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Pagès, Les Méthodes pratiques en zootechnie

stalu quo; elle doit être plus considérable encore pour qu’it engraisse. Si l’on ajoute de la graisse à l’alimentation, lesmêmes résultats peuvent être obtenus avec trois ou quatre fois moins d’albuminoïdes.

Le régime exclusivement animal a d’autres inconvénients : il constipe ou produit des inflammations du tube digestif, il est insuffisant au point de vue nutritif. Harting s’était astreint au régime presque exclusif de la viande, il constata chez lui un degré extrême de faiblesse musculaire. Nous avons fait la même expérience sur nous-même ; elle ne nous a pas réussi : des diarrhées fréquentes avec manque d’appétit et faiblesse musculaire nous ont forcé d’abandonner ce régime. Notre tempérament arthritique était peut être la cause de cette intolérance.

Régime végétal. — La nécessité d’un régime mixte, animal et végétal, peut-être considérée comme démontrée. Les hydrocarbures, le sucre, les graisses, les aliments thermogènes en un mot, doivent tenir une place très grande dans l’alimentation du travailleur. C’est à leur source qu’il doit surtout puiser les éléments réparateurs de son énergie musculaire et non pas dans les aliments albuminoïdes, comme on le croit généralement, le régime végétarien donnerait d’après Fisher une endurance plus certaine.

Le sucre est un aliment de travail très actif, beaucoup plus actif que les excitants alcooliques.

Il est bien entendu qu’un régime hydrocarboné exclusif est incomplet : on nepeut s’alimenter avec du sucre et de la graisse, on doit y joindre des matières albuminoïdes contenues dans les céréales ou dans la chair des animaux. Ce sont des aliments plastiques destinés à réparer l’usure de nos tissus.

On voit dans les régions du Nord les ouvriers se nourrir presque exclusivement de pain et de lard ; cela passe, mais on ne peut se nourrir seulement de pommes de terre sans se débiliter. La farine d’avoine peut'être un aliment complet, comme le lait et les œufs; les Anglais en usent beaucoup dans leur nourriture d’entraînement.

Les pains de gruau sont incomplets: on n’y conserve que l’amidon, le gluten et le son ont été triés en partie.

Les bouillons de viande se composent d’eau, de gélatine et de

CONDITIONS HYGIÉNIQUES DE l’eXEUCICE 55

sels minéraux; la fibrine reste dans le bouilli coagulée par la chaleur. Ces bouillons n’ont presque aucune propriété nutritive, les extraits de viande ont même été jugés toxiques, il faut leur laisser de la graisse, y ajouter des pâtes de gluten, des sels minéraux et quelquefois du fromage râpé pour les rendre alimentaires. Les infusions de céréales ont une propriété nutritive très favorable à la croissance des enfants, surtout si l’on y joint des hyperphosphates ; les potages bien cuits composés de légumes frais, de féculents et de viande sont des mets savoureux, digestifs et très hygéniques, ils ont peut-être l’inconvénient d'avoir trop de volume et de renfermer trop de liquide.

Ils doivent être d’une température modérée et ne pas trop contenir de graisse. L’idéal serait évidemment de donner à l’aliment une propriété nutritive maximum sous un volume minimum. Les œufs, le fromage remplissent cette condition; l’inconvénient de cette alimentation concentrée est de causer la constipation. Les légumesprésententqne action nutritive faible; il en faut absorber beaucoup pour s’alimenter. Cela a l’inconvénient de développer l’abdomen, ils sont cependant nécessaires; mélangés à la viande, ils permettent à l’intestin d’expulser plus facilement les résidus de la digestion et remédient à la constipation causée par le régime animal pur.

Boissons. — Les boissons préférées en mangeant sont la bière et le vin. Il y a à ce sujet des préjugés enracinés. On les croit indispensables à la santé et à la vigueur. Ce ne sont en réalité que des excitants dont on a pris l’habitude ; ils agissent en raison de l’alcool et de l’acide carbonique qu’ils contiennent.

On fera bien de s’en passer et de revenir à l’eau pure. Il faut seulement choisir cette eau et la prendre en petite quantité.

On se trouve bien de boire après le repas et de le terminer par un thé ou un café légers. Ces derniers ont une action excitante différente de l’alcool, elle n’est que passagère et ne laisse aucune trace dans le système vasculaire ouïe système nerveux.

Les infusions de thé ou de café tirent aussi leur action hygiénique de la température à laquelle on les prend ; elles doivent être absorbées en petite quantité, pour éviter de noyer les aliments et de diluer les sucs digestifs dans un liquide neutre.

Lesglaces ou sorbets pris après le repas sont un excitant très

actif, ils agissent sur la sensibilité de !a muqueuse de restomac et sur la circulation dans les vaisseaux. L effet du froid est double : au début contraction vasculaire; puis reaction dilatation des vaisseaux, circulation plus active. Les glaces favorisent ainsi la digestion, à la condition de n’être pas en trop grande abondance et de contenir du sucre en quantité suffi-

Mais l’eau froide glacée absorbée à jeun, surtout après 1 exercice, peut avoir une action mortelle, aussi dangereuse qu’un bain pris après un repas. La manie de boire sans soif surmène le rein et devient une cause fréquente de dyspepsie.

