POINTE DE CAVALERIE DE BELLINZONA A NOVARE
lora, pour y prendre leur repas. C'était la première fois de la journée qu'ils descendaient de cheval.
« A peine avaient-ils établi leurs chevaux et porté à la bouche le premier morceau de viande, que les Lombards du bourg et des environs vinrent les assaillir en si grand nombre, qu'il semblait qu'ils ne pourraient pas tenir longue bataille de dure main. Les Français remontèrent hâtivement à cheval pour gagner pays.
« Les Lombards voulurent leur barrer le passage, à la sortie du village, avec piques et rançons \ Mais au choc, l'entreprise tourna à leur désavantage; les Français s'y montrèrent si vigoureux, malgré les deux jours et les deux nuits de fatigue qu'ils avaient soutenus sans répit, que ceux qui les auraient vus besogner n'eussent pas pensé qu'ils avaient souffert de lasseté et de famine. Et pourtant, ils avaient fait ce jour-là, sans repaître, 80 milles de terre.
« C'est le plus grand possible humain : car, bien qu'ils aient eu affaire à plus de 4.000 ennemis, ils avaient l'avantage en toute rencontre, et mis leurs ennemis à bas.
« Il faut surtout se commémorer ce fait, que le capitaine se conduisit, entre tant do périlleuses et de mortelles embûches, de manière à ne pas perdre un seul des siens, tant il avait toujours Vœil^ l'avis et la main à ceux des siens qui avaient besoin d'aide.
« En somme, messire Louis d'Ars passa avec 40 hom-
1 Hallebarde dont le fer se termine en hameçon (Page 117, fig. 164).
mes (l'armes et 80 archers tout le travers de la duché de Milan et atteignit la rivière du Tésin, entre Milan et Novare, à deux milles de Galiate.
« La rivière pouvait se passer ta gué ; mais il était nuit, aucun Français ne connaissait le passage et les paysans avaient rompu et jeté à l'eau tous les ponts et passerelles.
« Cependant un Albanais *, qui était de la compagnie, se mit à travers le gué, et passa outre. Il se trouva, d'aventure, dans le chemin de Galiate, et fit si bien qu'il arriva à la ville, où se trouvaient le comte de Ligny et le seigneur Jean-Jacques.
« Il leur raconta comment Louis d'Ars et ses gens étaient hors du détroit des montagnes et du danger des Lombards, qui leur avaient donné la chasse pendant deux jours et deux nuits sans cesse; comment il les avait laissés, à deux milles de là, tous ensemble entre deux rivières, et que, pour l'heure, ils n'avaient défaut que de guide, avec métier de vivres et besoin de repos.
« Le comte de Ligny, le seigneur Trivulce, et tous ceux qui entendirent l'Albanais eurent autant de joie
1 Louis XII avait pris à sa solde, en 1499, quelques bandes d'estradiots, pour servir de coureurs aux compagnies d'ordonnance. « Ces Albanais avaient un étrange habillement de tête, semblable à un chaperon de demoiselle; cette coifture était garnie intérieurement de o ou 6 gros papiers collés ensemble, de façon qu'une épée n'y pouvait pas faire plus de mal que sur une sccrette {salade). »
(Le Loyal serviteur.)
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au cœur, que si on leur avait fait rapport d'amis ressuscites; ils envoyèrent aussitôt des gens au devant
D'après Philippoteaux.
Fig. 173.
d'eux, pour leur montrer la passée du gué et le chemin de la ville. Ces gens rencontrèrent la troupe de Louis d'Ars, qui avait passé la rivière et marchait vers Galiate.
« Elle y entra entre 6 et 7 heures du matin, et on lui fit plus joyeux accueil qu'on ne saurait le dire '. »