L'ARMÉE ESPAGNOLE
Pendant le siège de Brescia, les troupes pontificales s'étaient retirées à Imola; de là, elles donnaient la main à l'armée espagnole concentrée à Forli. Celle-ci, fidèle au système de guerre défensive qui avait si bien réussi à Gonsalve de Cordoue pendant la campagne de 1502, se dérobait à un engagement décisif.
Gaston de Foix s'avisa, pour décider les capitaines espagnols à combattre, d'aller mettre le siège devant Ravenne, la vieille ville pontificale que le Saint-Siège avait reçue de Pépin le Brei en 754.
Il établit son camp entre deux petites rivières, le
qués delà tlcur de lys sur l'épaule, essorillés (mais ils cachaient leurs oreilles, à dire vrai, par longs cheveux hérissés), avec barbes horribles, pour se montrer effroyables à leurs ennemis. » (Brantôme, Discours sur les colonels de l infanterie française.)
1 La noble attitude de Bayard blessé, couvrant ses hôtes de sa protection et refusant leurs présents, est une description des mœurs chevaleresques qu'il faut lire toute enlière dans le chapitre L du Loyal Serviteur. On peut se convaincre, par cette lecture, que le sentiment populaire ne s'est pas trompé en faisant du chevalier sans peur et sans reproche le type idéal de l'honneur français.
228 GASTON Dt FOIX.
Ronco et le Mantone, dont Je confluent forme le port de Ravenne, et il donna à cette place importante un assaut qui fut repoussé.
Au bruit du canon de Ravenne, Ramon de Cardona, vice-roi de Naples, réunit en une seule colonne les troupes d'Imola et de Forli, et, le 9 avril, il marcha au secours de la place, avec 1 .400 lances, i .000 clievaulégers, 12.000 fantassins et une nombreuse artillerie.
Il s'arrêta à trois milles de Ravenne et prit position sur la rive droite du Ronco, en avant du confluent de cette rivière dans le Mantone. Dans la pensée du viceroi de Naples, le voisinage de l'armée espagnole devait suffire pour empêcher Gaston deFoix de donner un nouvel assaut à Ravenne ; il employa, en conséquence, le reste de la journée du 9 avril et la nuit toute entière à entourer le front de bandière de son camp d'un fossé large et profond. Le remblai formait un long épaulenient, derrière lequel il abrita son artillerie.
1ŒC0NNA1SSA.NCE OFFENSIVE DE CAVALEUIE.
Gaston de Foix avait de graves raisons pour brusquer l'attaque de la position ennemie : il manquait de vivres ' ; des galères vénitiennes, croisant sur la côte, barraient le Po et interceptaient les convois qui venaient
' ' Les Fraiivais sonL venus, celle somaine sainte, avec loule leur
Ri:CONNA!SS.\\CE OF^RNSIVi: DE CAVALEP.in: (L'ili). '22<)
par eau de Ferrare. Louis XII, menacé d'une invasion anglaise, croyait qu'une bataille décisive, gagnée en Italie, lui permettrait de traiter à de bonnes conditions avec le Pape, et il envoyait courrier sur courrier à son neveu pour lui ordonner de combattre. Enfin, les 2.000 lansquenets des bandes noires *, les seuls qui n'eussent pas déserté après l'assaut de Brescia, l'élite de l'infanterie française, étaient rappelés par Maximilien. Le meilleur de leurs capitaines, Jacob Demps, venait de montrer à Bayard une lettre impériale, qui lui ordonnait d'abandonner, sur le champ, les enseignes françaises ; en noble et loyal frère d'armes, Demps consentait à ne publier cette lettre qu'après la bataille, si l'on se battait le lendemain.
