‹ Les bases scientifiques de l'éducation physique (volume 2)Chapitre 37 sur 109 · HT · texte numérisé non relu

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Fig. 99. — Déviation latérale de la Fig. iOO.—. Scoliose ancienne à trois colonne vertébrale provoquée par courbures,

une mauvaise altitude prise en écrivant.

gauche et Tépaule droite sont abaissées. De là une incurvation

C0NBITIONS ESTHÉTIQUES DB l'eTERCICE

latérale du rachis présentant sa convexité à gauche (fig. 100).

Cette attitude, maintenue pendant les longues heures de classe, peut occasionner une véritable dififormité, la scoliose classique (fig. 99 et 100) à courbures de compensation.

Plusieurs médecins ont pris la question à cœur et ont rompu des lances pour faire cesser cet état de choses dans les écoles primaires, mais leur parole n'a guère été entendue^^malgré les chiffr^es éloquents -

qu'ils ont donnés com- j me preuve de Tinfluence néfaste des attitudes scolaires.

M. Daily a constaté la fréquence des déviations chez les sujets un peu grands et une proportion de quinze à un chez les filles et les garçons, surtout chez les institutrices*.

D'après l'enquête très sérieuse faite par le D' Sholder* dans les écoles de Lausanne 23 et 26 p. 100 des

Fig. 101. — Attitude penchée et défectueuse de Técolier à qui on Impose de tenir son cahier droit tlevant lui (cause de la scoliose ; vue d'en haut).

tilles, c'est-à-dire le quart environ de la population scolaire ont contracté une scoliose à l'école.

De plus, ceci est très démonstratif et prouve bien l*influenc3 tles aittitudes scolaires, le nombre des scolioses observées augmente avec celui des années ; à treize ans ^ on trouve 37,7 p. 100 de filles et 26,3 p. 100 de garçons scoliotiques. Ces chiffres sont en rapport avec l'accroissement du nombre des myopes et sont caractéristiques.

Tout au plus a-t-on réformé lé matériel et l'a-t-on mis en rapport avec la taille de Télève. La chose s'aggrave en effet, si à

1. Daily, Défoi^malions scolaires de la colonne vertébrale, 1879.

2. Les déviations de la colonne vei^téirale dans les écoles de Lausanne^ par les D" Sholder, Weith et Combe.

l'incurvation latérale vient s'ajouter la voussure du dos par suite de la faible hauteur des tables bu de Técartement de la table et du banc.

M. Desnoyers, professeur d'écriture, a fait les mômes constatations et appelé dernièrement l'attention du corps médical sur

ce point *.

Il serait bien simple d'é-.

viter ces inconvénients en faisant reposer l'élève également sur les cuisses et les deux fesses et également aussi sur les deux coudes, le corps restant bien droit.

La direction et l'orientation du papier seraient données en conséquence; les jambages deviendraient presque perpendiculaires au bord de la table, le papier étant incliné pour faciliter les mouvements de la main (fîg. 402).

Il est plus sûr de prévenir ces difformités que de chercher à les guérir une fois confirmées, nous en avons vu la raison dans les déformations des os.

DÉFORMATION DES MEMBRES. — Le squclctte présente encore bien d'autres déformations pouvant influer sur les courbures du rachis : les pieds-bots, les genoux cagneux, les lésions de l'articulation coxo-fémorale produisent soit des déformations du bassin, soit des orientations anormales de cette ceinture osseuse. Il en résulte des modifications dans les courbures vertébrales ; elles sont dues spécialement à l'action de la pesanteur.

Toutes ces déformations du squelette nuisent au bon fonctionnement des organes locomoteurs, à leur solidité et relen-

Fiff. i02. — Attitude correcte de l'écolier inclinant son cahier pour l'écriture courante, vue d'en haut.

1. Desnoyers, Comptes rendus du Congrès international de V Education physique de 1900.

CONDITIONS ESTHETIQUES DE L EXERCICE

tissent également sur la vitalité des organes contenus dans le thorax ou Tabdomen. Il y a donc intérêt à les éviter dans réducation première.

n faut veiller à ne pas faire marcher les enfants trop tôt ni trop longtemps. Le pied doit reposer sur le sol par la plante, sans porter ni en dedans ni en dehors, la chaussure ne doit pas avoir de hauts talons, ce qui ferait marcher sur la pointe; la jambe doit s'étendre sur la cuisse, Tabdomen doit être aplati^ le bassin ne doit pas se renverser en .avant, le thorax doit se bomber, les courbures vertébrales être effacées, la tête droite. Nous reviendrons bientôt sur ces points particuliers.

I 3. — Modifications du système musculaire.

Utilité d'un développement musculaire MODÉRÉ. — La force musculaire est naturellement liée au développement du muscle^ C'est une condition d*activité dans la vie de relation; il n'y a pas de fonctions sans organe. Le muscle est le siège d'échanges nutritifs intenses ; la masse des muscles est une part importante du poids du corps, la circulation y est activée^ et le mouvement s'accompagne de pro* duction de chaleur.

Le développement des muscles est, pour cette raison, une condition essentielle de santé.

Fig.iOS. — Sujet présentant des déformations multiples du squelette et une déchéance physique caractérisée (coxalgie et rachitisme.

Hôpital des Enfants-Malades).

Inconvénients d'un développement exagéré. — Mais faut-il rechercher un développement excessif des muscles^ ne vaut-il pas mieux se borner à obtenir une musculature moyenne?

L'hérédité joue certainement un rôle essentiel dans le tempérament athlétique, et l'on voit quelquefois des hommes posséder

DnmiT. — Bases scient 13

msm

des muscles d'hercule sans pour cela les exercer. Si l'on n'est pas doué du tempérament athlétique, y a*t-il avantage à chercher à l'obtenir par l'exercice ? Nous ne le croyons pas. Il ne faut pas forcer la nature et attirer spécialement la nutrition dans le système musculaire. Un homme conformé en athlète possède en même temps un développement parallèle des organes de la nutrition, appareil digestif, poumon et cœur ; mais celui qui hypertrophie ses muscles par un travail gymnastique spécial n'est plus dans les mêmes conditions physiologiques. Le muscle se développe plus vite que les autres organes, et il peut résulter de cet accroissement une disproportion fâcheuse entre les organes du mouvement et les organes servant à la réparation du travail. La prédominance du système musculaire détourne une somme considérable d'activité au détriment des autres systèmes ; le muscle ne fait que dépenser^ il n'a pas en lui la source de réparation ; cette force apparente est en réalité une pauvreté, une déséquilibration. La santé des athlètes n'est pas enviable, la phtisie ne les épargne point. On voit dans GaUen et Hippocrate de vives critiques sur la dépravation des athlètes anciens. Ils étaient d'une gloutonnerie repoussante, avalaient une quantité prodigieuse d'aliments et mettaient un temps énorme à les digérer. Leur activité cérébrale était pauvre et endormie, ils étaient dominés par des besoins brutaux, et leur seule ambition était de satisfaire leur vanité dans les luttes ou des efforts stériles.

