ORDRE DE BATAILLE DES FRANÇAIS K
« Par commandement du connétable et d'aucuns sages de son conseil, on avait ordonné trois batailles, c'est à savoir avaiit-gardc, bataille et arrière-garde.
« Dans V avant-garde, furent mis environ 8.000 bacinets, chevaliers ou écuyers, 1.000 archers (m) et arbalétriers (^^). Le connétable (C) conduisait. Il avait avec lui les ducs d'Orléans * et de Bourbon, les comtes d'Eu et de Richement ', le maréchal Boucicaut, le maître des arbalétriers \ le seigneur de Dampierre, amiral de France, messire Guichard Dauphin et aucuns autres capitaines.
<v Le comte de Vendôme, avec plusieurs officiers du roi et 1.600 hommes d'armes, fut ordonné pour faire l'aile droite et férir lesdits Anglais sur leur flanc gauche. L'autre aile, commandée par l'amiral Clignet de Brabant et messire Louis Bourdon, était composée de
1 Récit d'Engucrrand de Monstrclet. Ce chroniqueur llamand a raconté les événements accomplis de 1400 à 1452, avec autant d'impar lialité que pouvait le faire un prévôt de Cambrai, ollicier des ducs de Bourgogne.
2 C'est le poëte Charles d'Orléans, le fils du prince assassiné par Jean sans Peur.
"' Arthur de Bretagne, douxirmo (ils du duc .[l'an V et le futur conu;?lable de France.
■• Jean de Torçay.
46G CHARLES Vf.
800 hommes d'armes à cheval, tous gens d'élite qui devaient rompre le trait des Anglais (B).
« La bataille comptait autant de chevaliers, d'écuyers et de gens de trait que l'avant-garde. Ses conduiseurs étaient les ducs de Bar et d'Alençon, les comtes de Nevers, de Yaudemont, de Blamont, de Salm, de Grand- Pré et de Roussy.
« En ï arrière-garde, était tout le surplus des gens d'armes, commandés par les comtes de Marie, de Dammartin, de Fauquembergue et le seigneur de Lauroy, gouverneur d'Ardres, qui avait amené ceux des frontières du Boulonnais.
« Cela fait, les hommes d'armes et les gens de pied se divisèrent par compagnies; chacun au plus près de sa bannière.
«De neuf à dix heures du matin, en attendant la venue des Anglais, les Français firent ensemble paix et union des haines, noises et dissensions, qu'ils pouvaient avoir eues en temps passé les uns contre les autres.
« Bien que le plus grand nombre des Français tînt pour certain, vu la grande multitude qu'ils étaient, que les Anglais ne pourraient échapper de leurs mains, toutefois, les plus sages moult doutaient et craignaient à les combattre en bataille réglée. »
AZINCOURT (25 octobre U1J5).
Azincourt (25 octobre Hlo).
« Ce vendredi au matin, les Anglais, voyant que les
Fig. 124.
Français ne les approchaient pas pour les envahir, burent et mangèrent; et, après avoir invoqué l'aide di-
468 CnARLES VI.
vine contre leurs ennemis, ils se délogèrent de Maison celle.
« Leurs coureurs, envoyés par derrière le village d'Azincourt, ne trouvèrent nuls gens d'armes; mais pour effrayer les Français, ils embrasèrent une grange et une maison du prieuré Saint-Georges d'Hesdin.
« Le roi Henri fit passer derrière son ost environ 200 archers, qui entrèrent secrètement dans Tramecourt, sans être vus des Français, et s'établirent dans un pré, assez près de leur avant- garde.
« Ils se tinrent là tout coyement jusqu'à ce qu'il fût temps de tirer *.
« Tous les autres Anglais demeurèrent avec leur roi, qui tantôt fit ordonner sa bataille par un chevalier chenu de vieillesse, nommé Thomas Epinhem.
« Ce chevalier mit les archers (a) au front devant, et les gens d'armes derrière les archers; il fit ensuite comme deux ailes de gens d'armes et d'archers. Les chevaux et bagages furent laissés à Maisoncelle derrière l'ost.
