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II. — LES BASILIQUES DE ROME ANCIENNE

Les Romains reçurent sans doute déjà l’idée grecque tout à fait développée à l’époque où ils ornèrent leur Forum de la première basilique, dans la seconde moitié du sixième siècle de la fondation de la ville. Mais dans la suite des trois siècles postérieurs, ils lui inculquèrent le cachet de grandeur, de magnificence, de durée et de convenances pratiques que portent tous les monuments romains. Les basiliques devinrent, à Rome, les édifices de prédilection, et leur type, développé par le génie romain, devint celui du monde entier pour ce genre d'édifices, type qui ne fut pas seulement maintenu jusqu’à la fin de l’empire, mais qui se perpétua durant quinze cents ans au delà de sa décadence. Malgré toutes les destructions, il nous est parvenu assez de détails architectoniques et écrits pour que nous en puissions parfaitement saisir et enseigner la disposition. Les fragments du Capitole nous font connaître la superbe double basilique Émilicnncdu vif siècle; sa façade nous est connue par une médaille. La basilique Julienne, bâtie par César et Auguste, est encore ensevelie sous les décombres ; mais sa situation et les belles mosaïques de son pavé ont été découvertes il y a longtemps. Nous connaissons la basilique Ulpienne de Trajan par un ancien plan de la ville et par une médaille, ainsi que par les fouilles que les Français ont fait faire. L’étude archéologique nous a enfin donné le temple dit de la Paix, c’est-à-dire la basilique de la Paix, de Maxence et de Constantin.

Ainsi que les basiliques grecques, celles de Rome étaient situées sur le même Forum. La basilique Émilicnnc était élevée sur le côté nord longitudinal du grand Forum. La basilique Ulpia formait le centre de la magnificence du Forum de Trajan; enfin, la basilique de la Paix, à l’exception d’un espace vide qui le circonscrivait, comprenait toute l’étendue du Forum, dont elle avait pris le nom.

Dans celle basilique, le type primitif, conservé dans toutes les autres, est essentiellement métamorphosé au moyen de la conception latine des piliers et de la voûte, conception particulière à l’architecture romaine. Les colonnades élégantes, formées de fines colonnes, ont disparu ; en leur lieu et place, de colossaux piliers forment les nefs, qui ont d’énormes voûtes pour couverture. Les colonnes appliquées aux piliers de la nef centrale semblent être une réminiscence, triste autant que fastueuse, de l’architecture grecque. On a pensé qu’une tribune latérale déparait le type des basiliques, et on a considéré cette tribune comme une addition laite par les chrétiens. Toutefois, la tribune ou siège du juge était déjà essentiellement en usage du temps d’Auguste, et développé avec liberté par ses successeurs comme étant la partie la plus importante et la plus utile des basiliques. Il n’est donc point extraordinaire qu’on ait admis dans celte basilique, dite de la Paix, une seconde tribune en face de l’entrée placée sur un des côtés latéraux de l’édifice, tribune qui, au plus tard, daterait du règne de Constantin. Dans l’ensemble général , ce monument nous montre donc sans altération l’ancien type des basiliques : une nef principale avec deux larges nefs latérales et le grand hémicycle en face de l’entrée principale. La perpétuité de ce développement national et final de la basilique est d’une grande importance pour l’histoire du développement du système des voûtes chez les Romains ; il offre, en outre, d’heureux exemples pour des constructions de ce genre. Ce développement nous montre la voûte d’arête de la façon la plus parfaite.