Le jeune général réunit son conseil de guerre; Lautrec, La Palice, Brézé, Crussol et la plupart des capitaines se tinrent à l'opinion de Bayard, <iui voulait qu'on donnât la bataille.
arm(5e, mettre le siège devant Ravcnnc. Bientôt après l'armée du pape et les Espagnols (Espaingnars), bien qu'ils ne fussent pas, à beaucoup près, en aussi grand nombre, se mirent de l'autre côté de la rivière pour secourir la dite cité. Les Vénitiens, séparés des Espagnols par une autre très grande rivière [le Pô), otèrent aux Français les vivres, qui, pour la plupart, leur venaient de Lombardie; tellement que les Français, par nécessité ou autrement, levèrent le siège en feignant de vouloir se retirer. »
(Lettre de Ferry Carondolet à Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas. — Correspondance de Louis XII. Bruxelles, 1712.)
* On les appelait ainsi à cause de la couleur de leurs enseignes et surtout de la cruauté avec laquelle ils faisaient la guerre.
Le bon chevalier fut chargé de faire la reconnaissance de la position ennemie. '
Il y avait une telle émulation de vaillance entre les capitaines français, que le lieutenant de la compagnie du duc de Nemours, le baron Roger de Béarn% « aventureux chevalier et toujours prêt à l'escarmouche, » résolut, sans en rien dire, de devancer Bayard dans le camp du Ronco. Au petit jour, il alla, avec une cinquantaine de lances, « dresser une chaude alarme aux Espagnols. »
Ceux-ci faisaient bonne garde. Deux ou trois coups de canon ^ arrêtèrent les Français devant le fossé, et 120 armures de fer, espagnoles ou napolitaines, les chargeant à la ibis, les obligèrent à reculer au pas, puis au trot, puis au galop.
Heureusement, la compagnie Bayard arriva à temps, pour secourir le baron de Béarn.
Le bon chevalier avait divisé ses gens en 3 bandes,
' « Je serais d'avis, dit le duc de Nemours à Bayard, s'il vous semble « bon (car depuis longtemps déjà vous connaissez la manière de faire « des Espagnols) que demain matin ils eussent par vous quelqu'escar- " mouche ; de sorte que vous les fassiez mettre en bataille et que vous " voyez leur contenance. » (Loyal Serviteur, chap. LU).
'^ Brantôme l'appelle le prince de Béarcq. D'après Petitot (Collection des mémoires relatifs à Vhistoire de France), c'était un bâtard de la maison de Foix, qui était baron de Ravat et vicomte de Conserans.
5 « L'un emporta le bras droit d'un fort gaillard gentilhomme appelé Bay.illac, l'autre tua le cheval du seigneur de Bersac, galant homme d'armes de la compagnie du duc de Nemours. » (Loyal Serviteur.)
RECONNAISSANCE OFFENSIVE DE CAVALERIE (1o12), 231
qui marchaient à un jet d'arc l'une de l'autre, conformément aux instructions données la veille.
Son guidon, le bâtard du Fay, avec 50 archers achevai {pointé), avait passé le Mantone au-dessous de l'artillerie des Espagnols ; il avait pour mission de « faire l'alarme dans le camp ennemi le plus avant qu'il pourrait. »
Son lieutenant, le capitaine Pierrepont, suivait du Fay avec 30 hommes d'armes et le reste des archers {Tête).
Bayard conduisait le gros de la compagnie, qui marchait sous les enseignes du gentil duc de Lorraine.
Du Fay s'arrêta pour rallier les gens d'armes du baron de Béarn et fit prévenir 'Bayard, qui lui manda incontinent de se replier sur Pierrepont.
Le bon chevalier s'avança lui-même au galop, à la tête du 3* échelon, pour mettre toute sa compagnie ehsemble.
— « Avant , compagnons , secourons nos gens ! » — criait-il.
La cavalerie espagnole et napolitaine avait passé le Mantone à la suite des Français.
Bayard la chargea impétueusement.
