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LES BANDES GAULOISES

La légion n'était pas invincible.

Ces laboureurs romains, enrôlés pour une courte

Vi INTRODUCTION.

campagne, attendus au logis par la matrone et ses enfants « n'étaient pas gens de prouesse, mais de discipline et de ténacité ' ».

Une première fois ils s'enfuirent, jusqu'au Capitole, devant les Gaulois '.

Ils avaient eu peur de ces géants aux cheveux roux, qui couraient au-devant d'eux, nus jusqu'à la ceinture, en poussant des cris sauvages et en brandissant de grandes épées. Pourtant ces épées, mal trempées, pliaient sous le choc, et il fallait, après chaque coup de taille, les redresser avec le pied.

Les Gaulois revinrent avec Annibal. L'Italie les attirait.

C'était pour eux la terre promise, le pays du pillage et des glorieuses aventures.

Il en sera de même pour les Franks.

Devant la seconde invasion, les légions firent meilleure contenance, mais elles tournèrent encore le dos aux Gauloise

Sans les fautes stratégiques d' Annibal, sans les causes politiques qui entravèrent la marche de son armée victorieuse, la question romaine serait tranchée, depuis onze cents ans, au profit de nos pères.

1 Colonel Ardent du Picq, tué devant Metz, en d870 : Étude sur le combat antiqiie (Bulletin de la réunion des officiers, 1876).

2 Bataille de l'Allia et prise de Rome, 390 ans avant J.-C.

"' Victoires d' Annibal au Tësin, à la Trébie, au lac Trasimène, h Cannes, 218-216 avant J.-C.

Le « Tiimultiis galUcus» devint, plus que jamais, l'elfroi et la préoccupation constante des citoj^ens romains, et la gloire de Manlius fut de les familiariser avec ce fantôme menaçant du Cimbre aux cheveux roux, du Kymrys :

« Cette haute taille, disait-il aux légionnaires, ces hurlements, ces danses convulsives, tout, chez les Gaulois, a été calculé pour inspirer l'épouvante. Mais, pour peu qu'on soutienne le premier choc de ces guerriers fougueux, ils sont vaincus : la sueur les inonde, leurs bras faiblissent. Le soleil, la poussière et la soif, à défaut du fer, suffisent pour les terrasser ' . »

César employa tout son génie à soumettre la Gaule. Encore fut-elle réduite par la sagesse du conquérant, plutôt que par la puissance de ses armes. Le vainqueur, fusionnant avec le vaincu, échangea avec lui sa langue, ses habitudes, même sa religion.

Les Gallo-Romains devinrent les plus fidèles sujets de l'empire ; les césars habitèrent souvent leurs cités, et, quand les barbares venus d'Orient menacèrent la puissance romaine, les Gaulois furent les premiers à la défendre.

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