La plus ancienne architecture chrétienne n’a point imité le système isolé de la basilique à piliers, mais elle a copié le système à colonnes tel qu’il était pratiqué à Rome et dans le monde grec, où il prédominait. Nous devons, par conséquent, étudier de préférence ce système, en essayant d’esquisser les dispositions des anciennes basiliques judiciaires, telles que les trouvèrent les chrétiens du iv" siècle. Dans ce but, nous commencerons par la partie la plus noble de l’édifice, le tribunal où siégeait la justice. Au centre du fond circulaire ( hemicyclium , apsis ) s’élève, au delà de la hauteur d’homme, un massif spacieux ayant la forme d’un autel, auquel on monte par des degrés, dans le cas où, par exception, il n’existait pas de porte dans le fond pour servir d’entrée au juge. Ce massif était l’indispensable tribunal pour le juge romain, là où n’existait point de basilique; c’était une surélévation du sol sur laquelle était placé le siège de ce juge. Cette surélévation est nommée « Gabbatha » et « Lilhostroton » (le haut pavé) dans l’Évangile selon saint Jean (chap. xix, v. 13). C’est donc sur celle surélévation que fut placé également dans la basilique le trône ou siège du juge, d’où il dirigeait la procédure et rendait le jugement après le vole des jurés. De chaque côté de ce siège principal, il en existait d’autres moins élevés, où se tenaient ces derniers; d’autres sièges ou bancs étaient placés à droite et à gauche, un peu plus bas que le sol du tribunal, et qui étaient destinés aux assesseurs et aux syndics, etc. Le sol en question s’élevait cependant à un assez grand niveau au-dessus de celui des nefs. On reconnaît de suite dans cette disposition ce qu’elle avait de naturel et de convenable quant à

son but. Le juge pouvait être vu de la l'oule; dans des cas particuliers, des places d’honneur étaient réservées en arrière et a cote de lui pour des magistrats supérieurs. Les personnes placées dans l’hémicycle pouvaient le voir et 1 entendre. Dans de petits édifices, ces places n’étaient sans doute destinées qu’aux jurés et à quelques personnes de distinction. Dans de plus spacieux monuments de ce genre, nous devons admettre quelles étaient réservées aux parties avec leurs chargés d’affaires, aux témoins et autres ayant droit. La multitude des auditeurs et des spectateurs, qui ne manquaient pas dans certains cas majeurs, pouvait voir et entendre distinctement le juge. Les spectateurs se plaçaient en avant de la barre de l’hémicycle, dans l’espace qui le séparait de la partie antérieure delà basilique, et qui l’isolait le plus possible du bruit de la rue. Comme l’espace en question était limité, dans les grandes basiliques, par une ou plusieurs colonnades transversales situées à la suite de la façade principale, ces colonnades peuvent cire considérées comme un intermédiaire aussi bien qu’une liaison ou une séparation entre le lieu où se faisait le commerce, et celui où se rendait la justice. Le point le plus obscur dans l'architectonique des basiliques, c’est de savoir si ces colonnades transversales supportaient, comme celles des nefs longitudinales, une galerie supérieure. Il n’est guère possible de nier qu’il en fût ainsi, et on doit admettre que les galeries transversales supérieures venaient se joindre à celles des nefs, qui par là recevaient une communication aussi pratique et utile qu’agréable à la vue. Pline parle positivement d’hommes et de femmes, comme spectateurs des débats judiciaires, placés dans les parties supérieures des basiliques, et en particulier dans une des plus grandes de Rome, sans doute de la basilique Julienne. Ils n’auraient rien pu voir ni entendre de ces galeries supérieures des nefs de ces gigantesques monuments, surtout lors de grandes foules humaines; ils n’auraient rien pu voir où ces nefs transversales existaient, comme par exemple dans la basilique Emilicnne. 11 est certain que, dans celle basilique, il y avait au-dessus de la colonnade transversale une "alcrie supérieure avec balustrade et tournée vers le prétoire, combinaison ayant évidemment pour but de faire participer aux débats judiciaires. Celte place était des meilleures pour les spectateurs qui ne se trouvaient point dans l’hémicycle ou tout auprès du tribunal. Dans cette même basilique double, il y avait une triple division dans le tribunal. Il y avait d’abord la grande niche semi-circulaire du juîrc, pour lui et les plaideurs; venait ensuite la nef transversale, enfin le portique transversal avec galerie supérieure qui constituait la liaison du prétoire avec cette grande basilique à un étage. Quant aux dimensions colossales de ces basiliques, le prétoire avait la superficie d’une de nos grandes églises. Le tribunal de la plus spacieuse de nos deux basiliques en question aurait eu l’étendue de la moitié du Panthéon. Dans tous les cas, avec des espaces aussi gigantesques, et vu la liberté de passage et de circulation pour les affaires, la partie antérieure de ces basiliques ne pouvait être consacrée aux affaires de palais, à moins toutefois de la considérer comme devant isoler le tribunal. Celle disposition d’ensemble nous est révélée par un passage des lettres de Pline, déjà cité; il décrit la presse de la foule dans la basilique Emilicnne ou Julienne, à l’occasion d’un procès civil qui avait captivé la curiosité publique, et dans lequel il plaida pour l’héritage d’une charmante jeune Romaine, fille d’un opulent Romain, que les intrigues d’une belle-mère voulaient déshériter. Cent quatre-vingts jurés siégeaient; c’était le nombre des quatre sections judiciaires (du tribunal des cenlumvirs). De chaque côté du siège du juge, il y avait une nombreuse foule d’avocats, de procureurs, etc., avec quantité de bancs pour les ayant droit; il y avait encore une ceinture de curieux au pourtour intérieur de l’hémicycle spacieux, formée de plusieurs rangs de personnes en profondeur. Tout l’espace du tribunal, la partie surexhausséc, était également garnie de monde ; il n’y eut pas jusqu’à la partie supérieure de la basilique où ne se pressassent ici des femmes, là des hommes, avec le plus grand désir d’entendre, ce qui était difficile, et de voir, ce qui était facile.