« Dès la première pointe,^il fut porté par terre cinq ou six Espagnols; toutefois les autres se mirent en défense très honnêtement (flg. 187) ; mais, à la fin, ils tournèrent le dos et galopèrent droit au Mantone, qu'ils repassèrent en grande diligence.
« L'alarme était déjà dans leur camp ; de sorte que
GASTON DK l-f)IX.
tout s'était déjà formé en bataille, gens de pied et gens de cheval.
Fig. 187. I
Nonobstant, le bon chevalier les mena, battant et chassant, bien au delà dudit camp, où lui et les siens firent merveilles d'armes, car ils abattirent tentes et pavillons et poussèrent par terre ce qu'ils trouvèrent. » ^
1 Ce fac-similé d'une vignette de l'ouvrage (déjà cité) de Walhauscn nous indique comment une compagnie d'hommes d'armes, sans les archers, se ralliait en carré pour se mettre en défense. Le capitaine (C), escorté de son écuyer menant un cheval de rechange, se tient à la droite de l'escouade (peloton) qui fait face à l'ennemi; le lieutenant (L) est à la droite de l'escouade opposée; l'enseigne au premier rang de la première escouade ; les trois trompettes (T) sont au centre du carré.
^ Le Loyal Serviteur, ch. LUI.
RAVENNE (M nviil loi 2). '233
Une troupe de 2 ou 300 hommes d'armes ennemis, qui venait sur son flanc pour le tourner, obligea Bayard à la retraite ; mais sa reconnaissance offensive avait' réussi, puisqu'elle avait obligé les Espagnols à se former en bataille et à montrer leurs dispositions.
On se prépara activement, de part et d'autre, à la bataille du lendemain : Gaston de Foix, assisté de ses principaux capitaines, régla minutieusement l'ordre de bataille de ses troupes, en indiquant à chacune d'elles son emplacement et son rôle.
Ravenne (M avril ■1512).
Le jour de Pâques, de grand matin, les lansquenets franchirent en bon ordre le pont du Mantone.
Les aventuriers français devaient les suivre. « Mais le gentil seigneur de Molart dit k ses rustres :
— « Comment ! compagnons, nous sera-t-il reproché « que les lansquenets aient passé plus tôt que nous « du côté de l'ennemi. J'aimerais mieux perdre un « œil pour mon compte ! »
« Et tout chaussé et vêtu, il se mit au beau gué dedans l'eau, et ses gens après; et les rustres firent si bonne diligence , qu'ils furent de l'autre côté de la rivière avant les lansquenets.
« L'artillerie put ainsi passer le pont plus tôt, et se placer devant les gens de pied ', qui tantôt se mirent
' '. Lf?s Français passèrent la rivière par ponts jetés de trois côtés,
en bataille ; après, passa l'avant-g-arde des gens de cheval, et puis la bataille \ »
L'armée française se composait de 1.600 lances, de 18.000 hommes de pied et de l'artillerie du duc de Ferrare, la plus perfectionnée de l'Europe. Gaston de Foix disposa ses troupes en croissant, pour envelopper les lignes ennemies tracées en demi-cercle.
p. Merle, d'après un croquis de E. Hardy.
Fig. 188.
L'aile droite, appuyée au Ronco , était commandée
et prirent assez à la dépoiirvance les Espaignars qui se miicnt incontinent au point pour combattre; mais, avant qu'ils pussent être bien en ordre et conseiller leur fait, ils furent assez offensés de l'artillerie que les Français avaient placée fort à leur avantage, de trois côtés, au nombre de 80 pièces. » {Lettre de Ferry Carondelet.) * Loyal Serviteur.
RAVENNE (H avril loi 2). 235
par Louis do Brézé ot par le duc do Forrare ; elle se composait de 700 lances et de 2.000 lansquenets.
8.000 Français, des bandes de Picardie et de Gascogne, et 5.000 piétons italiens, conduits par un cadet de la maison de Mantoue, formaient le corps de bâta il! e.
