‹ Les Bases de la BiologieChapitre 8 sur 20 · NOT · texte numérisé non relu

NOT

« tions, accroissements, productions de substances et « de mouvementsdeses cellules constituantes. »(DeLAGE. Ibid., p. 89.) Cette similitude de fonctionnement ne doit-elle pas engager à pressentir une similitude de constitution ?

Toutefois, ajoute-t-il, certaines fonctions, diférenciation histologiqueet différenciation anatomiquene peuvent exister que chez les êtres formés de plusieurs cellules et même uniquement chez ceux formés de cellules différentes. « De la différenciation histologique résulte la « diversité de leurs tissus ; de la différenciation anato- « mique résulte la forme de leur corps et de leurs « organes jusque dans les plus minimes détails, et ces « deux différenciations sont lesuniques facteurs de tous, « leurs caractères quels qu’ils soient, car tous se rédui- «sent à ceci: des cellules de telle nature, arrangées. «< de telle façon. Partout donc où interviendra l’une ou « l’autre de ces différenciations, nous aurons affaire à « des fonctions biologiques nouvelles. » (DELAGE, Zbid.,: p. 90.)

Nous avons expliqué par la combinaison des associés l’origine de la différenciation histologique. Nous expliquerons plus tard, quand nous traiterons de la conslruction des organismes, la différenciation anatomique. Mais Delage se trompe quand il attribue d'une façon aussi exclusive aux êtres pluricellulaires ces deux fonctions, dont nous venons de démontré l’existence dans la cité et dont nous allons démontrer l'existence dans l’amibe. L’amibe possède à un haut degré la différenciation histologique et la différenciation anatomique.

L’amibe est un organisme fort complexe, de consistance molle, entièrement formée d'un résean protoplasmique renfermant dans ses mailles un lac séreux dans

UT RS lequel les cocci, dits à tort granulations protoplasmiques, dissolvent et puisent tour àtour leurs aliments et leurs matériaux, comme le font les métazoaires d’une cité à l'égard de leurs provisions et les amibes d'un métazoaire à l'égard du liquide interstitiel.

Dans l’amibe, le protoplasma, qui correspond uniquement aux murs et aux cloisons de la cité, aux basales des métazoaires, n’est qu'un organe de soutien et de protection, propre à contenir les cocci qui l'habitent, les provisions nécessaires d'aliments et de matériaux ; à protéger le tout et à servir de laboratoire aux cocci, à aptitudes fort variées, histologiquement et anatomi: quement différenciés eux-mêmes, qui vont mettre en œuvre ces aliments et ces matériaux. Pour Altmann, « la substance homogène qui sépare en tout cas les bio. « blastes ne peut être qu'une substance inerte, simple « véhicule, simplemiliew ambiant des bioblastes et évi- < demment sécrété par eux. » (D£Lace. La Struc. protopl., 1895, p. 500.) Mais en désignant ainsi, dans son ensemble, lasubstance homogène, il va beaucoup trop loin, comme nousle montrerons plus tard.

Dans une loge centrale se sont enfermés des cocci spécialisés, non plus en ouvriers comme les précédents, mais en essaimeurs : ce sont les éléments transmissibles de l’amibe, ses cocct transmissibles, correspondant par conséquent aux amibes transmissibles du métazoaire (cellules reproduciives de Weïssmann) et aux reines fécondées de la cité. Elle-même, l'unification qui s’est faite des éléments transmissibles de la cité dans la reine du termite et des éléments transmissibles du métazoaire dans l’ovaire, s’est effectuée dans l'amibe, puisque ses cocci transmissibles ou cocci nucléaires affectent un

mode de groupement qui fait de leur ensemble une véritable spirobactérie nucléaire.

Ici nous nous voyons obligé de nous séparer nettement d'Altmann, car il « considère les petits îlots con- « tenus dans les mailles du réseau de linine comme des « granules et ce réseau, avec les grains de chromatine, «comme une substance intergranulaire sans impor- « tance » (DeLace. La Struct. du protopl., 1895,p. 36), se mettant en cela en complète opposition avec la presque totalité des histologistes qui s'accordent à attribuer à la chromatine et à la pyrénine nucléolaire le rôle essentiel dans les fonctions du noyau. La croyance d'Altmann doit d’ailleurs céder devant les observations faites ultérieurement par les frères Soja qui contestent la présence, dans le noyau, des granulations décrites par Altmann. « Altmann les y fait apparaître par un « artifice de coloration qui donne l’image négative du « réseau nucléaire. Or il est fort probable que c’est le « réseau qui à une forme et que la substance contenue « danslesmaillesestamorphe en elle-mêmeet n’a qu’une «forme négative due aux substances figurées englo- « bantes. » (Decace. La Struct. du protop!., 1895, p. 503.)

Les cocci nucléaires, dont notre méthode analogique nous révèle l'existence et les fonctions, ne peuvent être représentés que par la chromatine et par des cocci épithéliaux renfermés dansla paroi du filament delinine ainsi que dans celles du nucléole et du noyau.

