AMBIORIX
La cinquième campagne faillit être funeste aux Romains.
Pendant une absence de César (34 avant J.-C), Ambiorix, chef des Eburons', attira dans une embuscade et détruisit la légion qui avait ses quartiers d'hiver entre le Rhin et la Moselle.
Ensuite, renforcé par les Gaulois de la Sambre et de l'Escaut, il alla attaquer, aux environs de Cambrai, le camp de Quintus Cicéron.
1 Territoire des Tongres.
En une nuit, Cicéron fit construire cent vingt tours de charpente, autour de son vallum.
Ambiorix l'enveloppa, en trois heures, d'un rempart de onze pieds (S"', 26) de haut et d'un fossé de quinze pieds (4'",44) de largeur, qui avait 10.000 pas d'étendue.
« Les Gaulois avaient appris, de quelques-uns de nos soldats, avec lesquels ils avaient vécu les années précédentes, et de leurs prisonniers, l'art de construire ces ouvrages. Comme ils n'avaient point d'outils de terrassiers, ils coupaient le gazon avec leurs épées et le portaient dans leurs sayons.
« Les jours suivants, ils élevèrent des tours à la hauteur du vallum, et préparèrent des faux et des tortues.
« Le septième jour, profitant d'un grand vent, ils incendièrent, avec des balles d'argile, rougies au feu, et des dards enflammés, les baraques, couvertes de chaume, du camp romain.
(( Puis, poussant des cris de victoire, ils firent avancer leurs tours et leurs tortues et ils montèrent à l'assaut.
« Les Romains tinrent ferme, et les Gaulois perdirent beaucoup de monde, parce qu'ils s'étaient trop serrés au pied du rempart et que les derniers rangs empêchaient les premiers de se dégager. »
Une sortie vigoureuse fit échouer l'assaut. César, averti, vint en toute hâte secourir son lieutenant. Il battit Ambiorix, et, par des ravages méthodiques, il termina la campagne à l'avantage des armes romaines.