‹ Les Basques et le pays basque, moeurs, langage et histoireChapitre 17 sur 20 · COUTURIÈRE · texte numérisé non relu

COUTURIÈRE

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LITTÉRATURE ET CHANSONS i»

Mais lorsque Jean à t'aborder s*apprêto D*iui air d*ennul pourquoi proseeç le pas?

C'est que Jean t'aime et que toi, pauvre fille, D*un autre amour tu rôras la splendeuf l Mais le « Menaieur >> ne Tient pkis à' 1« giiUc : Jean seul pouvait te donner le bonheuif^

Quand du. i>êclier itt vis la fleur cbarmemie Qui se cbangeait; au sdlei) de* Tété, £n uh) beau fruit, tu fus ibsoueianfe Du dur noyau qui seul t*en est resté*

C(m8ol»-toi, puisque Jean f aima eBoare :

La tdsfcebiver précède le* printemps', La sombre nuit s'enfuit devant l'aurore...

Censole-tDif' Je t'aâiiie et je i'atteodffl

Je ne oiita aucun proverbe basque, parce que des échantillons s'en trouTent un peu partout. Il faudrait d^'arlleurs aux plus intéressants des explications que je ne puis donner ici. Les proTecbesr, qu'on appelle la (c sagesse des nations »> m'ont toujours parir ee qu'il y » de plu» sot au monde ; il n'est peut*étre pai^ une ée ees- sentences^ solennelles dans leur impitoys^le^ rïâga,tjié qui n'ait son proverbe contraire.

Mais ce qui n'a été jusqu'ici ni recueilli, ni étudié, ce sont les dcrrinettes, les sornettes^ les^ phraisee embronifiées, les formules q^u'emploient les en^aiitsipeur se souetraiire un à xm, dlans td, ou tel jeu, à certain peste ou à certaine corvée. Seul, M, Gerqu^oid, ancien inspecteur dT Acadéoise à Paui, a publié quelques deyinettesi J^'eo aï recueille pMcr ma part un certain nombre ; en voici qcf^i^es^uires'^ que je prends an basard dans mn collection :

Sgunaz %ulubi eta gdbaz haga — abulleta, D. (Qu'est-ce qui est) échelle le jour et perche la nuit? — R. Un lacet de corset,

Gona motz, gingila Ime — EsMa,

Robe courte, jambe longue. — La cloche.

Churia bada, eztu irina; heltcha hada, eztu ikhatza ; mintzaxazten du, mikirik eztu.; kurritzen du, zamaririk eztu '^ letra,

'a court et n'a pas de monture. — Une lettre.

. S'il est blanc, il n'a point de farine ; s'il est noir, il n's pas de charbon ; il fait parler et n'a point de langue ; il courl

Hertsirih makhila eta hedaturik teilatua -^ parasola,^ Resserré, bâton ; et étendu, toit. — Le parapluie.

La suivante a besoin de quelques explications :

Laur titiriti, bi taratata, urkila eta histupa, — Behia, Quatre titiriti, deux taratata, fourche et étoupe. — La -vache.

Titiriti et taratata sont deux onomatopées qui désignent les pis et les cornes ; urhila, que j'ai traduit par fourche, est proprement le point d'attache, rembranchement des rameaux d'un arbre et surtout d'un têtard : il s*agit ici de l'embranchement de la queue qui est elle-même comparée à de l'étoupe.

Je ne voudrais pas abuser de la patience du lecteur, mais il me sera permis peut-être de rapporter une des formules d'élimination, c'est le terme adopté par. les spécialistes, le plus souvent employées par les enfants. Les petits garçons se placent en cercle ; l'un d'eux présente son béret autour du rebord intérieur duquel les autres posent chacun leur index. Le chef de la partie touche successivement tous

les doigta en prononçant les mots suivants qu'il serait fort difficile de traduire : chirrichti, mirrichti, gerrena, piaf, qïio, sapa, hikili, salda, hurrup edo klik!

Je termine cette rapide esquisse des produits de Tesprit populaire basque, par une sorte de cantilène que je dois à l'obligeance d'une char;nante Labourdine :

Bin I dan ! balendan I Elizako bcstetan !

Gizon bat dlllndan...

Zer egin du ? — Bekhatu l 'maztia unkhatu?

— Horl ezta bekhatu.

— Chakurra zampatu ?

— Ilori da, bori ! bekhatu.

Din l dan î balendan ! (sonnent les cloches) — aux fêtes de l'Eglise : — Un homme est pendu... — Qu'a-t-il fait? Péché ! — Etranglé sa femme? — Gela n'est pas (un) péché. — Battu son chien ? — Voilà ! voilà (le) péché !

Plusieurs personnes ont publié des recueils de contes, de légendes et de traditions basques ; mais les seuls ouvrages exacts, où se trouve la forme authentique du récit populaire, sont Jes publications de MM; Cerquand et Webster. C'est là qu'on peut étudier ces personnages extra-humains qui composent toute la mythologie basque, mais dont l'origine est fort incertaine, les hasa-yaun et hasa-andre « seigneur » et « dame sauvages, forestiers, agrestes » ; les lamina mâles et femelles, sortes de génies rustiques qui habitent les grottes et dont le nom rappelle celui des lamies latines ; enfin les Tartaro, ces cyclopes aussi niais que robustes, qu'on a sans doute appelés « Tartares » comme

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ailleurs on appelait « ogres (Ongres, Hongrois) i> d^autres êtres redoutables. Ces figures imaginaires se sobsdtuent Tune à l'autre et sont quelqœ&is remplacées par les c( Maures » dans les contes les plus intéressants pour les hommes <de science.

Ce petit livre ne s' adressant point aux savania, j*ai pensé que nos lecteurs préféreraient des contes plus simples, demandant moins d'explications et de détails complémentaires, et j'ai choisi,, dans ma collection, les trois suivants que je traduis directement du texte basque et aussi littéralement que possible.

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