‹ Les Bases du Système de la Philosophie Morale de GuyauChapitre 9 sur 19 · OA AS · texte numérisé non relu

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nellement l’origine de l’homme et relier la race humaine aux autres races vivantes, pourquoi ne pas relier aussi. à l'esprit humain cet esprit encore ignorant de lui-même … qui ,agite intérieurement la nature”? pourquoi fermer la nature à toute volonté du mieux, à toute moralité? pourquoi défendre aux autres êtres, si infimes qu'ils soient, d’avoir quelque ouverture sur l'idéal? S'ils portent déjà en eux par avance la grande humanité. dont ils sont les ancêtres, ils doivent en avoir aussi à quelque degré les aspirations et les désirs. Ainsi dorment dans le noir charbon la lumière et la chaleur du soleil jusqu’au jour où, ramené à la surface de la terre, il se transformera, il nous donnera sa chaleur et sa lumière, il communiquera le mouvement et comme la vie à tous nos mécanismes. Peut-être aussi, au fond de la nature, dort-il je ne sais quel esprit de moralité; peut-être la nature même n'est-elle qu’un grand et vague effort, une sorte de pénible enfantement, pénible et pourtant plein d'espérance. Ce qui sortira de tout ce travail intérieur, elle ne le sait pas au juste; l’homme l’entrevoit, et nomme cet idéal du nom de moralité. Mais, pour que notre idéal ne soit pas un rêve et une chimère, il faut qu'il ait ses racines dans la profondeur de la nature; il faut qu'il y soit plus ou moins présent partout, qu'il l'échauffe et la vivifie tout entière. La chimie des corps admet ce qu’elle appelle la chaleur latente; pourquoi la chimie mentale n’admettrait-elle rien de semblable? L’humanité actuelle existe à l’état latent dans le monde animal, comme l'humanité future existe en nous à l’état latent. Tout dans la nature se tient et se contient mutuellement” 1} Süûrement, Guyau

1) La morale angl. contemp. — pp. 385—386. &

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