AVOCATS, GARDIENS, GENDARMES, GREFFIERS, DÉTENUS
UN GARDIEN
Que demandez-vous ?
LA FEMME
Dame ! je d’mande, que je n’demande rien ; j’voudrais seulement voir à voir un condamné.
LE GARDIEN
Avez- vous un permis.
LA FEMME
A preuve, que j’viens de l’prend’ à la Préfecture, avec ma cousine.
LE GARDIEN
Faut voir au greffe. Vous savez lire ?
Lire, écrire et compter, oui, monsieur. — Viens-t’en, Mélie, par ici; me lâche pas, aie pas peur.
LA FEMME DU CONDAMNÉ
LA COUSINE
C’est pas qu^’ai peur; j’ai pas peur, mais c'est égal, j’aimerais mieux d’êt’ ailleurs qu’non pas ici.
LA FEMME
Ça manque de gaieté ? — C’est pas non pus pour leux z’amuser qu’on les z’y met.
LA COUSINE
Tu croirais pas n’eune chose ?
LA FEMME
Pas core; quoi qu’c’est?
LA COUSINE
De v’nir ici, vois-tu...
LA FEMME
Ça t’ôte l’appétit î
LA COUSINE
ü.t les jambes aussi; tout au plus si j’peux m’y t’nir, sus mes jambes.
LA FEMME
Et moi donc, qu’est sa femme, qu’est-ce que j 'dirai ï — Tiens, le v’ià, leux greffe. — Pardon excuse, mossieu, si j’vous dérange.