Les temps ont changé, Fathlète est devenu l'artiste forain, laissons-le sur le champ de foire, et n'envions pas ses biceps s'ils sont incompatibles avec la puissance intellectuelle et morale, les vraies forces dirigeantes à notre époque. Vouloir rétablir la brutalité athlétique, c'est faire le plus grand tort au développement de l'éducation physique; la perspective de l'acrobatie n*a guère d'attraits pour un penseur. Il faut se rappeler que la véritable application de la gymnasti<ïue n'est pas dans le gymnase, mais, chaque jour, dans la lutte pour Texiste«ce.

Du reste, la force musculaire ne dépend pas uniquement de la grosseur des muscles : on voit des hommes muselés sans exa^ gération, être doués d'une force musculaire considérable. Les muscles sont les serviteurs de la volonté, le degré d'intensité de

BSTHÉTIQUBS DK L UUBCICB 199

leur contraction dépend de l'excitation nerveuse qu'ils reçolTent.

Ceux qui produisent le plus de travail De soot pas toujours ceux qui possèdent les plus gros muscles; il ne faut pas confondre la force musculaire avec la résistance à la fatigue, liée, comme nous l'avons vu, aux phénomènes intimes de la nutrition.

Les grosses masses musculaires sont un élément même de perte de travail à cause de leur inertie.

Harhonib du systèhe udscuuibe. — L'équilibre est rompu chez ceux qui sont relativement trop musclés, comme chez ceux qui présentent nne atrophie générale; l'éducation doit avant tout rechercher cette harmonie au lieu de viser k l'exagération, et il existe pour chacun un rapport entre le poids des musdes et la taille qu'il ne font pas raisonnablement dépasser.

On voit dans les cirques des gymnastes adonnés asx exercices spéciaux des anneaux ou des poids avoir un« charpente relativement faible recouverte de muscles monstrueux ; ce sont là des anomalies fort laides. D'sntres répètent coDStammeal les mêmes mouvements au urayen d'appareils à ressort. Ils arrivent ainsi à.

une hypertrophie étaaiuDt les badauds ; ils servenl de réclame vivante aux marchands. Ils développent îeurs iDHScles comme oo cultive chez un mouton la laine ou la viande ik l'exclusion du reste.

Pour juger du peu d'harmonie

qui résulte de ces moyens factices, iï sufiirail de faire courir un de ses monstres aux formes athlétiqsea : m serait étonné de voir combien ces masses charnues seot incapables de produire du travail (fi g. 104).

rig.

M. ~ Sujet ayant abtesii

uiM hfpertropliiB dei masseï musculaires des membres en cnltîrant excInaiTemeiit des exercice* spéciaux (appareils à ressort). — On peut constater 1b disproportion entre le développement de sm tborax et eelui des bras et des jambes.

i96 LES BASES SGIENTIFIOUES DE L'ÉDUCATION PHYSIQUE

Tous ces inconvénients disparaissent avec un développement moyen du système musculaire. Il n'y a alors qu'avantages au point de vue de la santé et de la vigueur; l'activité musculaire est le meilleur moyen de calmer l'excitabilité exagérée du système nerveux ; cette influence calmante de l'exercice modéré sur les centres nerveux le rend précieux pour l'homme d*étude, tandis que l'exercice violent excite et dispose peu aux travaux de l'esprit.

Il est plus intéressant et plus pressant d'élever la moyenne de la vigueur de la population plutôt que de former un petit nombre d'athlètes. La gymnastique générale nous donnera des résultats certains et des hommes harmonieusement développés. A ce point de vue on peut classer les hommes en séries bien tranchées.

États divers du développement des muscles. — Ceux qui n'ont jamais fait de gymnastique et n'ont pas de métier manuel présentent une atrophie générale du système musculaire et des atrophies partielles de certains muscles. Dans la station droite en effet, à moins d'efforts ou de résistances à vaincre, le poids du corps remplace l'action des fléchisseurs du tronc^ le poids des bras l'action des adducteurs de l'humérus et des extenseurs de Tavant-bras.

Les muscles fixateurs de l'omoplate en arrière, qui s'opposent à leur écartement de la ligne médiane et à leur éloignement du thorax, ne sont jamais énergiquement mis en jeu dans la vie ordinaire, il faut faire des exercices spéciaux, vaincre des résistances horizontales pour les développer. Ces muscles, les plus utiles à la bonne attitude, sont justement les plus faibles et les plus atrophiés; de là résultent les conformations si laides signalées plus haut.

D'autres personnes ne font pas de gymnastique proprement dite, mais elles ont un métier manuel ; nous avons vu les inconvénients résultant d'un travail professionnel spéciat localisant les efforts dans un groupe restreint de muscles.

D'autres font bien de la gymnastique, mais une gymnastique spéciale; ils se livrent exclusivement à des exercices de grimper, de suspension ou d'appui, au saut, à la pratique des poids lourds, à la lutte, à l'escrime.

CONDITIONS ESTHÉTIQUES DE LEXERCICE 197

Bien peu d'exercices spéciaux comportent un développement harmonieux, ils ne sont pas assez complets et ne répartissent pas le travail également sur tout le corps. Si l'on en excepte la natation, la boxe française, le canotage et quelques jeux gymnastiques, les autres ne doivent pas être pratiqués seuls, pour éviter les inconvénients de la spécialisation.

Avantages de la gymnastique générale. — La gymnastique générale au contraire nous donne l'harmonie du système musculaire sans laquelle il n'y a ni beauté, ni équilibre des forces.

