III. - LES ANCIENNES BASILIQUES DE L’ORIENT ET DE L’OCCIDENT
Plus on se représente clairement l’image des basiliques antiques, comme on les voyait au m° et au iv° siècles dans toutes les provinces de l’empire romain, plus il est évident que les chrétiens ont choisi pour modèle de leurs églises les basiliques où l’on rendait la justice, et qui étaient les espaces les plus vastes destinés aux assemblées publiques. Ils étaient, pour ainsi dire, contraints à ce choix. La disposition architectonique de la plus ancienne construction des églises était tout à fait grecque et non juive. Ni la conception de la synagogue ni celle du temple de Salomon ne remplissaient les exigences du culte chrétien, tel qu’il était pratiqué dans toutes les communautés de la chrétienté depuis la destruction de Jérusalem. Il est cependant certain que l’ordonnance des constitutions dites apostoliques, et qui décide que la « maison du Seigneur doit être ohlonguc, » a quelque rapport aux proportions du temple de Salomon. La direction judéo-ébionitique prescrite dans ces constitutions ne pouvait avoir d’autre motif que de préférer, parmi les différentes formes essayées, un péristyle oblong, parce que cette forme se rapprochait plus que toute autre du sanctuaire de Jérusalem. Plus tard, on s’est de préférence rapproché de la disposition de ce monument dans l’Église orientale, et surtout en Palestine ; mais l’ensemble conserva le type établi généralement dans l’Église chrétienne. Il est inutile de réfuter ici l’idée d’une copie des temples égyptiens. On ne peut non plus penser à l’imitation des temples grecs, ce qui eût été un scandale. L’intérieur du temple était l’habitation de la divinité, où les prêtres seuls pénétraient solennellement. Le temple chrétien était destiné à contenir la communauté, le peuple chrétien. L’espace du temple grec était inarticulé; il était vide, sans divisions. Celui qu’on cherchait et
LES BASILIQUES CHRÉTIENNES UE ROME. y
qu’on concevait devait offrit- des divisions diverses et particulières en rapport avec les personnes et les choses saintes. Il fallait .loue enceindrc, pour ainsi dire, l'espace de vestibules, ainsi que les portiques extérieurs du sanctuaire grec d'alors, pour y faire entrer les fidèles du nouveau culte, afin que l’espace exigu du temple pût être agrandi et disposé commodément, selon les exigences des nouveaux sacerdoles. Il fallait ensuite que la prédication de la parole de Dieu et que les prières à’ liante voix du clergé pussent retentir en partant d’un lieu digne d’elles, situé dans l’enceinte ; il fallait donc que les auditeurs pussent facilement entendre et voir ceux qui parlaient. On est tenté de dire, dans ces conjonctures, qu’on avait sans doute un modèle architectonique dans les basiliques, qu’on adopta telles qu’on les trouva, parce qua cette époque l’esprit fut incapable d’inventer une nouvelle forme. 11 est certain que le génie créateur du monde grec et romain était en décadence , et que celte décadence sc poursuivait toujours. Pour admettre cette supposition, il faut néanmoins rappeler ici que le temple de Lérès, à Éleusis, où se pratiquaient en assemblées générales les cérémonies des initiés, était un édifice qui avait uuc ressemblance essentielle avec les basiliques. Un besoin identique avait doue déjà amené les Grecs à une corruption identique de monuments. Cependant l'emprunt d’uniforme ancienne pour l’expression d’une idée nouvelle, pour contenter par les arts une exigence nouvelle, ne prouve nullement le défaut de l’esprit créateur. On pourrait dire que, quelquefois, le contraire a lieu. La fraîcheur de l’esprit créateur adopte sans hésitation, avec gratitude, ce qui existe et ce qu’il croit être utile pour sa faculté de transformation ; car, pour cette transformation, il a précisément besoin d’un fondement en dehors de lui, et sur lequel il peut édifier à nouveau. Ce fut dans ce sentiment que le génie grec emprunta, avec la fonction de juge de la magistrature royale du passé, le prétoire à ciel ouvert du portique de la maison royale, qui n’existait plus. Ce fut de ces germes, pieusement cultivés, que se développa d’une manière organique l’épanouissement complet des arts nationaux chez les Grecs cl les Romains.
