La place de l'homme dans la nature
les différences qui l'en séparent sont réelles. L'homme a ie crâne moins aplati que le singe, un cerveau plus volumineux, une colonne vertébrale plus redressée ; le pouce de son pied n'est pas opposable aux autres doigts ; les os de son squelette n'ont pas les mêmes proportions ; il est moins velu qu'un gorille ; il a des dents moins fortes. Son aspect est celui d'une bestialité moindre. Mais on trouve chez lui les mêmes ossements disposés d'une façon analogue, les mêmes muscles, les mêmes viscères, les mêmes tissus, la même structure générale, les mêmes éléments anatomiques. Si donc les espèces vivantes animales et végétales s'expliquent dans un naturalisme, comment la vie de l'homme ne s'y expliquerait-elle pas aussi ?
Et peut-être l'homme est-il, malgré tout, une exception dans la nature, comme le pensaient nos ancêtres. Dans tous les cas, s'il en est une, ce n'est pas par sa constitution physique. La bête humaine a certainement la même origine qu'ont toutes les autres bêtes.