Mais il faut bien s'entendre, le mot gymnastique a été si mal employé qu'il demande une explication. Nous ne la restreignons pas aux exercices de locomotion avec les mains, ni aux mouvements extraordinaires ou anormaux ; nous comprenons tous les exercices qui perfectionnent l'être humain et lui servent dans l'application : aussi bien la marche et la course que le maniement des fardeaux et des armes, le grimper, la natation, le canotage et le lancer; la gymnastique comprendrait même pour nous les jeux gymnastiques ou sports athlétiques.

Lois du développement des muscles. — Le développement des muscles dépend évidemment de l'activité de ces organes ; il est de connaissance vulgaire que le repos atrophie le muscle ; mais on connaît moins l'influence du mode d'activité sur la forme de l'organe, et pourtant il y a beaucoup de manières d'exécuter les mouvements et de contracter ses muscles. Les contractions peuvent être vives, lentes, statiques ou sans mouvement, dyna* miques ou avec déplacement.

Il y a encore à considérer : 1^ l'intensité de la contraction ; 2° Tamplitude du mouvement produit ; 3** la durée de la contraction ; 4^ la répétition ou fréquence de cette contraction^ pour avoir idée des lois du développpement des muscles.

Influence db l'intensité des contractions sur la grosseur des muscles. — L'intensité de la contraction dont un muscle est susceptible dépend, pour la même excitation nerveuse, de la section de ce muscle.

Chaque fibre musculaire est susceptible d'un effort; autant de fibres dans la section du muscle^ autant de fois cet effort

élémentaire, de là proportionnalité entre la force d'un muscle, c'esl-à-dîre le poids qu'il peut soulever, et sa section.

Le muscle grossit en exécutant des contractions énergiques et il devient plus dense, il durcit.

Tout adolescent a tâté et mesuré son biceps, il a jugé sa force et la valeur des exercices à la grosseur de ses muscles.

Il y a du vrai dans cette constatation naïve, cependant le musde ne grossit pas toujours, il atteint vite une limite maximum sans pouvoir la dépasser ; cette limite dépend de la nature du muscle et du travail effectué.

Les constitutions pléthoriques et sanguines, les races blondes flamandes sont susceptibles d'un très fort développement musculaire, tandis que les Arabes, les bruns à tempérament sec, auront toujours les muscles grêles, très contractiles et très durs.

Ils sont cependant énergiques les uns et les autres.

Le muscle ne peut toujours travailler, l'excès d'activité altère sa nutrition, et il dépérit par suite de fatigue; son tissu contractile fait place à une proportion plus grande de tendon, c'est la vieillesse du muscle, comme nous avons vu la vieillesse des os.

On est étonné de ne ne pas trouver un grand développement musculaire chez les débardeurs ou déchargeurs de bateaux, qui donnent quotidiennement une somme de travail énorme. Gela s'explique par la dépense excessive et la réparation insuflîsante, il y a état de surmenage constant.

Le muscle s'accommode mal d'un travail continu, et la meilleure condition pour le développer, c'est de lui faire exécuter des contractions énergiques répétées fréquemment sans aller jusqu'à la fatigue et séparées par de longues périodes de repos.

Le mieux est d'exécuter lentement les contractions et d'obtenir ainsi un raccourcissement complet du muscle sans à-coups, j

On obtient un effet très rapide avec les appareils élastiques l formés de câbles de caoutchouc fixés au mur et terminés par des poignées ; ces appareils font porter justement la contraction sur les muscles spéciaux en relâchant leurs antagonistes et, quelles que soient la direction et la vitesse du mouvement, ils présentent toujours une résistance constante à vaincre, sollicitant l'action continue du muscle avec un degré moyen d'inlensité.

Ruptures dues a des contractions excessives. — Il faut se gar-

CONDITIONS ESTHÉTIQUES DS L*EXBRCICB 199

der de faire des conlrac lions trop énergiques; Ténergie de la contraction peut même dépasser la résistance des tissus et çles os.

Lorsqu'on fait un faux pas, on cherche à rétablir son équilibre compromis par des contractions soudaines et très intenses, il n'est pas rare de voir se produire des déchirures d'aponévroses, des ruptures du tissu musculaire et même des os.

Je me rappelle un accident assez curieux : un moniteur de gymnastique se déchira le pectoral en faisant un rétablissement en force à la barre lixe. Le sujet était habillé, gêné dans ses mouvements, il faisait froid, ïe mouvement avait été commandé par un supérieur devant des spectateurs de marque ; l'amourpropre était fortement surexcité, il fallait réussir. La volonté ne faisait pas défaut, mais les organes étaient insuffisants pour lui obéir. L'accident eut des suites graves, il se déclara un phlegmon de l'aisselle, et le malheureux gymnaste faillit perdre le bras. Autre exemple : en août 4903, un professeur de quarante-cinq ans, non entraîné, se déchire le long chef du biceps dans un rétablissement en force à la barre fixe.

Le froid est certainement pour beaucoup dans la difficulté de la contraction, il produit un engourdissement que la volonté ne peut vaincre. Il faut l'éviter en se couvrant chaudement de maillots de laine lorsque l'on veut faire des exercices de force, l'hiver, par une basse température.

En resserrant les vaisseaux périphériques le froid empêche le sang d'affluer au muscle comme le ferait la ligature d'une artère.

En résumé l'intensité moyenne des contractions et les repos fréquents sont la condition la meilleure de nutrition du muscle ; il ne faut pas demander aux muscles de produire des efforts qui ne sont pas en rapport avec leur section et les exciter à se raccourcir sous des charges exagérées.

Influence de l'amplitude des mouvements sur la nutrition du, MUSCLE. — L'amplitude du mouvement produit par un muscle dépend de la quantité dont il se raccourcit sous TefiFort de la volonté. La fibre musculaire est capable en se contractant de se raccourcir du tiers de sa longueur, la course totale dont le muscle est susceptible dépend ainsi de la longueur de la partie contractile, de la partie rouge du muscle ; c'est environ le tiers de cette partie. Pour conserver la longueur des faisceaux mus-

ijt..

culaires dans loute leur intégrité, il est indispensable de le» exercer en leur faisant parcourir toute l'étendue du raccourcissement dont ils sont susceptibles, étendue en rapport avec Tamplitude complète des mouvements articulaires.

