DANS LA CHAMBRE A COUCHER
LE MALADE, dans son lit ; LA GARDE.
LA GARDE, de mauvaise humeur.
Me voilà, après ?
XE MALADE, exténué.
J’ai passé...
LA GARDE
Quoi qu’vous voulez ?
J’ai passé une nuit affreuse.
la garde.
J’vous Pavais-t-y pas dit !
LE MALADE
Je n’ai jamais tant souffert.
LA GARDE
Vous n’êtes pas au bout.
LE MALADE
Ma... ma... ma po...
LA GARDE
Vot’ quoi? —Vous mâchonnez dans vos dents... on vous entend pas. Vot’ quoi qu’vous demandez?
LE MALADE
Ma potion.
Si...
S’il vous plaît.
LA GARDE
LE MALADE
UN AGONISANT
LA GARDE
A la bonne heure ! — T’nez, la laissez pas tomber. Eh ben?...
LE MALADE
Si ça pouvait un peu me calmer.
LA GARDE
Où qu’vous allez poser vot’ tasse, à présent ? Donnez.
LE MALADE
Voilà.
LA GARDE
Vous m’direz merci eune aut’ fois, pas vrai ?
LE MALADE
Bien obligé.
LA GARDE
C’esl pas malheureux. — A propos, faut que j’vous dise eune chose.
LE MALADE
Qu’est -ce ?
LA GARDE
Vous savez qu’vous allez bientôt pus avoir de bois?
Déjà?
LA GARDE
Comment déjà ? ’ — J’vous’ trouve encore assez champêtre ! dirait-on pas que j’vous l’mange, vot’ bois ! — Du feu du matin au soir, et la nuit et toujours, toujours.... ça l’use ! — Vous’ferez'd’ailleurs comme 'vous voudrez!: j’ai pas d’ordre à vous donner, mais j’vous préviens d’eune chose : j’garde pas les malades sans feu. Vous v’ià prévenu, agissez en conséquence, j’m’en lave les mains. — J’ai pas déjeuné, j’y vas ; ben l’bon jour.
UN AGONISANT
LE MALADE
Vous allez encore me laisser seul !
LA GARDE
J’m’en vas pas ; j’suis à côté, dans la cuisine . Pus souvent que j’mangerais ici... ça sent bon !
LE MALADE, appelant.
Madame Bergeret ! %
la garde.
Au plaisir.
LE MALADE, plus haut.
Madame Bergeret 11!