LA LÉGION ROMAINE
Le petit peuple d'aventure, qui devint le maître du monde, dut sa prodigieuse fortune à son organisation militaire.
Autour d'un manipulum, poignée de foin au bout d'un bâton, se groupaient 120 ou 60 fantassins, pour former l'unité de combat, le manipule.
Trois lignes de 10 manipules, disposés en échiquier et également espacés, formaient la légion.
Quelques cavaliers flanquaient les ailes.
Des archers et des frondeurs couvraient le front, comme dans la phalange.
Voilà Vordre échelonné.
Les légionnaires étaient armés d'une courte épée d'estoc {gladius) et d'un javelot (piium). Ils lançaient le pilum contre l'ennemi, avant de l'attaquer corps à corps, l'épée à la main.
Si la première ligne (ies hastaires) était rompue ou fatiguée par la rude escrime de l'épée, elle pliait et venait se rallier dans les intervalles de la deuxième ligne.
Quand la deuxième ligne {les princes), ainsi renforcée, était à son tour obligée de céder, elle trouvait en arrière la réserve des iriaires, soldats d'élite, qui recueillaient tous ceux qui pouvaient encore combattre, et s'élançaient, à leur tète, au-devant de l'assaillant épuisé.
La légion était flexible et disciplinée; son fractionnement se prêtait à l'attaque aussi bien qu'à la défense et lui permettait de manoeuvrer facilement sur tous les terrains.
La phalange grecque opposa vainement six fers de lance à une seule épée romaine.
A Cynocéphale et à Pydna, elle se laissa attirer sur un sol inégal ; les Romains pénétrèrent dans ses rangs entr'ouverts, et la Grèce devint province romaine (146 avant J.-C).