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CAVALERIE IMPÉRIALE

A la même époque, la formation par escadre ou escadron devint réglementaire dans la cavalerie impériale, où les traditions de la gendarmerie de Bourgogne avaient été fidèlement entretenues par Maximilien et par Charles-Quint. L'escadron était un carré parfait ; pour marcher en bataille devant l'ennemi, on en détachait quelques chambres en avant et sur les flancs.

Charles-Quint avait dans son vaste empire plusieurs

• Livre I, cliap. xii.

- Par ordonnance du 11 février 1533, le service du ban fut porté à 3 mois en temps de guerre; les levées se faisaient par les soins des baillis et des otficiers de justice, qui recevaient les montres. Le fief de oOO à 600 livres de revenus fournissait un homme d'armes; le fief de 300 à 400 livres, un chcvau-léger ; le iief de 200 à 300 livres, un piéton. (D'après Boutaric, chap. V.)

CAVALEUIK IMI'KIUALR (153i). -V^J^

espèces de cavalerie, qui empruntaient à leurs origines les armes et les méthodes les plus diverses. Tandis que les Hongrois combattaient glorieusement, sur le Danube, l'invasion musulmane avec l'arc, la hache ou le large sabre de leurs ancêtres Daces ou

F. Weiss'

Fig. 209.

Madgyares, les chevau-légers espagnols avaient adopté l'arquebuse, et les reîtres allemands le pistolet à rouet. L'Empereur, qui avait l'esprit d'organisation de son aïeul Charles le Téméraire, s'appliqua à donner une même tactique à toute sa cavalerie. Il ordonna que les escadrons seraient formés sur 17 rangs et sur 17 Aies'; que les hommes d'armes, la lance à

' Commentaires de Loys d'Avila. Anvers, 1550.

la main, formeraient la haie sur le front et sur les flancs de l'escadron, les chevau-légers et les arquebusiers restant derrière les hommes d'armes.

Pour reconnaître l'ennemi et engager l'escarmouche, une partie des arquebusiers à cheval, mêlée à des gens de pied, devait se déployer et combattre en enfants perdus^ comme le marquis de Pescaire l'avait enseigné à Pavie'. Derrière ce rideau de tirailleurs l'armée prenait sa formation de combat ; puis, au moment de l'action décisive, cavaliers et piétons démasquaient brusquement le front de bataille, pour venir se rallier en arrière de la première ligne.

LÉGlOiNS PROVINCIALES (1534).

« Mieux vaut, dit le Rosier des guerres, apprendre aux siens l'usage des armes que de solder des étrangers pour vous servir. » '

« Page 332.

•' « 11 est plus profitable et plus sûr de bailler la garde de ses cités, villes et châteaux à ceux qui y i)Ossèdent des biens meubles et immeubles, qu'aux étrangers qui n'y ont rien et qui n'auraient rien à perdre si l'ennemi y entrait. » {Rosier des guerres).

<i Je voudrais que le roi se servît des étrangers comme aides, mais qu'il ne leur donnât pas le haut bout, ni les avantages qu'ils sont accoutumés à trouver parmi nous : par exemple, d'avoir la garde de l'artillerie, de faire la bataille sans être tenus aux corvées et aux assauts, comme le sont les Français, qu'on met à l'arrière-garde comme les moins vaillants. Les étrangère sont toujours placés aux postes de confiance, comme si, sans eux, on ne devait avoir le cœur de rien entreprendre. Je ne leur envie pas l'honneur qu'on leur fait : je sais

LÉGIONS PROVINCIALES (I^S'i-). Jo?

L'abandon dos Suisses à Pavie avait cruellement prouvé à François P' la vérité de cette maxime de Louis XI. II comprit que les mercenaires suisses, italiens ou allemands, qui ne se battaient que pour la solde sans être soutenus par le sentiment de la Patrie, ne devaient être qu'un appoint dans une armée française, et il réorganisa, en changeant son nom, la milice des francs-archers, que Madame de Beaujeu avait rétablie en 1484 ' pour le service des garnisons*.