Choix des aliments. — Au sujet du mode d’alimentation, les indications données par la chimie sont des indications tout à fait incomplètes, et la composition chimique d’un aliment ne suffit pas pour assurer sa valeur nutritive.

L’aliment doit être substantiel, mais il doit être digestif; il doit plaire au goût; le choix des mets et la manière de les apprêter sont loin d’être négligeables. Chacun a ses aliments préférés, chaque jour même nos goûts varient.

Il y a quelquefois caprice, mais souvent nous sommes poussés instinctivement vers l’aliment qui nous convient. Nous digérons mal un mets qui nous répugne ; sa composition chimique peut être bonne, il peut renfermer la dose suffisante d’azote et de carbone, mais pourtant il ne sera pas assimilé. Notre organisme est plus délicat que la balance du chimiste, il est sensible à des impressions sapides, impressions qui retentissent sur les organes digestifs, les excitent et contribuent à leur bon ou mauvais fonctionnement.

L’odeur d’un mets succulent nous ouvre l’appétit, l’eau nous vient à la bouche, l’estomac se prépare à le recevoir. La vue d’un aliment détesté nous donne la nausée, nous sommes impuissants à réprimer ces impressions plus fortes que notra volonté.

Gourmandise. — Je n’excuse pas ici la gourmandise, je l’explique par la raison de nos répugnances et je fais la part de ce qu’il y a de fondé dans cette passion. Il est mauvais de s’exciter, par des mets trop succulents à manger outre mesure : on s’expose à laréplétion et à ses conséquences fâcheuses; d'autre

part, ne pas variêrses aliments, lesmal préparer, est une fatigue pour l’estomac et une cause de mauvaise nutrition.

Il faut stimuler l’appétit, mais non l’assouvir, on doit quitter la table avec une sensation de légèreté et de vigueur, rester sur sa faim au lieu d’être alourdi par un excès de bonne chère.

Sieste. On peut se laisser aller à faire sa sieste ; cela devient une habitude chez quelques-uns, mais la sieste n’est pas l’assoupissement de plomb produit par un repas trop copieux et des libations trop abondantes.

Goûts divers. — L’estomac a ses caprices et ses exigences ; chacun a son tempérament et ses petites recettes personnelles. Il faut se connaître pour bien se porter. Les prédispositions -arthritiques refusent la viande en excès ; il leur faut des ragoûts bien cuits au lieu de viandes grillées; les digestions acides se trouvent fort mal des salades ou des fruits verts, il leur faut des compotes et des légumes cuits à l’étuvée. Les tempéraments bilieux ne peuvent supporter la graisse ou l’huile, tandis que d’autres en raffolent.

Toutes ces divergences s’expliquent, les aliments sont transformés dans le laboratoire intérieur de nos organes digestifs, mais cette élaboration varie avec les individus ; la transformation des substances alimentaires en chyle, leur absorption, dépendent des phénomènes intimes de l’assimilation et de la désassimilation. Les aliments sont au service de celles-ci, ils varient donc suivant le degré et la nature des pertes subies par l’organisme, suivant le travail et suivant la constitution. Les ferments, qui jouent un si grand rôle dans la digestion, changent constamment avec l’état psychique lui-même.

Alimentation trop riche. — Une alimentation trop riche peut amener de graves désordres lorsqu’elle n’est pas justifiée par un travail proportionnel, elle cause les maladies inflammatoires des organes de la digestion, des surcharges de l’organisme sous forme de tissu adipeux (graisse) et de calculs (goutte et gravelle).

Une alimentation trop pauvre produit la maigreur et l’émaciation accompagnée de faiblesse et de prédisposition aux

maladies infectieuses* à la tuberculose et à 1 anémie : c est la condition des malheureux surmenés par un travail excessif et que la misère prive d’une nourriture suffisante.

Mais ce cas est rare à l’époque actuelle* on ne meurt plus de faim, on meurt plutôt de trop manger.

Dans l’enfance* l’activité de la nutrition s’explique par la croissance : l’enfant a besoin de manger sans cesse pour grandir* ses organes digestifs sont extrêmement volumineux ; le lait, sa nourriture normale, contient des principes combustibles et des principes plastiques dans le rapport de 4 à 1 ; cette activité de la nutrition n’existe plus chez l’adulte, à moins qu’elle ne soit provoquée par une grande dépense de travail.

Les athlètes anciens avaient des appétits féroces, ils mangeaient avec une gloutonnerie contre laquelle s’élèvent les médecins de l’antiquité. Le développement musculaire et la dépense de travail étaient l’excuse de ces appétits démesurés.