« Les archers fichèrent chacun devant eux un pieux aiguisé des deux bouts.
« Messire Thomas, chevauchant, lui troisième, par devant ladite bataille, exhorta à tous généralement, de
C'est Vembuscade indiquée sur le croquis 124.
AZINCOURT (l'o octobre Hio). 4C9
par ledit roi d'Angleterre, qu'ils combattissent vigoureusement pour garantir leurs vies.
« Quand il eut fait lesdites ordonnances, il jeta en l'air un bâton qu'il tenait à la main, en disant :
« Maintenant, frappez! »
« Puis il descendit de cheval pour combattre à pied comme étaient le roi et tous les autres.
« A la vue de ce bâton, tous les Anglais soudainement firent une très-grand'liuée, dont grandement s'émerveillèrent les Français.
« Alors, comme ceux-ci restaient immobiles, les Anglais allèrent au-devant d'eux tout bellement par ordonnance ; et derechef, ils firent un très-grand cri en ^'arrêtant et reprenant leur haleine \
C'est la marche en avant par bonds successifs de nos tirailleurs ^.
« Les archers, qui étaient en embuscade dans le pré de Tramecourt, commencèrent aussi à tirer vigoureusement sur l'avant-garde française, en élevant comme les autres grand'huée, et en sonnant leurs trompettes \
« • ' A dix heures du matin, environ, les Anglais commencèrent à braire, à crier et à huer par trois fois, en marchant rapidement au-devant des Français. Ils étaient précédés de leurs archers, qui accouraient sans armures et leurs chausses défaites toujours tirant. •
2 Règlement du 12 juin 187o sur les manœuvres de l'infanterie française : titre ii, art. 397 et titre m, art, 297.
3 Les trompeltcs sonnaient la charge.
470 CHARLES Vf.
«K C'est ainsi que la bataille fat engag-éo.
« Les archers, dont il y avait bien 13.000, tirèrent d'abord à la volée d'aussi loin qu'ils purent tirer, de toute leur puissance.
<i La plus grande partie de ces archers était sans armures sur leurs pourpoints, les chausses avalées', ayant haches ou épées pendues à leurs courroies. Beaucoup étaient nu-pieds et sans chaperon.
« Les Français commencèrent à incliner leurs têtes, afin que les traits n'entrassent pas en la visière de leurs bacinets.
« Cependant, ils s'avancèrent un peu à rencontre des Anglais et ils les firent reculer. Mais, avant le premier choc, il y avait déjà moult de Français empêchés et navrés par le trait des archers anglais.
« Ils étaient d'ailleurs si rapprochés et si serrés entre eux qu'ils ne pouvaient pas lever le bras pour frapper.
« Les hommes du premier rang pouvaient seuls se servir de leurs lances, qu'ils avaient raccourcies de moitié pour les rendre plus solides, et pour aborder les Anglais de plus près.
« Cependant, Clignet de Brabant n'avait pu réunir que 140 (B), des 800 hommes d'armes qu'on lui avait promis pour rompre les archers anglais. Cette petite troupe de cavaliers essaya (\q passer à cheval au travers des archers.
• Tombant sur les talons.
AZLNCOURT (25 octobre 1415). i^i
« En avant de tous ses compagnons, messire Guillaume de Saveuse chargea tout seul ; il fut tiré à bas de son cheval et mis à mort. Les autres eurent leurs chevaux tués ou blessés par la force du trait, et ils durent PB replier sur l'avant-garde. »
Mais alors, ces cavaliers affolés, « qui ne pouvaient plus tenir ni gouverner leurs chevaux», vinrent jeter le désordre et la confusion dans les rangs des hommes d'armes à pied qui, dans leur empressement à combattre, et pour opposer à l'ennemi un rempart plus épais, s'étaient formés sur 32 rangs! {C, Cr.)