Il y a une intime et grande parenté entre les exigences de la primitive Église chrétienne et l’architecture des basiliques du monde gréco-romain. Un coup d’œil sur ccs exigences le prouvera parfaitement. Il faut que nous les examinions en partie dans les éléments de la communauté et eu partie dans les éléments du culte. Dans la communauté chrétienne, nous voyons d’abord deux grandes divisions, celle des ecclésiastiques et celle des lidèles ou du peuple; la première, complètement constituée par les évêques, les prêtres et les diacres, communiquant avec le peuple par les lecteurs et les chantres; la seconde, subdivisée selon les sexes, et d'un autre côté plus ou moins rapprochés de l’autel, suivant leur plus ou moins de participation au culte chrétien. Le cnlte luimême était divisé en deux parties : la première consistait en lectures, en exhortations et en prières préparatoires; la seconde consistait dans lu célébration de la cène. L’autel ou la table de communion était donc d’abord la représentation visible du centre commun des deux éléments de la communauté, et ensuite le centre le plus sacré et le plus élevé de l’adoration en commun. Maintenant, avec ces éléments, pénétrons dans une basilique, telle qu’en possédait une chaque ville un peu considérable de l’empire romain, et rcprésentons-nous-la comme un vaisseau, dès à présent non plus destiné, comme autrefois, à contenir la foule plaidante et trafiquante, mais bien pour recevoir une communauté de chrétiens.
Après avoir débarrassé la partie antérieure de la basilique de ses échoppes et de scs statues, on ne pourra rien concevoir de plus convenable pour les personnes et les choses précédemment énumérées. Le grand vaisseau se remplit de lui-même, par les collatéraux, de la foule des fidèles qui s y portent et qui s’y rangent facilement en longueur et en largeur dans l’ordre qui leur est prescrit. Les catéchumènes restent discrètement auprès des entrées, ou se rangent par sexes dans les places séparées qui leur sonl affectées aux extrémités de la colonnade transversale; les femmes choisiront un des côtés du grand espace du milieu, dans le cas où l’usage orientale-juif ne leur assigne pas pour se placer les galeries supérieures, où elles sont à l’abri des regards indiscrets. Nous laisserons tout au plus dans la grande nef les bancs mobiles de l’époque romaine. Toutefois, les sièges des deux côtés de l’autel deviendront les places d’honneur de l’autorité laïque. Les ecclésiastiques, de leur côté, prendront place au pourtour de l’hémicycle formant la niche où siégeait l’ancien tribunal, rangés autour de l’ancien de l’église, c’est-à-dire de l’évêque. Sur un soubassement moins haut que celui qui supportait le siège du préteur, s’élève celui de l’évêque. Les autres ecclésiastiques prennent place sur les degrés affectés aux jurés. Les lieux sont donc convenables pour toutes ces fractions de personnes; ils conviennent particulièrement aux docteurs el aux chefs de la communauté pendant la célébration du culte. Car ce n’est que par eos dispositions qu’ils peuvent être vus el entendus clairement par tous les fidèles. Entre les deux grandes divisions principales était placée la table du saint sacrifice, afin qu’après les cérémonies préparatoires, le clergé pût s’y rendre par un côté et les fidèles de l’autre. L’autel était donc situé, on peut dire sans hésitation, dans l’espace intermédiaire que nous avons déjà nommé transversal.
Tout ce que nous venons de rapporter s’est effectué point pour point, et toutes les autres dispositions, toutes les divisions en clergé et fidèles, sc rattachent à cette triple division donnée par l’unité de l’office et la nature complexe de l’assemblée. L’entier développement du culte ecclésiastique se rattache à cette articulation primitive, même lorsque certains de ses éléments se fussent déjà transformés, et que l’esprit du culte eut en partie reçu de nouveaux points de développement. N’avons-nous pas remarqué cette
triple division dans la série des anciennes basiliques, à partir du double portique royal d Athènes jusqu aux splendides monuments de Rome, et cette division n’y est-elle pas parfaitement représentée?
On ne peut s’empêcher de voir là le plafond plat se convertir en voûte, de voir la voûte du dessus de 1 intersection remplacée par la coupole, le point central de la célébration du culte. Cependant n’anticipons pas sur le temps et rappelons que nous avons une description des basiliques du tv" siècle due à un témoin oculaire. Il s’agit de la basilique de Tyr, qu’Eusèbe nous fait connaître par le panégyrique de son fondateur, et qu'il prononça à l’occasion de la consécration de ce monument. Nous renvoyons le lecteur au iV chapitre du X1' livre de l’histoire ecclésiastique d’Eusèbe. Cette basilique a été élevée sous le règne de Constantin et de Licinius, par conséquent entre les années 315 et 322.
En comparant celte description aux plus anciennes basiliques romaines, nous avons une image qui répond parfaitement aux dispositions de celles les plus primitives entre elles, mais qui se distinguent par une ordonnance particulière à l’Église orientale.