Mais il ne suffit pas de manger beaucoup et de faire passer des quantités d’aliments dans le tube digestif, il faut se les assimiler, les transformer en travail ou en tissus. Dans le cas où l’on ne travaille pas suffisamment, la graisse se développe. Selon Bouchard, sur 86 obèses, il y a 31 cas héréditaires et une proportion de 62 femmes obèses pour 24 hommes. Chambers compte sur 38 obèseé, 29 cas héréditaires.

De Saint-Germain attribue au veuvage un effet inverse sur les deux sexes ; les hommes engraissent et les femmes maigrissent. Remarque qui peut avoir son utilité : le poids normal d’un sujet devrait être en kilogrammes à peu près égal au nombre de centimètres de sa taille diminué de 100. Ceux qui ont une tendance naturelle à l’obésité doivent suivre un régime sévère s’ils* ne veulent pas engraisser outre mesure. Il leur faut une grande volonté pour résister à l’entraînement de leur appétit, à la soif intense et triompher de leur répugnance pour l’exercice.

Régime d un obèse. — Il faut dans ce cas abandonner les sôidisants remèdes pour maigrir, iis altèrent la santé en agissant sur la nutrition ; le seul remède efficace est de s’abstenir d’excès de boisson et de nourriture, et d’avoir encore une vie très active.

Voici le régime préconisé contre l’obésité par le D r Saint- Germain.

Point de longues siestes au lit, sept heures de sommeil suffisent; se lever de bon matin, faire de l’exercice jusqu’à la sueur, le faire suivre d’une lotion ou d’une friction. Point de repas du matin, déjeuner à midi de deux œufs à la coque, une côtelette de mouton avec salade, un fruit, une tasse de Café sans sucre et sans eau-de-vie; ni pain ni vin. Ne rien prendre entre les repas. Dîner à 7 heures : point de potage, un plat de viande, un plat de légumes verts et frais, un fruit, ni pain ni vin.

Se peser toutes les semaines au moins, pour se rendre compte de l’influence du traitement. Ce dernier est excessivement pénible à suivre régulièrement, mais il est sûr. 11 faut une grande énergie pour résister aux invitations et aux conseils de vos amis qui ne ménagent pas leurs railleries. C’est .cependant le seul régime efficace; l’exercice est le moyen par excellence pour consumer activement les aliments hydrocarbonés, éviter le dépôt de la. graisse dans les tissus. Il est un moyen certain de combattre aussi les dangers d’une absorption excessive des aliments azotés, c’est-à-dire la goutte, la gravelle, et de guérir la constipation.

Une bonne alimentation accompagnée d’exercice fait disparaître-la nervosité; l’excitabilité est le résultat d’une mauvaise nutrition des centres nerveux. C’est un indice de faiblesse.

Régime variant avec les saisons et avec le milieu. — L’alimentation doit être en rapport avec les saisons, avec le milieu où l’on se trouve. C’est la dépense en travail qui fixe la ration d’aliments ; c’ést la nature du travail qui en indique l’espèce.

La ration du campagnard et du manœuvré ne peut pas être celle d’un homme sédentaire ou d’un sujet adonné aune profession purement cérébrale.

Une alimentation grossière est bonne à Pair pur, elle doit être un peu plus excitante dans les grands centres de population.

Les cérébraux doivent éviter une alimentation trop riche et surtout les boissons alcooliques, qui congestionnent.

L’état de surmenage nécessite une alimentation plus azotée.

Il faut veiller surtout à ne pas laisser l’intestin s’encombrer des résidus de la digestion.

Le régime végétal et l’exercice favoriseront la défécation; l’habitude de se présenter à la garde robe tous les matins au lever entretiendra cette importante fonction, susceptible comme les autres d’être influencée par une bonne éducation.

§ 2. — Education de la fonction circulatoire.

Tout élément, toute cellule du corps, est baignée par le liquide nourricier, par le sang. La circulation de ce liquide dans tous les organes a pour effet d’y apporter les matériaux nécessaires à la nutrition des tissus, à la production de la chaleur et du travail et à toutes les sécrétions; le torrent circulatoire a aussi pour effet d’emporter les déchets de ces opérations du travail et de la nutrition, et d’en débarrasser l’organisme.

Mécanisme de la circulation. — L’importance de la fonction circulatoire indique le besoin de la maintenir dans son inté-r grité. -

Nous allons voir les principales causes qui la troublent, la ralentissent ou l’accélèrent, et nous rappellerons en deux mots le mécanisme général de la circulation.

Le sang circule dans un système spécial de vaisseaux, grâce à l’impulsion donnée par le cœur, muscle creux ayant à peu près la fonction d’une pompe foulante.

Le cœur est divisé en deux parties symétriques formant deux cœurs juxtaposés : le cœur droit et le cœur gauche. Chaque cœur est composé de deux cavités : 1 oreillette et le ventricule communiquant entre

Fig. 2. — Cœur et gros vaisseaux.

vd, ventricule droit; vg, ventricule gauche; °d , oreillette droite ; og, oreillette gauche. Les flèches indiquent la marche du courant san-

çlles par l’orifice auriculo-ventriculaire. Des valvules entourent cet orifice et permettent le passage du sang de l'oreillette dans le ventricule et s’opposent à son retour en sens inverse (fîg. 2).

