‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 18 sur 203 · FRÉDÉRIC H : L'ORDRE MINCE ET L'ORDRE OBLIQUE · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC H : L'ORDRE MINCE ET L'ORDRE OBLIQUE

Le bataillon du grand Frédéric se composait de 600 hommes, sur trois rangs, et répartis entre six compagnies, dont une de grenadiers. Les grena-

diers étaient le plus souvent réunis en bataillons d'élite.

L'escadron, de 140 cavaliers, se formait sur deux rangs.

C'est ce qu'on appella « l'ordre linéaire ».

L'infanterie prussienne agissaitparle feu de bataillon. La cavalerie chargeait l'épée à la main ; elle était soutenue par V artillerie à cheval, dont les obus ricochaient sur la position ennemie et préparaient l'attaque (17S7).

Quant à l'ordre de bataille de Frédéric, c'était l'appropriation aux terrains les plus variés de l'ordre oblique, que les généraux de la guerre de Trente ans avaient emprunté aux Grecs.

L'armée prussienne se formait sur deux lignes, parallèles à la ligne de l'ennemi; puis, pendant que l'avantgarde occupait l'adversaire et canonnait son front, un corps d'élite exécutait une marche de flanc, pour déborder une des ailes de l'ennemi ou pour la prendre à revers :

« Trois hommes derrière l'ennemi , disait Frédéric, valent mieux que cinquante devant lui. »

LA REVOLUTrON.

Passons sur les discussions passionnées des partisans de Vordre linéaire, adopté par Frédéric, et des défenseurs de l'ordre profond, qu'on appelait alors Vordre français.

La solution fut trouvée à Fleurus, en i794, par les généraux de la Révolution.

C'était la combinaison du feu des bataillons déployés (ordre mince), avec l'attaque en colonnes profondes (ordre profond). On profitait, en même temps, de l'ardeur et de l'initiative individuelle des combattants, pour donner un grand essor au combat de tirailleurs.

Cette tactique nouvelle fut consacrée par des succès inouïs. Mais, n'oublions pas que les grenadiers de la République avaient trouvé d'excellents instructeurs dans les cadres de l'armée de Louis XVI, et qu'ils étaient commandés par des officiers instruits et laborieux, qui, en se battant tous les jours, acquirent promptement l'expérience de la guerre.

KAPOLEON.

Celui de ces généraux républicains qui a dépassé tous les autres, celui qui, par un caprice de la fortune, a reconstitué, un instant, l'empire de Charlemagne, fit, de ces troupes victorieuses, que la Révolution lui laissait, une Grande Armée, sans égale dans l'histoire du monde.

Stratégiste incomparable. Napoléon inaugura une tactique uniforme et très-simple, qui se prêtait à toutes les combinaisons et qui se résumait, comme sa stratégie, en cette règle unique :

Occuper l'ennemi sur un ou plusieurs points par de

fausses attaques, puis faille un grand effort^ sur un point imprévu^ avec le gros de V armée.

Napoléon déployait de grands moyens pour inquiéter l'ennemi sur toute sa ligne. Quand il l'avait ébranlé par le feu de son artillerie trcs-mohile, par les charges en colonne profonde de ses divisions de cavalerie, il groupait sur le point faible de l'adversaire une force irrésistible, appuyée par la garde, sa réserve d'élite, et il portait à l'ennemi fatigué un coup décisif, comme à Austerlitz, à Friedland ou à Wagram (1809).

Se souvenant des exploits de la maison du Roi, qui avait regagné tant de batailles compromises et qui s'était sacrifiée tant de fois pour le salut de l'armée, Napoléon conserva presque intacts, pendant dix ans de travaux légendaires, les vétérans de la vieille garde.

Quand ils tombèrent à Waterloo, ils furent salués par les applaudissements de toute l'Europe (1815).

Page 1