‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 152 sur 203 · D'un pas et demi », dit lo religieux de Sainl-Denis · texte numérisé non relu

D'un pas et demi », dit lo religieux de Sainl-Denis

•- C'est ce que nous avons vu à Arbelles, à Cannes et dans les batailles de Mari us contre les Cimbres. C'est la conséquence de l'ordre profond ; c'est l'écrasement qui se produit dans une foule menacée par un danger imprévu.

« La bataille du roi, qui avait un peu branlé, se remit en vigueur. Les gens d'armes, avec leurs haches bien acérées ou avec leurs plombées, rompirent les bacinets flamands, en décervelant les têtes.

« Aussitôt que les Flamands étaient abattus, des pillards se boutaient entre les gens d'armes, portant grands couteaux, dont ils achevaient les blessés.

« Le cliquetis des armes sur ces bacinets était si bruyant, qu'on aurait pu croire que tous les haulmiers' de Paris et de Bruxelles s'étaient réunis, pour battre à la fois l'acier sur l'enclume. »

La victoire coûta cher cependant, car les jeunes chevaliers et écuyers, « qui désiraient les armes » se mettaient en grand péril en s'engageant dans la mêlée. Ceux qui tombaient, sans être secourus, périssaient écrasés.

L'écrasement fit plus de victimes que le fer: et « bien peu de sang fut répandu dans cette immense hécatombe. »

Arteveld était tombé au premier rang de ses 9.000 Gantois, dont pas un n'échappa.

La chasse fut poussée vigoureusement à travers les fossés, les aunaies et les bruyères. Un tiers à peine des 50.000 flamands, qui avaient couché la veille au pied de la montagne d'Or, purent se réfugier à Gand, à Bruges ou à Courtray.

* Fabricants de baumes, armuriers.

CUARLES LE FOL. 449

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