‹ Les batailles d'autrefois (volume 2)Chapitre 55 sur 152 · PRISE DU BASTILLON · texte numérisé non relu

PRISE DU BASTILLON

« Les Génois, qui gardaient les premiers passages, prirent la fuite à la vue de l'avant-garde française, et lui laissèrent le champ libre *. »

L'armée franchit sans obstacle le dangereux défilé de la Bocchetta, et se concentra, le 23 avril, à Ponte- Décimo.

De là, elle longea le pied des hauteurs qui se dressent à l'est de Gênes, et s'établit à 7 milles de la ville dans la vallée de la Polcevera, appuyant sa droite à l'église de Saint-Pierre d'Arena, sur le bord de la mer, et sa gauche au bourg de Rivaloro supérieur.

Le roi logea au couvent de Boschetto.

Les Français coupaient ainsi les défenseurs de Gênes du seul secours qu'ils pussent attendre, d'un corps détaché à l'attaque de Monaco. Ils n'avaient d'ailleurs rien à craindre du côté de la mer, car leurs vaisseaux ^ bloquaient la flotte génoise dans Spezzia et Porto- Yenere.

Louis XII et les grands seigneurs de son conseil étaient donc d'habiles stratégistes en même temps que des capitaines intrépides.

PRISE DU BASTILLON (20 avril ioOT).

« Le jour de son arrivée à Rivaloro, l'avant-garde

1 Guicciardini, liv.Vd, chap. IG.

2 Huit galères, autant de galions et plusieurs flûtes ou brigantines, commandés par le brave capitaine de mer Préjean de Bidoulx.

no LA GENDARMERIE DE FRANCE (1499-1507).

française attaqua un bastillon ', que les Génois avaient construit sur la montagne du promontoire et qu'ils avaient garni d'artillerie, pour fermer le passage qui conduit des Alpes au Castellacio » \ (Fig. 178, page 174.)

Le roi réunit ses capitaines pour leur demander conseil. Les uns dirent que c'était mettre l'armée en hasard; qu'il y avait peut-être là-haut une grande puissance qu'on ne voyait pas, qui pourrait repousser nos gens, s'ils y allaient faibles, et nous faire recevoir une honte.

Les autres assurèrent que ce n'étaient que canailles qui ne résisteraient pas.

— « Bayard, que vous en semble ? demanda le roi au bon chevalier.

— « Sur ma foi ! sire, répondit Bayard, je ne vous en « saurais que dire. Il faut aller voir ce qu'on fait là- « haut. De ma part, s'il vous plaît de m'en donner « congé, vous en saurez des nouvelles avant une heure, « à moins que je ne sois mort ou pris.

— « Je vous le donne et je vous en prie, dit le roi, « car vous vous entendez assez en telles affaires. »

« Bayard ne séjourna guères; il fit sonner l'alarme,

1 Une redoute.

2 Guicciardini.

Page 1