BOURGUIGNONS ET ARMAGNACS
Jean le Bon, en créant cette nouvelle maison de Bourgogne ^ et Charles V en augmentant sa puissance *,
1 « Si payement fault (manque) aux gens c'armes, i!s s'excuseront de payer; s'ils ne sont payés ils pilleront, et roberont très-outrageusement sur les pauvres gens large courroye du cuir d'autruy.
« Après que s'ensuit-il au pauvre peuple ?
« 11 s'en convient fuyr devant eux, comme brebis font devant les loups. El ne vaudrait-il pas donc mieux au pauvre peuple estre sans défense que tels protecteurs ou lois pillards avoir ?
« Vrayemenl il n'est langue qui sulTist à décrire la très-misérable indignité de cette besogne.
« Las! un pauvre homme aura-t-il payé son imposition, sa taille, sa gabelle, son touage, son quatrième, les éperons du roy, la ceinture de la royne, les treuaiges, les chaucées, les passages : peu lui demeure ; puis viendra encore une taille qui sera créée, et sergent de venir et engager pots et poilles »
{Remontrances de Gerson au roi Charles VI, en 1406.)
' • En l'an iiOl étaient venus, au mandement du duc d'Orléans, grant quantité de Lombards et Gascons, lesquels avaient chevaux terribles et accoutumés de tourner en courant, ce que n'avaient pas l'habitude de voir Français, Picards, Flamands ni Brabançons. » (Juvénal des Ursins. Histoire de Charles VI.}
"' La première maison Capétienne de Bourgogne s'était éteinte en 1363, par la mort de Philippe de Rouvre, descendant direct du roi de France Robert I" le Pieux.
•i En négociant, en 13GU, le mariage de son frère Philippe le Hardi
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ne se doutaient pas qu'ils avaient préparé aux rois, leurs successeurs, les redoutables adversaires qui seraient, jusqu'au traité d'Arras (1435), les alliés fidèles de l'Angleterre, et les aïeux de cette maison d'Autriche qui ferait la guerre à la France, pendant plus de cinq siècles.
Depuis longtemps déjà, Paris tremblait devant les violences de certaines gens de métiers, qui, sous le nom de maillotins ' puis de cabochiens^ , avaient prétendu s'armer pour les franchises municipales.
Le duc de Bourgogne s'était déclaré leur chef, et le parti populaire avait adopté ses couleurs. Il annonça hautement qu'il empêcherait les tailles nouvelles , qu'il laisserait les milices bourgeoises s'organiser sous des chefs électifs, et, comme gage de ses bonnes intentions, il fit assassiner le duc d'Orléans, son cousin germain (23 novembre 1407).
La plus grande partie de la noblesse française, sous
avec riiéritière du comte de Flandre, et en lui faisant présent, à cette occasion, de la Flandre française et de Lille la capitale.
' Le i^' mars 1382, un nouvel impôt sur les denrées, ordonné par le duc d'Anjou, régent du royaume, avait fait éclater à Paris une redoutable insurrection. Les insurgés avaient pillé l'Arsenal et l'Hôtel de ville pour s'emparer de lances, d'épées, de bâtons de guerre et surtout de maillets de plomb, qui leur valurent le nom de Maillotins. La victoire de Roosebeke sur les Gantois, alliés des agitateurs parisiens, avait permis de réprimer la sédition.
2 Simonet Caboche était l'un des chefs de la puissante corporation des bouc'ners et des écorcheurs de bêtes, qui avaient adopté comme signe de ralliement le chaperon blanc dos Gantois.
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l'impulsion du comte Bernard d'Armagnac, résolut de venger cette mort.
Les Armagnacs et les Bourguignons se firent alors une guerre acharnée, sans se soucier du dauphin Charles, qui acceptait avec résignation les volontés du parti victorieux.
Dès lors, le désordre et les rapines eurent pleine carrière. Sous les bannières opposées, les compagnies de pillards et de bandits commettaient les mêmes excès.
Les routiers étaient devenus les écorcheurs.
Charles VI avait cependant des instants lucides. Dans l'un d'eux, il apposa sa signature au bas de V ordonnance cabochienne (mai 1413), qui imposait de nouveau à la féodalité égoïste et batailleuse les prescriptions de 1388 *.
Mais les édits royaux étaient lettre morte devant la loi du plus fort. Il semblait qu'on fût revenu à l'époque la plus violente, la plus brutale du moyen âge.