Les artères sont les vaisseaux qui conduisent le sang hors du cœur; les veines ramènent le sang au cœur, après avoir traversé les tissus. Les artères et les veines communiquent entre elles par les capillaires et possè dent une structure différente (fîg- 3). Les artères sont formées de trois tuniques, la tunique

moyenne comprend du tissu élastique et du tissu musculaire contractile augmentant d’épaisseur à mesure que l’on s’éloigne du cœur vers les capillaires. Ainsi s’explique la gravité des blessures faites à ces canaux. Une artère , ouverte en r partie par un instrument tranchant, reste béante à cause de son élasticité, elle ne peut ainsi s’affaisser sur elle-même et se cicatriser, de là les accidents hémorragiques. * Les parois des veines, au contraire, sont faites d’un tissu peu élastique, ce qui diminue la gravité des blessures. On reconnaît une hémorragie artérielle d’une hémorragie veineuse à la forme du jet de sang qui s’é-

Fig. 3. — Schéma de la circulation.

CD, Cœur droit ; — CG, cœur gauche, les flèches indiquent le cours du sang dans la grande et la petite circulation. Les parties ombrées correspondent au sang veineux.

00, les deux oreillettes du cœur ; — VV, les deux ventricules ; — A, artère aorte;— P, artère pulmonaire; — F, foie; — I, intestin; — 1, système aortique ; — 2, veine cave ascendante ; — 3, veine cave supérieure ; — 4, artère mésentérique ; — 5, veines sus-hépatiques ; — G, veine porte ; — 7 et 8, canal thoracique (vaisseaux chylifères) ; — 99, vaisseaux pulmonaires, petite circulation; — 10, capillaires (grande circula- . tion).

chappe de la plaie. Le sang coule en nappe à l’ouverture d’une veine; il s’échappe en jet saccadé, avec intermittences coïncidant avec les pulsations du cœur, s’il provient de l’ouverture d’une artère.

Régulation de la circulation par l’élasticité des vaisseaux. — Le jet de sang artériel est d’autant plus discontinu que l’artère est ouverte plus près du cœur. Dans le réseau capillaire la circulation devient continue : elle est régularisée par l’élasticité des parois artérielles qui se gonflent sous le choc de l’onde sanguine et agissent sur le cours du sang pendant le repos du cœur. '

Rôle des valvules. — Les veines sont peu élastiques, elles se laissent distendre facilement par le sang, surtout aux membres inférieurs où le poids de la colonne sanguine n’est pas négligeable. *

Cette pression du sang dans les veines serait une cause de troubles de la circulation si les veines ne contenaient des valvules, petits goussets divisant la colonne sanguine, supportant ainsi une partie de son poids et s’opposant au recul du sang dans le sens de la pesanteur. La même disposition existe dans les vaisseaux lymphatiques (fig. 7).

Situation des vaisseaux dans les articulations. — Les vaisseaux qui débouchent dans le cœur sont aussi munis de valvules ou de clapets s-’opposant au retour du sang du cœur dans les veines et des artères dans le cœur, lors des contractions de ce dernier.

Les vaisseaux sont situés parallèlement aux os mobiles et du côté interne des membres, c’est-à-dire dans l’angle formé par les segments fléchis l’un sur l’autre ; soutenus par les muscles et les aponévroses, ils ne sont pas ainsi déformés par les mouvements articulaires, et la circulation n’est pas gênée dans leur intérieur.

Analyse des battements du coeur. —- Chez l’homme la division du travail du cœur est parfaite; le sang veineux est chassé du cœur vers les organes pulmonaires chargés de le rendre artériel en le combinant avec l’oxygène de l’air. Ce sang revi-

vifîé ne se mélange jamais avec le sang veineux impur provenant de toutes les parties du corps. De là deux circulations distinctes, à la rencontre desquelles se trouve le cœur : la grande et la petite circulation (fig. 3).

Le sang traverse les muscles, les glandes, tous les organes ; il est noir et impur quand il se déverse dans l’oreillette droite. Celle-ci se laisse distendre passivement ; une fois remplie, elle se contracte brusquement et chasse le sang qu’elle contient dans le ventricule à travers l’orifice auriculo-ventriculaire. Les

Fig. 5. — Battements- du cœur chez l’homme (Marey).

veines caves sont alors distendues, et les valvules empêchent le reflux du sang.

La contraction ou systole de l’oreillette dure les 2/10 d’une révolution cardiaque complète. L’oreillette redevient passive pendant les deux périodes suivantes et se laisse de nouveau distendre par le sang veineux (fig. 5).

