ARTILLERIE LÉGÈRE
Ainsi, depuis Fornoue, où le canon n'avait pas tué 10 hommes, l'artillerie avait pris, peu à peu, sur le champ de bataille le rôle prépondérant.
Pour elle, Ravenne est une date mémorable, car c'est la première victoire qu'on ait due aux batteries légères.
Pedro Navarre comprenait si bien tout le parti qu'on pouvait tirer de l'artillerie en la rendant mobile, qu'il
— « Non; mais j'en ai blessé bien d'autres, répondit le jeune prince.
— « Or, Dieu soit loué, monsieur, dit Bavard; vous avez gagné la « bataille et demeurez aujourd'hui le plus honoré prince du monde. « Mais ne tirez pas plus avant, et rassemblez votre gendarmerie en ce « lieu. Surtout qu'on ne se mette pas au pillage, car il n'est pas temps. • Le capitaine Louis d'Ars et moi allons après ces fuyants. Pour homme « vivant, monsieur, ne départez point d'ici que nous ne vous venions « quérir ou mandions ! »
' Guicciardini.
ARTILLEIUK LliGÈlU': (1512). 241
avait disposé ses fauconneaux sur des chariots blindés pour les lancer dans la mêlée.
Les capitaines français donnèrent à leurs adversaires un nouvel exemple de bravoure, en restant debout et impassibles sous le canon. Ce sera pour eux un point d'honneur pendant trois siècles et demi, jusqu'aux désastres de 1870; depuis, un règlement formel leur ordonne de faire coucher les hommes sous le feu de l'artillerie.
Cette fois encore la gendarmerie française s'est montrée brillante, audacieuse, irrésistible ; elle fera mieux encore à Marignan ; mais le canon et l'arquebuse ont ouvert dans ses rangs des brèches irréparables : ce sont les dernières prouesses de la lance chevaleresque.
— « Dieu nous garde de remporter jamais pareille « victoire ! s'écria Louis XII en lisant le rapport de La « Palice. Je voudrais ne plus avoir un pouce de terre « en Italie et pouvoir, à ce prix, rendre la vie à mon « cher neveu et à tous les braves qui sont morts avec « lui ! »
Une défaite n'aurait pas eu de plus funestes conséquences.
Le pape, au lieu de traiter avec les Français, redoubla contre eux de haine et de colère ; il obtint de nouveau l'intervention des Suisses, qui donnèrent à l'armée de Venise la cohésion qui lui manquait.
La Palice fut obligé d'évacuer le Milanais, et le fils de Ludovic le More, Maximilien Sforza, recouvra la couronne ducale que son père avait perdue.