Celte contraction complète des faisceaux musculaires est le seul moyen d'obtenir l'irrigation du tissu par un sang pur*.

Adaptation du muscle a la forme du travail. — Deux muscles peuvent effectuer un même travail sous deux formes différentes. L'un soulèvera un poids de 20 kilogrammes à 15 centimètres de hauteur^ Taulrc un poids plus faible de S kilogrammes à

Fig. 105. -— Montrant radaptation de la forme du muscle à la forme dci

travail habituel.

On voit deux muscles produire la même somme de travail ; mais l'un soulève un poids ouatre fois plus lourd à une hauteur quatre fois moindre, de là les sections et longueur des muscles différentes.

une hauteur plus grande, 60 centimètres. Le même travail mécanique aura été accompli, à savoir 30 kilogrammètres : 20^ X 0"*,15 ou S'^ X 0°^,60. Dans le second cas Teffort fait aura été quatre fois plus petit, mais le déplacement ou le raccourcissement du muscle quatre fois plus étendu. Si deux muscles identiques travaillent constamment ainsi^ ils s'adapteront à la forme du travail qu'on leur fait exécuter; celui qui fera

1. Voir les effets de la pleine contraction par Macdonald Smith (Congrès de Liège 1905).

C(J^'DIT10^'S ESTlIbTIQCKS DB L BlCEnCICE 20t

les contractions tes plus ioleases grossira de seclion, mais celui

Fig. 108. — Muscles de la cuisse «t de l'&vaDt-bras montrant la structura charnue du couturier G at la longueur relative des tendons des muscles fléchisseurs des doigts en rapport avec l'étendue des mouvements,

qui fera les mouvements les plus étendus augmentera de Iobgueur et prendra la forme de fuseau.

Le poids des deus sera le même, la forme seule sera diffé-

202 LES BASBS SCIENTIFIQUBS DB L'ÉDUCATION PIIÏSIQUK

renie; le poids est proportionnel au volume, au produit de k section par la longueur, c'est-à-dire au travail.

M. Marey a insisté sur la simplicité de celte loi et expliqué ainsi la forme des masses musculaires ré- — parties sur le squelette des animaux*.

Les muscles gros et courte corre^wndent aux efforts intenses avec un moore- I ment réduit ; les musides longs et grties sont chargés de donner une grande étendue de mouvement aux segmenls osseux sans produire une grandeforce. Les iudscles de la mâchoire et les muscles des doigts sont des exemples de cette différence de structure.

Le couturier doit se raccourcir beaucoup pour fléchir la jambe, i! est long et grêle. Le pectoral produit les efforts énergiques d'étreinte, sans grand mouvement, il est court et charnu.

Quand les mouvements dimiuuent Fig, 107. — Montrant d'amplitude, le muscle change de forme, les rapports de la le tendon semble s'allonger, mais, en

de la cuisse avec V6- tie charnue et diminution de sa longueur ;

(eodue du mouve- il ne subsiste que la longueur de fibre ^^ ' nécessaire au mouvement, le reste dispa-

rait, la portion de tendon devient ainsi relativement plus grande.

On voit ce fait se produire constemment dans des cas pathologiques, dans des ankyloses partielles, dans la vieillesse où les mouvements sont restreints. Une bonne gymnastique doit veiller à entretenir dans toute sa vitalité la plus longue portion possible du corps charnu du muscle. Il faut combattre l'atrophie en longueur comme l'atrophie en épaisseur. C'est un moyen d'obtenir le maximum de souplesse dans les mouvements. L'enfant tout jeune a les mouvemente de la jambe les plus étendus, il porte facilement le pied h la bouche, ses muscles

1. Voir C. R. Acad. Se , lîsepl. 1887. Rtvut acienlifique, 3 juillot 1886. La Machine animale, ch. viii, p. 99etBtiiT., F. Alcan, iilS. Areh. de Phyêio' logie, 1" janvier 188», n» 1.

CONDITIONS BSïIIÛTIQUES DE L EXEItCICB 203

sont longs. La flansnnse a un mollet charnu jusqu'au lai on, grftce i la grande auipiilude (le l'exlensioD du pied dans les exercices de poinle. Le vieillard, an contraire, a le mollet court et sec, s'arrêtant nel à moitié jambe et terminé par une grande longueur du tendon d'Achille (fig- 108 et 109). Le nigre n'a pas la saillie du mollet du blanc. Voir Marey(C. R., 12 septembre 1«87).

EllCBBCICES DB FORCE ET EXERCICES

DE VITESSE. — Si l'on abuse des contractions intenses, si les muscles se contractent toujours en se a raccourcissant, ils tendent à rester raccourcis, même dans le repos, et peuvent ainsi provoquer des déformations ou des altitudes vicieuses du squelette. Lo terrassier serrant constamment le manche de la pelle a bien de la peine ensuite à ouvrir la main, ses doigts ne peuvent s'étendre, les fléchisseurs l'emportent sur les extenseurs.

L'athlète maniant des poids lourds à bras fléchis conserve l'avant-bras fléchi sur le bras, même dans le repos musculaire; ceux qui portent de lourds fardeaux sur les épaules, ont cellesci surélevées. Les gymnastes toujours pendus à la corde lisse

ont les pectoraux raccourcis et Hr. los - Muscle» du mollel ,. , , ,,. , . niOQtrant la proportion rela-

I épaule attirée en avant. ^j^, ^^ i^i^d^^ ';t du corps

Les exercices de force, lalutte, charnu (adulte norm«d).

20i LES BASBS SCtEHTtFIQUBS DB l'AdUCATION PBTStQDB

les poids, le port des fardeaux; développent les saillies musculaires et donnent au corps le type athlétique.

Les exercices de vitesse avec mouvements de grande amplitude des membres, la course, les sauta, lauatation, le lancer, les exercices d'élan, l'escrime, développent les muscles en longueur et donnent au corps le typé de vitesse plus fln et moins massif.

L'hercule et le gladiateur sont les produits de deiix eatrainemenU différents (lig. H2 et 113).

