LE TROISIÈME VOYACE DE NAPLES
Madeleine' jusqu'aux rampes du mont Saint -Martin "'. Deux puissantes redoutes flanquaient l'extrémité de ces lignes.
Le siège fut inauguré par une victoire navale. Hugues de Moncade et le marquis del Guasto, ayant voulu ouvrir le port de Naples aux convois attendils d'Espagne, firent monter sur leurs six galères et sur des bar(iues de pêcheurs, un millier d'arquebusiers pour attaquer Philippine Doria dans le golfe de Salerne. Mais les marins génois et provençaux, renforcés par 400 arquebusiers gascons, reçurent bravement le choc et mirent la flottille napolitaine en déroute; Moncade fut tué et le marquis resta le prisonnier de Doria ^
cullé des chemins et par l'iiiondatioii des campagnes. Il lui t'allail beaucoup de vivres, car il y avait, disait-on, dans son armée plus de 20.000 chevaux et de 80.000 rationnaires, dont les deux tiers, suivant la corruption qui s'est introduite de nos jours dans la milice, étaient inutiles. » (Guicciardini, livre XVIII, chap. xxxiv.)
' " La Madeleine est une grande église sur le bord de la mer, à 100 ou 200 pas de la porte de Naples. » (Montluc, chap. m.)
'2 Au sommet duquel s'élevait Castel San Elmo.
^ ' De celte victoire vint notre ruine : Philippino ayant envoyé les prisonniers h Gènes, à son oncle l'amiral André Doria, et le roi les voulant avoir, le sieur André ne les voulut pas rendre; le marquis du Guast, homme tin et rusé s'il en fut jamais et qui fut un grand guerrier, sut si bien ébranler l'esprit mal content d'André Doria, qu'enfin celui-ci tourna sa robe et se rendit à l'empereur avec 12 galères. André Doria fut cause de beaucoup de pertes qui advinrent au roi, et même de la perte du royaume de Naples, de Gênes et autres maliicurs. Il semblait que la mer redoutât cet homme; voilà pourquoi il ne fallait pas, sans grande occasion, l'irriter ou le mécontenter. •> (Monîluc, chnp. m.)
Ce succès fermant le port de Naples, Pedro Navarre promit à Lautrec que la garnison, faute de vivres, se rendrait bientôt « la corde au col ». Mais une faute politique de François P'' jeta Gênes et sa marine dans le parti de l'Empereur, et les convois entrèrent dans Naples, pendant que la famine sévissait dans les lignes française. Les chaleurs transformèrent en foyers pestilentiels les marais malsains où l'armée de siège s'était établie ; la peste se déclara dans le camp, et Lautrec en fut une des premières victimes * (15 août 1527).
Des 25.000 piétons et des 800 hommes d'armes que le maréchal avait amenés devant Naples, il ne restait pas 4.000 combattants valides, lorsque le marquis Michel Antoine de Saluées prit le commandement de l'armée française.
Il fallut lever le siège; Saluées se retira dans Aversa pour y attendre les secours que Renzo de Ceri et Carraciolo, prince de Melfl, devaient amener de Romagne ; mais il fut presque aussitôt attaqué parle prince d'Orange et réduit à capituler. Quelques braves Français ou
' « El pareillement y moururent le comte de Vaudemont. le prince de Navarre (oncle d'Henri IV), les deux Tournon, les seigneurs de Nègre- Pelisse, de Laval en Dauphiné, de Grutfy, de iMoriac, de Montdragon, capitaine de l'artillerie, du Croq, de la Chateigncraye, Charles de Foix, comte de Caudale, Pompérant, Luppé, Cornillon, La Griitluro, Maunoury, Jarnac, Louis de Bonnivet, les barons de Grammont, de Conty et de Busançais, le comle Hugues de Pepolo , le comte Wolf et une infinité d'autres, dont les cimetières et champs de \h sont encore bossus. » (Brantôme.)
Pedro Navarro fut fait prisonnier et étranglé dans son cachot par ordre de l'Empereur.