LA JEUNESSE DE LOUIS XL
« dont l'enseigne était si dépecée qu'elle n'avait pas un pied de longueur. »
D'après Philippoteaux.
Fis. 136.
Pendant une demi-heure le comte de Charolais essaya de rallier ses gens, qui venaient à lui par 10 et 20 hommes tant à pied qu'à cheval.
« Les blés étaient grands, la poussière terrible, tout le champ semé de morts et de chevaux.
LA BATAILLE DR MON'TLUÉllY (17 juillet iW-i). S6<
« Le comte de Saint-Pol nous rejoignit ; son enseigne marchait droit à nous, en se grossissant de gens, à qui il faisait ramasser les lances qui étaient à terre. Nous nous trouvâmes à la fln 800 hommes d'armes. De piétons peu ou nuls.
« Sans le fossé et la grande haie, le comte de Charolais * aurait eu la victoire entière. »
Du côté du roi le comte du Maine s'enfuit avec 800 hommes d'armes.
« Jamais plus grande fuite ne fut des deux côtés * ; mais les deux princes demeurèrent aux champs.
« Du côté du Roy un homme d'Etat s'enfuit jusqu'à Lusignan, sans repaître; du côté du comte, un autre homme de bien alla jusqu'au Quesnoy.
« Ces deux-là n'avaient garde de se mordre l'un r autre.
« Au début do la bataille, il fut tiré plusieurs coups de canon qui tuèrent du monde des deux côtés.
« Chez les Bourguignons, quelques gens de cœur voulaient recommencer, mais la nuit venait.
« Le Roy se retira à Corbeil ^
^ • Par sa vaillance et ses paroles, il donna lel coiirapic au \wx\ do gens qui lui étaient demeurés, que chacun s'y iiouta liardi comme un lion, et qu'ils reboutèrent les gens du roi. [Bu Clercq.)
2 « Le ca[)itaine bourguignon Rabadaghem, qui avait déjà couru 2 lieues avec 4.000 conibatlants, s'en revint cependant quand un héraut du comte de Charolais fut venu lui dire que son maître avait gagné la bataille.
3 c Le roi se tint sur le mont du cliAteau, depuis environ 7 heures jusqu'au soleil couchant, où il partit. Il arriva environ h 10 heures de
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Le comte de Saint-Pol fit amener le charroi là où nous étions. On forma l'enceinte pour la nuit, et chacun se logea du mieux qu'il put.
« Il mourut 2.000 hommes des deux côtés ' ; des gens de cheval il en mourut plus du parti du Roy, mais on y fit plus de prisonniers.
« Tout ce jour demeura encore monseigneur de Charolais sur le champ, fort joyeux, estimant la gloire être sienne, ce qui lui coûta bien cher, car depuis il ne voulut recevoir conseil de personne, et il se prit à aimer la guerre, passion qui entraîna sa perte et la ruine de sa maison. »
En somme, dans cette échauffourée deMontihéry, pas de conception tactique, c'est une bataille de rencontre.
Les gens d'armes bourguignons commettent la même faute que la noblesse française à Crécy en passant, pour charger, sur le corps de l'infanterie.
Des deux côtés, une aile est victorieuse pendant (^ue l'autre est mise en déroute.
Chaque armée passe la nuit dans l'anxiété, croyant à une nouvelle attaque, et le victorieux sera, au démou-
la nuit, en la ville de Corbcil, à 6 lieues de Montlhéry, avec bien peu de ses gens, car beaucoup avaient fui. » (Dm Clercq.)
1 Du côté du roi : Pierre de Brézé, Floquet, Geolï'roy la Ilire ; du côté Bourguignon : Philippe de Lalaing, « lequel, par sa vaillance, fut en partie cause que les gens du roy furent reboutés •, le seigneur de Ham, Philippe d'Ognyes. » (Idem.)
PASSAGE m LA SEINK. 5G3
rant, le diplomate habile qui emploiera l'intrigue pour dissoudre la ligue, pendant que son adversaire s'arrêtera à fêter sa prétendue victoire *.
Cependant Louis XI et Charles de Bourgogne avaient, l'un et l'autre, l'instinct de la guerre. Nous en trouvons la preuve dans le passage de la Seine et dans le duel d'artillerie de Conflans, que Commines a racontés.