Aussitôt rempli, le ventricule se contracte à son tour. Cette action dure les S/10 de la révolution totale. L’importance de cette durée tient au travail considérable que le ventricule doit accomplir. Le sang passe dans les artères, ne peut refluer dans l’oreillette, grâce à l’obturation produite par les valvules auriculo-ventriculaires, puis le cœur se repose pendant les 3/10 restants de la révolution totale. Celle-ci dure 0,857 de seconde environ.

Le sang passe du cœur droit, où il est constamment veineux, c’est-à-dire noir et impur, dans les poumons par l’artère pulmonaire; il revient par les veines pulmonaires dans le cœur gauche rouge et pur, de là passe dans l’artère aorte, se répand danstoutle système vasculaire et, après avoir traversé les capillaires, il débouche par les veines caves dans l’oreillette droite (fig.4).

6i LES BASES SCIENTIFIQUES DE L’ÉDUCATION PHYSIQUE

Vitesse et pression du sang. — La vitesse du courant circulatoire diminue de plus en plus, si on l’examine après la sortie du cœur ou près des capillaires. Elle est de 0 ra ,44 à l’origine de l’aorte et de 1 millimètre seulement par seconde dans les capillaires. Ceia tient à ce que le sang venant de l’aorte s’étale dans un réseau considérable, comme dans un tube dont la section irait en s’agrandissant.

La pression du sang n’est pas la même dans le système artériel et dans le système vein;ux. Dans le premier, elle peut atteindre sous l’influence de la contraction ventriculaire jusqu’à 43 centimètres de mercure. Cette pression va en diminuant jusque dans les capillaires puis dans le système veineux, finalement elle est presque nulle à son entrée dans l’oreillette. Il est bon de se rappeler que la pression et la vitesse du sang ne sont aucunement liés l’une à l’autre, mais varient avec l’intensité de la pression dans le thorax pendant les actes respiratoires.

En moyenne, chaque pulsation du cœur lance dans l’aorte 480 grammes de sang ; il faut environ vingt-cinq à trente pulsations du cœur et trente secondes pour parcourir le cycle complet/ c’est-à-dire pour que le sang chassé par le cœur dans l’aorte revienne au point de départ.

Pouls. — La systole ventriculaire produit une onde sanguine; cette onde progresse avec la vitesse de 9 mètres à la seconde, elle est tout à fait indépendante de la vitesse de la circulation et ne doit pas être confondue avec elle. Elle est comparable aux rides produites à la surface d'une eau tranquille par la chute

Fig. 6. — Tracé du pouls obtenu avec le sphygmographe de Marey.

d une pierre ; ces rides sont de même indépendantes du courant. L onde sanguine produit le pouls artériel, les battements des artères sont en rapport avec les battements du cœur. L’onde sanguine se répercute dans tous les tissus élastiques, il y a ainsi un pouls capillaire et un pouls veineux, le pouls capillaire est indépendant du changement de volume des organes dû à la vaso-dilatation ou à la vaso-constriction.

La fréquence du pouls varie avec l’âge, la température du corps et diverses influences parmi lesquelles l’exercice est la plus importante. Chez l’enfant d’un an le cœur bat 100 à lia fois par minute, 85 à 90 fois jusqu’à quatorze ans, et 70 à 75 chez l’adulte. Cette fréquence s’exagère dans l’état fébrile (fig. 6).

Artères des vieillards et des alcooliques. —- Le travail du cœur est intermittent, mais nous avons vu que l’élasticité des artères transforme cette intermittence en action contenue. Les parois des vaisseaux, sous le choc de l’ondée sanguine, se dilatent, emmagasinent une partie de la force vive perdue par suite de ce choc ; la colonne sanguine perd de sa vitesse mais, pendant la diastole, les vaisseaux dilatés exercent une pression sur cette colonne et l’obligent à cheminer, de là la progression continue du courant sanguin.

Cela exige l’élasticité parfaite des parois des artères ; chez le vieillard ou chez l’alcoolique cette élasticité disparaît, les artères sont athéromateuses; Fonde sanguine se propage à l’extrémité des canaux ; de là les battements ressentis dans les organes, dans le cerveau en particulier, comme des coups de bélier. -

Bruits du cœur. — Pour chaque contraction du cœur il y a un choc et deux bruits. Le choc se perçoit en appliquant la main contre le thorax, vers la sixième côte en dedans du mamelon. Il se produit au moment de la systole ventriculaire et tient à la tension des parois de ce dernier.

Les deux bruits du cœur correspondent à la systole ventriculaire et au repos du cœur. Le premier bruit est dû à la contraction des fibres musculaires qui retiennent les valvules auriculo-ventriculaires ; le second bruit plus bref provient du claquement des valvules des altères aorte et pulmonaire lors de leur fermeture destinée à empêcher le reflux du sang des artères dans le cœur.

Le tableau suivant résume les temps et la durée des différentes phases d’une révolution cardiaque :

Dbueky. — Bases scient.