D’après celte exposition des faits, il est clair qu’on distingue les spectateurs debout dans l’hémicycle de ceux qui étaient assis sur les gradins du tribunal. Le juge pouvait être vu du bas sur son trône de tous les points de l’édifice; une colonnade transversale devait néanmoins le dissimuler aux regards de ceux qui étaient placés dans la grande nef. Dans les petites basiliques, où celte colonnade n’existait pas, le juge était visible sans interruption de tous les points de la nef; mais, à coup sûr, on ne pouvait l’entendre à cause du bruit fait, par la foule. Dans la basilique, le trône mettait le juge en rapport avec les auditeurs, tel que le faisait la tribune politique avec la multitude assemblée sur le Forum. Toutefois, le juge pouvait être entendu des spectateurs placés dans la galerie supérieure de la colonnade transversale. Il semble que la forme semi- circulaire serait devenue d’un usage général à cause de scs grands avantages acoustiques, et cette forme avantageait aussi la voix de ceux qui parlaient, tournés vers l’hémicycle.

En parlant de la grande niche du tribunal et par la colonnade transversale d’où l’on descendait par quelques degrés nous avons donc devant nous la grande nef médiane qui, d’ordinaire, a pour largeur le diamètre de l’hémicycle. Les faces latérales de celte nef sont formées d’une colonnade avec galerie au-dessus. Sur l’entablement des colonnes du rez-de-chaussée s’élève celle galerie, qui a pour longueur celle des colonnades ou collatéraux. Les médailles témoignent de l’existence de cette galerie supérieure dans la basilique Emilicnne ; les ruines des basiliques de Pompéi, Ulpia la prouvent aussi. Dans ce dernier édifice, la largeur de la grande nef était de 31 mètres, et sa hauteur de 2 1 , dont 12 mètres 50 centimètres environ appartenaient au rez-de-chaussée. Les nefs latérales au nombre de quatre, deux de chaque côté, n’avaient donc qu’une élévation de 12 mètres 50 centimètres jusqu’au plafond, et ce

plafond formait avec sa charpente le sol de la galerie supérieure en question. Toutes les nefs recevaient une lumière immense par les fenêtres pratiquées sur les murs latéraux. La nef médiane, toutefois, était principalement éclairée par une lumière oblique, provenant du haut. 11 faut savoir que cette grande nef s’élevait encore considérablement au-dessus des couvertures des collatéraux, cl ce surexhaussement avait pour but de l’éclairer. 11 pouvait être établi par un mur percé de fenêtres ou par une autre colonnade superposée. Nous trouvons dans la basilique Ulpia des restes de cariatides, placées dans le surexhaussement en question et dans l’axe des colonnes du rez-de-chaussée, entre lesquelles pénétrait la lumière. Celte disposition était la plus belle de toutes, surtout quand il n’y avait point de mur, mais seulement des piliers, correspondant à l’ordre inférieur. La couverture de ces basiliques était en bronze doré, mais ordinairement elle consistait en charpente avec caissons.

