COMBATTRE
Les Grec?, au combat, comptent sur la force d'impul- Gion de la masse compacte et profonde.
Le choc de leur infanterie, pesamment armée et hérissée de piques, est irrésistible sur un terrain uni. Nous le verrons à Arbelles. Quand la phalange est de pied ferme, tous les efforts viennent se briser contre elle.
Le combat des troupes légères n'est qu'un prélude ; il favorise la formation oblique de l'ordre de bataille.
« C'est la coutume, écrit Thucydide, que l'aile droite s'étende plus que l'aile gauche. Cela vient de ce que chaque soldat se porte à droite, pour s'abriter derrière le bouclier de son voisin, et que les hommes du premier rang prennent du large vers la droite, pour ne pas présenter à l'ennemi leur flanc découvert. »
Cette habitude a transformé l'ordre parallèle primitif. Ce qui était un hasard est devenu une combinaison pour les tacticiens, et l'ordre oblique, adopté également pour le centre et pour l'aile gauche, a valu aux généraux grecs la plupart de leurs succès.
L'épaisseur de la phalange n'empôcha pas de former quelquefois une réserve.
Epaminondas, à Mantinéc, la mit derrière le centre ; Alexandre, à Arbelles, derrière l'aile gauche.
Gi3 TACriQUE DES GRECS.
« Stratèges, dit Xénophon, je suis d'avis de pla- « cer quelques lochos en réserve derrière la pha- « lange, afin qu'ils puissent la soutenir au besoin et « que l'ennemi, arrivant en desordre, trouve des trou- « pes fraîches et formée&. »
Il réunit, à cet effet, les trois derniers rangs, qui comptent chacun 200 hommes environ, et il les place derrière les ailes et le centre, avec ordre de suivre la première ligne, à la distance d'un plèthro (30^864).
Au moment du combat, Xénophon passe au galop sur le front de la phalange des oplites, et devant les peltastes, placés aux ailes. Il leur dit :
« Vous marcherez à l'ennemi, la pique sur l'épaulo « droite, jusqu'à ce que la trompette sonne; alors, « vous abaisserez les piques, et vous vous avancerez « lentement. Je défends qu'on s'élance au pas de « course.
« Le mot d'ordre est : Jupiter sauveur et Hercule « conducteur ! »
Les Perses attendent les Grecs de pied ferme.
Les peltastes jettent leur cri de guerre et, avant le signal, courent à l'ennemi.
Aussitôt, fantassins et cavaliers persans marchent à leur rencontre.
Les peltastes s'enfuient ; mais bientôt la phalange des oplites s'avance au pas redoublé, la trompette sonne, le péan retentit, les piques s'abaissent, l'ennemi