ENGINS DU GUERRE
Nous retiendrons de cette victoire de Philipi^e le Bel deux faits importants : c'est que les Flamands se sont formés en trois redoutes^ phalanges profondes, entourées de chariots ', et que les Français s'y sont servis d'engins roulants, perdrions ou espringales :
« Près du Roy devant la banière, Mctcnt François trois j^erdriaus, Jetant pierres aus cniiiaus Entre Flamans, grosses et malcs, Joignant aussi deux espringales, Que garçons pour tirer avancent. •
Outre ces pierres « grosses et maies », les engins lançaient des javelots redoutables, puisque:
Le garot empené d'airain
Quatre ou cinq en perce tout oultre.
M. VioUet-le-Duc, dans le Dictionnaire d'architecture,
^ Les Flamands.... En plusieurs lieux leurs charroiz liaient (tirent); A rangier mêlent leurs éluidcs (soin).
De chars et de charrètes vides, Qu'à grant diligence ont atraites (tirées). Ont entre eux trois rangiées faites, En tel sens, par ordre commune, Que le derrière de chacune Est mis, (comme nous l'estimons), A l'autre en les deux limons.
Qui donc, à mon avis, eurent Mille pas entiers et plus trente.
Le reste (du charroiz) ordoné en arrière, Cinq cents pas tenait.
De hardiz serjanz emplirent les ruelles,
Et la bataille attendirent
En maint lieus, avant et arrières,
Étaient panonceaux et banières.
Qui hors des chars, on l'air, issaicnt.
a reconstitué, d'après les textes et les estampes, le mécanisme et le jeu de l'arbalète à tour.
• On la faisait mouvoir au moyen de trois roues, dont deux étaient fixées à la traverse inférieure A et la troisième à la partie mobile B de ratfût. Un pointail C, posé sur une crapaudine ovoïde D, maintenait l'affût sur un point iixe servant de pivot. Il était donc facile de régler le tir sur le plan horizontal.
« Pour abaisser ou relever le tir, c'est-à-dire pour viser de bas on haut ou de haut en bas, on pouvait d'abord démonter la roue extrême E. et laisser reposer l'affût sur les deux galets en olive F. Si l'on voulait abaisser quelque peu le tir, on relevait la partie inférieure H de l'affût au moyen de la double crémaillère et des deux roues d'engrenage, auxquelles on adaptait deux manivelles. S'il étai-t nécessaire d'abaisser le tir, on laissait la roue E, et Ton élevait la partie supérieure de l'affût au moyen des crémaillères. La partie inférieure se mouvait sur le tourillon.
« Le propulseur se composait de deux branches doubles d'acier, passées dans des cordages de nerfs tortillés et appuyées à leur extrémité contre les deux montants du châssis. Pour bander ces cordes de nerfs autant qu'il était besoin, des tubes de fer étaient passés entre elles ; on introduisait des leviers dans ces tubes, soit par l'une de leurs extrémités, soit par l'autre, pour ne pas permettre aux cordes de se détortillcr et l'on fixait l'extrémité de ces leviers aux deux brancards M.
« Si l'on craignait que les cordes se détendissent, on appuyait un peu sur ces leviers, en resserrant leurs attaches de manière que les deux branches de l'arc fussent toujours également bridées. Pour bander cet arc, dont les deux extrémités étaient réunies par une corde faite avee des crins, des nerfs ou des boyaux, on accrochait les deux griffes h celte corde; puis, agissant sur les manivelles, on amenait la corde de l'arc, au moyen des deux crémaillères horizontales, jusqu'à la double dé ton le.
« Cette détonte était manœuvréc par une tige munie, h son extrémité, d'un anneau mobile, qu'on passait dans une cheville lorsque la détente était relevée. Ramenant alors quelque peu les crémaillères, la corde venait s'arrêter sur cette double détente, qui ne pouvait rentrer dans l'affût. On appuyait la base du projectile sur la corde en le laissant libre dans la rainure. Le pointeur, ayant tout préparé, faisait sortir l'anneau de la cheville d'arrêt, tirait à lui la tige, la double détente