En face de l’hémicycle étaient établies les portes; elles étaient d’ordinaire au nombre de trois, donnant accès à la grande nef, et de deux autres, dont chacune s’élevait sur l’axe des collatéraux. En avant de ces portes, il y avait toujours un portique par lequel la basilique communiquait avec la place publique, le plus ordinairement par des degrés ou marches. Si l’espace le permettait, on donnait à ce portique une plus forte profondeur que d’usage : alors aussi on y établissait une sorte de corridor supérieur qui servait de promenoir et qu on nommait chahidicum. L’architecture du xiv" siècle a réalisé celte conception d’une manière particulière dans la Loggia, dite dOrgagna (Andrea di Cione), située sur la place de la Signoria, à Florence. Elle est couronnée par une plate-forme entourée d’une balustrade, et sur laquelle conduit une porte donnant dans la salle des Offices. Anciennement, on présentait au peuple, du haut de celte plate-forme, ceux des magistrats qui entraient en fonctions, et de là on haranguait aussi la foule assemblée.

Si nous jetons un coup d’œil sur l’ensemble, en entrant du porche dans la basilique, nous avons là une unité architectonique, malgré la nature de la combinaison multiple qui s’y déploie cl la destination de scs deux grandes divisions. L’hémicycle élevé apparaît au spectateur, comme point culminant de l’ensemble, et le tribunal, le soubassement du siège du juge, saisissent la vue et la fixent. Dans le cas où la grande nef était à ciel ouvert, c’est-à-dire sans plafond, on avait à peu près l’aspect du palais des Olïices à Florence, si l’on se figure un portique d’entrée auprès de la place de la Seigneurie, et du côté de l’Arno, un hémicycle. Si l’imagination saisit ces additions, on aura l’impression que produisait une basilique chrétienne de l’antiquité, comme par exemple celle de Saint-Paul hors les murs, à Rome. Dans tous les cas, le monument présentait une unité architectonique. Mais combien différente n’était point l’activité ou la vie qui existait dans les deux parties de l’édifice! Dans la partie antérieure circulait la multitude, allant et venant, qui, à l’abri de la pluie et de la chaleur du soleil, préférait cet espace agréable aux rues étroites. Dans cet espace et dans les collatéraux, les groupes des oisifs causaient entre eux, et alternaient avec les comptoirs et les boutiques des changeurs et des marchands. Dans les galeries supérieures, des groupes plus élégants se promenaient en conversant des affaires du jour, dérobés qu’ils étaient à la vue des curieux par de hautes balustrades en marbre. Enfin le silence se faisait à l’approche de la barre qui séparait le prétoire de la basilique antérieure. Là, des officiers de justice maintenaient l’ordre; au fond, le préteur était assis sur son siège, dans toute la majesté de la justice romaine : autour de lui étaient rassemblés les jurés, vêtus de la loge; en avant, se pressaient les plaideurs avec leurs témoins, leurs amis, la foule des curieux et des intéressés.

Afin de bien comprendre la célèbre instruction de Vilruve pour l’édification de la basilique, il faut avoir présent à l’esprit le tableau que nous venons de tracer de ce genre de monument. En admettant, comme connu du lecteur, tout ce qui lui était familier et invariable comme type traditionnel, Vitruvc n’en dit mot, et n’énumère avec prédilection que ce qu’il peut offrir au lecteur en nouveauté, en particularités et déviation , comme auteur et ingénieur théoricien et pratique.

Dans le premier chapitre du Vu livre , Vitruvc traite des places publiques et de l’édification des basiliques. Il commence par faire remarquer que la propriété des forums italiens, à l’encontre des places publiques de la Grèce , est déterminée par l’ancienne coutume de montrer au peuple les combats des gladiateurs. Pour celte raison , clics ne pouvaient pas être carrées , mais elles devaient recevoir une forme rectangulaire oblongue , dans une proportion de trois à deux. Ensuite il passe aux basiliques, en disant : «Les basiliques qui sont dans les places publiques doivent être situées dans l’endroit le plus chaud, afin que ceux qui y viennent trafiquer durant l’hiver n’y ressentent pas autant la rigueur de cette saison. Leur largeur doit être au moins de la troisième partie de leur longueur, ou de la moitié, tout au plus, à moins que le lieu ne permette point d’observer cette proportion; car, s’il y a beaucoup d’espace en longueur, on fera des chalcidiques1 aux deux extrémités, comme la basilique Julienne, à Aquiléc, en offre un exemple. La hauteur des colonnes des basiliques doit être égale à la largeur des portiques, et celle largeur sera de la troisième partie de l’espace du milieu (l’expression de : l’espace du milieu est également choisie pour être appliquée aux basiliques avec nef médiane couverte). Les colonnes de l’étage supérieur doivent être plus petites que celles d’en bas,

