsi, de degré en degré, non pas à une substance vivante amorphe, capable de se présenter parfois en masses indéfinies de formes et de dimensions, comme le ferait la g/a de Magei, ou de se fractionner, on ne sait comment ni pourquoi, en plastidules, mais à un élément primordial de forme et sans doute aussi de dimensions bien définies, infiniment petit, vésiculaire ou globulaire, essentiellement hypothétique, et que nous nommons la protobie. Nous traiterons cette question avec beaucoup plus de détails lorsque nous chercherons à sonder les origines de la vie.
RAT es
Convient-il d'ajouter que nous ne pouvons adopter cette opinion émise par Altmann, à titre d'hypothèse douteuse, que les bioblastes seraient « des cristaux or- « ganiques, différents des cristaux minéraux par le fait « qu'ils se nourrissent par intussusception, au lieu de « s’accroître par juxtaposition» ? (DELAGE. La Struct du protopl., ete. 1895 p.502).
Les procédés employés par les chimistes, en détruisant la vie, ne permettent d'apprécier que le nombre et la nature des corps simples qui interviennent dans la constitution des divers composés organiques, ainsi que leurs proportions relatives. D'un autre côté, les recherches de plus en plus minutieuses des histologistes sont bornées par les imperfections des instruments amplifiants. 11 existe donc. entre les résultats respectivement acquis par ces deux groupes de chercheurs, une lacune que seule I induction peut et doit s’efforcer de combler. C’est ce que nous essaierons de faire plus tard.
En attendant, faisant abstraction de ces associations et combinaisons atomiques, moléculaires et autres dont nous ne pouvons apprécier le nombre, pour ne nous occuper que des associations et combinaisons biologiques qui sont actuellement accessibles à nos sens, nous désignerons sous le nom d'organismes au premier degre les cocci et les spores de bactéries et de protanibes ; sous le nom d'organismes au deuxième degré les amibes (protozoaires et protophytes); sous le nom d’or ganisme au troisième degré 16s métazoaïres et les métaphytes (animaux et plantes polycellulaires); enfin, sous le nom d'organismes au quatrième degré, les organismes formés par l'association et la combinaison d’un
certain nombre de métazoaires (cités).
PR pe
Ce sont, comme on le voit, des combinaisons bioloœiques plus ou moins intimes, dans lesquelles le coccus, élément vivant le plus simple que nous connaissions ACTUELLEMENT (1), correspond à l'atome de corps simple dans une combinaison chimique ; l’amibe à une molécule de corps composé et le métazoaire, à un radical. Ici, comme en chimie, l’état d'association amène tôt ou tard celui de combinaison; l’état de combinaison entraîne de profondes modifications dans les qualités primitives de l’atome, de la molécule et du radical et, de ce fait, le corps résultant acquiert des qualités spéciales entièrement dues au mode de groupement des éléments qui le constituent.
Il nous faut démontrer maintenant que chacun de ces organismes de degrés successifs est construit sur le même plan et fonctionne de la même manière que l’organisme de degré immédiatement inférieur à celui qu’il occupe et que, par conséquent, le même plan à servi à l'édification de tous.
Ciré. — L’organisme-cité étant celui dont le fonctionnement est le mieux connu, c’est par lui que nous devons commencer. Il est actuellemont en voie de for mation, car il est le plus récent chronologiquement, aussi est-il encore imparfait à divers points de vue, même chez le termite guerrier, où cependant, il marque le surmum de la perfection atteinte jusqu'à ce jour par cette sorte d'organismes.
Incapable d'effectuer des mouvements de déplacement en totalité, il ressemble encore, à cet égard, à un
(1) Soyons assez raisonnables pour nous contenter de faire un pas en avant. Ce serait folie que de prétendre à arracher dès aujourd’hui le voile épais qui masque à nos yeux le passé, Les générations futures, elle-mêmes, auront-elles ce suprème bonheur ? Qui le sait?
ré RE
animal fixé dont les tentacules ou pseudopodes, immobiles ou mobiles et rétractiles suivant l'espèce considérée, seraient représentés par ces galeries couvertes qui, partant du nid, s'irradient en tous sens à de
grandes distances et dans lesquelles circulent les
neutres et les soldats chargés du ravitaillement et de la
-défense ; soit par ces colonnes serrées de termites et de
fourmis, si bien décrites par Sparrmann, et qui procèdent si merveilleusement auravitaillement et à la défense de la cité, à l'attaque d’autres cités semblables ; soit enfin chez l'abeille, à ces ouvrières qui vont butiner au loin, et malgré leur {apparente liberté d'action. sont incessamment rattachées à la ruche par d'invisibles liens.
L’organisme-cité, dont nous n’admirons tant le fonctionnement intérieur que parce que nous pouvons l’examiner à l'œil nu, ce que nous ne pouvons faire pour les autres organismes, est donc encore loin d’avoir atteint, de nos jours, un degré de perfection correspondant à celui de l’organisme-métazoaire supérieur ; il ne correspond encore au point de vue de sa motilité, qu’à un cœlentéré, à une hydre par exemple, mais l’emporte de beaucoup sur lui quant à la combinaison de ses éléments.
Il est encore hermaphrodite, c’est-à-dire n’a pas encore su confier à deux organismes distincts le soin d'élaborer ses germes. :
Le polypier et la synascidie sont aussi des organismes-cités, construits par des associations métazoariennes infiniment moins différenciées que les insectes.
À part cette impossibilité d'effectuer des déplacements en masse, avec transport des vivres, des matériaux et
des germes, ce qui est un idéal vers lequel ont tendu tous les organismes animaux, idéal difficile à réaliser en raison de la rigidité du revêtement protecteur de la cité, laquelle rigidité est elle-même exigée par le poids de ses habitants et le besoin d’une protection efficace, rien ne manque à l’organisme-cité pour être comparable à un organisme métazoarien. [1 vit de la même vie, il exécute les mêmes fonctions : protection, nutrition et dénutrition, circulation, respiration, innervation; enfin, multiplication, alimention, protection et dissémination de ses germes.
Comme les organismes des degrès inférieurs à celui qu’il occupe, l’organisme-cité du termite est fort sensible : frappez sur sa carapace, aussitôt le réflexe se produit : l’association s'émeut ; de nombreux soldats accourent, mandibules béantes, pour réagir contre l’agcresseur.
Il sait réparer ses pertes de substance : faites une blessure au tégument externe de la termitière, immédiatement les termites travailleurs se porteront en foule à la brêche, munis de matériaux convenables et la blessure sera rapidement cicatrisée, à moins que son importance excessive n'ait jeté dans la cité un tel désarroi, que doive s’ensuivre la perte irrémédiable de la termitière, comme un choc traumatique trop violent jette dans l'association amibiennne d’un organismemétazoaire un tel désarroi, qu'il détermine la perte irrémédiable de cet organisme.
Donc la protection est assurée par les soins extrêmes que les termites ouvriers apportent à construire, à réparer et à renforcer à l’occasion, les murs et la voûte de leur édifice et par l’empressement que montrent les soldats, à accourir, prêts à combattre; saus faire