«. Les lourds chevaux caparaçonnés des fuyards les dérompirent sur plusieurs points, renversant hommes d'armes sans nombre. Les derniers rangs de l'avantgarde commencèrent alors à s'enfuir, et ce funeste exemple gagna promptement le corps de bataille et surtout l'arrière-garde *.
« Les Anglais profitèrent aussitôt de cette confusion et de ce désordre, pour pénétrer tous ensemble dans les ouvertures de la phalange rompue.
« Ils jetèrent leurs arcs et saïettes, prirent leurs épées, haches, maillets, becs-de-faucons et autres bâtons de guerre, frappant, abattant et occiant les Français. »
« Quand l'avant-garde françaic5e fut dispersée, les ar-
1 Quand la tête recule, la queue fuit.
472 CIIAHLES VI.
cliers anglais se dirigèrent vers la seconde bataille, qui était derrière.
« Le roi Henri * avec tous ses gens d'armes suivait W les archers.
« Le duc Antoine de Brabant se bouta presque seul dans l'espace compris entre l'avant-garde et la bataille française, et trouva là une mort glorieuse.
« La bataille fat dérompue en plusieurs lieux par les Anglais qui abattaient et occiaient cruellement et sans merci tous ceux qui tentaient de résister.
« A l'approche des Anglais, ce qui restait encore de l'arrière-garde tourna le dos, à l'exception des chefs, qui se firent tuer ou prendre ^ »
« * En moins d'une demi-heure de combat, l'armée française avait été déconfite, sans que le connétable et ses lieutenants eussent songé à se servir des arbalétriers et des archers (m, ??.).
« La noblesse voulait avoir seule les honneurs du combat à pied ; aussi supportera-t-elle tout le poids de la défaite.
« Les Anglais s'occupaient de mettre à rançon les grands seigneurs qu'ils avaient pris, lorsqu'il vint
• * • Le roi d'Angleterre était remonté à cheval ; il avait une couronne d'or sur son casque. Devant lui un écuyer portait, en guise d'étendard, une queue de renard au bout d'une lance. »
2 Monslrclet.
.AZINCOLRT (23 octohre lU-j). 473
nouvelle au roi Henri, qu'un corps français avait assailli les derrières de l'armée anglaise, et s'était emparé de son charroi parqué à Maisoncelle. »
La nouvelle était vraie.
La garnison d'Hesdin et les paysans des environs, conduits par Robinet de Bournonville, Rifflard de Camase et Ysambert d'Azincourt, étaient venus « à grand effort » jusqu'au logis du roi d'Angleterre et l'avaient pillé.
« Ils avaient pris et emporté l'épée du roi Artus, qui valait plus de finance qu'on ne pourrait le dire, et deux couronnes d'or ornées de pierres précieuses : l'une devait être portée par Henri V devant le peuple de France , l'autre était destinée à son couronnement dans la basilique de Reims.
« On prétend que les gens d'Hesdin et des environs étaient assez nombreux et assez forts pour déconflre tout ce qui restait d'Anglais après le combat, et que ce fut grand'pitié de voir toute cette noble chevalerie et gentillesse de France qui, au regard des Anglais, étaient bien dix contre un, se faire ainsi déconfire, quand il aurait suffi de ses gros varlets pour combattre les Anglais et toute leur puissance. »
Cette courageuse diversion contre les derrières de l'ennemi eut les résultats les plus funestes.
Henri V, en voyant qu'il avait plus de prisonniers que de soldats, et que les fuyards français, revenus de
leur première surprise, se ralliaient par compagnies à petite distance, craignit d'être tourné et entouré.
« * Il fit crier à la trompette que tous ceux qui avaient des prisonniers les tuassent.
« Adonc put-on entendre grands cris de surprise, tant des Français que des Anglais, qui tenaient à garder leurs bons prisonniers.
« On obéit cependant, et tous ceux qui, faute de chevaux, ne purent s'enfuir, furent égorgés. »
Ce massacre était inutile. Les gens d'Hesdin avaient été repoussés par quelques bannières anglaises, accourues en toute hâte de Tramecourt ta Maisoncelle.