Le second est sans contredit plus élégant et plus complet ; il est fort et il estagile. L'hercule es t embarrassé par sa masse ; terrible lorsqu'il étreint, il peulëtre très inférieur devant un adversaire qui ne se laisse pas approcher. Goliath a été terrassé par David»

Ces deux constitutions différentes se rencontrent chez les animaux de vitesse et de fond. Le cheval de trait et te cheval de course, le bœuf et le cerf sont adaptés : l'un aux grands efforts

Mcoode. Celle

vieillaid et mollet de danseuse.

inlft ehei le prem

lents et prolongés, l'autre aux grandes vitesses ; il sufTit d'intervertir leurs fonctions pour voir les ditîérences profondes qui les séparent. On n'attelle pas h un train express une épaisse locomotive destinée aux trains de marchandises.

CoNSâQUENCBS A TIRBB AU POINT DB VUE nO Q^VELOPPEMENT SOU-

HAL nu CORPS. — Il faut tirer enseignement de ces observations

CONDITIONS ESTHETIQUES DE L*£XERCIGB

Fîg. 110. — Apollon (forme efféminée.)

Fig. 4H. — Ascète (atrophie générale des muscles.)

Fîg. 112. — Hercule Farnèse (hyperifO]>hie imisculaiTe), type de la force statique.

Fîg. 113. — Gladiateur antique (finesse des formes), type de force, de vitesse et d'agilité.

naturelles et éviter les mouvements étriqués dans lesquels le muscle ne fournit qu'une partie de l'étendue du mouvement dont il est susceptible : nous nous garderons des contractions statiques prolongées, elles finissent à la longue par produire le rapprochement définitif des points d'insertion. Nous pourrons cependant les utiliser pour raccourcir certains muscles faibles et rétablir ainsi Téquilibre du squelette, équilibre rompu dans les mauvaises attitudes de l'épaule et du tronc.

Mouvements concentriques et mouvements excentriques. — Ling, le fondateur de la gymnastique en Suède^ connaissait ces propriétés des mouvements sur le développement des muscles, il distinguait les mouvements où les points d'insertion se rappro-

Fig. 114. — Différentes formes du travail musculaire.

1. Travail slalique (contraction sans mouvement); — 2. Travail positif (contraction avec raccourcissement) ; — 3. Travail négatif ou résistant (contraction avec élongation).

chent de ceux où les points d'insertion s'éloignent. Dans les oppositions et les luttes, on résiste à un effort de l'opposant, et si cet effort est vaincu, le muscle se raccourcit ; c'est la contraction concentrique des Suédois. Au contraire, si la résistance à vaincre l'emporte sur l'effort musculaire, le muscle est étiré en étant contracté jusqu'à son allongement complet; c'est la contraction excentrique (fig. 114).

Cette dernière a la meilleure influeiice sur la nutrition de toute la partie charnue du muscle; elle doit être employée pour remédier aux inconvénients de la contraction concentrique trop souvent répétée dans les mouvements usuels. 11 faut choisir les exercices convenables pour améliorer la forme et pétrir le corps à sa convenance. Il ressort clairement da eea observations que l'amplitude du mouvement doit aboutir à la nutritiofi complète

CONDITIONS BSTHÉTIQUBS »K l'BXERCICB 207

du muscle et que les oppositions et résistances à vaincre nous permettent de ^^arier les effets de la contraction musculaire en faisant travailler le muscle statiquement, ou bien en le raccourcissant ou bien en retirant^.

Influbngb d£ la durée de la contraction, loi du rythme. — La durée de la contraction est en rapport avec la vivacité du mouvement et Tintensité de TefiTort.

Plus TeiTort est intense, moins la durée peut être grande : nous en avons expliqué la raison à propos de la fatigue ; voilà pour Teffort statique.

Dans un mouvement, il y a les masses des membres, celles du corps et des instruments ou appareils portatifs à mouvoir. Ces masses ont leur inertie, il faut un certain temps pour leur communiquer de la vitesse^ ce temps ne peut être diminué sans inconvénients ; plus la masse à mouvoir est grande, {dus il devient considérable. Le rythme ou cadence d'un mouvement périodique comme Testcelulde la jambe dans la marche» celui des bras portant un haltère ou une massue, doit varier avec la grandeur de masse à mouvoir.

Si Ton suspend une lourde pierre à une longue corde, une légère pression du doigt suffira à la faire osciller, mais il faudra un certain teoaps pour cela ; vous ne réussirez pas à Fébranler en donnant im violent coup de marteau, vous ea briseirez une partie. Le choc dii marteau est une action trop instantanée, localisée ea un point de la pierre elle n'a pas le temps de se propager dans toute sa masse» tandis que le doigt produisant une pression faible mais durable, réussit à communiquer le mouvement en totalité.

Autre exempie : j'attaelie un fil à un poids léger, un demikilogramme ; je tire brusquement sur le fil pour enlever le poids, le fil se rompt, et le poids n'a pas été remué. Je soulève au contraire le poids si je tire lentement et je puis même le charger encore sans casser le fil.

Dans le premier cas, le poids n'a pas été mis en moavement, et cependant la traction du fil a dépassé de beaucoup la valeur du poids, mais cette traction n'a pas duré, le fil s'est rompu ; nous avons dépassé sa résistance.

1. Denieny. Nouvelle méthode d^ exercice par le mouvement complet continu et arrondi. Société de Biologie et Congrès d'hygiène scolaire de 1910.

Dans le second cas, la traction a été beaucoup plus faible^ à peine supérieure au poids à soulever, et cependant nous avons réussi à le mettre en mouvenoent en agissant lentement.

Il se passe des choses analogues dans les mouvements brusques du tronc ou des membres, dans une délente, le coup de poing, le saut, où des masses importantes sont soudainement sollicitées par une contraction énergique et instantanée des muscles.

L'intensité de la contraction musculaire acquiert un degré considérable qui peut, nous Tavons vu, dépasser la limite de résistance des tissus. Les chocs fatiguent le muscle, le courbaturent. Ils doivent être évités et remplacés dans les mouvements éducatifs par des efforts continus et durables ; le muscle progressivement raccourci et ensuite mollement étiré, devient le siège d'une circulation active, propre à amener les matériaux de réparation et à entraîner les résidus des actions chimiques intimes.