Des portiques profonds,

couverture plate, au-dessus de laquelle il y avait une terrasse.

comme il a clé dit (c’cst-à-dire d'un quart moins hautes); la cloison qui est entre les colonnes d’en haut (cest-à-dire le Pluteum, tout ce qui se trouve entre les colonnes du rez-de-chaussée et l’appui de la balustrade de la galerie supérieure) ne doit avoir de hauteur que les trois quarts de ces mêmes colonnes, afin que ceux qui se promènent sur cette galerie ne soient pas vus des gens qui trafiquent en bas. »

Voilà tout ce que Vitruvc dit de la disposition générale des basiliques. Ensuite, il fait la description d’une basilique construite par lui à Fano, non sur le type général des basiliques romaines, mais comme une tentative d’innovation, et pour produire une construction d’un genre particulier et exceptionnel. « Les basiliques peuvent réunir tout ce qu’il y a de beau et de majestueux dans l’architecture, si on les établit comme celle que j’ai bâtie à Fano. » Nous laisserons de côté la disposition exceptionnelle de cet édifice, et nous ferons seulement remarquer que ce qu’il dit de la niche du tribunal est ordinairement mal interprété, comme si Vitruve admettait l’ellipse au lieu du cintre, en sorte que la corde de l’hémicycle ayant 4G pieds, sa profondeur n’en aurait que 15 au lieu de 23. Ce passage de Vitruve ne dit rien de tel. « 11 y a dans le temple d’Auguste un tribunal (le soubassement du siège du juge) en demi-cercle qui n’est pourtant pas entier, parce que le demi-cercle, qui a 46 pieds de front, en a seulement 15 de profondeur, afin que les gens qui sont dans la basilique pour trafiquer n’incommodent point les plaideurs qui sont devant les juges. » Le tribunal n’était donc point là, comme d’usage, un carré ou un rectangle oblong, mais formait en avant un arc surbaissé qui mesurait 15 pieds, de sorte qu’il était moins en saillie que dans la forme habituelle, et permettait aux plaideurs de s’isoler davantage de la basilique antérieure.

Maintenant, si nous nous remettons en mémoire tout ce que Vitruve dit de la construction ordinaire des basiliques, nous aurons le type complet de toutes les basiliques encore existantes du beau temps de l’art. Nous aurons dans l’espace du milieu une colonnade à deux étages, séparés à l’intérieur par le plancher et la balustrade du haut; sur les côtés, des péristyles de petite largeur. Vitruve admet là aussi l’usage le plus habituel, c’est-à-dire une basilique à trois nefs ou vaisseaux. Les proportions qu’il énumère sont celles qui suivent : la largeur des collatéraux (d’un tiers de celle de la nef médiane) étant de 32 pieds, la hauteur des colonnes du rez-de-chaussée sera de 32, et celle des colonnes supérieures sera de 24 ; la hauteur de la cloison qui est entre les colonnes, à partir du dessous de l’entablement jusqu’au-dessus de la balustrade supérieure, sera de 18 pieds. Dans ce passage de Vitruve, il double l’espace à partir de la base des colonnades supérieures jusqu’au-dessus de l’appui, d’abord comme partie supérieure de la cloison, et ensuite comme partie en contre-bas de la galerie supérieure. Celte division tierce de la hauteur de l’espace du milieu, vue de l’intérieur, est reproduite dans la médaille qui représente la basilique Emilicnnc : la division intermédiaire est ornée de boucliers où sont représentés les portraits des membres de la famille Emilienne.

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