A NUS
mière condition de la science positive c’est de prendre comme une certitude le fait qu’elle étudie; elle doit accepter les données empiriques sans essayer de les fonder“ 1). C'est le dogmatisme, dogmatisme caractérisant du reste toutes les sciences particulières qui prennent la réalité empirique dans la forme dans laquelle elle leur apparaît et qui ne soumettent pas à la critique leurs hypothèses ou lois fondamentales En réalité, tout le domaine de l'éthique, Guyau le divise en deux parties: 1) l'éthique descriptive (physiologique et psychologique) des phénomènes moraux et 2) l'éthique des normes et des conseils (appelée par Wundt—éthique normative) qui constitue une partie inévitable de tous les systèmes éthiques, y compris les systèmes des évolutionnistes. Spencer, par exemple, soutient que l’éthique doit envisager les principes idéaux, doit construire un tableau des conditions dont dépend la vie intégrale, sans se demander si ces conditions sont déjà réalisées?). Or, la première (éthique descriptive), touchant au passé, est propre, d'après Guyau, à l'exposition scientifique, tandis que la seconde, se rapportant à l'avenir, se dérobe jusqu à présent aux méthodes strictement scientifiques., M. M. Aslan et Christophe ne veulent avoir affaire qu'à la première discipline, en méconnaissant complètément la seconde, en vertu de quoi leur critique de l’éthique de Guyau n'est en réalité qu'une paracritique, car elle cesse d’être immanente. Du reste
1) ,La morale selon Guyau et ses rapports avec les conceptions actuelles de la morale scientifique“ par G. Aslan, Paris, 1906, p. 128.
2) The Data of Ethics — trad. polon, chap. XV,