On se rappelle la constitution du noyau : dans une enveloppe mince est contenu le suc nucléaire, dans lequel baignent trois sortes d’élément, le réseau de linine, la chromatine et le ou les nucléoles.

La chromatine forme de petits grains (7ucléo-microsomes) ou des masses un peu plus volumineuses (pseudo-

mm; ju

nucléoles où corps nucléiniens) renfermés dans la cavité du filament de linine qui, extrèmement mince dans leurs intervalles, se renfle autour d’eux à leur niveau. Tel est du moins l'avis de Carnoy, qui considère ce que l’on appelle le réseau de linine comme un'seul cordon moniliforme très long et replié sur lui-même un très orand nombre de fois et irrégulièrement, en sorte que la première phase préparatoire de la division consisterait dans un simple raccourcissement et épaississement du filament. Balbiani a vu la chromatine disposée en un seul boyau long, épais, très sinueux, se terminant à ses deux bouts dans un nucléole. Il croit cette disposition très générale.

Rien de plus facile que de reconnaître dans cette disposition de la chromatine ce que nous appelons la spirobactérie nucléaire. Quant O. Hertwig découvrit les phénomènes intimes de la fécondation, il attribua au noyau sexuel et, en particulier, à la chromatine de ce noyau, tout le transport des caractères héréditaires.

Les nucléoles sont des globules arrondis, relativement volumineux, situés dans les mailles du réseau de linine, sans attache avec lui, libres dans le suc nucléaire. Souvent il n’y en a qu'un seul, et quand il y en a plusieurs, l’un d'eux est ordinairement de taille prédominante. Selon Haecker, le ou les nucléoles sont des organes excréteurs propres à recevoir et à éliminer dans le cytoplasme les déchets inutilisables résultant de la formation de la chromatine aux dépens des aliments contenus dans le suc nucléaire. (v. DELAGE. La Struct. du protopl., 1893, p. 36, note). |

L'amibe est placée sous l’étroite dépendance de son noyau, comme le métazoaire et la cité sont placés sous l’étroite dépendance de l'ovaire et du gynécée. C'est,

en effet, de la spirobactérie nucléaire que l’amibe recoit tous ses ordres, comme le métazoaire et la cité recoivent tous leurs ordres, l’un de l'ovaire, l’autre de la rélrie;

L’amibe n'agit, par le fait de ses cocci amibiens (par opposition à ses cocci nucléaires) ou ouvriers, que pour assurer la protection et l'alimentation de sa spirobactérie nucléaire et, partant, sa reproduction qui sera le prélude de celle de l’amibe tout entière; comme le métazoaire et la cité n’agissent, par le fait de leurs amibes ouvrières et de leurs métazoaires ouvriers, que pour assurer la protection et l'alimentation de leur ovaire et de leur reine et, partant, leur reproduction qui sera le prélude de celle du sn et de la cité tout entiers.

Voilà, en deux mots, comment il faut comprendre l’amibe et, quelle que soit lanouveauté de notre manière de voir, quelque soit l’attachement que l’on éprouve pour la vague hypothèse, unanimement admise, du protoplasma subs{ratum de la vie, nous osons espérer que quelque dissident voudra bien nous suivre dans la voie que nous venons d'ouvrir.

Personne, du moins, ne songera à prétendre que cette identité de fonctionnement, respectivement présentée par trois organismes appartenant à des degrés successifs, n’est due qu'à une coïncidence fortuite, au hasard. Non, l’homme de science sait que le hasard n'existe pas, qu'il n’est jamais qu’une pure fiction appelée à masquer notre ignorance, et l’on admettra, avec nous, que cette identité est l'expression d’une loi biologique fondamentale, aux termes de laquelle : dans tous les organismes qu'elle a successivement construils, la SUBSTANCE VivanTE s’esé foujours conformée à un plan

A unique qu'elle s’élail tracé, une fois pour toutes, très anciennement, ou, en d’autres termes, qui résulte de sa nature intime.

L'unité du plan suivi par la SUBSTANCE VIVANTE atteste l'unité de ses intentions, que déjà nous venons d’essayer de faire ressortir des considérations qui précèdent: Toutes les créalions successives, opérées par la SUBSTANCE VIVANTE, 2'ont jamais eu qu'un seul but: lui permettre de se protéger et de s'alimenter, partant de se perpétuer de se multiplier et de se disséminer.

SYSTEMA ANIMANTIUM. — Tous les êtres, nous dira t-on, ne sont pas compris dans ces quatre types parfait d'organismes que nous venons d’énumérer : cocci, amibes, métazoaires et cités. Non, mais tous ceux qui n’y sont pas encore parvenus sont échelonnés, plus ou moins attardés, sur la route qui y conduit.

