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empirique s'appuie toujours, en dernière analyse, sur des hypothèses; 2-0 M. Christophe prète à la science plus de dogmatisme qu’elle n’en possède en réalité, étant toujours en mouvement, en évolution elle ne con- “sidère aucun principe comme irréductible, mais tout au
plus comme non réduit; 3-o M. Christophe a raison autant que l’objection ci-dessus se porte contre le côté méthodologique du problème, mais non s'il s’agit de la réalité.et de son rapport avec notre idéal de la connaissance, car le dualisme ne peut pas nous satisfaire à présent‘).
Ainsi l'analyse de l'idée de la vie nous amène aux conclusions suivantes: Premièrement, Guyau ne comprend nullement la vie au sens d’une entité métaphysique, comme une source ontologique d’énergie, comme
1) Ce qui est pire, M. Christophe tombe en flagrante contradiction lorsqu'il objecte ailleurs à Guyau d’avoir rétréci la vie, en l’enfermant dans le monde organique alors que la science ne pose aujourd’hui pas de limites entre le monde organiqne et le monde inorganique et lorsqu'il écrit: ,Guyau considère en effet la vie individuelle seule, sans apercevoir (!?) au-delà la vie répandue dans la matière inorganique, développée au sein du protoplasme simple et amorphe qui, lui, est éternel et assure l’immortalité réelle de la vie“ (Ibid., p. 506). En tombant en contra-
.diction irréfutable avec lui-même, l’auteur en même temps interprète librement et inéxactement (v. notre 3-me antin) les idées de Guyau à cause de s'être borné à un seul chapitre de l’,Esquisse“ sans tenir presque aucun compte d’autres oeuvres de Guyau. De cette source découlent également d'autre malentendus, dont l'analyse ne peut pas être ici faite, comme par : ex. celui d'attribuer à Guyau l’opinion que toutes les actions de l'individu se ramènent à l'instinct de conservation (Ibid., p. 510); nous avons vu qu'au contraire, Guyau à la base de l'être mettait non pas l'instinct de conservation (toute conservation. d’après lui comme d’après Spencer, est une évolution) mais l’action même, ce qui fait vraiment le côté original de sa philosophie.
D REBLS
une force supérieure, élevée au-dessus du monde réel d’où elle donnerait des impulsions aux phénomènes du monde d’expérience, mais il prend la vie comme un fait donné: nous avons à faire avec des êtres vivants. Où finissent les phénomènes vitaux, cela échappe jusqu'à présent aux prises de la science, mais de plus en plus gagne de terrain la supposition qu’il n’y ait pas de différence essentielle entre les deux mondes—organique et Inorganique, grâce à quoi l’esprit qui vise à l’unité de la connaissance peut poser l'hypothèse du monisme de la nature et cette hypothèse Guyau la définie comme celle du monisme de la vie. Deuxièmement, la vie, selon Guyau, est une notion subjective, plus complète et plus concrète que celles de mouvement et de force !). Elle exprime une fonction, une activité, un processus. Toute vie, tout être, toute la nature enfin porte en soi le germe d’une activité variée. D’où découle la troisième caractéristique de la vie et son activité. D'un côté la vie se distingue par la tendance ou l'instinct de conservation qui demeure au-dessous de soi-disant sentiments égoïstes, tendance qui peut être réduite à la loi de linertie; d'un autre côté elle se caractérise par le besoin réel de l’expansion qui constitue une source de sympathie et qu’on peut4réduire à la notion du mouvement permanent. Et c’est grâce au développement de l'être vivant que le besoin d'expansion devient vraiment impérieux: les sentiments altruistes absorbent graduellement les sentiments primordiaux égoïstes et conservateurs. L’expansion morale exprime le rapport nor-
1») L'irréligion — p. 433.