‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 63 sur 203 · LES GERMAINS D'ARIOVISTE · texte numérisé non relu

LES GERMAINS D'ARIOVISTE

Les Helvètes vaincus, César tourne ses coups contre Arioviste, qui a passé le Rhin avec 120.000 Suèves.

Pendant cinq jours de suite. César fait sortir son armée de son camp et la range en bataille ; mais Arioviste reste dans son enceinte de chariots et se contente de faire escarmoucher sa cavalerie.

« Les Germains entendaient très-bien cette manière de combattre; ils avaient un corps de 6.000 chevaux et d'autant d'hommes de pied, les plus lestes et les plus braves de toute l'armée. Chaque cavalier choisissait dans la bande un fantassin, pour sa sûreté personnelle, et ces deux compagnons allaient toujours ensemble au combat.

• On trouva dans le camp des Helvètes des registres écrits en grec, où étaient nominativement inscrits ceux qui, au départ, étaient en état de porter les armes, les femmes, les enfants et les vieillards. Sur 368.000 personnes, il y avait 92.000 guerriers.

« Là, les cavaliers se ralliaient aux fantassins ; ceuxci accouraient, à leur tour, s'ils voyaient les cavaliers trop pressés.

« Fallait-il faire une longue marche ou une prompte retraite ? Les gens de pied étaient si bien formés par de fréquents exercices, qu'ils suivaient les chevaux à la course, en se tenant, d'une main, à la crinière.

« Arioviste sortit enfin de son camp et rangea ses Suèves, par nations, en sept colonnes profondes, entourées chacune d'une enceinte d'équipages et de chariots, d'où les femmes échevelées, tendant les bras, exhortaient les guerriers à ne pas les livrer aux Romains. ))

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P. MiuiLE, d'après un croquis de E, Hardy.

Fig. 61.

Les légions , au signal de l'attaque, marchèrent

PASSAGE DU RHIN (oo avant J.-C). 171

contre les Germains, qui, de leur côté, s'avançaient si promptement, qu'on n'eut pas le temps de lancer le pilum; on le quitta pour mettre l'épée à la main.

Les Germains, selon leur coutume, se formèrent rapidement en phalange; mais les légionnaires étaient si ardents au combat, qu'on en vit plusieurs sauter sur la phalang-e, et écarter les boucliers avec la main gauche, pour frapper les barbares à la gorge.

L'aile gauche des Germains fut rompue par l'aile droite romaine, conduite par César, mais la gauche des Romains plia devant l'aile droite germaine et il fallut que la troisième ligne vînt rétablir le combat.

Arioviste vaincu eut grand'peine à repasser le Rhin.

César apprit d' Arioviste à combiner l'infanterie avec la cavalerie légère.

Plus tard, en Espagne, pour suppléer à l'infériorité numérique de sa cavalerie, il choisit quatre cents jeunes gens des plus alertes, parmi ceux qui marchaient en avant des enseignes, et il les habitua, par des exercices quotidiens, à combattre entre ses cavaliers. Il obtint ce résultat, qu'à Pharsale, ses mille cavaliers, ainsi soutenus, osèrent, en rase campagne, tenir tète aux 7.000 cavaliers de Pompée.

PASSAGE DU RHIN (bo avant J.-C).

Trois ans après la défaite d' Arioviste, César voulut prouver aux Sicambres que « l'Empire des Romains n'avait pas, comme ils le prétendaient, le Rhin pour limite, » et il fit franchir ce fleuve à ses légions.

Il choisit le point de passage près de Wesel (Aliso), au confluent de la Lippe.

Cette grande opération tactique mérite d'être racontée en détail.

(' César fit joindre ensemble, à deux pieds (0"',S9) de distance, deux pilots taillés en pointe, d'un pied et demi (0'°,44) d'équarrissage et d'une longueur proportionnée à la profondeur du fleuve. Il les fit ensuite descendre dans l'eau avec des machines. On les enfonça, à coup de mouton, en les inclinant un peu dans le sens du courant.

« yis-à-vis et à 40 pieds (12") de distance, en descendant le fleuve, on en plaça deux autres, joints ensemble de la même manière ; on leur donna une inclinaison opposée au courant (Fi g. 63). » Sur ces 4 pilots ainsi pla- ^ ces, César fit mettre une seule

SléoaJtioTv^

= poutre de 2 pieds d'équarrissage (0"',59), qui s'enclavait ÏE dans l'intervalle, et qui était attachée et contenue, des deux côtés, par des chevilles de fer, opposées l'une à l'autre (Fig. 62).

De cette manière, plus les eaux avaient de violence, plus les poutres étaient resserrées et plus l'ouvrage était solide.

On disposa, dans toute la largeur du fleuve, d'autres

Fi- 62.

PASSAGE DU RHIN (55 avant (J.-C.) 473

poutres semblables à la première. On posa, de l'une à l'autre, des solives, qui furent recouvertes de perches et de fascines posées en travers.

Fig. 63. »

« César fit renforcer les pilotis, qui supportaient le pont, par des pieux inclinés, qui aidèrent l'ouvrage à lutter contre le courant. »

A peu de distance au-dessus du pont, d'autres pilots furent plantés pour arrêter les troncs d'arbres, ou les bateaux, que les barbares auraient pu lancer au fil de l'eau atîn d'ébranler le pont ou de le rompre.

Cet ouvrage fut achevé en 10 jours, à compter du moment où l'on commença à transporter les matériaux.

César fit lever le pont, après une expédition victorieuse sur la rive droite du Rhin.

* Les figures 62 et 63 sont empruntées à VHistoire de Jules César. Paris, Henri Pion. i86o.

ni LA GUERRE DES GAULES.

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