Oreillette

j Systole ]

Diastole ou Repos

Ventricule

J Repos j

Systole

j Repos |

Bruit

| Silence J

1 er Bruit Choc

J 2 e Bruit |

Influence du travail musculaire sur la circulation. —Si nous ressentons une vive émotion, les centres nerveux dépensent et s’épuisent, mais le cœur bat plus vite, des ondes de sang riche leur arrivent coup sur coup et ainsi se compense l’épuisement deces centres par un apport plus important d’aliments nouveaux. Le nature se défend contre l’état d’infériorité créé par l’excitation inusitée des centres nerveux, elle y pourvoit par le mécanisme précédent.

Il est des poisons, le café, le thé, dont l’action sur le cœur est identique ; comme les passions, ils en accélèrent les battements et fatiguent les organes de la circulation. Trop d’émotions tuent : il est sage de les éviter ou de les combattre par une forte volonté.

La circulation du sang, principalement la circulation de retour, a besoin d’être aidée par des mouvements et des pres^sions extérieures. La force propulsive du cœur est insuffisante dans l’immobilité du corps pour faire progresser la colonne sanguine qui trouve devant elle la résistance opposée par le petit calibre des vaisseaux, par le poids du sang et les frottements sur les parois. Aussi dans l’état sédentaire la circulation est mauvaise, inégale, elle se ralentit et se répartit inégalement dans les organes.

Assis à son bureau on se refroidit, le sang se concentre dans les régions centrales, les vaisseaux sont contractés, la peau est blanche. IL faut se remuer et secouer ses membres pour réchauffer les extrémités et aider le sang à progresser et à retourner au cœur.

Souvent on se chauffe pour dilater les vaisseaux et amener le sang à la peau, mais l’excitation due à la chaleur devient bientôt insuffisante, et il faut élever la température de la salle pour conserver le calibre des vaisseaux.

Il est encore plus mauvais de chercher à obtenir la dilatation

■vasculaire par les alcools ou autres excitants du système nerveux. Ces poisons ont une action passagère, ils épuisent vite les centres nerveux et ne produisent en aucun cas l’amélioration de l’état de la circulation que produirait l’exercice.

Je suis assis à ma table de travail, mon cœur est calme, j’en compte les battements, 70 environ par minute; je me lève, je marche, mon cœur s’anime ; je marche plus vite, je cours, il bat plus vite encore, je compte jusqu’à 30 pulsations de plus par minute.

Si j’accélère mon allure, si je monte un -escalier, ou si je gravis une pente escarpée, l’effet est le même, plus intense peut-être dans le second cas. Si je me presse dans cette ascension, je suffoque, je pâlis et je dois m’arrêter pour éviter une défaillance.

Je n’ai pourtant pas agi directement sur mon coeur, je n’ai fait que des contractions musculaires et des mouvements plus étendus, plus désordonnés, de ma respiration.

•Gela a suffi pour amener ces troubles intenses de la circulation.

La pâleur de la face, le gonflement de •mes muscles, m’indiquent un déplacement du cours du sang, un appel dans les masses charnues. La circulation artériélle et capillaire, et surtout la circulation veineuse, sont favorisées par les contractions musculaires. Autrefois l’on pratiquait la saignée à tout propos; pour aider la sortie du sang de la veine ouverte, on recommandait au patient d’agiter les doigts de la main. Le sang coulait plus régulièrement et traversait plus facilement des muscles alternativement contractés et relâchés. Lorsqu’un muscle se contracte, il se raccourcit, et ses antagonistes s’allongent, de sorte qil’il se produit en même temps un plissement et un déplissement des tissus au bénéfice de la circulation dans le muscle. L’effet salutaire immédiat de l’exercice musculaire sur la circulation est de faire cesser les stases qu'engendre la vie sédentaire.

La circulation lymphatique elle-même bénéficie de cet effet; les contractions musculaires exercent sur les vaisseaux où coule

Fig. 7. — Valvules des vaisseaux lymphatiques.

la lymphe la même compression que sur les veines. Munis tous deux de valvules, ces vaisseaux s’opposent par construction au retour des liquides en sens inverse du cours normal de la circulation : toute compression ne peut qu’accélérer celle-ci (fîg. 7).

Rythme et travail du coeur. — Le travail du cœur augmente avec la charge de sang qu’il reçoit et avec la résistance ou la perméabilité du poumon

Fig. 8, — Veine porte.

F. foie; — V, vésiculebiUaire; — E, estomac; — P, pancréas ; — R, rate ; — CC, côlon ; Re, rectum; — I, I, intestin grêle ; — 1, trc dé la veine porte.

que le sang doit traverser.

Il ÿ a uniformité du travail du cœur, le rythme des battements diminue avec l’augmentation de ce dernier nous en verrons l’exemple à propos de l’effort.

Les obstacles a la circulation SONT UN SURCROIT DE TRAVAIL DU COEUR. — Les contractions des muscles de l’abdomen, les fortes extensions du tronc, comme on les exécute dans la gymnastique suédoise, ont la plus grande influence sur la circulation de la veine porte (fîg. 8). Mais il importe de ne leur opposer aucun obstacle extérieur.

