LA GARDE-MALADE. UNE BONNE
LA GARDE
J’ai pas pus d’appétit à présent qu’sur la main. — Voyons un peu à allumer mon fourneau. {On frappe .) Entrez. — Tiens, c’est vous... si j’attendais quéqu’un...
LA BONNE
C’était pas moi.
LA GARDE
Ma foi non.
LA BONNE
Madame m’envoie demander comment qui va, vot’ môsieu.
LA GARDE
Mon Dieu, y va, l’pauv’ cher homme, y va pas fort, ni pire ni mieux qu’hier, toujours approchant la même chose;
UN AGONISANT
à c’qui paraît qu’il a passé eune ben mauvaise nuit. V’ià tout c’que vous pourrez y annoncer à madame.
La bonne.
Vous disiez hier qui passerait pas la journée.
LA GARDE
J’l’espérais. — Quoi donc, mamselle, que vous cachez là sous vot’ châle ? sans être trop curieuse.
LA BONNE
Sous mon châle ?
LA GARDE
Oui.
LA BONNE
Des confitures.
LA GARDE
Des confitures ?
LA BONNE
Oui.
LA GARDE
J’m’en avai douté. Des confitures de quoi?
LA BONNE
D’abricots.
LA GARDE
Y les aime assez les abricots, pauv’ môsieu.
LA BONNE
C’est ben c’qu’a pensé madame.
LA GARDE
Mais c’est surtout des prunes qu’il a envie.
LA BONNE
J’y dirai.
LA GARDE
Des prunes de reine-glaude.
UN AGONISANT