Un édit du 24 juillet 1534 créa 7 légions provinciales'^ : le roi de la Renaissance voulait essayer de l'organisation militaire des Romains.

La nouvelle légion avait un effectif défi. 000 fantassins, armés et équipés aux frais de l'Etat; 1.200 étaient ar-

bien que les places de combat réservées aux Français sont grandement honorables, et qu'ils peuvent montrer ce qu'ils valent aussi bien h l'arriôre-gardc qu'au corps de bataille, et à la bataille qu'à l' avant-garde; mais je voudrais que le roi eût de nous une si bonne opinion, qu'il nous crût capables de le bien servir autant que toute autre nation, et qu'il ne comptât pas davanlage sur les Allemands et sur les Suisses. Ceuxlà n'ont qu'une véritable supériorité : c'est leur bon ordre et leur obéissance aux chefs; voilà ce qui nous manque. » (Du Bellay-Langey.)

' Chassignet, Institutions militaires, p. 202. Paris, Victor Rozier,

* Boutaric cite une montre, faite le 17 juillet 1522 à Fontarabic, « de 200 hommes de pied, francs-archers, sous la conduite de Jean de la Roche leur capitaine, faisant partie des 1 .000 francs archers qui composent la garnison d'icelle sous la conduite de Charles Chabot. »

3 « Au pays et duché de Normandie se fera et dressera une légion; au pays et duché de Bretagne, une autre légion ; au pays de Picardie, une autre; au pays et duché de Bourgogne, comté de Champagne et Nivernais, une autre; au pays de Dauphiné, Provence, Lyonnais et Auvergne, une autre légion ; au pays de Languedoc, une autre; au

qiiebusiers, les autres étaient piquiers ou hallebardiers \

La légion était divisée en bandes de 1.000 hommes, commandées chacune par un capitaine ; elle avait pour

pays et duché de Guyenne, une autre ; qui seront en tout 42.000 hommes de pied. » (Edit royal de 1534.)

8.000 pionniers devaient compléter cette levée des 50.000 hommes, renouvelée de Louis XI.

< « Pour que les gens de pied soient moins exposés aux coups et plus mal aisés à défaire, on armera ceux qui doivent servir d'avantmur, du halecret complet avec tassettes jusqu'au dessous du genou et bas-de-chausses de mailles, de la brave de fer, de bons avant-bras, de gantelets de mailles et d'un bon cabasset ayant la vue presque couverte; les autres auront la chemise ou gollette de maille avec manches et gants, et le cabasset découvert. Les bâtons seront : une épée de moyenne longueur; une courte dague, dont on se sert mieux que de l'épée dans une presse (mêlée); la pique, la hallebarde ou la pertuisane. Parmi les bâtons, on répartira les arquebuses, les arcs et les arbalètes. La rondelle sera aussi une très bonne pièce. (Fig. 210, p. 362.)

« Les piquiers se diviseront en ordinaires et extraordinaires : les ordinaires auront le halecret complet et la rondelle; ils formeront le fort des batailles. Les extraordinaires, destinés aux escarmouches, auront le halecret, les manches de mailles et de bons cabassets. Les hallebardiers auront le même armement défensif que les piquiers ordinaires.

« Les arquebusiers, les archers et arbalétriers porteront la chemise de mailles avec manches et cabassets, ou, au moins, des pourpoints d'écaillés et de bonnes brigantines.

(( Les capitaines seront chargés de répartir et de distribuer les armes ; ils donneront les piques et hallebardes aux plus grands et aux plus forts, et, aux plus légers, les armes qui demandent à être maniées par des gens agiles.

« Les armures et les bâtons donnés à chacun seront inscrits sur les contrôles des bandes, afin qu'on puisse vérifier s'ils n'ont pas été échangés; on punira ceux qui auraient fait ce changement sans la permission du colonel. Les inqniers des flancs rempliront les vacances de piquiers qui auraient lieu dans le bataillon. » (Guillaume du Bellay, Discipline militaire, liv. I, chap. iv.)

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