En vain les comtes de Marie et de Fauquembergue, les seigneurs de Lauroy et de Chin, avec GOO hommes d'armes qu'ils avaient ralliés à grand'peine, « allèrentils frapper très-vaillamment dedans les Anglais»; en vain quelques braves s'assemblèrent-ils, «par petits morceaux », pour charger l'ennemi, leur dévouement et leurs efforts ne pouvaient rien sauver. Tous furent tués ou pris.
Pour la troisième fois depuis soixante-dix ans, les Anglais avaient remporté une grande victoire, sur laquelle ils n'avaient pas compté.
- « Ce ne sont pas les Anglais qui vous ont vaincus, « disait Henri V, le soir de la bataille, aux barons pri- « sonniers, c'est Dieu, c'est Notre-Dame, c'est mon-
AZI.NCOURT (2o octobre 1415). 473
« seigneur Saint-Georges, qui ont voulu punir vos « péchés. Car, vous vous mettez en campagne en or- « gueil et en grande bombance ; vous ne respectez ni « filles ni femmes, vous pillez le plat pays et les églises. c< Aussi longtemps que vous agirez ainsi, Dieu vous « abandonnera. Jamais les gens venus avec moi c< d'outre-mer n'en ont fait autant; jamais ils n'ont « porté le feu en France, ou, s'ils l'ont fait, nous en « avons tiré justice. »
Le lendemain, le roi d'Angleterre envoya SOO hommes pour reconnaître les morts.
*« Ces gens leur enlevèrent cottes d'armes et armures, et avec petites happes (couteaux) qu'ils avaient à la main, ils découpèrent le visage des morts aussi bien que des blessés, tant Français qu'Anglais, afin qu'on ne put pas les reconnaître'.
« 600 Anglais avaient été tués; parmi eux étaient
> * « Louis de Luxembourg, dvêque de ThtVouunne, bénit les champs où s'élail livrée la bataille; l'abbé de Blangy et l'évéque firent construire à leurs frais cinq grandes sépultures. Dans chacune on enfouit 1.201) morts au plus; on les recouvrit d'une grande croix de bois.
« L'évéque défendit qu'on emportât les morls, afin de mettre fin aux pleurs et aux lamentations des bonnes gens.
« 11 est donc le seul qui ait connu le nombre des morts, car il avait fait prêter serment aux fossoyeurs de ne pas révéler les noms et le nombre de ceux qu'ils avaient enterrés.
c On sait que les gens du Ternois et du Boulonais, jiour dépouiller plus facilement les blessés, égorgèrent le long des haies et des buissons tous ceux qui n'étaient pas accompagnés de bonnes gens darmcs.»
les deux frères du roi Henri et deux ou trois princes anglais. »
Les Français laissaient 6.000 morts S sans compter les prisonniers et ceux qui s'enfuirent.
« Le lendemain, samedi 26 octobre, le roi d'Angleterre quitta le champ de bataille avec toute sa compagnie et prit son chemin vers Calais, emmenant tout le butin et environ 2.200 prisonniers.
« Les trois quarts des Anglais cheminaient à pied, moult travaillés, tant de ladite bataille que de la famine et d'autres misères.
« Après avoir passé cinq ou six jours à Calais, Henri V s'en retourna en Angleterre, suivi des prisonniers qu'il n'avait pas mis à rançon, comme les ducs d'Orléans et de Bourbon, les comtes de Richement, de Marie et de Vendôme. »
LE TRAITÉ DE TROYES (21 mai i420).
Azincourt livrait de nouveau la France à l'invasion anglaise, méthodique et progressive.
Pendant que la guerre civile sévissait plus cruellement que jamais', pendant que le peuple des villes
1 » * On a dit que Charles d'Albret avait été tué au commencement de la bataille par aucuns chevaliers de Picardie, qui s'aperçurent de la trahison que lui et les siens avaient faite. »
Toujours la trahison !
