Séance du Conseil municipal du 21 décembre
AVÀNT-PBOPOS
nant et les adaptant aux recherches spéciales, me livrant moimême à l’exercice pour servir de sujet d’expérience. J’avais à ma disposition les membres du Cercle de gymnastique rationnelle, les moniteurs de l’armée et des sociétés de gymnastique, les athlètes que nous requérions dans les cirques, voire même dans les lieux publics. Les hôpitaux nous envoyaient des sujets pathologiques; nous avions enfin tous les éléments possibles de travail.
Je poursuivis pendant quatorze années mes travaux sur la locomotion humaine et je contribuai à la création d’un arsenal de recherches 1 . Je traçai le plan d’un manuel de gymnastique pour les écoles, manuel qui parut en 1891 sous les auspices du ministère de l’Instruction publique 2 ; plusieurs missions en Belgique et en Suède m’avaient été accordées et m’avaient permis d’étendre mes connaissances sur l’éducation.
Mais des difficultés imprévues surgirent et je dus demander à la Ville de Paris l’appui que me refusait l’État 3 . Une commission municipale chargée de reviser les programmes fut nommée en 1891 ; mon rapport sur la gymnastique fut joint à celui de M. Paschal Grousset sur les jeux scolaires et, par l’initiative de M. Vaillant, il fut créé à la Ville de Paris un cours d’éducation physique, le premier de ce genre. Ce cours, rattaché au budget de la gymnastique, est professé depuis 1891 ; il n’a pas de caractère officiel ; il est destiné à préparer les esprits à des réformes qui s’imposent et ne tarderont pas à être acceptées.
Depuis cette époque, les travaux originaux sur l’éducation physique se sont multipliés, le champ de recherches s’est étendu. Les études de Mosso, de Tissié, de Lagrange, sur la fatigue; les ouvrages suédois et américains ; les divers congrès; les publications de Binet, de Féré et ses collaborateurs, sur la psychologie physiologique ; de Ribot, sur la volonté, et de bien d’autres encore, vont hâter l’évolution de la synthèse des connaissances scientifiques nécessaires pour établir l’éducation sur des bases naturelles. M. le ministre de la Guerre a pris l’ini-