PROGRÈS DE L'ARTILLERIE FRANÇAISE
Le chevalier Galiot était malheureusement parmi les morts.
Depuis 1479, ce digne émule des frères Bureau avait fait faire à l'artillerie royale ' des progrès remarquables.
Fig. 153. 2
En 1488, les bombardes et leurs boules de pierre
1 Le matériel roulant que Louis XI laissa à son fils était de 200 pièces de campagne de tout calibre.
2 ( Cette petite bombarde est montée sur une voiture à quatre roues égales, dont l'avant-train porte un coffre et parait muni d'une sassoire, sur laquelle portent deux brancards. Ces brancards sont attachés au fût, au moyen d'une tringle autour de laquelle ils peuvent tourner. Une cheville plate, qui s'appuie sur les brancards en traversant le fût, déter» mine la position de la bouche h feu.
« La voilure roule facilement, l'aftûtest solide; mais on no peut pas
PROGRÈ>î DR L'ARTILLERIE FRANÇAISE. 9»
avaient à peu près disparu '. Elles étaient remplacées par des canons en bronze, lançant des boulets de fonte ou de "plomh (plombées) ; la poudre, renfermée dans des barils, était mise, pendant l'action, dans des sacs en peau de mouton.
Le mode d'attelage était devenu plus mobile ; quelques canons avaient des avant-trains qui différaient bien peu de ceux qui sont encore en usage.
Les faucons, considérés plus particulièrement comme pièces de campagne, avaient des coffrets sur leurs
FW. lo6.
affûts. Tout porte à croire qu'ils étaient déjà montés sur des tourillons.
varier suifisamment les inclinaisons do la bombarde, et les conditions nécessaires au pointage ne sont pas encore satisfaites. » (Favé, Histoire des progrès de l'artillerie, d'après le manuscrit 1914 de la Bibliothèque nationale, intitulé : Machines de guerre).
1 On conserve encore au mont Saint-Michel deux énormes bombardes faites de barres de fer soudées et cerclées, qui ont été placées sur ce rocher en 1423; elles ont 3™, 573 de longueur et un diamètre de 0.034; les boulets sont en pierre.
Il fallait deux chevaux pour conduire les grands faucons ; un seul suffisait pour les petits ^ .
Fig. 157.
Quant au matériel roulant, aux chariots qui portaient les tonneaux de poudre, les projectiles, les forges à boulets rouges, les gabions des batteries, Guy de Lauzières, le premier grand-maître de l'artillerie^ en réunit un tel amas au siège de Rennes ^ au mois
1 « Jelian Moynes, charretier suivant l'ost et armée de Charles YIII, emploie seize de ses chevaux à mener du château de Saint-Aubin-du- Cormier, les douze faucons de ladite armée, 4 grands et 8 petits, qui étaient dedans ledit château avec leur suite de poudre et plomb. » {Comj)tes de l'artillerie de Charles VIII en 1489).
2 François II étant mort en septembre 1488, la Bretagne devenait la dot de sa fille aînée la duchesse Anne. Le mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII pouvait rattacher au domaine royal le dernier grand fief de la couronne, fermer aux Anglais l'accès du littoral et