TROISIÈME PARTIE L'Eglise du xir- siècle
La prise de Constantinople par les croisés d'Occident en 1 2o4 fut pour la civilisation byzantine une crise plus redoutable que celle des iconoclastes. L'empire fut démembré^ des églises furent saccagées, les trésors d'art de Constantinople détruits ou dispersés ; les reliquaires suivirent fréquemment en Occident les reliques que les croisés considéraient comme leur butin. L'empire latin faible et impuissant ne se maintint que soixante ans et l'entrée de Michel Paléologue à Constantinople en 1261, marqua la fin de cette crise ; Tempire devait avoir encore près de deuï siècles à •\'i>Te. Mais la restauration des Paléologues ne fut jamais complète et au lieu du monde bvzantin d'autrefois on ne trouve plus au xnr- siècle que des épaves de ci>'ilisation byzantine perdues au milieu des peuplades franqu es, slaves, roumaines, turques qui réclament son héritage. L'influence de ces étrangers n'a pas tardé à se faire sentir dans la culture hellénique elle-même, et l'on constate à cette époque l'invasion occidentale dans les mœurs, dans la langue, dans la httérature, dans l'art ; les rapports journaliers avec les Francs du duché d'Athènes ou du royaume de Ch^-pre, les voyages fréquents des Grecs en Occident sont la cause de cette transformation. Cependant malsréles conditions précaires dans lesquelles se trouvait la ci-sdlisation byzantine, sa vitalité était telle, qu'elle sut encore produire des œu^Tes originales. Son acti\dté est surtout >isible dans les quatre centres qui sont restés comme les derniers débris de son ancienne splendeur, à Constantinople, au Mont-Athos, dans la Hellade, dans l'empire de Trébizonde.