‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 132 sur 152 · RENVOI DES MERCENAIRES · texte numérisé non relu

RENVOI DES MERCENAIRES

La surprise d'Auneau ' fut le coup de grâce de l'armée étrangère. Les Suisses et les Allemands " s'en remirent à la clémence de Henri III, qui leur offrit un passe-port bien ample à la condition qu'ils lui mettraient en liiain leurs enseignes déployées, avec promesse de ne plus faire la guerre contre lui (8 décembre).

Le duc de Bouillon, suivi d'un bien petit nombre de gens, se sauva par Roanne à Genève, où il mourut des fatigues de la campagne. Châtillon, après avoir vaillamment soutenu, avec 100 cuirasses et 200 arquebusiers à cheval, l'effort de ceux de Bourgogne et du Lyonnais, gagna le Languedoc et se retira dans le Vivarais, dont il était gouverneur'.

* « La victoire d'Auneau fut le cantique de la Ligue, la réjouissance du clergé, la braverie de la noblesse guisarde, et la jalousie du roy, qui reconnut bien qu'on ne donnait ce laurier à la Ligue que pour flétrir les siens. » {Journal de lEstoile).

2 Les reîtres, dans cette déroule, enterrèrent leur artillerie dans les divers villages oîi ils étaient logés, à quatre ou cinq lieues de Chartres. Philippe de Cheverny, gouverneur de Chartres, raconte quil fit déterrer 12 assez bonnes pièces, tant canons que coulevrines, qu'il envoya à l'arsenal de Paris.

s « Voyant les chefs résolus à rendre les drapeaux au Roy et a. accepter de honteuses capitulations, François de Coligny prit le droit chemin de Lyon en Vivarais, poursuivi par 2 ou 3 nobles du pays, à cheval avec 50 à 60 marauds de paysans, armés d'arquebuses et d'armes d'hast, qui nous suivaient de loin toujours en queue, pour recueil-

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Clervant se glissa parmi les Suisses et profita jus- (prà P.àlo de leur sauf-conduit; Conti s'enluit dans ses terres sous un déguisement.

Les reîtres se divisèrent en deux troupes, qui conservèrent leurs enseignes ployées : l'une do 500 chevaux, conduite par le burgrave d'Ohna et le colonel Dammartin, se réfugia en Savoie, où elle fut dévalisée par les paysans. L'autre, commandée par le baron de Buck, se retira vers Montbéliard; « le marquis de Pont et le duc de Guise l'atteignirent hors des frontières du royaume et la taillèrent en pièces à diverses fois '.

« C'était un déplorable spectacle que celui de ces Allemands, affaiblis de fièvre, exténués par le flux de sang, tombant par les chemins ou dans les villages et mis à mort par les paysans ^ ; une pauvre femme, pour se venger des pertes qu'elle en avait reçues, en égor-

lir les chevaux ou mulets que nous laissions, tous les 100 pas, après leur avoir coupé les jarrets ou leur avoir donné de l'épée dans le flanc. Nous allâmes ainsi jusqu'à Privas, où Chàtillon congédia ses troupes. » (Voyage de France de Jacques Pape, sehjneur de Saint- Auban.)

' « En dépit du roy Henry III, ces messieurs les reîtres furent si bien poursuivis par le duc de Guise, touchés devant lui et cognés, (|uc de .'iO.OOO hommes que le baron d'Ohna avait amenés, ils n'étaient pas 500 chevaux, tels quels, quand ils arrivèrent à Genève. C'est de cette façon qu'il faut traiter ces gens-là et non avec de l'argent et de la peur. Si l'on eût seulement employé la moitié de l'argent qu'on a donné aux reîtres à dresser une bonne grosse année, on les eût si bien battus et étrillés qu'ils eussent pour jamais perdu l'appétit des bons vivres et des beaux écus de France. • (Brantôme).

2 « Chicot, le bouffon de Henri III, avait raison de dire qu'il n'v avait allouette de Beaucc qui ne coûtât aux huguenots un reître à cheval. » {Journal de VEsloUe.)

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