RÈGNE VÉGÉTAL
RÊGNE ANIMAL
Cités.
Associations métaphysiennes
non encore combinées. non encore combinées.
| Synamibes ou Polyamibes.
| Synamibes ou Polyamibes ra | del
(métozoaires), |
| Associations amibiennes
Asssciations amibiennes non encore combinées
non encore combinées.
Æ, | Amibes ou Monamibes — Amibes — Amibës ou Monamibes
(protozoaires). (protophytes).
Protamibes.
Associations cocciennes non encore combinées (Zooglées).
Cocci.
Associations primitives.
(Hypothésiques).
encore inconnues
en nombre et en nature.
Protobies (Hypothé-iques).
— Systema animantium. —
Cependant, comme il n’y a pas de règle sans exCeption et que, sinon le progrès, au moins le changement se manifeste partout, quelques-uns de ces êtres, d’abord non sociaux, relativement rares, se sont efforcés de s'associer leurs sosies — produits nés par scissiparité
Te
(cocci, amibes)-ou de la même ponte (métazoaires), ce qui, aufond, est absolument la même chose, — et l’ébauche d'organisme ainsi formée aacquis, de ce fait, le pouvoir de transmettre héréditairement à ses descendants la puissance cohésive, encore bien faible, qu'elle venait d'acquérir.
Ces associations rudimentaires, formées d’un nombre encore restreint d'individus lâchement unis entre eux et nullement ou à peine modifiés par les exigences de la vie en commun, ne méritent guère le nom d’organismes, aussi ne sortent-elles pas encore du groupe-type auquel appartiennent leurs éléments constituants et dans lequel elles forment la seconde catégorie dont nous parlions tout à l’heure.
Cependant c’est à la suite de leurs tentatives réitérées et de plus en plus heureuses que sont apparus les organismes véritables, dignes de figurer dans le groupetype suivant.
Entre ces deux groupes et les deux catégories qu'ils contiennent chacun respectivement, nous l’avons dit, il n’y à pas de limites tranchées : il ne peut y avoir de limites tranchées dans les créations successives, résultats de transformations lentes, ininterrompues, qu effectue la SUBSTANCE VIVANTE. Jamais celle-ci ne chôme et jamais elle ne s'arrête dans son aspiration constante vers la réalisation d’un idéal, facile à apercevoir quand on veut se donner la peine de le chercher, et que nous avons exposé précédemment sous forme de loi.
La caractéristique des êtres réellement sociaux réside dans ce fait, que leurs germes, héritant du pouvoir de srouper autour d'eux tous les éléments auxquels ils donneront naissance, communiqueront à ceux-ci le même pouvoir, en sorte que leurs sosies formeront
ensemble une étroite association, un tout bien homogène, dans lequel l'intérêt personnel des associés s’effa. cera complètement devant l'intérêt général : à l’association simple, au simple mélange se sera substituée la combinaison. Cette abnégation complète de leur propre personnalité permettra à tous de poursuivre un but commun et de se spécialiser, chacun suivant le rôle qui lui sera dévolu, dans le sens le plus favorable à la bonne exécution de sa fonction et à l'intérêt de l'ensemble.
Avons-nous besoin de le répéter ? ce but commun: est toujours le même, dans quelque organisme qu’on l’observe: Assurer la protection et l'alimentation de la parcelle vivante qui a donné naissance à l'association, conséquemment sa multiplication et la transmission intégrale de la portion d'elle-même qu'elle veut perpétuer.
C’est à cela que chaque membre ouvrier de l’association va travailler sans relâche et les germes qu'ils vont élaborer en commun perpétueront, dans les organismes qu'ils construiront, toutes leurs qualités acquises : cohésion, abnégation et spécialisations variées.
Voilà ce que nous apprend la comparaison attentive de ces trois sortes d'organismes.
Même but, même fonctionnement, même plan; que veut-on de plus?
L'un des nombreux résultats de cette conception des organismes à divers degrés formés par associations prosressives, serait de faire cesser le désaccord qui règne entre les naturalistes et leurs tergiversations concer-: nant le classement des micro-organismes. Ceux qui sont formés d’une amibe unique sont des protozoaires et des protophytes ou mieux des monamibes animales et végétales, car le préfixe proto n’a pas plus sa raison
d’être ici que lorsqu'il entre dans la composition du mot protoplasma.
