DEUXIÈME PARTIE L'Eglise du xie siècle
L'antagonisme entre l'art oriental et l'art byzantin éclata dans la querelle des images qui faillit engager l'art byzantin dans une voie analogue a celle de l'art arabe, et ruiner le développement de l'iconographie religieuse. Nous avons raconté ailleurs (i) les péripéties de cette crise de la conscience hellénique qui eut des répercussions si importantes dans le domaine de l'art. Les images triomphèrent définitivement et l'art décoratif, que les iconoclastes avaient cherché à développer, resta subordonné à l'iconographie ; ce n'était pas seulement une victoire de l'orthodoxie, mais aussi des traditions artistiques de l'hellénisme, qui s'affirmèrent de plus en plus dans l'art byzantin. Sous la dynastie macédonienne, dès les règnes de Basile I (867-886) et de Léon VI (886-91 1) la querelle des images fut suivie d'un mouvement d'activité artistique, parallèle à la renaissance politique et littéraire qui atteignit son apogée au xi* siècle. La rupture avec l'Orient était définitive ; l'art byzantin put dès lors se développer suivant son propre génie, et l'on peut dire que les églises du xi' siècle le représentent dans toute sa pureté ; par suite de la centralisation, plus grande qu'au yi" siècle, les ateliers de Gonslantinople imposent partout leurs méthodes : l'art byzantin est devenu véritablement l'art impérial.
(i) La Querelle des Images [coll. Science et Religion). Paris,