2 t Les quatre années qui s'écoulèrent entre la balaille d'Azincùurt
LE TRAITE DE TROYES (21 mai i420j 477
emprisonnait et massacrait les Armagnacs, hautement accusés par les Bourguignons de lâcheté ou de complicité avec l'ennemi, Henri V faisait à loisir la conquête de la Normandie.
Rouen, du moins, sauva son honneur par sept mois d'une résistance, dont le héros fut Alain Blanchard, capitaine des arbalétriers '.
Jean sans Peur n'avait pas osé secourir la valeureuse cité. L'agonie de Rouen porta malheur au meurtrier du duc d'Orléans : il fut assassiné au pont de Montereau, sous les yeux du Dauphin, le 10 septembre 1419.
et la mort de Jean sans Peur, ne furent remplies que par de nouvelles et plus tragiques explosions des haines et des luttes entre les deux fractions des Bourguignons et des Armagnacs, prenant, perdant, reprenant et reperdant tour à tour l'ascendant auprès du roi fou et le gouvernement de la France. » (Guizot, Histoire de France. Tome ii, page 260.)
1 Rouen se rendit le -19 janvier 1419. Au milieu de décembre, ses émissaires avaient prévenu le duc de Bourgogne, qui était alors à Beauvais avec Charles Yl, • que, dès l'entrée d'octobre, ils avaient été contraints de manger chevaux, chiens, chats, souris et autres choses non appartenant à créature humaine; que plusieurs milliers de gens étaient déjk morts de faim ; qu'ils avaient bouté hors de la ville plus de 12.000 pauvres gens, hommes, femmes et enfants, desquels la plus grande partie étaient morts dedans les fossés bien piteusement; comme dans ces fossés des femmes enceintes accouchaient sans secours, si bien que les bonnes gens pitoyables de la ville tiraient les nouveau-nés dans des paniers pour les faire baptiser et après les rendaient aux mères, pour les laisser mourir avec elles. • (.^onstrclet.)
Jean sans Peur promit aux Roucnnais une armée de secours; mais quand vint le terme qu'il avait fixé pour la délivrance, il donna congé à ses gens d'armes, en invitant la garnison et les bourgeois « à traiter pour leur salvation avec le roi d'Angleterre, du mieux qu'ils pourraient. »
Henri V fit décapiter Alain Blanchard 1
L'année suivante, son fils Pliilippe (le Bon) signait avec le roi d'Angleterre ce honteux traité de Troyes (21 mai 1420), qui livrait aux Anglais « Paris et les 16 cités obéissant alors au duc de Bourgogne *».
Les hommes d'armes bourguignons passaient sous les bannières anglaises, et Henri V de Lancastre était reconnu comme l'héritier légitime de Charles VP.
Le sentiment national protesta contre ce coup d'état anti-français, plus vivement encore qu'au lendemain de Poitiers.
Autour du dauphin déshérité et renié par sa mère elle-même, se groupèrent les chevaliers français, qui ne voulaient pas obéir à un souverain étranger.
Les bonnes villes fermèrent leurs portes, fondirent des canons et organisèrent de nouvelles compagnies bourgeoises.
Le peuple, pour qui l'Anglais était la cause première d'un siècle de souffrances, murmurait dans ses villages pillés et incendiés, des paroles de colère et de vengeance'.
1 Juvénal des Ursins.
2 La reine Isabeau de Bavière ayant osé déclarer que le dauphin Charles n'était pas son fils, Catherine de France, en épousant Henri V lui apportait en dot l'hérédité à la couronne de France, au mépris de la loi salique.
« Ce coup d'État anti-français accompli par un roi de France, avec le concours du plus grand des seigneurs français (le duc de Bourgogne) au profit d'un souverain étranger, devait soulever les plus ardentes et les plus légitimes passions nationales. » (Guizot.^
5 Christine de Pisan était l'interprète inspirée des f:entiments populaires quand elle disait aux Anglais :
€ Déjà cuidiez France avoir gagnée