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LE MARECHAL DE SAXE

Sous le maréchal de Saxe (1743), le bataillon comptait de 150 à 200 files, placées sur quatre ou sur trois rangs, selon les pertes de la campagne. La compagnie

1 Marquis de Feuquières, Mémoires sur la guerre, Amsterdam, 1731.

de grenadiers flanquait la droite, un piquet d'élite la gauche ; les drapeaux étaient réunis au centre.

Le maréchal de Saxe protesta, le premier, contre la tirerie irréfléchie des troupes françaises. Il regrettait les baïonnettes à manche de bois.

Le vainqueur de Fontenoy voulait qu'on rendît moins lourds nos bataillons, incapables de manœuvrer sans se rompre, et surtout qu'on rétablît la discipline « parmi ces Français fougueux, qui ne savent pas demeurer calmes et impassibles sous le feu. »

Il introduisit l'usage du pas cadencé, au son de la musique.

« Toute la tactique est dans les jambes^ » disait-il.

Il proposait l'exemple du carré anglais de 20 bataillons, formés sur quatre lignes de quatre hommes de hauteur, qui avait parcouru 800 mètres sous le feu de l'artillerie, sans se laisser rompre par les charges répétées de la cavalerie.

C'est qu'il avait vu ce carré décimé, troué sur toutes ses faces, enveloppé par l'armée française, se rallier et battre flèrement en retraite, sans abandonner un seul de ses canons.

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