Trivulce était h C aile gauche bnqq, 3.000 chevau-légers (C, C) et les rustres du capitaine Molard.
Le maréchal de La Palice, avec l'élite de la gendarmerie de France (G), formait la réserve, en arrière de l'aile droite.
Sur la rive gauche du Ronco, Yves d'Alègre et 400 lances tenaient en respect la garnison de Ravenne ; le capitaine Paris, avec 1.000 Écossais, observait le cours du Mantone.
Avant d'engager l'action, Gaston de Foix parcourut les rangs suivi d'une brillante escorte de jeune noblesse, en priant chacun « de bien faire pour l'amour de sa dame. »
C'était Pedro Navarre, tacticien consommé autant qu'ingénieur habile, qui avait rangé l'armée ennemie en arrière des retranchements.
Vaile f/aiœhe, opposée à l'aile droite française et appuyée comme elle au Ronco, se composait des 800 hommes d'armes et des 6.000 fantassins de l'armée pontificale, sous Fabrice Colonna ;
Le vice-roi de Naples, Cardona, se tenait au ceiitre, avec 600 lances et 4.000 fantassins espagnols;
kV aile droite, d.OOO chevau-légers et les condottieri napolitains, sous le marquis de Pescaire ;
Unemerye de 400 lances et de 4.000 fantassins espagnols, sous Carvajal, formait la deuxième ligne en arrière du centre.
L'artillerie des deux armées était répartie sur le front de l'infanterie. Les gros canons napolitains étaient placés derrière le retranchement ; mais Pedro Navarre, afin de pouvoir transporter l'artillerie légère d'un point à un autre de la ligne de bataille, avait monté 20 coulevrines et 200 grosses hacquebutes à croc sur des chariots, cuirassés et hérissés d'épieux à la façon des chars de guerre des anciens.
La bataille commença par une violente canonnade. Pendant trois heures, les gens de pied français, qui s'étaient avancés à découvert jusqu'à deux jets de pierre du camp ennemi, tinrent à honneur de rester debout sous le feu; ils furent très maltraités. Tous leurs capitaines s'étant mis au premier rang, 38 sur 40 restèrent sur la place.
M. de Molard, « vieux routier aux guerres d'Italie, qui avait charge de 2.000 hommes de pied braves et vaillants », et Jacob Demps furent emportés par le même boulet, pendant qu'ils trinquaient ensemble devant l'ennemi.
Le duc de Ferrare eut alors une inspiration tactique qui décida du gain de la bataille. Comme l'aile gauche
RAVC.NM': (Il avril io\2). 2 il
française débordait les retranchements ennemis, il porta vers la pointe du croissant quelques coulevrines, et prit, à la fois, d'écharpe ou à revers, l'intérieur des retranchements, les batteries et les masses profondes de l'infanterie espagnole, que Pedro Navarre, son chef, avait maintenues jusque-là couchées à plat ventre.
L'armée du pape faisait mauvaise figure sous le canon ; Fabrice Colonna lit combler le fossé qui couvrait son front, et marcha au devant de l'aile droite française, en entraînant la gendarmerie de Cardona et de Carvajal. Cette cavalerie fut aussitôt chargée par la gendarmerie française, conduite par Gaston de Foix en personne.
Au même moment, les lansquenets, les bandes de Picardie et les Gascons s'élançaient à l'attaque du retranchement ; mais Pedro Navarro, faisant lever brusquement ses Espagnols, les lança contre les assaillants.
La mêlée devint générale; elle fut courte.
La cavalerie espagnole et italienne, culbutée, prit la fuite, à l'exemple du vice-roi de Naples ' .
* " Il y demeura des deux côtés plus de 23.000 personne?. Les Français, au dire de tous, y ont perdu autant de gens que les autres; toutefois ils ont gagné la bataille, parce que le vice-roy de Naples, don Kamon de Cardona, capitaine général de l'armée, voyant le grand désarroy et meurtre que faisait la dite artillerie des P'rançais, ne combattit oncques, mais s'enfuit avec 500 lances et 7.000 piétons. » {Lettre (le Ferry Carondclet.)
