‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 183 sur 203 · PASSAGE DE LA SEINE · texte numérisé non relu

PASSAGE DE LA SEINE

Après Montlhéry, le duc de Berry, frère de Louis XI, et le duc François II de Bretagne avaient opéré, à Etampes, leur jonction avec le comte de Charolais.

« Comme il avait été conclu, tous les seigneurs quittèrent Étampes, après y avoir sf^ourné quelque peu de jours, et se dirigèrent sur Saint-Mathurin de Larchant et sur Moret en Gâtinais, pour y passer la Seine.

« Le comte de Charolais s'en alla loger en une grande prairie sur le bord de la rivière, et il fit crier que chacun apportât des crochets pour attacher ses chevaux.

« Il faisait mener sept ou huit bateaux sur charrois

1 € A l'aurore, on reconnut que Montlhéry avait H6 évacué. Alors ce fut comme une ivresse dans le camp bourguignon , et Charles luimême la partagea. Il rangea son armée en bataille, envoya des trompettes et des hérauts vers les quatre points de l'horizon pour publier, selon les prescriptions des livres de chevalerie, que si quekju'un le requérait de combattre, lui, comte de Charolais, était i)rèt à recevoir le gage de combat. » (Théodore Bcnazet, lièijne de Louis XI. Paris. Rc nouard, 18-47.)

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et plusieurs pipes (tonneaux), on intention de faire un pont sur la Seine, parce que les seigneurs n'y avaient pas de passage.

« Monseigneur de Dunois ' l'accompagnait en litière, la goutte l'empêchant de monter à cheval ; son enseigne était portée derrière lui.

« Dès que les deux comtes vinrent à la rivière, ils firent mettre à l'eau les bateaux qu'ils avaient apportés, et ils gagnèrent une petite île qui était comme au milieu.

« Des archers descendirent sur la rive, et s'cscarmouchèrent avec quelques gens de cheval, qui défendaient le passage sous les ordres du maréchal Joachim.

« Le lieu était mal avantageux pour les Royaux parce qu'il était fort haut, en pays de vignobles, et que du côté des Bourguignons, il y avait largement artillerie, conduite par Girauld, canonnier fort renommé.

« La cavalerie royale dut abandonner le passage et se retirer dans Paris.

« Le même soir, le pont fat dressé jusqu'à l'ile, où le

* Jean, bâtard d'Orléans, comte de Longueville et de Dunois, le défenseur d'Orléans, le victorieux de Patay et de Formigny, était de la ligue du Bien public contre Louis XI, comme il avait été de la Praguerie contre Charles VIL Les deux rois pardonnèrent à ce vaillant serviteur de la France, et il mourut paisiblement de la goutte, en 1468. Ce n'est pas la dernière surprise de ce genre que nous ménage l'hisloire des grands hommes de guerre de la monarchie française.

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