Les corsets, jarretières, ceintures, vêtements serrés, bottines étroites sont autant de motifs de gêne circulatoire et doivent être rejetés. Gêner la circulation, c’est entraver le fonctionne¬

ment du cœur, c’est le fatiguer en lui demandant un surcroît de travail.

La précipitation des battements du cœur est la conséquence delà facilité avec laquelle le sang circule dans les vaisseaux.

Le cœur dispose d’une énergie à peu près constante à chaque systole. S’il est gorgé de sang ou bien s’il trouve devant lui une

colonne sanguine résistant à son impulsion en raison de la diminution du calibre des vaisseaux,, le rythme des pulsations diminuera, et le ralentissement des battements compensera le surcroît de travail imposé.

Le coeur bat plus vite parce que la circulation est activée par

LES CONTRACTIONS MUSCULAIRES ET PAR L’INFLUENCE NERVEUSE. - Au

contraire, si la pression est diminuée dans les vaisseaux, si le cours du sang est facilité dans les capillaires, la résistance à la poussée de l’onde systolique diminue, la systole s’effectue plus facilement et par conséquent plus vite, les systoles se suivent de plus près parce que le cœur se vide plus aisément, les battements se précipitent sans nécessiter pour cela un travail plus grand du côté du cœur dans le même espace de temps étant donné l’uniformité de son travail.

L’accélération des mouvements du cœur est liée aux contractions musculaires, elle dépend aussi de l’action excitante exercée par le sang veineux sur les centres accélérateurs.

Toutes ces causes réunies font facilement saisir la raison des palpitations à la suite d’un travail musculaire inusité et surtout précipité.

Cette accélération du pouls est considérable. A l’école de gymnastique militaire de Joinville-le-Pont nous avons choisi au hasard dans les rangs d’une section quatre soldats venant de prendre vingt minutes de repos, le nombre de leurs pulsations radiales était de 78, 80, 70 et 70 par minute ; après vingt minutes de course mi-partie au pas de gymnastique, mi-partie au pas accéléré, représentant un parcours de 2.720 mètres, le pouls de ces mêmes hommes était devenu respectivement pour chacun 112, 106,104, 94.

Le cœur surmené s’hypertrophie. — Après de pareils troubles, il faut un certain temps pour ramener le calme normal dans la circulation, ce temps varie avec les individus et avec leur état d’entraînement. On ne peut réitérer trop fréquemment cette fatigue du cœur sans provaquer des accidents. Le cœur s’adapte, il est vrai, à un excès de travail, il se développe en épaisseur comme tous les muscles en faisant des contractions violentes ; mais la fatigue du cœur amène finalement des troubles dans la

fonction. IL faut être très prudent à cet égard et se garder de surmener le cœur surtout dans la jeunesse.

Les gymnastes de profession et les athlètes sont très fréquemment atteints d’hypertrophie cardiaque et d’anévrismes de l’aorte.

Régulation de la température du corps par la circulation périphérique. — La circulation périphérique est régularisée par le système nerveux. La tunique musculaire des vaisseaux artériels est contractile' elle peut se resserrer ou se dilater sous l’action nerveuse. Le calibre des vaisseaux, en variant, entraîne la variation de débit ou d’afflux du sang dans un organe ou a la peau. Le froid a une action excitante sur les nerfs vaso-moteurs. Ceux-ci accompagnent tous les vaisseaux les plus ténus, ils sont les agents dus mouvements de contraction ou de dilatation.

Si la température extérieure s’abaisse, les vaisseaux se contractent; sous l’influence du froid, le sang vient en moindre abondance à la peau et demeure dans les régions centrales du corps à l’abri de la déperdition de la chaleur.

Si la température s’élève, les vaisseaux se dilatent, le sang se précipite à la peau et se refroidit au contact de Pair ou par l’évaporation de la sueur.

Influence du froid sur la circulation. — C’est ainsi que se régularise la température du corps. Dès que la température centrale dépasse 38°, une sueur abondante et un relâchement des vaisseaux déterminent un abaissement notable de la chaleur du corps et l’on constate ainsi une même température centrale chez l’homme habitant sous les tropiques ou dans les régions glaciales.

Utilité des vêtements pour la conservation de la chaleur. — Les vetements n ont d autre utilité que d’empêcher le refroidissement du corps et d’amener une bonne répartition de la circulation dans toutes les parties du corps.

Le refroidissement de la peau produit la congestion des organes internes et un surcroît de pression du sang dans les vaisseaux, ce qui surcharge le travail du cœur.

C’est une erreur de découvrir les bras et les jambes des enfants dans des climats rigoureux; on cherche un endurcissement par ce moyen et on n’obtient souvent que des troubles circulatoires presque inévitables.

On se refroidit d’autant plus vite qu’il y a une plus grande différence entre la température du corps et le milieu ambiant.