Les mouvements saccadés et précipités sont incompatibles avec l'amplitude. Les mouvements vifs ne sont jamais complètement étendus, on les retient involontairement pour éviter le choc final : on ne peut lancer vivement le bras en arrière et le laisser absolument libre; le choc final à fin de course est aussi mauvais que le choc de départ. Il porte sur les os et les ligaments, si la contraction soudaine des antagonistes tie vient pas arrêter la vitesse exagérée. L'élasticité du muselé absorbe heureusement une partie des chocs; s'il en était autrement, les articulations seraient bientôt disloquées.

Le rythme est toujours l'élément le plus essentiel du mouvement. Il faut donner à la cadence une valeur en rapport avec la masse du segmenta mouvoir, plus lente pour les membres étendus que pour les segments partiels qui les composent, plus lente encore pour le tronc que pour les membres. Cette cadence doit être telle que le temps de repos permette la réparation dans la nutrition des tissus.

L'ÉNERGIE d'un MOUVEMENT n'eST PAS SA PRÉCIPITATION. — NoUS

ne devons pas confondre la vigueur et l'énergie d'un mouvement avec la sécheresse et la précipitation. La vigueur doit se manifester par des contractions énergiques, durables, unies à l'ampleur du mouvement. Bien entendu, la brièveté de la détente est quelquefois une qualité à rechercher ; le saut et \e coup de

CONDITIONS ESTHIÇTIQUES DE L*EXEBCIGE 200

poing en sont des exemples, ipais, dans le saut, la masse à mouvoir est considérable, c'est le poids du corps; la vitesse d'extension des segments ne devient pas assez grande pour produire les chocs dans les articulations ; le coup de poing doit être donné pour toucher, il est amorti par cela même s'il ne se fait pas à vide.

Si le mouvement est complexe, son rythme se composera de cadences propres à chaque segment suivant la loi des masses précédemment énoncée. Nous reviendrons sur le rythme, nous le verrons devenir un des facteurs les plus importants du travail ^ De plus le temps qui correspond à Teffet que Ton désire obtenir devra être prolongé.

RÉPÉTITION DES CONTRACTIONS SUCCESSIVES. — < Le nombrc des contractions successives que le muscle peut eflfectuer dépend de Teffort ou de Tintensité de la contraction et de la cadence du mouvement. Un muscle ne peut produire de travail sans se fatiguer et se reposer, nous avons examiné les conditions de réparation à propos de la fatigue; celle-ci se manifeste par un affaiblissement dans la vivacité et Tinlensité de la contraction et s'accompagne de douleur locale. A un certain degré de fatigue il devient même impuissant à produire du travail et, loin de se développer, il dégénère.

Il lui faut des alternances de repos et d'activité judicieusement proportionnés pour obtenir les meilleures conditions de travail et de nutrition.

La répétition d'un mouvement ne doit jamais être poussée jusqu'à la fatigue ; elle sera, comme la cadence, en rapport avec la masse à mouvoir. Si l'on remue le bras librement, on pourra naturellement répéter le mouvement plus fréquemment et plus vite que si le bras est chargé d'un poids. A plus forte raison, la cadence et la répétition du mouvement seront encore moindres dans le cas où les points fixes d'insertion des muscles moteurs sont intervertis, si les muscles moteurs du bras sur le tronc sont chargés de mouvoir le tronc sur le bras : dans le grimper, par exemple ; si les muscles moteurs des jambes deviennent moteurs du tronc, comme dans le saut.

1 . G. Demeny, Mécanisme et éducation des mouvements, Paris, F. Àlcan, 1903. Dbueny. — Bases scient. 14

210 LBS BASBS SCISHTIPIQDBE BB LSDUCATION Fllï:ilQi;E

On peut, en alternant les mouvements des membres supérieurs avec eeux des membres inférieurs, répéter plus fréquemment les mouvements avec une fatigue moindre, surtout si l'on a soin de séparer chaque groupe de mouvemenls par une balle «ù l'on fera des ex«rcices respiratoires.

S 4. — Fixation de l'épatile.

Mobilité DB l'éfaulb bt pobub variablb suivant les individus. — Il n'y a peut-être pas de partie du corps présentant une

Pig. IIS. — Ceinture obibum rorniée par lei omoplate! «t lei cUrkuUi constituant l'épaule et servant d'attache au bras.

On Toit la poailin viciouso de l'omapLata pav rapport au Uiorai dans la figure de droits.

forme aussi variable que l'épaule chez les différents individns.

Hg. il*. — Ceinture scapulaire et ceinture thoraciqiie vues d'en haut.

La position de i'épaule change les rapports du bras et du tronc, et altère les proportions du cou et la forme du dos [Voir pages 164 et 165).

les épaules tombantHes, tes épaules trop hautes, tes épaules

COKDITIOMS ESrHÉriQUïs DB U'SSERCICE

tij, (ortw-clivii

iula Bbr. tc(puIo-ba«4nl«

Rg. in. — Ligaments de l'épaule, n avant sont des défaats très communs. Les différentes posi-

Pig. 118. — Muscles de l'épaule (Bonamï, Bboc* et Beau). A, lus-épineui ; — B, «oua-ipioeui ; — C. polit rond ; — D, grand rond ; - K, irud

tions de l'épaule B'explicpient par la mobilité de cfllle-ci ; en

21g LES BASES SCIENTinOUES DE L'ÉDUCATION PHYSIQUE

réalité l'épaule n'est pas invariablement fixée au troDC, c'est une ceinture osseuse incomplète qui n'a pas la solidité du bassin, sa fixité est obtenue par les muscles qui s'y attachent et la relient au tronc.

Fig. H9. — Muscles de la partie postérieure du dos et du cou (seconde

Des ligaments relient la clavicule et l'omoplate, formant la voûte acromio-coracoïdienne ; d'autres relient la clavicule au sternum et à la première côte (iig. 117).

Ces ligaments limitent le mouvement de l'épaule, et l'articulalion sterDo-claviculaire le détermine. Par structure, le moignon

CONOntOKS SSTHETIQUES DB L EXEIICICB 213

de l'épaule se trouve constamment sur une portion de sphère ayant !a clavicule pour rayon et son articulation sternate pour centre, La clavicule a pour fonction de maintenir l'épaule éloignée du tronc. Le sujet qui a la clavicule cassée se présente dans une attitude caractéristique, le bras pendant en avant, l'épaule portée en dedans.