Nous avons d’abord en avant de l’église l’atrium avec le péristyle qui l’entoure; ensuite le vestibule proprement dit, avec une porte principale et deux entrées latérales. L’intérieur de l’église se compose d’une nef médiane avec deux collatéraux. Comme 1 élévation en est célébrée, elle comportait deux colonnades superposées, colonnades qui ne font jamais défaut en Orient, où les femmes étaient reléguées dans les galeries supérieures. Nous avons aussi la colonnade transversale avec l’autel au milieu, à ses côtés les sièges pour les catéchumènes, séparés en sexes, et enfin la tribune avec les sièges des prêtres. L’autel était donc au centre de l’intersection, entouré en arrière par le clergé, de chaque côté par les fonctionnaires publics, en sorte que cet espace était isolé du reste par des grilles; en avant, du peuple; sur les côtés, des catéchumènes. Toutes les personnes assemblées dans l’espace en question étaient assises, et par rangs ou degrés, comme le clergé. Il n’est point encore question d’ambon ou jubé, parce que le prédicateur parlait du haut de la tribune; c’était effectivement le lieu le plus convenable dans des édifices de moyenne dimension; l’orateur pouvait être vu de tous, et, par la forme de la tribune, il pouvait être mieux entendu que de partout ailleurs.
La seconde basilique orientale dont nous avons une description contemporaine, est celle de Constantin construite en l’année 335 auprès du sépulcre du Sauveur et au trentième anniversaire de son règne. D’abord l’empereur avait fait ouvrir et déblayer le tombeau; il l’avait fait restaurer et orner. Il avait fait savoir sa résolution par un écrit adressé à l’évêque de Jérusalem : il voulait que cette église fut non-seulement la plus belle de toutes celles connues, mais elle devait encore surpasser en magnificence tous les autres monuments publics. Dans sa vie de Constantin, Eusèbe (liv. III, ch. 35 à 39), après avoir parlé de la décoration du saint sépulcre, fait une description détaillée de l’édification de ce temple.
La bouffissure du style du biographe obscurcit la clarté de la description. Voici néanmoins ce qu’on en peut comprendre :
L’église était naturellement construite de manière à ce qu’il (allait la traverser pour arriver au tombeau. Son entrée était sur la place du marché. Là existaient des propylées, auxquelles s’appuyait un mur d’enceinte avec des péristyles : ce mur entourait complètement l’église et la séparait du bruit et des affaires de la rue C’est dans cette enceinte qu’était élevée la basilique ayant l’atrium en avant avec ses quatre péristyles et dont celui du fond formait le vestibule de l’église. L’église elle-même consistait en un vaisseau composé d’un rez-de-chaussée et d'un étage, les collatéraux avaient également un étage, mais des piliers et non des colonnes comme la nef principale. Chaque collatéral se terminait par une niche circulaire, c’est pour cette raison que la tribune propre est appelée la grande ou la principale niche. C’est sans doute de cette partie antérieure de l’église qu’on passait au tombeau. Un porche derrière l’église est positivement indiqué. Ce qui était tout à fait particulier à l’église du Saint- Sépulcre, c’étaient les portiques latéraux, ainsi que les cours qui étaient situées entre eux et les faces latérales de l’église. Ces cours étaient constituées par le mur d’enceinte qui s’étendait au pourtour des faces de l’église et de celui du tombeau, se terminant sans aucun doute à la pente du rocher où était situé le sépulcre. Les trois entrées n’étaient point latérales : elles étaient à l’est connue l’entrée du tombeau.
Une autre particularité de l’église du sépulcre consistait dans les douze colonnes en avant de la tribune : elles ne supportaient point d’entablement, mais bien des vases et n’étaient par conséquent que décoratives. Elles ne séparaient point, à coup sûr, l’autel de la tribune, il est probable quelles furent destinées, avec celte dernière, à former un ensemble séparé des fidèles. Ces colonnes étaient ou disposées de manière à ce qu’il y en eût six de chaque côté de l’autel, comme continuation de la tribune, ou elles étaient placées par quatre sur trois rangées, dont deux aux côtés de l’autel et une troisième en avant. Dans ce cas elles étaient comme l’introduction à la partie avancée de la tribune et qui enveloppait l’autel. Sur sa face antérieure il y avait des portes qui donnaient aux prêtres accès à l’intérieur pour l’exercice de leurs fonctions et en vue du peuple-
Nous ne quitterons pas les basiliques chrétiennes de l’Orient pour passer en Occident, sans énumérer quelques autres formes d’église des premiers temps de l’empire d’Oricnl.
