GUERRR DES TROIS HENRI
niortaise, avec 6.000 hommes de pied, 2.000 chevaux et 7 pièces d'artillerie. L'avant- garde surprit et massacra, à la Mothe-Saint-Herra}', près de Saint-Maixent*, les deux régiments huguenots qui gardaient la frontière de Saintonge''; puis Joyeuse conquit tout le pays jusqu'à Tonnay-Charentc.
Mais, à la fin d'août, les chaleurs et la picorée avaient réduit l'armée catholique à 2.500 arquebusiers et cà quelques centaines de cavaliers, quand les chefs protestants ^ se réunirent cà Fontenay pour prendre
1 Le roi de Navarre avait tait une cavalcade de La Roclielle ;\ Saint- Maixent (78 kilomètres à vol d'oiseau), « pour fournir cette place de vivres, poudres, mèches et autres munitions, sans repaître ni reposer qu'une seule heure; mais, à la fin de cette corvée, le roi était tant oppressé de sommeil qu'il fut contraint de se coucher dans une charrette à bœufs, qu'il rencontra au milieu de la nuit sur le chemin de La Rochelle. » (Mémoires de SuUij).
2 . Jean de Beaumanoir de Lavardin, maréchal de camp, fut, avant le soleil levé, dans les rues deLaMotlie-Saint-Herray, avec 40 chevaux, et y porta l'alarme et l'étonncment. Les régiments huguenots de Gabriel de Charbonnières et de Bories, ayant couru [aux armes en désordre, sans occuper l'église, très avantageuse, ni aucune maison ayant une sortie sur le dehors, furent enfermés dans six ou sept maisons, environnées de maisons plus hautes, si bien qu'en une heure les huguenots furent ceinturés de rétif anchements. Cependant la résolution de ces hommes pour réparer leur négligence fut telle que toutes les forces de Joyeuse n'auraient pas réussi à leur faire mettre bas les armes, si la faim ne les y avait contraints après'deux jours de combat. Il en fut égorgé plus de 200 de sang-froid par les soldais du régiment de Picardie, qui leur arrachèrent leurs pourpoints pour s'en vôlir. Saint- Gelais en rallia 200 ou 300, échappés par miracle, et se jeta avec eux dans Saint-Maixent, où il tut assiégé et pris. » (Simon Goulard, Mémoires de la Liçiiie.)
3 « Le roi de Navarre, le prince de Condé, le vicomte de ïurcnne, Claude de la Trémoïlle, Montgomery, le marquis de Clermont-Galle-
l'offensive. Joyeuse laissa le commandement à Jean de Lavardin, son maréchal de camp, et courut à Paris, par Airvault, pour demander à Henri III des renforts et des instructions. Lavardin se replia derrière la Creuse, et la campagne fut interrompue de ce côté jusqu'au milieu d'octobre.