‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 153 sur 203 · CHARLES LE FOL · texte numérisé non relu

CHARLES LE FOL

Tel fut le rêve de gloire du pauvre petit roi.

« Il fit pendre et décoller » les vaincus, puis il rentra, la lance sur la cuisse, dans Paris terrifié, pour reprendre le pouvoir à ses oncles et pour gouverner par lui-même.

Les vieux conseillers de son père, les marmousets *, comme les appelaient dédaigneusement les sires des fleurs de lys, l'y aidèrent pendant quelques années.

Ces sages ministres firent respecter les ordonnances de Charles V, qui réglaient les devoirs des compagnies soldées et de leurs capitaines - ; ils défendirent, en

i Olivier de Clisson, Bureau de la Rivière, Le Bègue de Vilaines, Jean de Novian, Jean de Montaigu (i 388-1392).

2 L'ordonnance de Sens, du 19 juillet 1367, avait prescrit :

« 1° Que pour empêcher les gens de compagnies de s'emparer de quelques forteresses, chaque bailli, accompagné de deux chevaliers, visiterait toutes les forteresses de son bailliage, les mettrait en dtat de défense et les pourvoirait de vivres et d'arlillerie, aux dépens des seigneurs à qui elles appartenaient, ou aux frais du roi en cas d'impuissance des seigneurs;

« 2° Que si les compagnies s'approchaient d'un bailliage, les capitaines, envoyés par le roi, feraient rentrer dans les forteresses, villes et châteaux, les habitans de ce pays avec leurs biens et leurs vivres. •

Celle du 13 janvier 1373 avait décidé :

• 1" Que toutes les compagnies seraient invariablement composées de iOO hommes d'armes et commandées chacune par un capitaine;

« 2° Que nul ne serait capitaine de 100 hommes d'armes sans lettres ou autorité du roi, de ses lieutenants, chefs de guerre, ou autres

-ISO CHARLES YI.

1388, « à tous les princes et seigneurs de rassembler des hommes d'armes, et à tout gentilhomme ou autre d'obéir à aucun ban de guerre autre que le ban royal, x.

En 1392, Olivier de Clisson fut assassiné à demi, à la porte de l'hôtel Saint -Paul. Charles VI voulut venger son connétable et poursuivre Pierre de Craon, l'assassin, jusqu'en Bretagne, où il s'était réfugié.

Mais on lui ménagea, dans la forêt du Mans, une nouvelle vision qui le rendit fou (1392).

Désormais, la France appartenait aux passions déchaînées, aux ambitions rivales des princes et des grands seigneurs, qui allaient livrer le royaume à la plus effroyable anarchie, au pillage des gens de guerre et à l'occupation anglaise.

Le duc d'Orléans, frère du pauvre roi insensé, voulut faire face au péril.

Il tenta de refréner les exactions des gens de guerre

princes et seigneurs du royaume, pour le service et la défense de la couronne ou pour le bien et la sûreté de leur pays, sous peine de confiscation de tous biens meubles ou immeubles, même de leurs chevaux et liarnois;

. 3" Que les capitaines de \0Q hommes d'armes, avec leurs gens, seraient placés par le roi sous l'autorité de ses lieutenants, chefs de guerre ou autres ofiiciers. »

. Les compagnies d'ordonnance ont donc été instituées par Charles V. Charles VII, en réalisant la permanence de l'armée régulière, ne fera qu'exécuter en grand lo plan de son aïeul. • (Auguste Yiiu. Histoire civile de l'armée, Paris. Didier, 1868).

BOURGUlGNOiXS ET AHMAGNACS. ioi

que Gerson, l'illustre chancelier de l'université, avait osé retracer devant Charles VI'. Il fit recruter en Italie des compagnies de cavaliers exercés'-, pour défendre la royauté contre les coupables entreprises du nouveau duc de Bourgogne, Jean sans Peur.

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