Actions mécaniques. — La température n’est pas le seul excitant des vaso-moteurs* les actions mécaniques agissent de même. Un frottement, une légère percussion sur la peau font contracter les vaisseaux, la peau pâlit. Une friction plus énergique est suivie d’une réaction inverse : la peau rougit, il y a eu fatigue ou paralysie des muscles constricteurs des vaisseaux; ceiix-ci se relâchent, le sang afflue à la peau et produit sa coloration.

Ce mécanisme de la dilatation vasculaire explique l’activité de la circulation après un exercice musculaire violent, après un traumatisme. La meilleure manière de se réchauffer les pieds n’est pas de s’approcher du feu, c’est de desserrer ses souliers et de remuer les orteils, la circulation y devient bientôt très active.

Dans la douche froide l’excitation des muscles constricteurs des vaisseaux est assez intense pour produire l’épuisement ou leur paralysie; la réaction recherchée dans l’hydrothérapie ne peut se produire que chez une personne ayant chaud au moment où elle se met sous lé jet ; il doit aussi régner dans la salle de douche une température assez élévée pour la favoriser.

L’hydrothérapie est une véritable gymnastique des vaisseaux.

Influence de la pesanteur sur le cours du : sang. — Les vaisseaux s’accommodent à la pression du sang qu’ils renferment. Ils peuvent modifier leur tonicité suivant cette pression, de façon à conserver aux canaux leur calibre normal.

Il n’est pas besoin de grandes expériences pour constater l’influence de la pesanteur sur le cours du sang. Je maintiens un bras élevé verticalement, l’autre abaissé ; au bout de quelques secondes, la main haute devient pâle, la main abaissée est rouge et les veines dilatées, le contraste est frappant, un simple changement d’attitude a suffi pour le produire.

Dans la station debout, la pesanteur agit sur la colonne sanguine différemment suivant les régions. Aux jambes, la circulation artérielle est activée, la circulation veineuse ralentie. Les valvules soulagent les parois des veines en divisant le poids de la colonne sanguine. Si les veines se laissent dilater, les valvules deviennent insuffisantes, et l’état variqueux est constitué avec une mauvaise circulation de retour. Les chocs produits dans la marche, le frottement des chaussures épuisent vite la contractilité vasculaire chez un homme non entraîné : les pieds se gonflent, deviennent chauds et rouges, trois caractères d’une circulation exagérée.

A la tête, la circulation artérielle est entravée, et la circulation veineuse favorisée dans les gros vaisseaux. Il y a donc tendance à la congestion des pieds avec anémie de la tête. Aussi la contractilité vasculaire est-elle plus grande aux pieds qu’à la tête. Si l’on vient à changer brusquement d’attitude en mettant la tête en bas, la contractilité des vaisseaux n’est plus en rapport avec l’accroissement de pression, les vaisseaux de la tête se laissent distendre, non pas sans quelque danger ; il peut se manifester des troubles nerveux dus à la compression du cerveau par congestion. Des accidents particulièrement graves se produiront chez un homme âgé ou alcoolique ayant ï’athérome des artères. On voit fréquemment l’apoplexie causée par la rupture d’un vaisseau à la suite d’un effort.

Nous avons mesuré avec François-Franck, au moyen d’un manomètre à eau, la pression sanguine dans la boîte crânienne, dans la jugulaire et la carotide d’un chien en lui faisant prendre différentes attitudes, et nous avons constaté que le soulèvement du train postérieur augmentait des quantités suivantes la pression :

Pression Pression

dans la boite dans

crânienne. la jugulaire

Train postérieur soulevé. + 7' } 5 . j 5

Train antérieur élevé . . 6 7

Suspendu par le train postérieur . . +19 +17

La pression dans la carotide augmentait à peu près dans la même proportion.

Des expériences analogues faites par Émile Corra au labora-

toire du D r Laborde 1 ont montré que le fait de placer la tête en bas provoque dans la région crânienne une augmentation de la pression artérielle et dans la région opposée un abaissement de pression correspondant. Dans les veines, le cours du sang trouve dans le poids de la colonne sanguine un obstacle au retour du sang vers le cœur, et il en résulte une double cause de congestion encéphalique. Il en est de même dans les

Fig. 9. — Tracé de la pression du sang dans la carotide d’un chien.

1. Pression normale avec les influences respiratoires; — 2 et 3 tracés pris'la tête en bas. On voit la pression augmenter graduellement et osciller entre deux valeurs plus grandes, la respiration devient précipitée et désordonnée.

veines du membre inférieur. Le cerveau reçoit en définitive plus de sang, il en rend moins et se trouve placé dans des conditions tout à fait anormales (fig. 9).

Mosso et le D r Salathé ont pu constater sur des animaux trépanés et sur des blessés ayant le cerveau à nu combien les attitudes et l’abaissement de la tête en particulier influaient sur le gonflement du cerveau. Celui-ci, dans les expériences, faisait hernie à travers le trou de trépanation.

C’est, du reste, une notion de thérapeutique élémentaire que, dans les cas de syncope par anémie cérébrale, on doit placer

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