‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 22 sur 152 · LE CAMP DE PONT-DE-L'ARCHE · texte numérisé non relu

LE CAMP DE PONT-DE-L'ARCHE

L'année suivante, le roi chargea le sire d'Esquerdes de réunir tout ce que les baillis et les sergents ' pourraient racoler dans le royaume à!avenUiriers et d'cnfants à pied aguerris, qu'ils fussent piquiers, hallebardiers, archers ou arbalétriers, afin d'en former des bandes françaises.

Ces bandes, de 1.000 hommes chacune, reçurent une enseigne rouge à croix blanche.

Louis XI ht venir de Berne, pour les instruire et

' Ces sergents de 1481 sont des officiers de justice, des huissiers, chargés d'assurer l'éxecution des ordonnances royales.

leur servir de modèle, les G. 000 Suisses que les Cantons lui avaient promis.

Bien qu'il « eût donné au diable la république de Gênes,» quand elle avait voulu se donner à lui, il continua cependant les traditions des rois ses ancêtres, en prenant à sa solde plusieurs compagnies de piétons génois. (Fig. 153.)

Le roi comptait avoir ainsi 20.000 hommes de pied toujours prêts et 2.500 ouvriers de tous états, formant la bande des pionniers ou des gens du camp.

Ces premières troupes du génie étaient placées sous les ordres du chevalier Galiot, maître visiteur et général réformateur de l'artillerie de France.

« 1.500 hommes d'armes des compagnies d'ordonnance devaient être exercés à descendre à pied avec l'infanterie quand il serait besoin ' . »

« En l'année 1481, le Roy ordonna que certain camp de bois ^ qu'il avait fait construire pour tenir les champs contre ses ennemis, fut étendu et mis en état en une grande plaine près le pont de l'Arche, pour y enclore certaine quantité de gens de guerre avec les hallebardiers ou piquiers, que nouvellement il avait mis sus et

1 Commines.

2 « Louis XI 'avait fait faire munition de tablettes et de cbariols, lesquels, par leur circuit, pouvaient contenir une grosse armée, et oîi ses gens d'armes seraient enclos comme dans une ville. Ces défenses, qui n'étaient pas moins fermes que les épaisses murailles d'une cité pour garantir les bombardes contre les coups de l'artillerie, pouvaient être transportées et voilurécs par pièces. Ce camp coûtait 15.000 livres l'an. » (Robert Gaguin, la Mer des chroniques. Paris, 1^28.)

LE CAMP DE l'ONT-DE-L'ARCHE (1481). 79

dont il avait donné la conduite au seigneur d'Esquer-

des et à maître Guillaume Picquart, bailly de Rouen.

« Il voulut que lesdites gens de guerre fussent dans

ce camp par l'espace d'un mois, pour savoir comment

Viollet-le-Duc.

Fia. 153. >

* « Fantassin génois à la solde du roi de France. — Il a la tête couverte d'une barbute à nasal, entourée d'un turban d'étoffe rose. Sur sa clicmisc, boutfante aux bras et à la taille, est pose, par dessus un hautdc chausse rouge, uu plastron de peau piquée, qui couvre le ventre et

ils s'y conduiraient et quels vivres il faudrait avoir pour les nourrir.

« Après avoir célébré la fête de la Pentecôte à Notre Dame de Chartres, le Roy s'en alla à Pont-de-l'Arche et de là au camp, qui fut choisi et assis entre ledit Pont-de-l'Arche et le Pont Saint-Pierre.

« Une partie du camp fut fossoyée au long de ce qui en fut dressé ; dedans furent tendus des tentes et pavillons et aussi y fut mise de l'artillerie avec tout ce qui était nécessaire.

« Par cette portion ainsi dressée, qui fut fort agréable au Roy, on put juger quel avitaillement il faudrait pour fournir le camp entier, quand il serait empli de tout ce que le Roy avait intention d'y mettre et bouter ' .

« Après que le Roy l'eût bien vu et visité, il s'en retourna à Chartres et de là, à Vendôme et à Tours.

« Il renvoya, chacune dans sa garnison, toutes les compagnies d'ordonnance qu'il avait fait venir audit camp de Pont-de-l'Arche. »

D'Esquerdes forma la nouvelle infanterie française à

l'estomac et est échancré aux reins. Les bras sont protégés par une bande d'étoffe épaisse, attachée avec des courroies. Sur le plastron, est posé une sorte de gilet de même étoff"e surmonté d'un coUetin de cuir. La poitrine et le ventre sont garantis par une pansière de fer, à laquelle sont attachées des tassettes de fer. Les jambes sont garnies de grèves italiennes en façon de jambières. Ce personnage porte un pavois ovale et un marteau d'armes. • ( Yiollet-le-Duc, Mobilier, liv. vi, p. 210.)

1 C'est le premier essai de mobilisation.

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