Les êtres composés de plusieurs cellulés sont des métazoaires ou des métaphytes,ou mieux des synamibes animales ou des synamibes végétales : le préfixe syn jouant ici le même rôle que dans le mot synascidie. Quant aux cocei et aux bactéries, ce ne sont ni des protozoaires, ni des protophytes, ni des animaux, ni des champignons, ni des schizomycètes, ni des schizophytes: ce sont des éléments plus simples que les animaux et les plantes monocellulaires, qui ne méritent pas non plus qu'on leur adjoigne le préfixe proto, qu'il faudrait leur retirer dans vingt ans peut-être au profit d'organismes plus simples qui, sans doute, ne seraient pas encore les êtres primordiaux. Quant au mot profisle, choisi par Haeckel pour désigner des êtres simples, les uns cocciens,les autres monamibiens,les considérations qui précèdent montrent combien il est défectueux.
De ces cocci et bactéries, les uns ont conservé leur liberté, tandis que d’autres, à la suite de tentatives dont il nous est donné d'observer quelquesépisodes, sont parvenus à constituer des associations définitives. En même temps que se reserraient les liens qui unissententreeux les membres de ces associations ceux-ci construisaient à frais communs, par sécrétion, un organisme mou, formé de produits variés,confondusà tort sous la dénomination unique de protoplasma. Cetédifice d'abord capable seulement d’absorber par endosmose les aliments liquides et émulsionnés, acquérait ensuite la propriété d’engluer des aliments solides ou demi-solides aux dépens desquels il formait d’abondantes provisions d’aliments et de matériaux qu'il accumulait et conservait dans son lac séreux intérieur. Chacun des membres de
l'association se spécialisait et, de cette spécialisation, naissait un groupeprivilégié :les cocci nucléaires,h morphologie bactérienne, nuptiale et parturiale, enfermés dans le noyau comme en un gynécée où ils devenaient l’objet des soins empressés de tous les travailleurs contenus dans l’amibe. Leur unique occupation était de reproduire l’amibe et leur activité était proportionnelle à la somme de travail dépensée par leurs nourriciers. Un tel organisme est une amibe.
Les amibes commençaient déjà à obéir à deux tendances divergentes qui les dirigeaient, les uns vers les végétaux, les autres vers les animaux, et voici en quoi consista cette divergence : à mesure qu'ils s’éloignaient davantage de la souche commune amibienne, d’une part les animaux voyaient leur cocci adopter de plus en plus la spécialisation en cocci moteurs, devenir de plus en plus comburateurs par conséquent, tandis qu’au contraire, dans les végétaux, les cocci perdaient de plus en plus leur qualité motrice pour s’adonner à la synthèse d'hydrocarbures et autres substances. C’est ce qui à fait dire que les animaux sont des comburateurs tandis que les végétaux sont des réducteurs. La vérité est que les animaux sont devenus plus comburateurs que réducteurs, tandis que les végétaux devenaient plus réducteurs que comburateurs. La distinction à établir entre ces deux règnes ne constitue done qu'une question de plus ou de moins ; le caractère sur lequel elle s'appuie n’est pas primitif, mais acquis à la longue par le procédé de l'adaptation.
De ces amibes, les unesrestèrent libres.., etc. Inutile de répéter trois fois, mot pour mot, cette description ; la deuxième répétition serait l'historique de la forma-
PT
tion des métazoaires et métaphytes ; la troisième, l’historique de la formation des organismes-cités.
Eh bien! lorsque nous voyons les métazoaires, relativement récents, se grouper entre eux de manière à former des associations intimes, avec combinaison de leurs membres, pour constituer de véritables organismes (cités); lorsque nous voyons des amibes, beaucoup plus anciennes, se grouper de même en associations intimes et se combiner en organismes véritables (mélazonires et métaphytes) ; ne sommes-nous pas forcés de reconnaitre que les cocci, infiniment plus anciens encore, ont dû nécessairement et à plus forte raison se grouper, s'assocrer, se combiner étroitement en organismes, et quels sont ces organismes, Sinon les amibes ?
De là résulte aussi ce principe de première importance et qu'un naturaliste ne doit jamais perdre de vue : Tout organisme se compose essentiellement : 1° d'une association d'éléments vivants,et 2° d'un édifice construit autour d'elle, entretenu etaminé par cette association. La portion de cel ensemble qui doit surtout fixer l'attention des savants, c'est l'association ; l'édifice n’est qu'un accessoire.
Par une inconséquence fort regrettable, tantôt on étudie les associés sans se soucier pour ainsi dire de l'édifice (zooglée); tantôt, au contraire on étudie l’édifice sans se préoccuper des associés (protamibe, amibe. cellule des métazoaires) ; tantôt, enfin, on étudie l’ensemble (métazoaire) sans établir la distinction que nous venons de signaler et, à plus forte raison, sans préciser les rapports de cause à effet qu'affectent entre eux ces deux éléments. Or ce défaut de méthode, bien propre à faire méconnaître les relations étroites qui unissent entre eux tous les êtres vivants, ne peut que nuire beau-