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LA FIN DU VOYAGE

Il alla, sans être inquiété', camper sous Asti, où il resta jusqu'à l'automne, plus occupé de ses plaisirs que des garnisons qu'il avait laissées dans les places conquises.

Les vaincus rejoignirent Ludovic le More devant Novare, que le duc d'Orléans défendait vaillamment avec quelques enseignes suisses, contre plus de 20.000 Italiens ou lansquenets.

Le roi aima mieux traiter que de secourir son cousin. Il signa la paix avec Ludovic au prix de Novare et rentra en France par Briançon, le 23 octobre 1495.

Gilbert de Montpensier n'avait pas pu se maintenir dans Naples. Au lendemain même de Fornoue, les Napolitains, « le peuple le plus inconstant de l'Italie », avaient acclamé Ferdinand d'Aragon et son lieutenant espagnol Gonsalve de Cordoue.

1 « Notre queue était défendue par 300 Allemans, qui avaient moult largement de coulevrincs, et qui étaient soutenus par beaucoup d'hacquebutiers à cheval; ceux-là faisaient bien retirer les eslradiots, qui n'étaient point grand nombre. Le grand ost, qui nous avait combattu, venait tant comme il pouvait; mais comme il était parti un Jour après nous et comme ses clievaux étaient bardés, ils ne sut pas nous rejoindre. Nous ne perdîmes pas un homme en chemin ; le roi ne fut jamais à moins d'un mille de nous. » (Commincs.)

Cependant Montpensier défendit une année encore son éphémère vice-royauté, pendant que Stuart d'Aubigny se maintenait en Calabre. Sans argent, sans secours, presque sans soldats, ces deux nobles capitaines firent d'héroïques efforts pour maintenir en Italie les bannières françaises.

A la fin de 1496, il ne restait au peuple de France, du voyage de Naples, qu'un pénible souvenir. Charles VIII, malade, semblait avoir renoncé aux aventures orientales.

Mais la noblesse ne l'entendait pas ainsi. Après la mort du vainqueur de Fornoue (7 avril 1498), elle déclara Louis XII, duc de Milan, roi de Naples et de Jérusalem, afin de reprendre avec lui le chemin de cette voluptueuse Italie, qui conservait pour les Français du XVP siècle l'attrait qu'elle avait eu pour les Gaulois et pour les Franks.

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