‹ Les Bases du Système de la Philosophie Morale de GuyauChapitre 15 sur 19 · MON · texte numérisé non relu

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si peu fréquente dans le grand Tout, qui pourtant s’y dégage et s y organise de plus en plus. Le progrès méme de la vie consiste dans cette fusion graduelle des deux formules en une seule. Vivre, c’est en fait évoluer vers la sensation et la pensée” 1), La seconde évolution a lieu dans la direction extérieure, dans celle de l’activité expansive. Or, la synthèse naturelle de ces deux courants évolutionnistes, ayant lieu dans chaque être vivant, constitue justement cette base vitale sur laquelle Guyau a élevé sa philosophie morale. Mais il n’a pas approfondi le problème de corrsebatronnide intensité ‘et: deilexp'ansnom de la vie, il n’a fait que comparer ces deux termes de la. vie, conçue comme l'expression de l'unité de l'individu dont le psychique et le physique ne constituent qu'un. M. Fouillée ?), en constatant la complexité de l'idée de la vie chez Guyau, demande— quel est l'aspect qui doit se subordonner l’autre? Estce la vie physique? Est-ce la vie mentale? et il aboutit à la conclusion que Guyau n’a pas donné une s0- Jution satisfaisante Cette objection n'est pas tout-àfait juste. Guyau dès le commencement se tient au point de vue de l’évolution et du monisme de la vie, de l'individu et de la nature et pour ordonner la vie iutroduit le principe de la subordination de la vie pauvre et moins développée à la vie plus riche, plus intense et plus expansive, tout simplement comme une partie au tout, ayant en vue l'individu complet qui se dévelloppe normalement c’est- -dire harmonieu-

1) L'irréligion — p. 438 2?) Fouillée: La morale, l’art, — p.108.

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sement dans toutes ses propriétés. Telle est en effet, — dit Guyau de la subordination des formes inférieures aux formes supérieures,—la seule règle possible pour une morale exclusivement scientifique. Une telle conception en même temps réaliste et dynamique de l'être moral ouvre une perspective immense devant le progrès. moral de l'individu qui, comme nous l'avons vu auparavant, se sociabilise progressivement, élevant toujours sa puissance individuelle. Le développement de la vie normale conduit aux degrés toujours plus parfaits de lasynthèse de la différenciationet de l'intégration de l'individu. Nous touchons ici à un point important de la conception fondamentale de l'éthique de Guyau. 1) L'idée de la normalité du développement de la vie conçue tout d’abord dans le sens de la coordina tion harmonieuse du fonctionnement de tous les organes de l'être vivant et puis comme le synonyme de sociabilité et, en définitive, de moralité, 1) joue, comme nous l’avons vu, un grand rôle dans sa morale; 2) l'idée de la différenciation de lindividu s'exprime d’une autre façon dans son éthique par l’ävouos qui étant le synonyme d'indépendance ou d'individualisme moral constate dans l’expérience l’existence d’un nombre infini de différences individuelles; 3) L'idée de l'intégration de l'individu résume ce fait que l'élément sympathique de l'être, devenu conscient sous la forme de l’idée de sociabilité s'impose avec la force toujours grandissante à chaque homme en le poussaut à se reconnaître en théorie eten prati-

1) Éducation et hérédité — p. 55. è

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