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CHAPITRE III

PERFECTIONNEMENT DE LA VIE DE RELATION CONDITIONS ÉCONOMIQUES DE L’EXERCICE

§ 1 er. — Éducation des centres nerveux ; coordination des mouvements.

Actes réflexes et actes volontaires. — L’effet de l’exercice n’est pas restreint aux seules fonctions de la vie animale, il •retentit sur le moral de l’homme, sur l’activité des centres nerveux et sur les fonctions les plus élevées du cerveau.

La manifestation la plus tangible du perfectionnement des centres nerveux consiste dans la coordination des mouvements volontaires. Nous savons combien l’éducation amène d’ordre et d’économie dans notre dépense de force et d’énergie ; nous arrivons par l’habitude à. produire plus de travail et un travail plus parfait avec moins de fatigue.

L’affinement des centres nerveux ne s’acquiert que par l’exer cice; mais ici ce n’est pas, comme pour l’effet hygiénique, la dose ou quantité de travail qui importe, mais la iâanièrê et là perfection d’exécution des mouvements.

Le rôle du système nerveux dans l’adresse, la souplesse, est absolument prépondérant ; les muscles n’ont rien à voir dans la coordination, ce sont les esclaves de la volonté, ils obéissent aux ordres émanés des centres nerveux. La raideur, c’est de la force mal employée, mais il y a réciprocité ; les centres nerveux subissent l’influence du mouvement et s’organisent dans le sens habituel. Pour concevoir cette relation et arriver à comprendre les actes musculaires les plus compliqués, il faut paftir de l’acte simple, l’acte réflexe qui domine tout phénomène

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nerveux. L’acte réflexe est inconscient, un groupe de cellules ou d’éléments nerveux transforme en mouvement une excitation extérieure transmise par les nerfs sensibles (fig. 161).

Fig. 157. —Nerfs rachidiens.

M, moelle épinière ; — pb, plexus brachial ; nd, nerfs dorsaux ; — ni, no, ne, plexus lombaire ; — nf,ps, ns, plexus sacré.

Fig. 158. — Trajet des fibres dans la moelle épinière (schéma, d’après Leydig).

Tels sont les actes de défense automatique de l’organisme, dans lesquels l’intervention consciente du cerveau n’a rien à voir.

Partout où il y ajj§s organes délicats à préserver, la sensibilité est là pour prévenir le danger, et l’acte réflexe pour produire le mouvement de défense. On porte la main à la tête pour parer un coup menaçant, on ferme les paupières pour la moindre poussière pénétrant dans l’œil ; le chatouillement des narines et de l’arrière-gorge produisent l’éternuement et le vomisse-

ment. Ce sont là des mouvements réflexes simples. Mosso compare les centres réflexes au portier qui tire le cordon en entendant la sonnette du visiteur; le visiteur joue ici le rôle de l’excitation extérieure.

L’acte réflexe peut être plus compliqué, une excitation peut se transmettre à plusieurs cellules nerveuses, s’y transformer et se distribuer ensuite à plusieurs muscles ; de là un -mouvement plus compliqué, Fig. 159. — Coupes transversales de la mais qui ne demande moelle épinière (Quain). toujours pas le concours

5, racines antérieures des nerfs rachidiens ; 6, racine • (Jg la Volonté, postérieure.

A côté de ces réflexes innés on en peut citer d’autres créés par l’habitude et devenus cependant absolument automatiques. Lorsque nous rencontrons une personne connue, sans réfléchir nous portons la main à notre chapeau, tant l’acte de saluer nous est devenu familier; on pourrait citer nombre de faits de ce genre devenus une habitude de politesse quotidienne. Avant de se mettre au lit l’acte de la miction est quelquefois une nécessité impérieuse même si la vessie est vide ; bien des actes suggestifs sont ainsi devenus des réflexes automatiques.

La matière nerveuse possède lès propriétés les plus étonnantes ; elle peut accumuler les sensations reçues et lés restituer plus tard transformées sous toutes formes, en sensations, en idées, en mouvements. Les centres cérébraux présentent cette

Fig. 160. — Cellules nerveuses.

a, cellule étoilée; — b. cellule bipolaire ; — d, cellule multipolaire ; — e, cellule pyramidale de l’écorce grise du cerveau.

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