‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 117 sur 203 · LA VEILLE DE CRÉCY · texte numérisé non relu

LA VEILLE DE CRÉCY

« Le samedi, le roi de France se leva assez matin et ouït la messe, à Abbeville, en l'abbaye de Saint-Pierre, où il était logé ; et aussi firent le roi de Bohême, le

' Leurs disposilions.

comte d'Alençon, le comte de Blois, le comte de Flandre et les principaux des grands seigneurs qui étaient à Abbeville.

« Après le soleil levant, le roi quitta la ville avec si grand'foison de gens d'armes que merveille serait à penser, et il chevaucha tout doucement, en compagnie du roi de Bohême et de messire Jean de Hainaut, pour sur-attendre ses gens.

« Quand le roi et sa grosse route furent à environ deux lieues d' Abbeville, en approchant les ennemis, quelqu'un lui dit : « Sire, il serait bon que vous Asie siez ordonner vos batailles et passer devant toutes « manières de gens de pied, (par quoi ils ne soient « point foulés de ceux à cheval), et que vous en- « voyassiez trois ou quatre de vos chevaliers chevaucher « en avant, pour reconnaître vos ennemis et vous rap- « porter leurs dispositions. »

« Ces paroles plurent au roi. Il y envoya quatre très-vaillants chevaliers, le Moine de Basele, les seigneurs de Noyers, de Beau jeu et d'Aubigny, qui chevauchèrent si avant qu'ils approchèrent de très-près les Anglais et qu'ils purent bien aviser et imaginer une grand'partie de leur affaire. Les Anglais les aperçurent, mais ils ne tirent semblant de rien et ils les laissèrent en paix tout bellement revenir.

« Le roi et son conseil chevauchaient le petit pas, en attendant le retour de la reconnaissance.

« Le Moine de Basele lui flt son rapport en ces termes : « Sire, nous avons vu et considéré le convenant des

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