Nous nommerons <1 abord la forme circulaire, à laquelle se rapportent aussi toutes les constructions polygonales inscrites dans le cercle , et qui ont eu pour modèle les constructions ordonnées par Constantin dans l’empire d’Orient. Cet empereur ('leva une basilique octogone a Antioche, surnommée la dorée. D’après la description qu’en fait Eusèbe (Vie de Constantin, liv. III, ch. 50), celte église avait une grande ressemblance avec San Vitale de Ravenne, édifice du règne de Justinien. Sainl- Étienne-le-Rond a Rome est un autre monument du v® siècle. Le père de saint Grégoire en bâtit une autre à Naziance, et cest de cette ville de la Cappadocc que ce Père de l’Église reçut son surnom. L’église des Saints- Apôtres à Byzance était également due à Constantin; elle était en forme de croix et surmontée au centre d’une calotte sphérique.
La forme de la croix grecque fut donc déjà introduite dans la construction des églises dès l’époque de Constantin et de Théodose II est vrai que la forme circulaire fut employée pour les édifices du culte, mais elle n’était point absolue, telle que nous la représente le Panthéon de Rome. La forme circulaire ne remplissait nullement le but qu’on se proposait, elle devait au contraire faire sentir la supériorité du type renfermé dans les basiliques. La forme circulaire exige une abside particulière et la petite abside ordinaire de la plus ancienne basilique ressemble alors à une excroissance. C’est ce qu’on observe à Sainl-Élienne-le-Rond, essai brut d un édifice absolument circulaire de la fin du \'e et du commencement du vic siècle. La forme circulaire des Byzantins et Saint- Vitale de Ravenne offrent une conception bien supérieure.
Nous pouvons donc enfin considérer la forme de la basilique comme la forme chrétienne la plus uni verscllement et la plus exclusivement consacrée en Occident. Elle nous est révélée de la manière la plus claire et la plus positive par une lettre de Paulin de Nola, qui était non-seulement un évêque pieux et aimant les arts, mais encore un constructeur habile du commencement du ve siècle. Il décrit 1 église qu’il a bâtie à Nola dans sa douzième lettre à Sévère (la trente-deuxième de Muratori), et pour les détails nous renvoyons à celle lettre. Cette basilique avait des colonnades avec, des pleins cintres ou arcades; au-dessus de l’espace du milieu et à grande élévation, on voyait un riche plafond en bois avec caissons; la basilique avait en outre une nef transversale et, selon le type byzantin, deux niches latérales , une de chaque côté de la grande tribune principale. Aux collatéraux étaint annexées des chapelles destinées à la prière.
Nous résumons ces considérations en constatant, d’après des documents authentiques, qu’il est certain que, dans le premier siècle de I empire chrétien , les plus anciennes églises chrétiennes de l’Orient et de l’Occident étaient exclusivement bâties d’après le type de la basilique de l’antiquité.
A l’extérieur, la basilique chrétienne appartient à celle catégorie de basiliques romaines qui avaient leur nef principale couronnée d’un plafond : c’était un rectangle oblong régulier avec vestibule ou porche, et, quand cela se |>ouvait, avec une avant-cour ou atrium. Sur la face postérieure de l'édifice, au fond, on voyait une partie saillante de forme semi-circulaire, c’est-à-dire selon le vrai type romain. A l’intérieur, il y avait d’abord la nef centrale, en orient, avec une galerie supérieure; de chaque côté il y avait un collatéral, rarement deux. Le système de la colonne domine; cependant, dans la suite, on employa déjà, au lieu de colonnes, des piliers, en usage dans l’architecture romaine. C’est dans ces lieux qu’on assemblait les fidèles. Le clergé était assis dans l’hémicycle. A la place de l’antique tribunal du juge, au centre de l’arc formant l’abside ou la niche, où était placé le trône du prêteur, il y avait un soubassement auquel on montait par des degrés sur les côtés et de face. Sur ce soubassement était érigé le siège de l’évêque (cathedra). La personne assise en ce lieu prêchait du haut de ce trône après la lecture des évangiles. Prudcntius décrit ainsi la place du prélat (autistes) dans la description claire et intéressante qu’il fait de la petite basilique de Saint-Hippolyte, dans les catacombes de Saint-Laurent, située audevant de la porte Tiburtinc, en nommant tribunal ce surexhaussement :
« Fronte sub adverso gradibus sublime tribunal Tollitur, autistes prœdicat unde Deum. »
L’expression romane de tribune se distingue donc du sens attaché au mol classique, en ce quelle ne signifie pas le surexhaussemenl en question, mais bien la niche entière en hémicycle, c’est-à-dire l’abside qui a le même sens que niche du tribunal.