Nous ne connaissons pas encore les formes qui s’acheminent vers le type coccus, bien que cependant il en doive exister. La zooglée, la protamibe progressent vers l’amibe; des amibes, encore groupées en petit nombre, progressent vers le métazoaire ; enfin de nombreuses associations métazoariennes, encore trop lâches pour former de véritables cités, tendent cependant vers cet idéal. Est-ce à dire que toutes ces tentatives seront couronnées de succès ? Non; beaucoup de ces êtres se sont paralysés par une spécialisation trop hâtive et condamnés ainsi à piétiner sur place sans pouvoir faire de progrès dans une autre voie que celle de leur spécialité.

Cette loi de groupem®nt, cette impérieuse loi qui a commandé les associations successives et préparé les combinaisons biologiques, régit aussi bien les végétaux que les animaux, en sorte que les quatre types que

NT nous avons envisagés seraient plus exactement désignés par les noms de cocci, monanubes, polyamibes et cités, sans avoir égard au règne, animal ou végétal, auquel ils peuvent appartenir. La bifurcation qui conduit, d’une partaux végétaux, d'autre part aux animaux, semble ne s'être produite qu'au niveau de la monamibe, mais l’impulsion émanée de la loi des associations progressives était donnée bien longtemps avant que se soit opérée cette dichotomie et les deux règnes ont également obéi à cette loi, tout en poursuivant chacun la voie spéciale qu'il avait adoptée.

1l résulte de ce que nous venons dedire, de la variété des résultats actuellement acquis par les divers êtres vivants dans leur tentative de groupement, que chacun de ces quatre types d'organismes : coccus, monamibe, polyamibe, cité, comprendungrand nombre d'êtres, fort variables d'aspect, mais tous anatomiquement réductibles à un même type. Toutefois l’ensemble des êtres ressortissant d'un même groupe est lui-même divisible en deux catégories distinctes, bien que sans limites tranchées, dont la première représente le type du groupe et la seconde, un type intermédiaire entre la première catégorie de ce groupe et la première catégorie du groupe suivant: nous voulons parler des êtres non sociaux, d’une part, et, d'autre part, des êtres sociaux. Les premiers résultant d’une première association n’ont pas cherché, en se groupant entre semblables, à entreprendre une nouvelle association, tandis que les autres faisaient cette tentative.

Eclairons cette proposition par quelques exemples :

4 Au type coccus appartiennent les cocci isolés et les cocci associés en zooglées (streptocoques, staphylo-

coques, ascocoques) ; les bactéries libres ou également M. 8

ESC a

associées en zooglées ; enfin les protamibes. Ces associations diverses ne sont encore parvenues qu'à former des pseudo-organismes progressant tous, plus ou moins heureusement, vers l’amibes.

2 Au type amibe où monamibe appartiennent les amibes isolées (radiolaires, foraminifères, etc., en un mot les innombrables protozoaires et protophytes), les amibes associées mais non encore combinées ou Aomoplastides des auteurs (zoothamnes, aclinoplogs vert, thalassicole pélagique, etc.), celles-ci constituant toutes des pseudo-organismes qui progressent tous, avec plus ou moins de bonheur, vers le métazoaire. (1)

3° Au type synamibe ou polyamibe, les hétéroplastides des auteurs, les métazoaires isolés (carnassiers en général, etc.); les métazoaires associés mais non encore combinés (chenilles processionnaires, bousiers, nécrophores, abeilles maçonnes, nombreux oiseaux sociaux, mammifères vivant en bandes ou troupeaux, etc.), constituant, au même titre que les divers groupes humains, des pseudo-organismes qui progressent, avec des chances de réussite variables, vers le type cité.

A leur tour, parmi les organismes-types : cocci, monamibes, polyamibes, cités, ilfaut reconnaître des degrés inférieurs, des degrés moyens et des degrés supérieurs.

Quel que soit le groupe considéré, la caractéristique des êtres non sociaux, qui forment sa première caté-

(1) Derace (La Struct. du protopl., etc. 1895, p. 89 note) déclare les Pluricellulaires à cellules toutes semblables entre elles, ou homoplastides, plus voisins des monocellulaires que ne le sont les pluricellulaires à cellules différenciées ou hétéroplastides. Chez les pluricellulaires homoplastides, dit-il, les cellules issues de chaque division sont identiques entre elles; elles restent unies, il est vrai, mais leur groupement est de forme très simple et souvent peu solide et de peu de durée.

gorie, est de vivre isolément, en égoïstes pour ainsi dire, et de ne rien faire qu'en vue de leur intérêt propre. Tous les êtres auxquels ils donnent naissance, héritant decettenon-sociabilité, s’éloigneront, dès leurnaissance, de leur générateur et transmettront à leur tour ce caractère à leur produit pendant un laps de temps

indéterminé.

2° catégorie.

4e degré

1re catégorie.

2e catégorie.

3° degré

{re catégorie.

2° degré 1re catégorie.

2e catégorle.

lerdegré

connu 1re catègorie,

| 2e catégorie.

Associations métazoariennes

Page 1