CHAPITRE XXXIII HENRI, ROI DE NAVARRE
SOMMAIRE
Paix de Lu Rochelle, — Les politiques. — Henri IIL —Combat de Dormans. — Le camp de Jfonsieur. — La Ligue. — Assaut de Caliors. — L'hérédité de la couronne. — Aventure de Condé. — Les courses du Béarnais. — Guerre des trois Henri. — L'armée étrangère. — Anne de Joyeuse. — Coutras. — Vimory. — Auneau. — Renvoi des mercenaires. — Le dernier Valois.
PAIX DE LA ROCHELLE (2i- juin i.'i73).
Six jours avant la Saint-Barthélémy, Henri de Bourbon, roi de Navarre et prince souverain de Béarn, avait épousé la sœur de Charles IX. Il dut la vie à cette alliance; mais, prisonnier dans le Louvre après avoir abjuré la réforme, « il fut contraint de céder au temps, de dissimuler ses ressentiments comme ses espérances, et de se réserver pour une meilleure fortune * ».
Après le massacre, Montgomery avait réuni dans l'île Jersey les huguenots de Normandie, de Bretagne et de Picardie. Ceux du Lyonnais, du Dauphiné et de la Provence, conduits en Suisse par François de Châtillon, fils aîné de Coligny, avaient recruté des ven-
< D'Avila, Histoire des guerres civiles de France, de 1559 à 1598. Henrico Catherino d'Avila, d'une illustre famille de l'île de Chypre, faisait partie de la maison do Catherine de Médicis ; passé au service de Venise après la mort de la reine mère, il a raconté les événements dont il a été témoin, et nous aurons souvent à le consulter.
geurs dans les cantons calvinistes; les réformés de Bourgogne et de Champagne avaient obtenu la protection des villes .libres et des princes luthériens d'Allemagne ; les autres avaient gagné les Pyrénées et les Cévennes, ou s'étaient enfermés dans les quatre places restées à la Religion : Montauban, Nîmes, Sancerre et la Rochelle. Toutes ces places furent assiégées; Sancerre seule fat prise, après 8 mois d'une résistance héroïque.
La Rochelle, défendue par ses 9 compagnies bourgeoises et par i ..500 des vieux soldats de Coligny, tint l'armée royale en échec, du 13 décembre 1572 au 24 juin 1573. Après quatre assauts rudement repoussés, le duc d'Anjou, qui commandait le siège, fut heureux de trouver dans son élection au trône de Pologne un prétexte d'accorder la paix aux Rochelois.