Dans l’espace intermédiaire entre le clergé et la communauté des fidèles se trouve l’autel pour la célébration de. la cène. La lecture
de l’Écriture sainte se Taisait du haut de un ou deux pupitres établis à côté du siège épiscopal ou de 1 autel. De la peut-être aussi l’usage primitif de prêcher de ce lieu : celle prédication ne se faisait pas uniquement par les diacres et les prêtres, comme on a I habitude de l’admettre. Sidonius Apollinaire, vers 470, décrit comme il suit le lieu d’où l’évêque Faustus prêchait :
i Seu te conspicuis gradibus venerabilis ara;
Concionaturum plebs sedula circummtit. »
Cette disposition était évidemment en dehors de l’idée et du plan architectoniques; elle était mobile. Alors I évêque occupait un siège mobile, nommé dans la suite, dans le latin ecclésiastique, du nom germanique « Faldistolium (Faltstuhl ), »> et par corruption Feldstuhl (en anglais Foldingstool, en français Fauteuil).
Dans ce type général, on aperçoit une mobilité puissante de création, ainsi qu’une grande liberté dans la manière de disposer les choses. Il y a nombre de détails qui, dans la période suivante, sont réputés immuables, et qui cependant sont si arbitraires, que ce sont les choses consacrées qui sont l’opposé du type postérieur. L’orientation de l’église est d’ordinaire telle que l’entrée fut à l’orient ; plus lard c’était précisément le contraire qui devint le type consacré. Les collatéraux ont des espaces séparés et isolés pour la lecture et l 'étude de l’écriture. La grande niche semi-circulaire reçoit par exception une addition de petites niches latérales de chaque côté du siège épiscopal, disposition que nous ne rencontrons plus lard qu'en Orient, mais où elle est pour ainsi dire le type consacré.
Si l’on peut affirmer que ce que nous venons de rapporter et de décrire d’après des témoignages irrécusables constitue le type le plus général des anciennes basiliques chrétiennes de l’Orient et de l’Occident du temps de Constantin et de Théodose, on peut soutenir aussi que quant à la connaissance du type universel par les monuments, ceux de Rome ne sont pas seulement en tête,
mais ils sont pour ainsi dire les seuls existants Car Ravennc, dont nous parlerons plus lard, ne possède qu’une seule basilique
réelle : Sant’ Apollinarc in Classe. 11 ne s’agit que de jeter un coup d’œil sur le plan de l’église de Saint-Paul et de Sainte-Marie- Majeure pour bien comprendre les descriptions des plus anciennes églises chrétiennes, et en sens inverse il n’v a aucune voie plus certaine de s’éclairer sur la disposition primitive d’une église latine, qu’en s’aidant des descriptions d’Eusèbe et de Paulin.
Cette plus ancienne forme se perpétue dans les basiliques romaines sans altération essentielle jusqu’à l’époque de Charlemagne. Rome renferme encore de cette période onze basiliques qui, malgré le sort qui les frappa pendant leur existence de quinze siècles, offrent encore aujourd’hui leur caractère primitif et essentiel dans leur forme et dans leur disposition. La plus grande, la plus ancienne basilique, celle de Saint-Pierre, qui n’existe plus, nous est néanmoins connue par les plans et les descriptions qui en furent faits lors de sa destruction, comme si elle était debout, mais nous connaissons tant de détails sur son étal durant la première époque, qu’on a été à même de restituer avec assurance sou plan ainsi que sa description primitive.
La série des basiliques représentées dans ce volume, en y comprenant celles précédemment décrites, ainsi que la basilique de Ravenne, et à laquelle se rattache plus intimement h' caractère de la première époque, cette série, disons-nous, est la suivante :
DU IVe SIÈCLE.
L’ancienne église de Saint-Pierre, du règne de Constantin, de . 330 environ.
L’ancienne église de Saint-Paul, du règne de Théodose et d’Honorius. de. ...... 380.
. DU Ve SIÈCLE.
Sauta Sabina . du Pontificat de Céleslin. vers . 425.
Santa Maria Maggiore, — dp Sixte III. vers . 432.
San Pielro ad Vincula, . . . Eudoxie. vers . 442.
DU VIe SIÈCLE.
San Lorenzo l'uori le mura (l’église postérieure) du pape Pélage . ôho.
Santa Balbina. de Grégoire le Grand . e,oo.