Fig. 190. — Muscles de la partie anlénenre du troac. A, grud pectoral ; — B. deltoïde; — C, (rap*ie; — D, skrDO-cleldo-maslotdieD

L'omoplate n'est fixée au tronc que par des muscles ; il y a les muscles unissant directement l'omoplate et la clavicule au tronc ; ce sont principalement les fixateurs de l'épaule : les trapèzes, angulaire, rhomboïde, grand dentelé. D'autres : le deltoïde, suset sous-épiîieux, les petit et grand rond, sous-scapulairs, le biceps (longue portion) et le coraco-bracbial relient le

214 LES BA31IS SCIESTinOOES DK C'ÉDUCATTOK ÏHYSIQUB

bras à l'épaule, tandis qu« te ^and dorsal et le grand pectoral relient le bras au trooc (6g. 118, 119, 120, 121).

(^•' ft-J'

Ù^ FtdirA

ËguiLiBRE DB L'ipAULB. — L'épaule prend nne positron d'équilibre résullant du poids du bras, de l'action complexe des muscles nombreux agissant sur elle et des résistaaees extérieures. Dans la station droite, le poids du uembre supérienr tend à tirer l'épaote en avant et en bas ; cela cotttribue à comber le rachis et & affaisser le thorax.

iNFLCHMcrDEâ ATBOPiiiBS «u»3uL AIRES , — SiTomoplate a'estpas

CONKtTIOKS BSTHEYIQOES DB L EXBBCtCa

consbiiniuenl fixée contre le thorax et soulevée par la tonicitc des masses musculaires qui s'y insèrent, elle sera abaissée, son bord interne se détachera du thorax, et son angle inférieur fe»a saillie sous la peau. Les enfants peu vigoureux présentent cette dérormation due & l'atrophie des trapèzes et des rhomboïdes, Tomoplate se détache du thorax eo forme d'aile, et l'on peut passer les doigts entre les côtes et la fosse sous-scapulaire; en même temps, le bras entraîne l'épaule en avant, et la dislance entre les bords spinaux est exagérée (fig. ii'i).

FixATios DE l'Épaule. — Le grand dentelé s un râle très important dans la fixation de l'épaule: lorsque le bras est horizontal, il s'oppose au mouvement de bascule qui tend h. se produire; de plus, il fait entièrement basculer l'omoplnte dans l'élévation verticale du bras et la maintient dans cette position, la cavité gléno'ide tournée vers le haut. Les sujets atteints d'atrophie du grand dentelé ne peuvent effectuer l'élévation verticale du bras; chez eux, l'élévation horizontale est très pénible et se fait sans force. ,

Les rhomboïdes , trapèzes (portion moyenne et supérieure), Tangutatre attirent l'épaole en haut et rapprochent les ^S°cni"oî!°" >» p™» ™ bords des omoplates, les grands dentelés les Axent contre tes côtes, les grands dorsaux agissent sur le bras et attirent en arrière la tôte de l'humérus, ils luttent contre le poids du membre supérieur et la prédominance des grands pectoraux, ils contribuent en même temps un peu à redresser les courbures de la colonne vertébrale (fig. 123 et lîi).

Ces muscles sont les Hxateurs de l'épaule en arrière, ils ont un r61e capital dans l'équilibre de l'épaule, ils effacent celle-ci, ouvrent la poitrine et donnent l'attitude de la vigueur, l'altitude du soldat au port d'armes.

La force des bras est intimement liée an développement de

Pifi. 122. — Sujet preseotaot une atrophie desmuscles nxatenrs de l'omo plaie (rhomboïdes, trapèzes).

2ie

la masse musculaire des fixateurs de l'épaule. Uue épaule large, cbaruae et bien placée est la marque de ia force.

Chez les personnes sédentaires qui ne font aucun effort des bras, l'épaule est décharnée ; chez les enfants des écoles primaire»; des villes, la mauvaise attitude de l'épaule est un défaut presque constant ; elle entraîne souventl'affaissement du thorax, aussi la gymnastique sco-

Qlaire doit-elle remédier à cette déformation par V; ' des séries

Fig. 1-J3. — MoHfrant l'action des muscles rhomboïdes et trapèzes (portion moyenne) ainsi que celle de» grands dorsaux dans l'elTacemeiit de l'épaule.

La Rgure de droite indique l'aolaganiBins dea doruui cl doa çocloraui.

Il suflil de raccourcir par des contractions concentriques les muscles chargés de rapprocher les bords des omoplates, d'effacer les épaules et d'allonger par des contractions excentriques les muscles antérieurs de la poitrine.

Influence i

HODVE-

r la fixation de l'Épaule. Exercices favorables. — Est-ce là ce que nous faisons dans la gymnastique avec les appareils ? Dans les rétablissements à la barre lixe, aux trapèzes, aux anneaux, aux murs, l'étreinle du bras prédomine constamment, les muscles antérieurs de la poitrine se raccourcissent, les muscles du dos s'allongent. Les jeunes gymnastes ont généralement le dos Toùté pour cette raison, il est indispensable de corriger les défauts de ces appareils par des exercices spéciaux (fig.ISS). C'est une erreur de croire que la suspension et l'appui sur ies mains contribuent en quoi que ce soit à la rectiiicalion des mauvaises attitudes de l'épaule. Dans lasuspension le poids du corps allonge le bras et l'élève; dansl'appui l'épaule est poussée verticalement en haut, on résiste à cette action par la contraction des muscles abaisseurs du bras, maisle rapprochement des

CONDITIONS ESTHETIQUES DE l'eSBUCICB SI7

épaules et leui-

effacement ne

dépendent oul-

)eiDent de ces

muscles. Les

etTorls utiles à

rapprocher les

omoplates sont

surtout localisés

dans les muscles

du dos. Ladirec-

tiondecesefTorts

doit être hori- T»piy..rHl.oa.U.s

zontale, perpen- ^'8- *^*- " Squelette du thorax et de lëpaule vu en

' "^ projection horizontale.

dlCUlaire à l'axe Oo voit [■anUgoDisme des muscloi doruui cl du pocloril dau)

spinal; il n'est la p^iioa d* i*pauic.

point du tout nécessaire de se suspendre par les mains pour

obtenir les effets de ces contractions, la suspension ne peut au contraire que les gêner et les contrarier.