L'infanterie de Colonna, attaquée en flanc par la réserve de 400 lances de La Palice, se débanda; son chef fut pris.
On n'eut pas si bon marché de l'infanterie espagnole. Combattant,, à la manière des Romains, avec l'épée et le bouclier, elle avait réussi à rompre la phalange des lansquenets ,et elle avait mis en désordre les bandes de Picardie et les hacquebutiers gascons, lorsque la gendarmerie française, « accourant a la rescousse de l'infanterie, » obligea les Espagnols à se replier sur leur camp retranché '.
Là, ceux-ci firent tête de nouveau; les piquiers de Pedro Navarre s'entassèrent dans les passages ménagés dans le retranchement, et les arquebusiers garnirent le parapet. Lansquenets , Picards et Gascons se ruèrent à l'assaut ; mais tous leurs efforts semblaient impuissants, lorsqu'un capitaine de lansquenets, Fabian, prenant sa pique par le travers et l'élevant à deux mains audessus des piques espagnoles, en rabattit brusquement quelques-unes et fit une étroite trouée, où les Français s'élancèrent en passant sur le corps du héros.
J « Les Suisses et les Espagnols ont une infanterie redoutable qui cependant a ses défauts : les Espagnols ne tiennent pas contre la cavalerie française, et les Suisses prennent peur quand ils ont affaire à des fantassins qui rivalisent avec eux d'opiniâtreté. A Ravenne, quand les gens de pied espagnols, couverts par leurs boucliers, se jetèrent avec leur agilité ordinaire au milieu des piques des lansquenets, ils rompirent l'infanterie allemande qui gardait le même ordre que les Suisses, et ils l'auraient mise en déroute si la gendarmerie française n'était venue foudre sur eux, » (Machiavel. Le /'rtjtce.)
RAVENNE (H avril i.j12). 239
Une lutte acharnée main à main, s'engagea entre les deux infanteries d'élite. Mais la gendarmerie française avait tourné les retranchements, et déjà elle chargeait la queue des bataillons de Navarre; luimême fut pris.
Alors les Espagnols vaincus se rallièrent, reformèrent leurs bataillons décimés et battirent fièrement en retraite le long de la chaussée étroite du Ronco. De distance en distance, ils s'arrè- UCOmi M' Ai
talent pour tirer leurs arquebuses et les recharger, faisant tourner le dos aux piétons français débandés qui les approchaient de trop près.
Gaston de Foix, couvert de sang, recevait les rapports de ses officiers', lorsqu'un de ses archers d'ordonnance vint lui dire que 2.000 gens de pied ennemis avaient échappé.
Aussitôt le jeune prince s'élança, à peine suivie à leur poursuite. Entouré par les Espagnols, désarçonné et jeté dans un fossé, il se releva l'épée au
F. 'Wehs.
1 « La bataille gagnée, M. de Bavard vint au duc de Nemours, qu'il trouva tout couvert du sang et de la cervelle d'un de ses gendarmes, tué près lui d'une canonnade.
— ■ Monseigneur, êtcs-vous blessé, lui demanda-t-il ?
2iO GASTON DE l'OlX.
poing, et se défendit « comme Roland à Roncevaux. » Malgré les prières du maréchal de Lautrec, son cousin, qui criait aux Espagnols :
— « C'est le frère de votre reine ! »
Gaston de Foix fut percé de plus de vingt coups d'épée et de pique.
« Il mourut à vingt-trois ans, déjà couvert d'une gloire immortelle ; et l'on peut dire quil fut grand capitaine avant d'avoir été soldat. » '
Après Alexandre et Gaston de Foix, il n'y a, dans l'histoire des peuples, que le grand Condé et Napoléon qui aient mérité un pareil éloge.