‹ Les basfonds de la societéChapitre 4 sur 37 · DANS LA CHAMBRE A COUCHER · texte numérisé non relu

DANS LA CHAMBRE A COUCHER

LE MALADE, dans son lit ; LA GARDE.

LA GARDE, de mauvaise humeur.

Me voilà, après ?

XE MALADE, exténué.

J’ai passé...

LA GARDE

Quoi qu’vous voulez ?

J’ai passé une nuit affreuse.

la garde.

J’vous Pavais-t-y pas dit !

LE MALADE

Je n’ai jamais tant souffert.

LA GARDE

Vous n’êtes pas au bout.

LE MALADE

Ma... ma... ma po...

LA GARDE

Vot’ quoi? —Vous mâchonnez dans vos dents... on vous entend pas. Vot’ quoi qu’vous demandez?

LE MALADE

Ma potion.

Si...

S’il vous plaît.

LA GARDE

LE MALADE

UN AGONISANT

LA GARDE

A la bonne heure ! — T’nez, la laissez pas tomber. Eh ben?...

LE MALADE

Si ça pouvait un peu me calmer.

LA GARDE

Où qu’vous allez poser vot’ tasse, à présent ? Donnez.

LE MALADE

Voilà.

LA GARDE

Vous m’direz merci eune aut’ fois, pas vrai ?

LE MALADE

Bien obligé.

LA GARDE

C’esl pas malheureux. — A propos, faut que j’vous dise eune chose.

LE MALADE

Qu’est -ce ?

LA GARDE

Vous savez qu’vous allez bientôt pus avoir de bois?

Déjà?

LA GARDE

Comment déjà ? ’ — J’vous’ trouve encore assez champêtre ! dirait-on pas que j’vous l’mange, vot’ bois ! — Du feu du matin au soir, et la nuit et toujours, toujours.... ça l’use ! — Vous’ferez'd’ailleurs comme 'vous voudrez!: j’ai pas d’ordre à vous donner, mais j’vous préviens d’eune chose : j’garde pas les malades sans feu. Vous v’ià prévenu, agissez en conséquence, j’m’en lave les mains. — J’ai pas déjeuné, j’y vas ; ben l’bon jour.

UN AGONISANT

LE MALADE

Vous allez encore me laisser seul !

LA GARDE

J’m’en vas pas ; j’suis à côté, dans la cuisine . Pus souvent que j’mangerais ici... ça sent bon !

LE MALADE, appelant.

Madame Bergeret ! %

la garde.

Au plaisir.

LE MALADE, plus haut.

Madame Bergeret 11!

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