St8 LES BASES SCiENTIFIQUES DE L ÉDUCA,TION PHYSIQUB

Debout, assis, appuyé, couché, dans lous les mouvements avec appareils portatifs il suint de s'efforcer de placer toujours les bras et les coudes dans le plan transversal des épaules pour être assuré démettre en jeu les muscles fixateurs de l'épaule et de les raccourcir. Eususpeusion et en appui ceci peu tévidemmentse faire, mais il faut être déjà ar'rivé à un certain degré de force pour cela, ce n'est pas le css de l'enfant, il serait étraege, pour obtenir des réactions homontales des muscles du dos, défaire agir des résistances verticales, c'est poortaet le cas présent.

I>e grand dorsal a un

effetimportantiilabaîsse

le bras el tire le moignon

de l'épaule en arrière.

Les suspensions par les

mains le sollicitent très

vigoureusement, mais il

n'est pas seul à produire

l'abaissement du bras,

Fig.126.— Montrant la contractioniQlense les pectoraux Sont plus

Sno"fix"rrL''^»iopl'Aern= favorablement placés

rélovalioQ verticale des braa exécutés pOUr le faire, etilsl'em-

daus le plan des épaules (gymnastique porteront presque tou-

BUédoise). f i . ,

jours sur les grands dorsaux, ii moins d'y porter attention et d'en avoir la force.

Tous les enfants faisant une traction de braa sans être surveillés, l'exécuteront toujours les coudes en avant, c'est l'économie de la force qui l'exige.

Il faut un elTortconsidérable de volonté pour faire prédominer la contraction des dorsaux sur les pectoraux; il faut aussi avoir des muscles assez développés pour produire l'eETort voulu.

CONDITIONS ESTHÉTIQUES DE l'ÉXESCICE 2f9

La suspension, l'appui, toutes les attitudes gymn^tiqiKS dewont v^r à c; résultat important : ta rixatietf âe l'ëpaufe^ et il y aura toute une échelle de gradation dans les différents mouvements utiles pour cela. Les attitudes de la gymnastique suédoise sont les plus actives et apportent une amélioration rapide dan^ la conformaLlon de l'épaule. Leur principe est de maintenir des attitudes de départ et de conserver ensuite dans

Fig. 127. — Contraction intense avec rftceourciiieinent des muscKs fixateurs deromoplatedans l'&ttitudedes maint à lanuque, lei coudes dans le plan des épaules (gymnastique suédoise sans appareils).

tous les mouvements le coude et les mains dans le plan transversal des épaules (iîg. 126 et 127). Le canotage, les oppositions deux à deux, les appareils à ressort ou à contrepoids développeront les rhomboïdes et trapèzes, et rapprocheront les bords spinaux des omoplates.

Les suspensions allongées ou Ûéchies à l'échelle horizontale ou oblique, aux barres de suspension doubles à écartement fL<ce au moins égal à celui des épaules, les perches fixes acaouiplées, rempliront aussi le même but et développeront les grands dorsaux, mais à la condition qu'on soit déjà assez musclé pour y prendre l'altitude convenable et que jamais les pectoraux ne remportent sur les grands dorsaux. Ce n'est pas tout : en dehors des mouvements gymnastiques il faut encore conserver dams, la

vie ordinaire la bonne attitude du corps, sous peine de perdre tout le résultat de ses efforls- 11 Taul agir constamment sur le

Kg. 12S. — Exemple! d'exetcicea classiques dont l'effet sur la Ciation de l'épaule est tout i fait lllusoiTe.

Ctt mouTemeDls lont coatitctar *u conlriirc ]<•> peclsriui et pu coDsiqucnt, «n liai d'iméUorer i'iUilude. ne foui i^u'cn iggnier 1«* déliuti.

squelette et sur les muscles si l'on veut les modifier et déterminer une harmonie déflnitJTe.

PbÉIDGÉS SDB les mouvements ayant un EFFET APPARENT SOB LA

COKDITIONS BSTIIP.TlQtJES DE L EXERCICC %H

FIXATION DE l'épadlb. — Nous avons iodiqué expressément des altitudes et des mouvements où la volonté rectifie la position des épaules ou bien s'oppose à une résistance convenablemeDt

Fig, m. ■

L'elTst rtcl est de SUKÎI la position do l'^ulo, i

(Uong^. 1. Ecbelto orLIiopédique. - 9. Lancer le* bra* liotiutnlalenuin

. — Exercices donl l'action extenajve est purement passive.'

dirigée pour mettre ea jeu les muscles du dos fixateurs des omoplates. 11 faut bien se mettre en garde contre les mouvements ayant un effet apparent et momentané sur la position de l'épaule et ne pas les confondre avec ceux dont l'effet est réel et durable.

On comprendra aisément que tirer sur l'épaule en arrière pour la mettre en place passivement ne peut produire qu'un effet nul ou mauvais puisque les muscles réagissent alors pour porter l'épaule en avant; la contraction passe dans les pectoraux tandis que les muscles du dos chargés de rapprocher les épaules tombent dans le relâchement. Les figures 128, 129, 130 montrent quelques mouvements à effet apparent sur u eontraciion «t lola position de l'épaule; tirer sur des poi- le» miiseips potwiaui et

. . ' , . , , abdomlnam [crTol dfi-

gnees, s appuyer sur les mains contre des UHition purçmcni appaperches ou sur des barres parallèles, se "" * pass") suspendre à l'échelle dite orthopédique, se servir de bretelles ou de bàtODS placés derrière le dos, lancer les bras horizontalement en abduction en arrière et enfin, le plus détestable de tous, se maintenir en suspension par les mains à des anneaux les bras en abduction forcée.

les muscles du dos flxnteura de l'oinopl&te soDt rolâchês.

âââ

LES BASES SCIENTIFIQUES DE L EDUGATIÛlf PHYSIQUE

Dans tous ces mouvements la contraction des muscles utiles :au rapprochement des épaules est remplacée par Taction du

1. Élévfttioûiles hras avec :2. PouMée ««riicala «vee allongement complet. effort d'eiteosion.

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